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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 07:42

Tumulus de Dornarieta.

Arcangues.

Situation :

Carte :1244 est Espelette.

287,798 – 1832,595.

Alt. 83m.

Il est situé à gauche de la route qui mène de Saint-Pée mène à Arcangues, un peu avant le lieu-dit Dornarieta, au sommet d’une petite éminence, cote 83,  qui domine un virage important de la route.

Description : Important tumulus terreux de 12m de diamètre et 1,20m de haut, érigé sur un sol en très légère pente vers l’est.

  Histoire : monument découvert en octobre 1971.

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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 20:46

Tumulus Goyhenechea 1

Commune d’Aincille.

Aincille T goyenetche 1

Situation : coordonnées : N = 43°08’05’’   O = 01°11’23’’  Alt : 417m.

On trouve ce tumulus au sommet de la colline qui surplombe, à l’ouest, le maison Goyhenetchea.

Description : érigé sur terrain plat, ce tumulus de terre, de forme circulaire, mesure 9 mètres de diamètre et 0,80m de haut.

Historique : tumulus découvert en janvier 2011 par J. Blot.

 

Tumulus Goyhenetchea 2

Situation : à 20 mètres à l’O.SO. du tumulus précédent.

Description : tumulus circulaire, mixte, de terre et de pierres, mesurant 5 mètres de diamètre et 0,30 à 0,40m de haut.

Historique  Découvert par J. Blot en janvier 2011.

 

 

Tumulus Goyenetchea 3.

Situation : Situé à 20 mètres au sud du précédent.

Description : Tumulus mixte, circulaire,  mesurant 3,50 mètres de diamètre et 0,20m de haut .

Historique : Découvert par J. Blot en janvier 2011.

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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 12:16

Tumulus-cromlech Bilgotza Mendebalde 1

Commune d’Ahaxe.

Ahaxe tc mendebalde1

Situation : Coordonnées : N = 43°07’07’’  O = 01°09’51’’  Alt : 720m

On le trouve à 500 mètres à l’O-NO. des 2 cromlechs de Bilgotza, sur une petite éminence naturelle, à quelques mètres au sud de la piste.

ahaxe tc mendebalde1 b

Description : On distingue nettement un tumulus d’environ une dizaine de mètres de diamètre, et 0,40 à 050m de hauteur   ; sa périphérie semble bien être délimitée par un péristalithe constitué de nombreuses pierres plus ou moins  bien visibles. A environ 1 mètre à l’E-SE  du centre géométrique, on peut voir 3 pierres de volume différent, la plus volumineuse affecte grossièrement la forme d’un ; elle mesure  1,40m de long et 1,10m au niveau de sa «  barre transversale ». Ce qui est très curieux et que nous avons découvert  lors de notre passage ( Blot, J. le 27 décembre 2010 ) c’est une grande structure rectangulaire qui prend appui sur cette grosse pierre dans son angle SO. Le tracé  est constitué par de nombreux petits blocs de pierre  bien visibles au ras du sol, qui délimitent un rectangle de 7,20 m de long et 3 m de large, orienté N-NE  S-SO. (photo planche 9 – b ) Le sol est parfaitement plat à l’intérieur de cette surface qui ne ressemble en rien aux vestiges d’une chambre funéraire ; nous n’avons, à l’heure actuelle, aucune interprétation à proposer.

Historique :  Tumulus C.  découvert par A. Marrtinez  Manteca  le 12 décembre 2010.

 

Cromlech Bilgotza Mendebalde 2

Commune d’Ahaxe

ahaxe c mendebalde2

Situation : il est à 12 mètres au SO du précédent, sur terrain plat.

Description : cercle de 10 mètres de diamètre environ, délimité par une vingtaine de pierres dont seule la douzaine du secteur sud sont très nettement visibles ( photo)

Historique : Monument découvert le 12 décembre 2010 par A. Martinez  Manteca.

 

Cromlech Bilgotza Mendebalde  3 ( ?)

Situé à 5 mètres au SE. du précédent.

Cinq pierres, au ras du sol, semblent bien faire partie d’un cercle de 6 mètres de diamètre environ.

Historique : Monument découvert par A. Martinez Manteca le 12 décembre 2010.

 

Cromlech Bilgotza  Mendebalde  4

ahaxe c mendebalde4

Situation : il est tangent au N-NO, au tumulus-cromlech du même nom ,n° 1, ci dessus décrit.

Description : Une vingtaine de pierres, au ras du sol, délimitent un cercle de prés de 6mètres de diamètre. Il semblerait que deux pierres particulièrement visibles appartenant au péristalithe du tumulus-cromlech, soient aussi communes à ce cromlech.

Historique : Monument découvert par Blot, J. le 27 décembre 2010.

 

 

Tumulus de Buluntza

Commune d’Ahaxe.

ahaxe tumulus buluntxa

Ce monument est à différencier du tertre d’habitat du même nom ( voir add. 2010 ), qui se trouve à 60m à l’O-NO du dolmen de Buluntza.

Situation : coordonnées :  N = 43°07’ 07’’   O = 01°09’57’’   Alt : 724m.

Il est situé au sommet du ressaut qui domine la descente menant au col de Buluntza quand on vient de Bilgotza, et à une centaine de mètres au SO des monuments de Bilgotza Mendebalde.

Description : Tumulus pierreux en forme de galette aplatie, d’environ 2,50m de diamètre et 0,30 m de haut.. Une quinzaine de pierres, certaines atteignant 0,30 m de long,  sont visibles ; peut-être y aurait-il une ébauche de péristalithe ( ?)

Historique : monument découvert par J. Blot le 27 décembre 2010.

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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 08:48

Tumulus-cromlech Belaun ouest n°1 ( ? )

Commune des Aldudes

Aldudes tc1 Belaun Ouest

Situation : coordonnées : N = 43°05’55’’    O = 01° 27’31’’ Alt : 810m.

Sur un replat au flanc du mont Eyharce, dominant le col de Belaun.

Description : On note un léger relief circulaire, de 5,50m de diamètre et de 0,30m de haut, délimité par 8 pierres de calibre variés ; deux d’entre elles en secteur nord, semblent avoir été arrachées  à l’extérieur du cercle, et mesurent respectivement 0,50m et 0,70m dans leur plus grand axe ; monument douteux.

Historique : monument découvert par F. Meyrat en avril 2010.

 

Tumulus- cromlech Belaun ouest  n°2 ( ?)

Aldudes tc2 belaun ouest

Situé à 25 mètres à l’Est du précédent.

Description : Structure ovalaire de 5,70m de long, suivant un axe EO., et 3,70m de large, mesurant 0,30 à 0,40m de haut, constituée de pierres de calibre variés, surtout visibles dans la périphérie sud. Monument douteux.

Historique : Monument découvert par J. Blot en avril 2010.

 

Tumulus Belaun Est.( ?)

Commune des Aldudes.

Situation : Coordonnées : N = 43°06’01’’        O = 01°27’18      Alt = 760m.

Description. : Tumulus de 3,60m de diamètre,  et 0,40m de haut environ, constitué de petits blocs calcaires mobiles. Monument douteux.

Historique : monument découvert par F. Meyrat en avril 2010

 

Cromlech Berdaritz n°1

Commune des Aldudes.

aldudes c1 Berdaritz

Situation : N = 43°06’41’’  O = 01°26’32’’        Alt : 735m.

Il est à environ 80 mètres à l’E.NE.,.de la BF.118.

Description : on distingue un cercle d’environ 5,50m de diamètre, érigé sur un terrain en légère pente vers le NE. Il est matérialisé par un bourrelet de terrain contenant de nombreuses pierres, ceci étant particulièrement bien visible dans les secteurs NE. et Sud. Le centre est le siège d’une dépression peu profonde. Monument douteux.

Historique : voir monument suivant.

 

Cromlech Berdaritz n°2. (?)

ALDUDES C2 Berdaritz

Il est situé à 30 mètres à l’O.SO., du précédent.

Une dizaine de pierres au ras du sol  délimitent un cercle de 2, 60m de diamètre contenant une pierre centrale. Monument douteux.

Historique : un de ces deux monument a été trouvé en 2002 par J. Capbodevilla et I. Zabala, l’autre par J. Blot en avril 2010.

 

Tumulus de Berdaritz

Commune des Aldudes

ALDUDES T Berdaritz

Situation. Coordonnées : N = 43°06’44’’     O = 01° 26’22’’     Alt 685m.

Il est situé à 56 mètre à l’ouest de la BF 117.

Description : ce monument, probable, dont il ne reste que la moitié, a en effet été amputé par la passage des engins agricoles utilisés pour mettre en valeur la prairie à au nord de la clôture de barbelés qui passe  au milieu de ce monument. Tumulus de terre semble-t-il, de 6mètres de diamètre et 0,45m de haut.

Historique : monument découvert par J. Blot en avril 2010.

 

Dolmen Urrixka 4 :

Commune des Aldudes

aldudes dolmen urrixka 4

Situation : Coordonnées :N = 43°06’52’’       O = 01°25’26’’    Alt : 830m.

Pour le trouver, le plus simple est de partir du dolmen Urrixka 2. Pour atteindre ce dernier, suivre, à partir du col de Berdaritz, la piste qui monte vers le sommet d’Urrixka, puis prendre, à environ 750m d’altitude, un bel embranchement vers la droite, qui après 800 mètres de parcours en montée douce, arrive sur un replat, dans un sous-bois.  

Le dolmen Urrixka 2 ,

aldudes dolm urrixka2

est immédiatement visible sur la  droite, érigé sur un sol en légère pente vers l’est ).  On note à ce niveau, une bifurcation de la piste, dont une branche  redescend vers l’est. parcourir environ 70m jusqu’au niveau d’un éboulis de gros rocs remaniés au bulldozer ; elle se dirige vers le nord-est  sur une centaine de mètres : on arrive à un début de pente vers le Nord là où se trouve le  dolmen.

Description :

aldudes u4 montants nordVaste tumulus pierreux ( en grés triasique, comme tout les monuments de cette montagne) de 10m de diamètre et 0,50m de haut, érigé sur un terrain en légère pente vers le nord. Au centre, trois vastes fragments de dalle paraissent pouvoir être considérés comme les vestiges de la dalle de couverture

aldudes u4

Ils mesurent respectivement : 1,07m de long, 1,36m de large et 0,38m d’épaisseur. Le fragment voisin, à l’est, mesure1,52 m de long, 0,84m de large et 0,33m d’épaisseur ; enfin le troisième fragment, situé contre le précédent et à son extrémité nord, mesure 0, 81m de long, 0,70m de large et 0,24m d’épaisseur.

aldudes u4 montants

Trois autres dalles semblent pouvoir être rattachés aux montants de la chambre funéraire qui est orientée est-ouest. La première  dalle, située à l’extrémité sud-ouest du fragment de dalle de couverture ci-dessus décrit en premier, est  verticalement enfoncée dans le sol selon un axe est-ouest ; elle mesure1,43m de long, 0,13m d’épaisseur et environ 0,30m de haut. On peut distinguer, au nord de celle-ci, une deuxième dalle, quasiment couchée sur le sol et qui paraît bien en avoir été arrachée ; elle mesure 1,30m de long à sa base,0,60 au sommet et 0,20 d’épaisseur. Son orientation et ses dimensions nous la font interpréter comme un des montants nord de la chambre funéraire. Il en est de même pour la dalle suivante, située dans le prolongement et à l’est de la précédente, ( et comme elle probablement arrachée du sol),  mesurant 1,27 m de long, 0,95 m de large et 018m d’épaisseur.

