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14 juillet 2009 2 14 /07 /juillet /2009 09:07

Dès la fin du Néolithique, puis au Cuivre et au Bronze, l’inhumation des défunts, en Pays Basque sera pratiquée soit dans des grottes dites « sépulcrales », soit dans une construction nouvelle, le dolmen.

Les plus anciennes architectures mégalithiques d’Europe ont été érigées fin 5ème millénaire, début 4ème. Leur répartition côtière est évidente : sud de l’Espagne, Portugal, Bretagne, sud de l’Angleterre, Danemark, toutes les régions dynamiques, ouvertes sur le monde terrestre et maritime.

En Pays Basque, les plus anciens monuments semblent apparus aux environs du 4ème millénaire, par acculturation plus que par des mouvements de peuples, sous des influences venues, semble t-il, du Portugal et du sud de la Péninsule Ibérique.

Le monument mégalithique, première ébauche d’architecture, est aussi le premier signe de la volonté et de la capacité de l’homme à bâtir avec le souci de la durabilité. Compte tenu de la somme des efforts parfois exigée, la nécessité d’une main d’œuvre, d’une autorité et d’un consensus apparaît là encore, tout à fait évidente.

Il s’agit d’un monument sépulcral pouvant contenir un ou plusieurs cadavres et susceptible d’être réutilisé plusieurs fois. Le dolmen est constitué de grandes dalles plantées dans le sol délimitant une chambre funéraire dont l’axe est souvent orientée vers l’Est, la dalle côté E. pouvant être absente ou beaucoup moins importante.

Ceci permettait l’introduction ultérieure d’autres cadavres, souvent disposés la tête regardant le soleil levant.

Sur les montants, repose une toiture ou table dolménique. L’ensemble était recouvert d’un monticule de terre ou de pierres, le tumulus, pouvant servir de plan incliné pour traîner sur des rouleaux (troncs d’arbres), la parfois très lourde dalle de couverture.

Dans tous les cas, en Pays Basque, sauf très rares exceptions, le lieu choisi, à proximité d’une ou plusieurs pistes pastorales, jouit d’une vue grandiose et dégagée à l’E.

Le renouvellement perpétuel de la vie était une constatation journalière pour pasteurs et agriculteurs, la mort apparaissait comme un mal à combattre par des rites appropriés, et l’inhumation d’un cadavre était assimilable au dépôt d’une graine en terre, condition indispensable à sa renaissance. De même l’orientation des cadavres vers le soleil levant, symbole de renouveau triomphe de la lumière sur les ténèbres de la mort, ainsi que la poudre ocre, couleur de sang, et signe de vie, dont on recouvrait parfois les corps ou les ossements, montre bien une espérance en l’au-delà, dans le renouveau d’une vie future.

Il convient de remarquer que les dimensions du sépulcre, et de son tumulus, sont conditionnés par des facteurs rituels, mais aussi socio-économiques et démographiques ; mais à son tour, la dimension peut, à elle seule, conditionner le type architectural. En Pays Basque Nord, le trait dominant du mégalithisme est sa simplicité et, dans l’ensemble, la modicité de ses dimensions.

Il s’agit en effet souvent d’un mégalithisme de montagne, adopté et adapté par des montagnards ; la mort dans ces zones peut être un événement inopiné, et la tombe sera alors construite par un petit groupe d’agro-pasteurs ne pouvant se livrer à des travaux colossaux. Nous avons retrouvé cette même modicité des dimensions dans nos prospections en vallées d’Aspe, d’Ossau et de Cauterets. Les monuments de ces montagnes sont du même type qu’en Pays Basque, et ceci est aussi valable pour les vestiges relevant du rite funéraire ultérieur : l’incinération.