Historique : monument découvert par F. Meyrat en Mai 2010.

 

 

Tumulus de Zarkindegui

Commune des Aldudes.

aldudes t zarkindeguy

Situation : Coordonnées : N = 43°06’27’’   O = 01° 26’31’’   Alt : 760m.

A environ une centaine de mètres à l’ouest de la BF 119..

Description :  tumulus de 8,50m de diamètre, et de faible hauteur, érigé sur un terrain en légère pente vers le nord,  il est constitué d’un amoncellement de petite pierraille en grés ; on note une dépression centrale de faible profondeur.

Historique : monument découvert par J. Blot en avril 2010.

 

 Cas particuliers.

Eyharzeko lepoa. (dalle plantée )

Située à 20 mètres au sud de la BF 125. Dalle verticale de grés rose, orientée S.SE, de 1m de long, 0,46m de haut et 0, 23m d’épaisseur. Son bord supérieur présente des traces très évidentes d’épannelage. Pas de traces de tumulus ; s’agit-t-il d’un vestige dolmenique ?

Dalle découverte par J. Blot en avril 2010.

 

Urrixka 1 bis ( dolmen? )

A 80 mètres environ à l’est de Urrixka 1,  plus en hauteur sur le flanc de la montagne, on peut voir un amas de pierraille circulaire, mais relativement peu fourni,  d’environ 10 mètres de diamètre pouvant évoquer un tumulus pierreux dolmenique assez semblable à ceux des monuments de cette montagne ; au centre, deux dalles importantes, horizontales et en parties enfouies dans le sol, renforcent cette similitude. Toutefois le terrain en pente et la présence en amont d’un filon rocheux naturel délité posent  des problèmes… Blot J  Juin 2010. ( serait inscrit au Patrimonio de Navarra, en 2007, selon L Millan)

 

Zarkindégui  ( pierre couchée )

aldudes zarkindeguy

Il s’agit de la BF  n° 122 gisant au sol ;  pierre grossièrement épannelée, à sommet arrondi,  pourrait être une « borne antique » réutilisée ultérieurement. Elle mesure 1,27m de long, 0,75m à sa base et 0,38 d’épaisseur en moyenne. Une croix  est gravée au dessus du nombre 122.  -   Blot. J. juin 2010. 

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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 10:32

 


 

  1 - Eglise de Gabat.

 

 Notre étude  a débuté à l’église de Gabat

2007 0323Gabat 1

dont on nous avait signalé certaines  particularités ; celles-ci nous ont suffisamment intrigué pour nous amener à examiner d’autres églises en Pays de Mixe, puis au delà.

 

Description.

          C’est sur les indications de notre ami Jacques Casaubon, que nous avons été examiner une des portes de l’église de Gabat

2007 0323Gabat 2

 celle qui donne sur le porche du côté sud.. Elle présente une curiosité fort intéressante : son pourtour est constitué de 12 claveaux  de grés 

Sans titre 1

répartis de façon asymétrique - de sorte que le montant  droit paraît « incomplet » -  mais le plus étonnant est que 6 de ces éléments  portent des rainures, de profondeur variable.  

 Nous devons signaler qu’une autre porte de l’église, celle donnant au nord est entourée dans sa totalité par le même type de pierres  de grés, mais  qu’aucun ne  porte la moindre trace de rainures. De nombreuse pierres de ce type se retrouvent aussi au pourtour des fenêtres, en pierres d’angle des murs et au chevet de l’église,  elles aussi  sans rainures.

On nous a indiqué que ce matériau était fréquent au flanc d’une  colline à quelques centaines de mètres de là. Il s’agit  d’un grés jaune, teinté par endroits de rouge orange par des inclusions ferrugineuses ; le grain en est moyennement fin.  Mais on doit noter qu’un autre calcaire, gris, est aussi très utilisé dans la construction de cette église  comme pour bien d’autres maisons du village,  de même qu’un autre grés rose beaucoup plus clair.

 

Nous allons étudier en détails ces six claveaux  de la porte sud, porteurs d’incisions plus ou moins profondes, essayer d’en déterminer la finalité, l’époque d’utilisation, et le pourquoi de leur inclusion dans la maçonnerie.

Pour la clarté de l’exposé, nous avons numéroté  les claveaux  en partant du côté gauche et de bas en haut, en regardant la porte de l’extérieur.

On notera, du côté gauche, que les 3 premiers  sont vierges de toute trace de rainure  et semblent ne servir que de support aux  claveaux 1, 2, 3, et 4, lesquels présentent les nombreuses rainures. Le linteau   ne présente aucune trace,  alors que les  deux claveaux du côté droit, numérotés 5 et 6  sont eux aussi porteurs de rainures.

.

La face externe du  claveau n° 1  est plane et la seule qui présente des traces. Elle  affecte la forme d’un parallélépipède rectangle. On peut y relever la présence de 4 rainures, généralement disposées horizontalement. On remarque l’inégale profondeur des traces, et ceci est un fait commun à tous les éléments porteurs de rainures :  la plus  profonde a 18 millimètres, alors  qu’une autre, de même longueur, n’en a  que 6.

La face interne , c’est-à-dire celle qui regarde vers la porte en bois, ne présente aucune autre trace.

Le claveau n° 2, par contre, présente des traces sur ses deux faces, externe et interne.

2007 0323Gabat 3

Face externe  : plane, elle affecte la forme d’un hexagone régulier, à sommet allongé vers la gauche. .On note l‘existence de 13 rainures de dimensions et profondeurs très variables, en majorité disposées suivant un axe oblique en bas et à droite.   Si la trace la plus longue ( 35 cm), est aussi la plus profonde (19 mm),  certaines, par contre, sont à peine marquées. Sur le bord droit du bloc sont visibles deux  concavités ( cuvettes de polissage ?), dont une, l’inférieure, déborde largement sur la face interne 

2007 0323Gabat 4

 

Face interne :  Elle présente un relief plus tourmenté que la face externe et elle est de moindre dimension   Outre les concavités  notées sur la face externe et qui se prolongent ici, on y distingue nettement 9  rainures, dans l’ensemble verticalement disposées ; on remarquera que deux sont de dimensions identiques  ( 27 cm de long ),  mais ont des profondeurs bien différentes, l’une 6 mm  l’autre21 mm. 

Le claveau n° 3 va lui aussi présenter deux faces porteuses de profondes rainures  et d’une  concavité très nette.

2007 0323Gabat 5

La face externe :  trapézoïdale, bien plane, offre à étudier 14 rainures  obliques de haut en bas et de gauche à droite, là encore de dimensions et  de profondeurs  très variables..

A la partie inférieure du bord droit de la face externe, on note une   concavité  triangulaire qui forme un véritable pan coupé touchant  aussi la face interne.

La face interne, (côté porte), ne présente que 3 rainures, verticales, sur une surface irrégulière.

La plus visible est inscrite sur la plage de polissage déjà signalée, les deux autres traces sont beaucoup plus modestes.

Le claveau n° 4, de forme triangulaire, est le dernier sur le côté gauche de la porte.

Sa face externe, rugueuse et légèrement irrégulière, ne présente qu’une seule rainure, peu visible, oblique de haut en bas et de droite à gauche.

Le claveau n° 5, est disposé symétriquement au précédent, de l’autre côté de la porte ; il est de même forme, triangulaire, et ses dimensions en sont très proches. 

Là encore on ne note, sur la face externe, plane et lisse, qu’une seule rainure, elle aussi oblique de haut en bas et de droite à gauche, mais nettement plus marquée que celle du bloc n° 4. 

Enfin, le claveau n° 6, situé en dessous du précédent, est juste en face du n° 3, et lui aussi de  forme trapézoïdale. Sa surface rugueuse et irrégulière présente 5 rainures, de dimensions moyennes  ( de 8 à 14 cm de long), mais peu marquées dans l’ensemble.

 

Discussion.

A - Finalité de ces blocs  de grès.

On ne voit guère d’autre finalité à ces pierres, que d’avoir très probablement servi à aiguiser des instruments tranchants, les rainures ou incisions  correspondant au passage répété, pour affûtage, ou raffûtage, du tranchant d’un outil, (hache ; burin ; ciseau… couteau ?). Mais à quelle époque ?

Une  autre question se pose : ces pierres  ont-elles  servi, chacune d’elles  en tant qu’unité séparée, ou font-elles partie d’un bloc unique, qui aurait été fragmenté en divers éléments  ensuite retaillés  et disposés comme on les voit actuellement ?

La réponse peut, éventuellement, être suggérée par l’étude de leur probable époque d’utilisation

Première  hypothèse : il s’agit de « polissoir(s) » pré- ou protohistorique (s).

Ces rainures pourraient en effet correspondre à l’affûtage du  tranchant de  haches en pierre.  La présence de  concavités, pouvant  correspondre à l’action de polissage du corps d’un tel outil, va dans le sens de cette hypothèse.

L’usage de la hache en  pierre polie  caractérise la période  dite du néolithique, qui apparaît, en Europe au IV ème millénaire, début III ème,  et encore plus tardivement en Pays Basque. Son usage va encore perdurer, en partie, durant l’âge  des métaux, ou  protohistoire. Pendant  celle-ci, ce type d’  « aiguisoir - polissoir » pourra aussi servir à  aiguiser ou raffûter les premières  haches métalliques en cuivre, puis en bronze et même plus tard en fer.

Les polissoirs  du néolithique ou de la protohistoire,  sont extrêmement rares  en Pays Basque de France ; nous n’en connaissons qu’un, celui que nous avons trouvé en 1970, dans la région du Pic des Escaliers( Blot J., 1982), et qui porte le même type de rainures,

6 - Polissoir Pic des Escaliers

quant à leurs formes et à leurs profondeurs. (Il est aujourd’hui visible au Musée Basque).

Pour des raisons simplement pratiques,  les polissoirs  étaient en général des objets lourds, fixes, qui ne devaient pas bouger lors de leur utilisation.  Celui du Pic des Escaliers pesait plus de 80 kilos  ; nous en avons vu d’autres encore parfaitement conservés, dans la Vallée d’Aspe, au col de  La Tallandière, sur d’imposants rochers, et présentant, là encore, le même type de rainures.

7- Polissoir de la Tallandière

Il nous paraît peu probable qu’on se trouve, à l’église de Gabat, en présence de plusieurs petits polissoirs néolithiques ou protohistoriques, qui eussent donc été malcommodes à utiliser. Peut-être s’agirait-il alors d’un  polissoir unique, en grés ferrugineux qui aurait été fragmenté  pour être ensuite inclus dans ce bâtiment religieux.  Est-ce là une  forme  de christianisation d’un objet venant d’une époque païenne,  ou d’une motivation purement esthétique, ou même  conservatoire ?

Nous terminerons par une remarque quant à l’inégale profondeur des rainures : certaines, peu marquées, peuvent être en relation avec les gestes doux requis pour affûter le fil d’un tranchant, les autres, plus profondes, traduisant probablement  un effort plus important afin de récupérer un tranchant très émoussé par l’usage ou une ébréchure. Quant aux   plages de polissages signalées, elles  pourraient – nous l’avons déjà signalé - être mise en rapport  avec la confection même de la forme et du poli d’une hache en  pierre. Rappelons que le polissage de ces outils n’avait pas qu’un but esthétique, mais aussi fonctionnel, le rendement à la coupe étant bien meilleur avec une hache en pierre polie qu’avec la même simplement taillée.

 

Deuxième hypothèse : il s’agit de simples  affûtoirs ayant servi au cours des temps, y compris récents.

 Nous ne ferons que citer  la possibilité que ces pierres aient servi   à aiguiser   les couteaux de poche des fidèles sortant de l’église, comme cela nous a été suggéré - sans grande conviction - par un habitant.( Certaines de ces pierres sont de plus totalement  hors de portée de main !).

 De nombreuses maisons de Gabat utilisent ces pierres en grés ferrugineux dans leurs architectures, en pierres d’angle, ou dans l’encadrement des portes ou fenêtres, sans qu’on y voit de semblables rainures. Cependant, la maison de l’ancien maire, Mr. Mendibil présente, à hauteur d’homme, une pierre d’encadrement de porte porteuse de petites rainures verticales, d’environ 5 à 6 cm de long, très peu marquées et fines, qui pourraient bien correspondre, en effet, à un raffûtage de lames de couteau, quoique les propriétaires actuels n’aient pas souvenir d’une telle pratique.

 Reste la possibilité, la plus probable nous semble t-il,  que des pierres  de la porte de l’église de Gabat aient servi pour affûter des instruments  lors de sa construction même de l’édifice,    ( des ciseaux, des burins  ? ). Certaines de ces pierres,  peut-être un peu plus volumineuses qu’elles  ne le sont actuellement, auraient pu  ensuite êtreretaillées et incluses dans les murs, à la fin de la construction de l’édifice.

Ceci expliquerait que ces pierres n’aient pas été utilisées dans leur situation actuelle, bien malcommode pour cet usage ( penser à la position des pierres n° 4 et 5, hors de portée), et  expliquerait aussi, pour celles faciles à atteindre, les différences d’orientation des  rainures : les unes  obliques, les autres verticales ou horizontales …

 Dans ce contexte « moderne », une question demeure toutefois : si l’utilisation de ces pierres date des temps historiques, comment doit-on interpréter les cuvettes de polissage ?

En définitive, que ces rainures soient très anciennes ou des temps historiques,  nous partons  sur l’hypothèse qui nous semble la plus probable, à savoir que les rainures  préexistent au montage des pierres. 

 

B - Modalités de leur disposition :

On peut être assuré  que les constructeurs du chambranle de la porte  avaient remarqué la nature particulière de ces pierres  porteuses de  rainures. Ces dernières,  étant en général bien visibles, ont  conditionné la  disposition des blocs :  les pierres  4 et 5, ne possédant qu’une seule rainure ont été retaillées pour leur donner la forme triangulaire requise par  l’orientation de ces rainure. Les pierres trapézoïdales 3 et 6 semblent avoir été eux aussi été retaillées pour raison de symétrie.

Il est fort probable aussi que les pierres  1, 2, et 3 ont subi le même sort pour être le plus possible en harmonie avec les autres.

  Des rainures ont –t-elles été supprimées  au cours de ces  retouches  ?. Il est difficile de répondre ; il semblerait que les constructeurs  et les tailleurs de pierre  aient  essayé au  maximum de les préserver, comme le montrerait la saillie vers la gauche de la pierre n° 2 - que l’on pourrait qualifier de disgracieuse parce qu’asymétrique, mais qui respecte ainsi des rainures pourtant discrètes à cet endroit là.

D’autre part, on ne constate nulle part de cassure ou d’interruption d’une de ces rainures.

Cette asymétrie de l’ensemble, c’est à dire un montant de 7 pierres à gauche ( dont trois sans rainures) et seulement 2 à droite ( avec rainures), résulte-t-elle d’un manque d’autres blocs porteurs  d’incisions ? C’est possible, mais alors, pourquoi ne pas avoir muni le montant droit du  nombre voulu de bloc de grès vierge, pour respecter la symétrie  qui existe dans les autres éléments architecturaux de cette église ?

 

Cette présence dans une architecture religieuse de « polissoirs » (ou de pierres à aiguiser ) nous a  paru suffisamment  exceptionnelle, pour que nous ayons poussé plus loin nos investigations.

  

2 -  Autres  églises en Pays de Mixe.

                 Nous avons donc visité avec Jacques Casaubon , au printemps 2008, quelques églises du Pays de Mixe,  en vue de vérifier la présence ou non de  pierres  porteuses de rainures  dans leurs architectures. Nous avons eu la surprise d’en retrouver dans six cas.

 

Eglise d’ Arraute 

La petite église,

2008 Arraute 8

présente trois portes extérieures donnant accès au porche couvert, précédent lui même la porte d’entrée principale de l’église.

 Aucune de ces 3 portes, ne présente, à l’extérieur, quoique ce soit de particulier au niveau des blocs de grès qui les entourent ; par contre à la face interne de la porte ouest, et sur son montant droit, on remarque un beau bloc degrès rose  porteur de 7 incisions allant de 7 à 20 cm de long, certaines peu marquées, d’autres  pouvant atteindre 18 mm de profondeur.

 De même, sur les 21 claveaux qui entourent la porte principale,

2008 0427 Arraute 9

donnant accès à l’intérieur même de l’église, on remarque que 6 présentent de nombreuses incisions. Si l’on numérote ces blocs de grès rose de gauche à droite, et de bas en haut, on trouve à étudier successivement :

Le claveau n° 3 : le plus saillant de tous vers l’extérieur,  présente 8 rainures, peu profondes, dont 6 légèrement obliques en bas et à gauche, et 2 verticales, pouvant mesurer de 8 à 14 cm de long.

Le claveau n° 8, en forme de rectangle allongé inclus dans la partie haute du pourtour de la porte -  et hors de portée de main – présente une seule longue rainure verticale  de 23 cm de long et 15 mm de profondeur.

Le claveau n°12, lui aussi hors de portée de main, est le siège de 7 incisions, parallèles aux bords du bloc, certaines pouvant atteindre 18 cm de long  et 10 mm de profondeur

Le claveau n° 16, présente 4 incisions verticales, dont 3 atteignent environ 13cm de long..

Le claveau n° 17,

2008 0427 Arraute 10

 possède  7 à 8 incisions verticales, certaines peu visibles, d’autres, très nettes, pouvant atteindre 14 cm de long et 13 mm de profondeur.

Enfin le claveau n° 18,

2008 0427 Arraute 11

est porteur des rainures les plus visibles et les plus profondes. Sur sa face externe, on peut en compter douze et sur sa face interne, côté porte, on peut voir une rainure en Y de 12 cm de long.

 

Eglise de Masparraute. 

Si les entourages de grès rose des différentes portes de cette église

2008 0427 Masparaute 12

ne portent aucune incision ou rainure, par contre, la première fenêtre en bas et à gauche du mur sud présente, sur le quatrième claveau,

2008 0427 Masparraute 13

en partant d’en bas et à gauche, un magnifique ensemble de treize rainures, la plupart  profondément marquées dans la pierre, mais ici encore, parfaitement  hors  de portée de main.

 

Eglise de Succos.

- Tout d’abord, au niveau de la façade sud de l’église Saint-Martin-de-Succos,

2008 0427 Succos 14

on remarque l’emplacement d’une fenêtre qui a été   bouchée, mais dont l’encadrement est toujours visible, constitué de 7 blocs de grès gris, dont trois  portent des incisions bien nettes. 

- Par ailleurs, au niveau des pierres d’angle de cette façade sud, à sa jonction avec le mur ouest,

2008 0427 Succos 15

on remarque un groupe de trois pierres, en grés,  qui présentent un total de 14  rainures très visibles  :

 

 Eglise de Camou.

Cette église,

2008 0427 Camou 16

  Seul le claveau  n° 4 du pourtour de sa  porte principale d’entrée ( en partant d’en bas à droite ), formé de blocs de grès rose, présente 7 rainures,  dans l’ensemble  peu marquées et  réparties en 3  groupes.

  

Eglise d’Orègue. 

Si l’architecture générale de cette église,

2008 0427 Orègue 17

est très proche de celles des autres églises étudiées jusqu’à maintenant, la différence réside dans le fait que l’extérieur des murs n’a pas été crépi, de sorte que l’on peut en voir ici  les pierres constitutives  dans leur ensemble, contrairement aux cas précédents, où seuls étaient visibles les encadrement des portes ou des fenêtres.

C’est précisément, inclus dans  le mur sud que l’on peut voir 5 pierres en grès ferrugineux rouge  porteurs de rainures souvent profondes.

La pierre n° 1, est située à 1,70m à droite de la porte latérale sud et à 1,05 m au dessus du sol. Elle présente 4 incisions verticales, les deux centrales étant les plus prononcées.

La pierre n° 2  

2008 0427 Orègue 18

est à  2 m à droite de la  précédente et à 1,41m au dessus du sol.

On note deux incisions parallèles,  obliques en bas et à gauche.

La pierre n° 3

2008 0427 Orègue 19

à 0,85m au dessus du sol et à quelques centimètres en dessous et à droite de la  précédente, présente 8 incisions,  légèrement obliques en bas et à gauche, de dimensions et profondeurs très inégales.

La pierre n° 4, située  à 0,91m au dessus du sol, est distante de 37 cm à droite de la  précédente. Les 4 incisions, légèrement obliques en bas et à gauche, sont discrètes, peu profondes ; l’une d’elles mesure cependant 25 cm de long.

La pierre n° 5, est juste à droite de la  précédente , et légèrement en dessous, à 0, 81m au dessus du sol. On note 4 rainures, les 2 supérieures  nettement visibles, légèrement obliques en bas et à droite, la plus grande mesure 39 cm de long et 20 mm de profondeur ; les 2 inférieures sont beaucoup moins  marquées.

 

Eglise de Suhast. 

L’église de Suhast 

2008 0427 Suhast 20

présente des incisions sur  4 claveaux de grès rose du pourtour de sa porte d’entrée et sur 3 autres pierres au niveau de l’angle ouest de son mur sud.

Au niveau de pourtour de la porte d’entrée :

En numérotant les claveaux de gauche à droite et de bas en haut :

Le claveau n° 2 

2008 0427 Suhast 21

présente 6 incisions verticales, de 15 à 24 cm de long, dont deux sont  particulièrement profondes. 

Le claveau n° 3, très saillant vers l’extérieur, comporte 8 rainures horizontales ou légèrement obliques en bas et à gauche. Souvent assez longues ( 19, 24 et même 37 centimètres) leur profondeur est relativement faible.

Le claveau  n° 5, présente 4 rainures, peu marquées, de 6  à 12 centimètres de long, obliques en bas et à droite.

Le claveau n°11, possède 3 rainures bien visibles, les plus longues ayant respectivement  16 et 18 cm de long  pour  8 et 20 mm de profondeur.

Au niveau de l’angle ouest du mur sud, on observe 3 pierres de grès rose porteuses d’incisions,  (la numérotation des pierres  se faisant toujours  à partir du bas) :

La pierre n° 3,  porte 6 incisions sur sa face externe, sud, sensiblement horizontales, ( sauf une petite, verticale), la plus grande atteignant 21cm de long et 10 mm de profondeur. Trois ou quatre de ces  traces  semblent se prolonger sur l’angle même de la pierre.

La pierre  n° 4 est le plus intéressant, car il présente de nombreuses et très visibles traces sur ses deux faces sud et ouest. Sur la face sud,  correspondant à la tranche du bloc, on distingue 5 rainures horizontales, très nettes. La face ouest, correspondant au bloc dans toute sa longueur, présente une dizaine de rainures, de dimensions et profondeurs variables, toutes plus ou moins obliques en bas et à gauche. Les deux plus grandes atteignent 20 cm de long, l’une d’elles ayant 10 mm de profondeur.

La pierre n° 5 présente elle aussi des traces sur ses deux faces visibles.