Nos connaissances sur les dolmens en Pays Basque de France sont cependant encore relativement restreintes, malgré les très intéressants résultats obtenus récemment par P. Boucher et D. Ebrard. Par ailleurs un travail portant sur l’architecture et les dimensions de ces monuments a été effectué grâce à la collaboration d’Yves Chevalier, venu avec nous étudier sur le terrain, les 110 chambres dolméniques de notre inventaire. Il a appliqué les méthodes d’analyse mises au point par lui-même sur les dolmens du midi de la France, et les lignes qui suivent résument les résultats de cette étude. On observe ainsi que le Pays Basque de France avec ses 110 chambres dolméniques réparties sur les premiers contreforts pyrénéens, est la zone du Sud Ouest où le nombre de monuments est le plus important. Mais tous ne méritent pas le nom de « dolmen », que l’on doit réserver aux constructions formées de dalles réellement mégalithiques, comme Gaxteenia, à Mendive. Par contre, les petites chambres funéraires bordées de dalles plus modestes méritent alors le nom de coffre dolménique, terme qui montre bien la relation architecturale entre les deux types de monuments, la limite entre les deux pouvant être fixée aux environs de 2m pour la longueur, 1m pour la largeur et 1m pour la hauteur.

C’est donc sur ces critères essentiellement dimensionnels et architecturaux que l’on peut, pour l’instant, distinguer ces différents monuments en l’absence d’autres éléments, de mobilier en particulier, vu leur état avancé de délabrement pour la plupart d’entre eux.

A peine un quart des monuments locaux sont des dolmens vrais,

ayant la plupart une chambre quadrangulaire et ouverte vers le soleil levant. Un tumulus de terre ou de pierraille, de 8 à 12m, entoure habituellement la chambre. On distingue les dolmens à supports latéraux multiples alignés ou en épi. Les premiers se trouvent surtout dans la partie orientale du Pays Basque, mais on en relève aussi quelques uns plus près de la mer : 4 dans la zone Itxassou - les Aldudes, et 3 dans les environs de Sare - Urrugne, où ils sont parfois environnés de quelques coffres (Sare) (Altxaan, Arrixabala) et, dans l’ensemble, assez isolés.

Quant aux coffres dolméniques, ils représentent environ les trois quarts des monuments de tradition dolménique, en Pays Basque de France, et reproduisent, en plus petit, les structures étudiées à propos des dolmens véritables.

Leurs dimensions les différencient des précédents, puisque leur longueur moyenne avoisine 1,55m (minimum 0,50) ; la hauteur est toujours très réduite. Leur orientation est en général vers l’Est. On les rencontre surtout dans les régions de basse et de moyenne montagne, et les plus importantes concentrations se trouvent dans le secteur Sare - Urrugne, et Itxassou – Saint Martin d’Arrossa ; au contraire, l’E. du Pays Basque est pratiquement dépourvu.

Quant au mobilier, il est en général fort pauvre. Les nombreuses fouilles clandestines à la recherche d’hypothétiques « trésors » ont rendu bien difficile le recueil des modestes offrandes ; fragments de céramique, quelques boutons en os, petits grattoirs en silex, quelques rares objets en cuivre et en bronze.

Dans la tradition orale basque les dolmens étaient considérés la plupart du temps comme des sépultures, qu’il s’agisse de « Jentils » (hommes sauvages doués d’une grande force) ou de « Mairus » (païens de l’anciens Temps), ils peuvent être aussi considérés comme des maisons (Jentiletxe, Mairietxe), et leur construction est souvent rapportée d’une manière mythique et fabuleuse J M de Barrandiaran a recueilli de nombreuses légendes, auprès de bergers, les seuls à avoir conservé jusqu’à nos jours quelques souvenirs de ces traditions. Nous ne terminerons pas ce chapitre sur le rite d’inhumation sans rappeler qu’il fut aussi pratiqué dans des grottes « sépulcrales » ; on en compte environ 230 pour la totalité du Pays Basque ( a Armendaritz). Elles ont pu servir pour des inhumations individuelles, ou collectives le plus souvent ; leur plus ancienne utilisation remonte au Néolitique, avec usage maximum au Cuivre et au bronze final et à l’âge du Fer. Comme dans les dolmens, on y a enterré des individus de tous âges, et des 2 sexes. Il existe une relation entre sépultures en grottes, et en dolmens : les deux traditions coexistent dans le temps, et même souvent dans l’espace, mais on ignore toujours les raison qui faisaient choisir l’un ou l’autre mode à un moment donné….

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Published by Dr Jacques Blot - dans Article Doc Publication
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