Sa face sud,

2008 0427 Suhast 22

la plus longue,  porte une dizaine de rainures bien  visibles dont 6 sont obliques en bas et à gauche,  et 4 obliques en bas et à droite.Les trois rainures en haut et à gauche sont parmi les plus profondes (15 à 18 mm de profondeur ).Sur sa face ouest, plus restreinte, on ne voit qu’une incision de 12 cm de long, oblique en bas et à droite.

                                    Nous avons, en outre, inspecté d’autres églises de ce pays de Basse Navarre,  telles celles  d’ Amorots, de Béguios, de Sumberraute, de Luxe, de Labets-Biscay, d’Ilharre, de Biscay sans rien noter de particulier.

 

3 – Eglises hors du Pays de Mixe.

Notre recherche s’est   encore poursuivie en Basse Navarre en étudiant  un certain nombre d’ édifices, religieux ou non, porteurs de blocs de grés dans leur architecture.

La chapelle d’Aphat, présente de nombreux blocs de grés rose et deux en grés ferrugineux, mais aucun n’est porteur de rainures. L’église de Saint-Jean le Vieux, avec ses blocs de grés rose est dans le même cas, de même que les églises de Mendive et  de Lecumberri.

Saint-Jean-Pied-de-Port, nous avons  observé toutes les façades en grés rose des maisons bordant la rue de la Citadelle, et celles de la rue d’Espagne, l’église du Bout du Pont, l’église Sainte Eulalie et l’Hospice mitoyen,  sans retrouver la moindre pierre à rainures. Il en a été de même pour l’église d’Ispoure, celle d’Uhart-Cize, ainsi que pour  la maison forte Laustania, ou l’église de Saint-Just-Ibarre,.Les résultats ont été  tout aussi négatifs pour les  églises de Baïgorri, d’Ossés, et  de Bidarray.

 En Labourd, où nous n’avons rien noté de particulier ; en Soule, le choix des églises a été fait sur les deux critères d’ancienneté, et de qualité de pierre : ainsi les églises bâties en  calcaire dur ont été éliminées  (après en avoir cependant contrôlé certaines…). Nous avons ainsi examiné les églises de Musculdy, de Domezain, d’Olhaïbi, d’Ithorots, d’Etcharry, d’Aroue, Toutes ces églises ( a part les deux dernières) ont, dans leur architecture extérieure ( contreforts, encadrement des portes ou des fenêtres), des pierres de grès jaune bien visibles, sur lesquels  nous n’avons  cependant observé aucune trace semblable à celles  ci-dessus décrites. C’est seulement dans l’église  de Berraute, à la limite sud du Pays de Mixe, que nous avons retrouvé, au niveau de la porte d’entrée, un seul claveau (en grés jaune), du côté droit, porteur de deux rainures, obliques en bas et à gauche de 20 et 15 centimètres de long . Nous avons ensuite poursuivi par les églises de   Charrite-de-Bas, d’Arrast, de Larrebieu, de Moncayolle, de Berrogain, d’Abense-de-Bas, de Laguinge, de Haux, de Saint-Jean-de-Berraute prés de Mauléon, d’Ordiarp,  mais là encore notre quête a été négative.

 

 Quelques remarques pour terminer : .

 Dés maintenant, certains éléments de réflexion semblent  se dégager, et surtout des interrogations.

          Nos recherches, qui ne prétendent pas avoir été exhaustives, suggèrent  une certaine localisation privilégiée en Pays de Mixe. Mais seules certaines églises  présentent  ces blocs de grès porteurs de rainures. Pourquoi ?                                  

          Beaucoup de ces pierres  sont à hauteur d’homme, d’autres sont tout à fait hors de portée de main, tout en restant très accessibles au regard, ce qui suppose qu’elles ont été incluses après usage. Enfin il existe des emplacements privilégiés, ostentatoires :  les encadrements de porte ou de fenêtres, les murs ou angles de murs exposés au sud.  

S’agit-il d’ex-votos, de signatures de « compagnons » ?

          Cette dernière hypothèse pourrait suggérer l’idée d’un groupe de « compagnons » ayant travaillé de façon  privilégiée en Pays de Mixe, mais quand ? combien de temps ? et d’où tenaient-ils cette coutume ?

Michel Duvert  nous signala avoir lui aussi remarqué, lors d’un voyage dans le Quercy, en l’église Notre-Dame du Puy à Sarlat ( Périgord), au chevet sud de l’édifice  - et dans sa partie romane -  de profondes incisions 

N-D du Puy 5

tout à fait semblables à ce que nous venons de décrire.

  On pourrait peut-être y voir  la confirmation de l’existence d’une tradition fort ancienne, et dépassant de  beaucoup le territoire ici étudié

Blot Jacques – Casaubon Jacques.

Note.

(1)   - Deux dates sont inscrites sur cet édifice : en haut, au dessus de l’horloge du clocher, la date 1847, gravée sur une dalle, et celle de 1649, beaucoup plus bas. Les personnes contactées sur place n’ont pas pu nous donner la moindre signification de ces dates qui, pourraient, probablement être  mises en relation avec la date de construction et celle de la restauration de cette église.

Remerciements.

Nous tenons ici à remercier pour leur aide Messieurs les curés Caracotche,  Cazenave,  Saldubehere, ainsi que Messieurs R. Espelette,  P. Etchegoyen, A. Socarros

 Bibliographie.

Blot  Jacques ( 1982) - Le Polissoir du Pic des Escaliers - Bulletin du Musée Basque n° 98 – p. 201, 206

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 13:59

A propos d’une sculpture rupestre

 

en montagne basque.

 

 

                                                         Jacques Blot –- Jakes Casaubon – Panpi Olaizola.

 

 

Résumé.

Une très probable représentation de tête d’animal avec un œil central inscrit entre deux  volutes - pouvant suggérer des cornes - a été trouvée en montagne,  sculptée sur un rocher. Cette  sculpture, tout à la fois esthétique et chargée de symboles, demande à être analysée et interprétée  pour une meilleure approche de sa signification et de la personnalité de son auteur.

 

 

Le bélier

Vue de dessus.

2004 01012006Bélier fig 1

 

Profil droit, vu de l’est

2004 01012006Bélier fig 2

 

Profil gauche, vu de l’ouest

2004 01012006Bélier fig 3

 

                             

Circonstances de découverte.

C’est au cours de l’année 2006 que le guide de montagne Panpi Olaizola informa  Jakes Casaubon de sa découverte d’une pierre sculptée au versant sud d’une montagne en territoire Navarrais. Les photos jointes montraient des volutes, que, dans un premier temps, J. Casaubon interpréta comme évoquant des spirales de type celtique. Il fut donc décidé de nous rendre tous les trois sur le terrain, sous la conduite de P. Olaïzola.

En se mettant face à cette représentation, la première impression  ressentie était celle d’une tête d’animal, dont les volutes latérales pouvaient suggérer des « cornes », (un ovin, bélier ou bouc ?), mais, le plus étonnant, comme en convinrent de suite P. Olaïzola et J. Casaubon, était la présence évidente d’un œil gravé entre les deux volutes latérales (doc.1, 2 et 3), ainsi que la présence d’une troisième volute entourant l’œil gauche de cette représentation.

Nous avons immédiatement informé Jesus Sesma, Directeur du Département Archéologique  du Musée de Navarre à Pampelune, lui demandant  si cette représentation avait déjà été répertoriée et publiée ou si il en connaissait de similaires dans nos régions. Après avoir contacté ses collègues archéologues et ethnologues, il nous a répondu que ce type de figure y était totalement inconnue.

Par ailleurs, Jesus Altuna, de la Société Aranzadi, ( Saint Sébastien), nous a confirmé cette même absence en Guipuzcoa.

Le site.

On le trouve vers l’extrémité d’un vallon qui se rétrécit au niveau d’une barre rocheuse verticale de grés triasique qui forme la paroi nord du site, lequel  va ensuite en s’élargissant, jusqu’à  un abrupte de plusieurs dizaines de mètres, véritable gouffre.

Un petit cours d’eau franchit cette barre rocheuse par une cascade, qui la  sépare en deux parties. A l’ouest, la barre  rocheuse est creusée à sa base par l’érosion, et forme comme un abri sous roche, procurant de l’ombre  et protection contre la pluie. Ceci est d’autant plus appréciable qu’une véritable banquette rocheuse de 1,40m de large, invitant au repos, s’étend  à son pied sur toute sa longueur.

La cascade s’épanouit dans  une  vasque de forme ovale, d’environ 6m x 5m  dont la profondeur n’est que de quelques centimètres. Le  contenu de la vasque s’évacue par un petit ruisseau d’environ 2m de large, qui prend la direction sud pour aller se précipiter  quelques dizaines de mètres plus loin  dans le gouffre précité. L’expérience nous a montré que sur le cours d’une année le débit de l’eau n’est jamais tari.

Les berges de  la vasque, à l’est et au sud, ont, semble- t-il, été volontairement renforcées d’une douzaine de blocs rocheux de grés triasique bien individualisés ;   le bloc le plus à l’ouest, qui marque la naissance du courant de drainage, est aussi le plus volumineux ;  c’est  lui  qui supporte la sculpture.

Le site, dont le climat n’a pratiquement pas changé depuis trois ou quatre mille ans, a donc toujours offert - depuis l’arrivée de l’homme en ces lieux - des conditions éminemment favorables pour pasteurs et troupeaux.  Soulignons dés maintenant, trois composantes qui peuvent présenter un certain  intérêt : l’eau, l’abri sous roche et le gouffre.

Un contexte pastoral très ancien.

Nous sommes, ici, hors des grandes  voies de passage attestées par la recherche, mais à proximité d’une piste pastorale et en pleine zone de pâturages, comme le prouvent non seulement les troupeaux qui fréquentent encore ces lieux, mais aussi les nombreuses ruines de cayolars, certaines à moins de 100 mètres.

Cette présence pastorale ne date pas d’hier. Dès l’Age du Bronze (1800 av. JC), ou  du Fer ( 700 av. JC ), le pastoralisme  est déjà bien présent comme en témoignent  les multiples dolmens, cromlechs et menhirs qui existent dans l’environnement général du site.

A proximité immédiate de cette sculpture, nous avons identifié dans un petit ensellement sur une éminence qui domine le ravin et le site lui-même, un très évident tumulus- cromlech pierreux d’environ 4,50m de diamètre  et à 11m au sud de ce dernier, sur le point le plus élevé de la colline,  un second tumulus-cromlech de 5m de diamètre, avec peut-être même un petit cromlech tangent dans son quart nord-ouest.

 

calque belier

La représentation.

- La roche sculptée.

Elle se présente donc sous la forme d’une dalle bien individualisée –qui fait partie  de la ceinture des blocs de grès triasique  disposés en arc de cercle ;  ce n’est donc pas une « roche en place ». Elle est de forme grossièrement  parallélépipédique et inclinée à 45° sur le sol ; son plus grand axe est  orienté vers l’est nord-est.  Epaisse de 0, 45m environ, elle atteint 1,50m de long et sa hauteur 1,30m. C’est dans son angle supérieur droit que se situe  la sculpture.  Les dimensions de ce bloc ne semblent pas devoir le faire ranger dans la catégorie des « monolithes » tels que nous les avons décrits en Pays Basque ( Blot, J.1983), c’est-à-dire des blocs plus volumineux,  utilisés pour le bornage pastoral. 

- La sculpture.

Effectuée sur une roche relativement dure à travailler (grès compact), elle est de dimensions modestes  (elle    peut en effet être inscrite dans un cercle de dix neuf centimètres de diamètre)  comme on peut en juger par le calque ci-contre ( doc.4 ), et les photos 1,2 et 3. Elle avait toujours échappé à nos yeux, bien que nous connaissions ces lieux depuis des années !

On remarque des volutes symétriques et harmonieuses de chaque côté d’un grand œil central, et, plus bas, un triangle qui pourrait schématise  le museau d’un animal. De part et d’autre, les yeux : à gauche, l’œil  est profondément incisé dans la roche et souligné par une troisième volute ; à droite, il est  simplement marqué par une  légère dépression et ne possède  aucune volute.

Les deux orifices des narines, bien visibles, surmontent une gueule grande ouverte, dont la lèvre inférieure déborde largement la supérieure, à cause du relief naturel de la roche qui est inclinée en avant et en bas et que le sculpteur a largement incisée pour indiquer l’orifice buccal. Le plus remarquable, nous l’avons dit,  est la présence, entre les volutes latérales (assimilables à des « cornes »)  d’un œil, de grande taille, puisque pratiquement identique, en dimension, à ces volutes ou « cornes » de l’animal. Il est disposé dans le sens de la longueur de la tête, verticalement, disposition pour le moins curieuse, car « il aurait du » être horizontal…Contrairement aux deux autres yeux de cette représentation, qui ne sont que suggérés par un petit point, la forme de cet œil central est parfaitement indiquée, avec l’iris au centre et, peut-être, la paupière supérieure sur le coté gauche. Enfin, le relief naturel de la roche a été utilisé : on s’en rend compte en regardant les profils de la tête, surtout le droit ( photo 2 ), où le museau busqué de l’animal est parfaitement  rendu, la silhouette pouvant évoquer - si les volutes latérales sont assimilées  à des cornes -  celle de certains ovins, et plus vraisemblablement  d’un bélier, (ou d’un bouc ?).

  La première impression  qui se dégage  de cette représentation   semble donc être  celle d’une tête de bélier, et  Jesus Altuna, à qui nous avons montré photos et calque penche pour aussi pour cette hypothèse.  Mais faut-il s’en tenir à une première impression ?

Si l’on regarde en particulier le calque de la gravure, en faisant abstraction des deux volutes latérales, on pourrait tout aussi bien  y voir un visage humain, illuminé d’un grand rire …  dans cette hypothèse, les volutes latérales pourraient alors n’être que décoratives. 

Mais il peut tout aussi bien s’agir, comme le suggère M. Duvert, d’un « masque »  à forme animale, comme en portent des danseurs mimant ou évoquant un animal. Des représentations  d’hommes masqués, recouverts d’une tête d’animal, se voient même depuis la préhistoire ( le Sorcier de la grotte des Trois Frères en Ariège, en est un exemple  parmi bien d’autres).

- L’opinion d’un sculpteur.

P.Olaizola a eu l’excellente idée d’inviter sur le site  un sculpteur sur pierre, Régis Pochelu, d’Hasparren.  Les lignes qui suivent sont le reflet des commentaires de ce dernier.

Ses constatations techniques.

Le  relief général du rocher a en effet été  apprécié, puis exploité et légèrement modifié. La pierre a été régularisée au niveau de l’avant ;  le côté gauche ( lèvre inférieure, joue ), a également été refait. Le côté droit, correspondant au départ naturel d’un éclat (gel ?) a lui aussi été régularisé pour donner une notion de symétrie.

Il s’agit indéniablement de l’œuvre d’un homme expérimenté. Ce n’est pas le premier venu qui peut ainsi apprécier le relief d’une roche et l’exploiter d’un trait aussi assuré, reflet d’une pratique certaine. Le fait d’exploiter ainsi le relief naturel de la roche ne permet cependant pas de préciser l’époque : on connaît cette technique depuis le paléolithique supérieur…

Certes, le relief naturel de la roche, en particulier vu d’en bas et à droite, pouvait évoquer un profil d’ovi-caprin, avec front et museau busqués et, lors de son travail, le sculpteur a bien marqué les éléments caractéristiques de l’anatomie de l’animal : les deux lèvres avec gueule ouverte, les trous des narines, les yeux, et les « cornes ». Ainsi, après s’être longuement attaché à régulariser l’avant de la tête -  la gueule de l’animal lui a demandé du travail, non seulement pour la rendre symétrique, mais aussi pour réaliser la lèvre inférieure qui a nécessité un important ponçage – l’artiste a très probablement gravé les  volutes latérales, puis la volute de l’œil gauche ;  le trou central - concrétisant l’iris - ne venant qu’après la réalisation de celle-ci, étant donné la précision du centrage. L’œil entre les « cornes » a ensuite été gravé avant de passer à la région frontale : un éclat a en effet été enlevé entre lui et la bosse du museau, soulignant le relief de celui-ci qui va, de plus, être entouré d’un signe triangulaire, cordiforme, allongé.

Son  point de vue sur l’œuvre.

Il est bien évident, pour R. Pochelu,  que le sculpteur n’a pas  voulu faire une œuvre uniquement représentative, naturaliste. Tout ce dessin lui paraît en effet  hautement chargé de tracés  symboliques : l’œil central, vertical, qui appelle d’emblée l’attention, l’utilisation des volutes encadrant ce dernier ( avec une  volute plus profonde à gauche ) et une volute encore, au pourtour de l’œil gauche lui aussi bien marqué alors que l’œil droit, très peu indiqué, n’en possède pas. Si une certaine symétrie est cependant respectée, on notera que la volute de l’œil gauche va dans le même sens que la volute de la corne droite, et non de la gauche.

 Pour R. Pochelu, il est évident que l’exécutant s’est « laissé emporter par sa sculpture » et que le graphisme a très vite évolué, ou même que  le dessin s’est voulu symbolique dés le départ,  désirant exprimer un ou plusieurs messages par de nombreux tracés dont la signification  n’est plus toujours évidente actuellement. 

Tout ceci pose donc la question de la personnalité de cet exécutant, de son imaginaire ;  nous y reviendrons.

Le ou les outils utilisés.

Ce sculpteur au trait assuré et expérimenté semble avoir essentiellement utilisé un burin plat métallique, sans pouvoir préciser quel type de métal.  Une « masselette » a pu être utilisée pour la percussion, encore que celle-ci puisse être facilement  remplacée par un petit galet.

Cette simplicité de l’outillage correspond bien à l’idée d’un exécutant expérimenté, certes, mais n’emportant  pas avec lui, en montagne, tout son outillage de sculpteur.

Le diagnostic de burin plat repose sur l’étude de la forme et de la profondeur du trait, en forme de V, où l’on note un premier passage qui enlève un pan, suivi d’un second  de l’autre côté qui complète le trait. Toutefois, si le type de trait ainsi réalisé ne permet pas à R. Pochelu de pouvoir éliminer avec certitude l’utilisation d’un burin de pierre - faute d’expérience en la

matière - il est totalement exclu pour lui que ce travail ait pu être exécuté avec un clou ou la pointe d’un couteau.

La toponymie  du site.

En Pays basque, la toponymie est un élément à ne jamais négliger, les noms des lieux pouvant, à priori, dater d’époques fort reculées et  susceptibles, de ce fait, d’apporter  des éclairages inattendus. Comme l’écrit le professeur J.B. Orpustan, que nous avons été amené à consulter de nombreuses fois et que nous tenons à remercier ici pour son amabilité :

« cette gravure animale sur rocher demande à être perçue dans son environnement lexical et toponymique, indépendamment de la datation qui sera faite de cet ouvrage de caractère incontestablement artistique ».

Les cartes IGN ou espagnoles, même celles du cadastre  que nous avons été vérifier, étant tout à fait muettes, Jakes Casaubon a mené une enquête sur les lieux et dans les environs afin de savoir si un toponyme précis désignait ce site.  Seul un vieux berger originaire d’Arizkun a pu lui répondre.  Ce dernier a très distinctement épelé le toponyme du site : O K A Z T A R R  O.

Voici le commentaire de J.B. Orpustan : 

« Lexicalement, le nom OR KAZTARRO  est un composé où se lisent les mots ORKATZ « chevreuil » et ARRO  forme dérivée de AR « mâle », qui se trouve dans le commun MARRO, « bélier » (…)

Le composé originel ORKATZ – ARRO a subi une légère modification phono-morphologique avec insertion d’un – t – comme dans les dérivés eux aussi médiévaux de LATS « cours d’eau » Lastun, Lastiri etc. Le mot ORKATZ lui-même, à peu prés sorti de l’usage au profit de BASAHUNTZ ( littéralement chèvre des bois) à laissé des traces dans la toponymie locale :  Orkazlarre « lande du chevreuil » est le nom d’une maison d’Aïnhice-Mongelos citée en 1412                    ( Orcazlarre ), ailleurs on a Orkazagirre, Orkazberro, etc.

J. Blot me fait observer cependant que les cornes du chevreuil sont « droites et verticales » alors que celles de la gravure forment des volutes spectaculaires comme « celles d’un bouc ou d’un bélier », et que les dictionnaires actuels donnent  au mot ORKATZ d’autres sens : « bouc, chèvre sauvage ». Le lexique basque actuel des animaux sauvages et des végétaux est bien mélangé et même dégradé d’un lieu à l’autre, mais le sens premier ne fait aucun doute.   (…) D’autre part, si c’était un bouc AKHER, le toponyme l’aurait dit comme dans tant de lieux basques cités depuis les premiers temps médiévaux, les « Aquerreta » partout présents en abondance, Akherbizkai , en Soule, Akersaltu en Navarre, sans oublier le fameux «Akhelarre » !

On peut alors penser :

 -1)  ou que le spectaculaire enroulement est un pur effet esthétique.

-2) ou que le nom de « bouc » a été évité pour motif de tabou??) (1) 

-3) ou même que le toponyme est absolument distinct de la gravure, ce qui serait, tout compte fait, le plus étonnant ».

On pourrait ajouter une  4ème hypothèse : gravure et toponymie sont contemporains et ce depuis qu’ ORKATZ   signifie « bouc, chèvre sauvage ». Toutefois, en ce cas, (J. Casaubon) on ne s’explique pas que ce sculpteur, maîtrisant parfaitement son art, n’ait pas représenté  un bouc ou une chèvre  en place d’un bélier. 

A la remarque faite par J. Casaubon que le toponyme avait été épelé OKAZTARRO et non ORKAZTARRO,  J. B Orpustan  répond ceci :

 « Si la (ou une ?) prononciation est « OKAZTARRO » , je n’y vois pas de raison suffisante pour modifier cette analyse, vu les nombreuses altérations  (et réductions phonétiques : ici disparition du « r » par effet de dissimilation) que subissent la plupart de nos noms de lieux. ». Toujours sur ce thème, J. Casaubon aimerait ajouter ceci : 

« Le professeur J.B. Orpustan souligne judicieusement qu’Orkatz, terme très ancien, a gardé son sens premier jusqu’à nos jours, et la pertinence  des interprétations de cet éminent spécialiste en toponymie et domonymie est unanimement reconnue ; qu’il soit cependant permis à l’autodidacte que je suis,  et avec toute la prudence qui s’impose, d’émettre les remarques suivantes :

1 – Parmi les nombreux toponymes et domonymes en ORKATZ, le lieu dit OKAZTARRO serait, à ma connaissance, l’unique ayant subi une « réduction phonétique  par disparition du « r » par effet de dissimilation ».

2 -  Bien que les toponymes en OKA (oca) n’aient pas la fréquence de ceux en ORKATZ,

on en compte néanmoins une douzaine définissant des sommets, sources ou rivières

( hydronymes), du Pays Basque  aux monts de Léon-Gallice, via la Castille. Leur étymologie demeure mystérieuse car les hypothèses émises par certains linguistes sont peu convaincantes. Un travail de recherche mené sur le terrain conduirait peut-être à lever le voile sur la signification de ce toponyme ».

Analyse et interprétations possibles.

Analyse.

On se trouve devant l’œuvre d’ un exécutant expérimenté,  pour qui le relief de la roche     semble avoir  été utilisé comme support d’un ou de messages de nature symbolique.

Dans ce contexte de création, non interprétable en terme d’historicité, il est donc bien vain de vouloir essayer de préciser « de quand » date cette œuvre. Par contre, il semble  beaucoup plus intéressant de tenter l’approche  de l’imaginaire que semble véhiculer cette représentation, grâce à l’analyse des divers éléments figurés. Mais ceci sans oublier qu’en symbolique, c’est plus la totalité que les parties qu’il faut considérer.

Pour essayer de progresser un peu, nous avons fait appel  à diverses sources, dont un  Dictionnaire des Symboles et la Mythologie basque.  En effet mythes et symboles transcendent le temps et l’espace ; ils sont universels et de tous les temps ;  beaucoup font partie des fondamentaux de l’Homme. Mais il ne faut pas pour autant négliger ni le dynamisme de l’inspiration personnelle du concepteur - qui n’est peut-être pas l’exécutant ( ?) - et qui semble particulièrement vigoureux, ni le fait que nous sommes  dans le contexte de la montagne basque.

Parmi les éléments représentés, trois nous semblent plus particulièrement dignes d’intérêt.

1 - L’ŒIL CENTRAL.

Disposé verticalement et de façon particulièrement bien visible, il paraît même démesuré par rapport aux autres éléments figurés dont il en semble bien être  le principal ;  nous commencerons donc par lui.

Si l’on consulte le Dictionnaire des Symboles ( J. Chevalier et A.Gheerbrant, 1982.), on constate en tout premier lieu que cet organe de la perception visuelle  est presque aussi universellement reconnu comme le symbole de la perception intellectuelle.

Le « troisième œil »  frontal est pour beaucoup l’organe de la perception  intérieure, de la sagesse, de la clairvoyance.  Rappelons que l’œil unique est par ailleurs le symbole de l’Essence et de la Connaissance divine. Dans cette interprétation, l’œil est alors considéré comme la source de toute chose, et plus particulièrement de la pensée, du comportement, de l’accueil.  Enfin, l’œil divin, qui voit tout, est  figuré très souvent par le soleil, et inversement, l’œil est l’équivalent symbolique du soleil (2).

Notre première interprétation de cet œil en faisait  une représentation symbolique du soleil, impression confortée par le fait qu’en certaines zones du Pays Basque, soleil se dit aussi « Œil de Dieu » ( Jainkoaren begia ). Sur ce point précis, voici d’ailleurs l’avis de J.B. Orpustan :

« Puisque vous citez l’appellation populaire et moderne du soleil « Jainkoaren begia », il y a beaucoup plus intéressant et antérieur à la notion  de Dieu / Jainko : c’est que EGUZKI est un composé de EGU,forme antérieure pour « jour » - (d’où les mots comme EGUBAKOITZ > EBIAKOITZ «  jour isolé » pour le « samedi » etc.) -  et de EKHI,  qui lui même est la base à peu prés certaine de BEGI « œil » ( les parties doubles du corps commencent  par b- en basque : begi, beharri, beso, behatz, belhaun), et le soleil était sûrement, en basque ancien, « œil du jour », comme il l’est encore dans  quelques langues

Le caractère solaire du dessin gravé (travail artistique soigné) est absolument net, comme vous l’avez observé, avec même la correspondance précise «  œil / soleil », et ce pourrait bien être un témoignage survivant du culte solaire, lieu même de sacrifices ? (…). Le bélier était-il comme le taureau, lié au mythe solaire, ou est-ce un autre animal de même aspect ?

Voilà de quoi nous plonger dans des abîmes de réflexion. (…) ».

Dans ce contexte d’essai d’interprétation de cette gravure rupestre basque, le recours à la mythologie basque s’impose à priori, en se référant aux immenses  travaux de Barandiaran recueillis dans son Diccionario illustrado de mitologia vasca. (Barandiaran, J.M. de.1972) (3)

Nous avons aussi fait appel à  l’ethnologue Thierry Truffaut, (Truffaut, Th. 2005), que nous remercions vivement  pour  l’étude qu’il a bien voulu consacrer à cette gravure sous l’angle de la mythologie basque et dont nous présenterons les principales réflexions au cours de ce travail.

Parmi les innombrables  éléments recueillis par Barandiaran, nous en avons relevé quelques uns  qui ont pu inspirer le  concepteur de cette représentation.

Concernant l’œil, on note tout naturellement  les relations avec le soleil. Au chapitre

EGUZKI. « soleil », « lumière solaire »,. Un très vaste développement est consacré aux diverses interprétations du mot Eguzki, en particulier au fait que le soleil est très fréquemment assimilé à un œil, et à son importance dans le monde conceptuel basque (4).

2 - LES VOLUTES OU SPIRALES

Elles sont au nombre de trois et ne sont pas aisées à interpréter. Plutôt que de les considérer comme de simples ornements, il semble préférable de s’orienter, là encore, vers la recherche de leur signification symbolique.

Comme pour l’œil, l’origine  et les significations de la volute, ou de la spirale - qui font partie des archétypes universels - se perdent dans la nuit des temps.

Ainsi, toujours dans le « Dictionnaire des Symboles » on peut lire : «  (…) La spirale, dont la formation naturelle est fréquente dans le règne végétal (vigne, volubilis) et animal, (escargot, coquillage), évoque l’évolution d’une force, d’un état. (…) Elle se rattache au symbolisme aquatique de la coquille, au symbolisme de la fertilité, de la féminité.( double volute, cornes etc.). Elle représente (…) la permanence de l’être sous la fugacité du mouvement. (…)La spirale est en fait un symbole cosmique. C’est un motif que l’on trouve souvent gravé sur les dolmens ou monuments mégalithiques ».

Une autre interprétation de la volute, réside dans son assimilation symbolique et schématique à une corne. De ce point de vue, les deux volutes qui encadrent l’œil central pourraient, en effet, être assimilées sans difficulté  à des cornes. Avec le museau busqué déjà signalé, l’hypothèse d’une représentation d’ovin ( bélier, bouc) pourrait aussi être avancée.  Mais ces « cornes » sont plus évoquées que réellement figurées ; ceci est d’autant plus étonnant que la qualité de l’œuvre  nous laisse à penser que l’auteur aurait très bien su représenter  de « vraies  cornes » s’il l’avait désiré ; et que dire de la volute qui entoure l’œil gauche de l’animal, enroulée en sens inverse de la « corne »  gauche ? simple élément décoratif ?

Si l’on admet l’assimilation des deux  volutes latérales à des cornes, le Dictionnaire des Symboles nous indique que le symbolisme de ces dernières est celui de la puissance, comme d’une façon générale, celui des animaux qui les portent. Les guerriers de divers pays  ont porté des casques à cornes…(5)

Parmi les animaux à cornes, le bélier, ce mâle instinctif et puissant, symbolise la force génésique qui assure la reconduction du cycle vital, les cornes de bélier étant, en outre, de caractère solaire (6). Th. Truffaut apporte encore d’importants éléments de réflexion avec les lignes suivantes : « Il existe aussi dans la mythologie basque, dans la grotte d’Okina en Alava et en Guipuzkoa dans celle d’Aketegi, à Zégama, la présence d’un mouton appelé Aari, qui appartient au monde de la déesse Mari ; il lui sert d’oreiller et ses cornes de dévidoir lorsqu’elle file. Il se pourrait que dans les Hautes Pyrénées, à Louden-Vielle, nous retrouvions une divinité similaire sous le nom de Arixo-déo, déjà cité par Sacaze dans les divinités de l’époque gallo-romaine ; Arinda la donnerait comme diminutif  basque de Aari. ( Arinda, 1985) ».

Dans l’hypothèse où, notre représentation - l’animal est très stylisé –, serait un bouc, celui-ci symbolise aussi la puissance génésique, la force vitale, la libido, la fécondité. Mais, nous indique le Dictionnaire des Symboles,  cette similitude devient parfois opposition : car, si le bélier est principalement diurne et solaire, le bouc est le plus souvent nocturne et lunaire. Animal impur, tout absorbé par son besoin de procréer,  il n’est plus qu’un signe de malédiction qui prendra toute sa force au Moyen Age. Les échos que nous transmettent les récits de P. de Lancre sur les Sabbats en Pays Basque  et les akhelarre, sont assez démonstratifs à ce sujet ; nous y reviendrons.

Il  est aussi intéressant de noter ce qu’il en est dit dans la mythologie basque : « AKHERBELTZ « bouc noir » : génie représenté sous l’aspect d’un bouc noir, qui, dans certains cas, remplace MARI  (…) Il a des facultés curatives et exerce une influence bénéfique sur les animaux que l’on place sous sa protection. C’est pourquoi, quand on désire que le troupeau ne soit pas victime d’une maladie, on élève dans l’étable un bouc qui doit être noir ». Il peut donc être une protection contre l’adur, le mauvais œil.

Avant d’en terminer avec la signification possible des volutes,  rappelons qu’elles sont ici au nombre de trois. Sans nous étendre longuement sur ce fait, peut-être fortuit, disons  tout de même que le chiffre Trois  est universellement considéré comme fondamental, il exprime un ordre intellectuel et spirituel. Nous avions  déjà  signalé le triangle central, sur le « museau de l’animal, les 3 yeux, les 3 volutes…

3 -  LA  BOUCHE , LA GUEULE.

Largement incisée dans une roche soigneusement régularisée, cette bouche, cette gueule, grande ouverte, attire d’emblée l’attention.

Le Dictionnaire des symboles nous informe que la bouche, ouverture par où passent le souffle, la parole, et la nourriture, est le symbole de la puissance créatrice, et tout particulièrement de l’insufflation de l’âme ainsi que d’un  degré élevé de conscience.

Contexte géographique et mythologie basque..

Nous rappellerons avoir déjà souligné la présence, ici, du gouffre et de l’abri sous roche. Quels peuvent-être les rapports avec la mythologie basque, et que nous dit J.M. de Barandiaran à ce sujet ?

LEIZE« abîme », « caverne ». Les cavernes et les abîmes du pays sont présents dans de nombreux mythes (…) généralement comme demeures de génies. (…) Nombreux sont ces êtres surnaturels qui apparaissent sous forme de taureaux, de chevaux, de chèvres, de moutons et autres animaux.

MARI. C’est une divinité féminine, elle a fini par occuper plusieurs fonctions qui étaient celles de divers génies de Vasconie et d’ailleurs. Elle est considérée comme le chef des génies (…).

Les aspects de Mari sont multiples, humaines, animales, etc. «  (…) Les figures animales, comme celles du taureau, du mouton, du bouc, du cheval, du serpent, du vautour, etc. auxquels font allusion les récits mythiques relatifs au monde souterrain, représentent donc Mari et ses subordonnés, c’est à dire les génies terrestres ou les forces telluriques auxquels le peuple attribue les phénomènes du monde (…).

Les demeures de Mari «  (…): Le monde souterrain est le séjour habituel de Mari, et ces régions communiquent  avec la surface de la terre grâce à divers conduits que sont les grottes et les gouffres.(…) Quant aux offrandes à Mari : (…) ce qu’on peut faire de mieux à coup sûr, c’est de se rendre à son antre pour lui offrir un mouton (…).

Interprétations proposées.

Compte tenu de la multiplicité des lectures qui semblent proposées sur cette représentation et du grand nombre de leurs significations, en terme de pensée mythique, il n’est pas possible d’en donner une interprétation unique et définitive. Lesquelles ont influencé l’auteur ?  quelle est la part de sa propre imagination ? de sa propre fantaisie ?

 Nous explorerons  quelques pistes de réflexion, laissant  au  lecteur tout le loisir de parcourir les autres…

-a)- Dans le cadre du pastoralisme, M.Duvert, à qui nous avons montré des reproductions de la gravure, nous a fait part de ses nombreuses  réflexions, ce dont nous le remercions ici vivement. Il  conçoit, certes, l’hypothèse d’un simple  « berger-poète », au dessin spontané, qui a pu exprimer dans cette représentation, ses rêves et  ses croyances. La cascade, la vasque de rétention, la banquette naturelle offerte par le rocher sur la  gauche du site, en font un lieu de réunion éminemment convivial, sans parler de la possibilité d’abreuver les troupeaux.

Par contre, il ne pense pas que ce « berger-poète » ait à voir avec un réalisateur de stèles discoïdales, car le dessin,  assez « mou », échappe à toute normalisation, contrairement à l’œuvre d’un tailleur de stèle. Mais M. Duvert pose aussi  la question de savoir si l’auteur de cette gravure l’a exécutée en suivant sa propre inspiration, ou s’il travaillait d’après un modèle déjà vu ailleurs. Peut-être s’agit-il aussi d’une œuvre commanditée par un ou  des tiers, ayant envoyé un émissaire chargé de la réaliser ensuite  en  ces lieux si particuliers, ( et  dans quel but ?).  De toute façon, nous l’avons déjà souligné, le sculpteur qui a réalisé cette représentation n’est pas n’importe qui, il n’est pas venu là les mains vides ni en improvisation ; nous avons à faire à un « art savant », riche en symboles s’exprimant dans un contexte particulier. Cette représentation est là pour signifier quelque chose, elle donne à ce lieu une valeur toute particulière.

 Le lieu  de réalisation de cette gravure a son importance : en montagne, à moyenne altitude, et d’accès relativement aisé, mais hors des grandes voies de passage, et loin des lieux habités.  Ce site est  imprégné de pastoralisme, tant dans son contexte général que local.

Il ne faut cependant pas oublier  qu’il y eut aussi, au cours des temps, toute une population  de charbonniers, de mineurs, de carriers et  de dissidents  de toutes sortes.

Toujours dans le cadre du pastoralisme, il est difficile de ne pas faire allusion aux bergers de la protohistoire et à leurs croyances, déjà si élaborées, eux  qui furent les premiers occupants des lieux et qui nous ont laissé tant de vestiges. Nos fouilles ont montré que toutes les étapes de l’édification d’un monument aussi « simple » qu’un baratz, (un cromlech) ne sont qu’une suite de gestes symboliques dont il serait fastidieux de rappeler ici le détail ; nous invitons le lecteur curieux  à se reporter à la lecture de nos articles écrits sur ce thème ( Blot, J.1996 ; 2003 a ;. 2003 b). Pour notre part, nous ne voyons aucun inconvénient à émettre l’hypothèse que l’auteur de cette gravure ait pu avoir pour monument funéraire un des nombreux  baratz  du voisinage. Le  talent de ce sculpteur a très bien pu le faire accéder à la  catégorie des notables, (chaman  par exemple), ayant droit à ces monuments réservés, d’après les résultats des fouilles, à  un petit nombre d’individus, soigneusement sélectionnés.

On sait aussi que les anciens Basques, sous l’occupation romaine, et bien après encore, continuèrent d’ adorer  des représentations d’animaux cornus (bovidés), à « symbole solaire » sur le front, ou entre les cornes ( Navarre, Haut Aragon) et des divinités locales (Aherbelste ou Herauscorrtsehe en  sont deux exemples), ou même sources, fontaines etc. Cette gravure d’un possible  bouc ou d’un  bélier, en bordure d’une vasque, sacraliserait-elle ce lieu ?

- b) - Il ne faut cependant pas oublier  qu’il y eut aussi, au cours des temps, toute une population  de charbonniers, de mineurs, de carriers et  de dissidents  de toutes sortes :

 une certaine partie de la population des montagnes a longtemps été fluide, dangereuse, contestataire, échappant à toutes normes ; ce non conformisme les opposant aux habitants  policés de la plaine, à la société à laquelle ils ne s’étaient jamais intégrés. Réfugiés en montagne, certains devaient même mener plus ou moins la vie sylvestre du « Basajaun » de la mythologie basque.

Dans ce contexte, on ne peut manquer de penser à ce qu’écrit  J.M.de Barandiaran, au chapitre AKHERBELTZ de son Dictionnaire Mythologique : «  (…) La sorcellerie, qui eut tant d’écho en Vasconie au XVI et XVIIèmes siècles, donna une particulière notoriété à cette vieille représentation  du génie Akerbeltz. Il était adoré, (tout du moins on le suppose) dans l’Akelarre, ou lande du bouc, par les sorciers et sorcières, de nuit, les lundi, mercredi et vendredi. Ceux qui s’assemblaient dansaient et offraient à leur dieu des pains, des œufs et de l’argent. A en juger par la description de ces réunions, elles devaient être l’expression d’un mouvement clandestin, enraciné dans de vieilles croyances. Ce mouvement finit par cristalliser l’opposition contre la religion chrétienne et, peut-être, de façon plus sournoise, contre l’organisation sociale en vigueur, ou officiellement reconnue dans le pays. Dans le territoire vascon, on signale plus de quinze lieux de culte de ce type : on les désigne souvent sous le nom d’Akelarre ( lande ou pré du bouc). (…)

Le lieu de cette représentation, éloigné des habitations, à proximité d’un abîme, avec abri sous roche et vasque d’eau, se prêterait volontiers à des manifestations  hétérodoxes, qualifiées de « Sabbat de sorcières », le site devenant alors un AKHELARRE. Les participants, contestataires de l’ordre établi, de la religion imposée,  « sorciers » et « sorcières », échappés des procès en sorcellerie,  pouvaient en effet  aisément se grouper   et donner libre cours  à leurs fantasmes sur le terrain  gazonné s’étendant  devant la vasque. Les descriptions que nous avons par P. de Lancre ( Lancre, P. de,1982), des Sabbats des XVI et XVIIe siècles  sont assez évocatrices. On y voyait, dit-on, « Satan » présidant à la réunion et apparaissant sous la forme d’un bouc…La gravure, qui a été faite ici - signifiante pour des initiés - est-elle précisément une évocation de ces rites, l’œil entre les cornes pouvant être un émetteur d’ « adur » (ou mauvais sort) envers ceux, par exemple, qui se seraient opposés aux sorciers ? 

Dans le cadre de cette réflexion, Th. Truffaut nous propose aussi l’interprétation suivante :  

  «  Cet œil frontal pourrait aussi renvoyer à l’idée de « mauvais œil »  appelé BEGIZKO en basque. Il s’agit plus d’une faculté de faire du mal, une énergie mystérieuse pouvant causer préjudice à autrui, que d’un génie propre. Mais, malgré cela, je me demande si les anciens n’en n’avaient pas une représentation sous la forme d’un génie ?

J’ai été étonné de découvrir récemment, sur internet, une photographie d’un géant créé pour le carnaval de Tardets, cyclope et cornu comme un bélier …appelé BEGUIZKO.  En fait ce personnage évoque aussi  beaucoup le cyclope TARTARO de la mythologie basque.

 

Un très volumineux ouvrage vient compléter notre étude : « Le langage de la déesse », du à une archéologue ethnologue, Marija Gimbutas (+ 1994), et rédigé dans le droit fil de la pensée de J.M. de Barandiaran. Comme ce dernier, elle pense que  : «  l’essentiel du contenu de cette religion préhistorique ( qu’elle expose) a été conservé. », car ses concepts transcendent le temps et l’espace. Pour elle, les diverses divinités  identifiées dés le paléolithique supérieur, se sont fondues en une entité unique, la Grande Déesse, symbole de l’unité de la nature, du perpétuel renouveau. «  Cette déesse n’a rien à voir avec le panthéon des dieux indo-européens. Elle a du survivre au processus d’indo-européanisation, et elle s’est maintenue jusqu’à aujourd’hui, de génération en génération (…) ».Parmi les nombreuses survivances  de cette déesse, l’auteur cite le célèbre mythe montagnard basque de MARI. 

De toute la symbolique étudiée dans cet ouvrage, nous ne citerons que quelques extraits concernant   les seuls signes visible sur cette sculpture. Le chapitre  traitant de la signification de l’œil – et des symboles qui lui sont associés, apporte de nombreuses preuves archéologiques et linguistiques du caractère interchangeable de l’œil, du soleil et de la divinité. Plus loin, à propos du serpent, l’auteur précise que : «  l’association picturale  des yeux et des serpents, ainsi que la représentation des yeux par des enroulements de serpents, était fréquente en Europe de l’ouest et du sud-est. (…). Et, plus loin : «  Le dynamisme attribué au serpent est une obsession humaine très ancienne et récurrente : on pensait  que son énergie émanait de l’eau et du soleil ». Le serpent, ou la spirale qui lui est assimilé, est symbole de vie, d’eau, de féminité, de régénération créatrice. Traitant du bélier, M. Gimbutas écrit : « (…) Le bélier continue à être identifié comme un animal consacré à la Déesse-Serpent tout au long de l’âge du Cuivre et de l’âge Bronze. ». Elle ajoute plus loin : « La signification du bélier de la vieille Europe a survécu jusqu’aux temps modernes,  On peut encore voir le déesse basque (Mari), avec un bélier pour monture ; parfois elle file des écheveaux de fil d’or  et se sert des cornes de son bélier comme bobine. ». Le bélier est lui aussi intimement lié au serpent ( comme l’œil ), : « parce que les cornes du bélier sont  enroulées comme un serpent, il a plus de puissance puisqu’il est investi de l’énergie vitale du serpent. ».Enfin l’auteur souligne avec insistance l’association du bélier et du chiffre 3, remarquable par sa fréquence : le bélier peut arborer 3 cornes, les figurines  peuvent être marquées du motif des 3 lignes etc. Déjà, au paléolithique supérieur on note des motifs gravés, 3 fois répétés sur des plaquettes d’os : lignes droites, serpents, spirales etc. Or il est remarquable que  notre sculpture offre 3 spirales ( les deux « cornes » et celle de l’œil gauche), 3 yeux et même, en son centre, un évident triangle.

 

 Pour en  terminer avec les essais d’interprétation, nous pensons d’un grand intérêt de présenter ici quelques extraits d’une communication personnelle de Mme Isaure Gratacos  archéologue, anthropologue et ethnologue bien connue, spécialiste de la culture pyrénéenne. Elle a bien voulu nous faire part de son opinion – en insistant bien sur ce terme -  à propos de cette sculpture, dont nous lui avions transmis photos, dessins et description. Cette communication nous est parvenue après la rédaction de cet article, mais nous paraît parfaitement le compléter, et le conclure  ( c’est nous qui avons utilisé les caractères gras) :

« Lorsque j’ai vu la gravure(…), c’est Akherbeltz qui m’a sauté aux yeux. Puis une seconde « lecture »m’a fait plutôt pencher pour  marro, le bélier. Car, si l’on s’en tient à la seule apparence, il est un fait que la gravure évoque plutôt un bélier qu’un bouc, par le bel enroulement spiralé des cornes  et par le profil. Mais la distinction entre les deux est-elle importante ? Dans les diverses variantes du récit mythologique qui les mettent en scène, on passe du bélier que monte Mari à l’entrée de la caverne d’Aketegi et de celui qui lui sert d’oreiller dans un gouffre d’Anboto, à Akherbeltz, le bouc noir, qui est Mari elle même. En fait, la symbolique qui les accompagne est la même, qu’il s’agisse de l’ovin ou du caprin.

On court le danger de s’engager, avec le commentaire de cette symbolique, sur les sentiers périlleux de l’interprétation : notre vielle culture pyrénéenne est celle de la parole, et, en l’absence de document écrit,  nous manquons des clés sémantiques qui nous permettraient d’accéder aux codes symboliques qui furent ceux de la culture paléo-vasconne. (…) Pourtant, ici, je me risque à l’hypothèse, tant cette gravure me paraît d’une évidence  prototypique. Si l’on en croit les interprétations de l’art graphique néo et proto chez les divers auteurs contemporains, les éléments constitutifs de cette tête animale présentent, en effet, une apparente unité symbolique :  toutes ses composantes – enroulement spiralé des  cornes, enroulement spiralé autour de l’œil, l’œil lui même – sont associées au soleil ou sont symboles solaires,  et ramènent donc à la divinité féminine partout présente en Vasconia, puisqu’elle  est la Nature dans tous ses aspects. Dans la mythologie, Akherbeltz  lui-même est fréquemment associé à Mari. (…).La présence de la gravure prés de l’eau, en une position intentionnelle, puisqu’il ne s’agit pas d’un bloc « in situ », est fort intéressante, et va dans le sens d’une attribution à Akherbeltz-Marro-Mari : l’eau est associée à la féminité dans toutes les cultures du monde. (…) Il est vrai que, sur ce bélier,  cet œil au singulier, peut faire penser à Tartaro et autre Basa Jaun.  Et il est vrai que les contaminations thématiques, ça existe. Mais il est tout aussi vrai que le mélange du bélier bénéfique avec les cyclopes Torto, Anxo ou Alabi, cyclopes qui sont le danger et la cruauté, paraît très peu probable.

Donc, le bélier protecteur, bénéfique, solaire, symbole de vie et du féminin ? …

Ou le bouc protecteur, bénéfique, solaire, symbole de vie et associé au féminin ?… ».

Conclusion.

L’étude de cette sculpture rupestre s’est révélée d’autant plus difficile qu’il s’agit, à notre connaissance d’une oeuvre unique, sans équivalents en Pays basque, dans l’état actuel de nos recherches et de nos connaissances.  Cette unicité pose déjà, en elle-même un  problème. Les gravures relevées par exemple de manière exhaustive sur les rochers en vallée d’Ossau, ne montrent rien de semblable (Dugène, J.P. 1994).

 Cette sculpture - quelque soit son auteur - tant  par ses qualités artistiques que par sa charge symbolique, nous ouvre un monde de réflexions et de questions pour lesquelles, hélas, seules des hypothèses peuvent être proposées.

Parce que nous avons à faire  à une représentation  non pas figurative mais uniquement constituée de symboles, nous partageons totalement l’opinion de M. Duvert, quand il dit : « C’est un masque, on entend la déesse ( Mari ?), qui rigole derrière ou qui parle, mais pour dire quoi ? ».

Dernière minute.

Lors de notre dernière visite sur le site, en fin 2008, nous avions  constaté que des promeneurs avaient allumé un grand feu prés de la dalle de la sculpture dont la  base avait ainsi été  fissurée dans sa totalité. Nous avons alors  décidé de faire effectuer en urgence un moulage de la sculpture avant que ne surviennent d’autres dégâts, moulage destiné à être exposé au Musée Basque. Grâce à l’accord  de ce dernier, nous sommes revenus sur les lieux  avec Francis Meyrat, en mai 2009, accompagnés de Bruno Hurault, céramiste à Saint –Pée – sur – Nivelle, qui a parfaitement exécuté ce moulage. Nous avons pu, hélas,*  constater, lors de cette venue, qu’un foyer important avait à nouveau été allumé, mais cette fois à la base d’un volumineux  bloc de grés situé à 0,40m au sud-est de la dalle de la sculpture. Ce bloc est posé sur le sol, et le feu l’a fait éclater en plusieurs fragments. Le fait n’aurait eu que des conséquences minimes, si F. Meyrat ne nous avait fait remarquer que la face supérieure de ce bloc de grés, plane, lisse et horizontale était porteuse de trois  plages de polissage, orientées nord-sud. Ces trois plages évoquent le polissage d’outil en pierre (hache ?), plus qu’en métal ; nous n’avons pas noté de rainures d’affûtage ou de raffûtage.

 Enfin, nous avons remarqué un très probable cromlech, qui nous avait échappé jusqu’alors, situé à moins de deux mètres au sud-est de la dalle de la sculpture. Il semble bien qu’il soit  formé de deux cercles concentriques. Le cercle extérieur, de 2,70 m de diamètre, est délimité par une quinzaine de pierres, au ras du sol ; une partie du secteur Est a été recouvert par les colluvions issue de la colline contre laquelle il s’appuie. Le cercle intérieur, délimité par une douzaine de pierres, mesure  1,40m de diamètre ; le centre est lui aussi marqué par quelques petits blocs rocheux.

La présence toute proche de ce  polissoir et de ce cromlech, ne rends que plus troublante l’hypothèse que cette  sculpture soit contemporaine de ces éléments, sans pour autant ignorer qu’un argument de proximité n’est pas un élément de datation…

 

*  C’est un  souci de protection du site qui nous a incité à ne pas donner plus de précisions quant à la localisation de cette sculpture, celles-ci ayant été données aux autorités compétentes.

 

Remerciements.

Nous tenons  ici à remercier encore très  vivement  pour leur aide et /ou leurs suggestions, messieurs: J. Altuna, M.Duvert, M. Etchehandy, I. Gratacos. B. Hurault, F. Meyrat, J.B.Orpustan, R. Pochelu, Th. Truffaut, C.Urrutibéhéty.

Notes.

(1) - C’est précisément ce que suggère ici Th. Truffaut : « (…) il est toujours bon de rappeler qu’en mythologie le dieu ou le génie du lieu ne pouvant souvent pas être directement nommé par interdit culturel, c’est par d’autres rapprochements, artifices, ou jeux de mots que procédaient alors les populations ». 

(2) - Cette conception mythique de l’œil  fait partie des archétypes universels..

Une brève incursion dans le panthéon égyptien ( Guirand, F. 1935), nous montre que, dés le milieu du IVème millénaire, apparaissent les premières divinités, présentant, elles aussi une analogie, au moins formelle, avec les « religions » préhistoriques dont elles dérivent. On y retrouve en effet, comme en Europe, des constantes curieusement proches  de tout ce que nous ont enseigné les études de préhistoire générale. Phénomène de convergence ou inertie de l’Histoire, ces pratiques condensent une longue évolution intellectuelle vécue au fil des milliers de générations antérieures dont elles restituent l’aboutissement. ( Otte, M. p112). Le soleil a de très nombreux noms et donne lieu à des interprétations extrêmement diverses ( Ré, Hathor, Horus, Thot, etc.).

 En Europe, on retrouve cette équivalence œil-soleil sur certaines statuettes ou monnaies de l’âge du Fer ( monnaie gauloise trouvée à Rouen) ou même une transformation probable de  l’œil en symbole solaire ( monnaie de Jersey).

La désignation basque du soleil  sous le terme d’EGUZKI, comme le rappelait si justement J.B. Orpustan, pourrait bien dater de ces époques. Notons encore  (Furon, R.1966), que c’est aussi au Chalcolithique  que se répandent dans toute l’Eurasie les autres signes solaires, symboliques, dont un des plus connu reste la svastika ou lauburu.

(3)  Dans la mythologie basque, Barandiaran avait été frappé par l’observation suivante : il n’y a pratiquement pas une ouverture de la terre ( gouffre, grotte) qui ne soit le siège d’une manifestation le plus souvent zoomorphe ; tout se passe comme si les mythes basques mettaient en scène et animaient le bestiaire des grottes habitées par l’homme préhistorique. Sans entrer dans le détail, disons simplement que, pour Barandiaran, cette coïncidence troublante entre mythes et sites pourrait relever d’un phénomène d’ « imprégnation » ; mais une certaine « permanence » paraît aussi compléter « l’imprégnation », dans la mesure où il semble exister un certain parallèle entre les phases culturelles révélées par l’archéologie et certains types de mythes.

« La mythologie basque mobilise et met en scène les mêmes représentations artistiques-religieuses du peuple aquitano-cantabrique du paléolithique (…) Les mythes solaires, lunaires et telluriques, de même que les croyances relatives au ciel bleu, aux nuages, aux sources et aux rivières, semblent incorporés à la mythologie basque depuis le néolithique, sous l’influence de la culture indo-européenne primitive ».(Barandiaran, J.M de 1972.).

(4) - L’orientation vers l’Est des dolmens, c’est-à-dire vers le soleil levant, nous rappelle l’importance de ce dernier dans les croyances de l’époque, concernant en particulier le renouveau de la vie après la mort

 (5) - La charge symbolique  de ces attributs remonte à fort loin : en effet, avant même les premières représentations du Paléolithique  supérieur, on trouve déjà, au paléolithique moyen ( 100.000 à  40.000 ans avant J.C.) des dépôts de vestiges animaux, encornures, ramures, sur les premières sépultures de l’humanité en particulier, et comme le souligne M. Otte: « (…)  les bovinés et cervidés sont les plus nombreux, soit deux des espèces qui connaîtront la plus fastueuse prospérité dans l’histoire des symboles religieux ou des attributs mythiques ».( Otte, M.1993.p.54) 

(6) - Le bélier a même été divinisé dans l’Antiquité comme nous le rappelle Th. Truffaut :

« Les cornes représentées ( ici) sont des cornes formant une spirale et non pas des cornes droites ou des ramures de cervidés (…). La seule représentation connue d’un dieu bélier est le dieu Amon en Egypte. Il est en outre plusieurs fois représenté dans la célèbre allée d’entrée du temple de Karnak. Dans l’antiquité, son culte s’est développé en Grèce sous le nom de Zeus-Amon puis dans l’Empire romain sous le nom de Jupiter-Amon. Il s’agit d’un homme avec des cornes de bélier bien rondes et enroulées ».

Bibliographie.

 

Arinda, A. A. ( 1985). Magia y religion primitiva de los Bascos. Ed. AAA Bilbao.

Barandiaran, J.M de. (1972.)- Diccionario ilustrado de mitologia vasca. La Gran Enciclopedia Vasca – Bilbao.

Blot, J. (1982 ) - Des rites funéraires protohistoriques  ont-ils persisté en Pays Basque jusqu’ au Moyen Age ? Kobie n° 12.

Blot ,J. (1983) – Les monolithes en Pays Basque de France. Bulletin du Musée Basque n° 99.

Blot, J. (1995) - Contribution à l’étude des cercles de pierres en Pays Basque de France. Bulletin de la Société Préhistorique Française, Tome 92 CRSM n° 4.

Blot, J. (1996) – Le cromlech Meatse 12. Compte rendu de fouilles 1994. Bulletin du Musée Basque n°146.

Blot, J. (2003 a) - Le cercle de pierres ou baratz, Meatse 11. Compte rendu de fouilles 1996. Bulletin du Musée Basque n°160.

Blot, J. (2003 b) - Le message des architectures protohistoriques. Bulletin du Musée Basque n° Hors série.

Chevalier, J. et Gheerbrant, A. (1982) – Dictionnaire des Symboles. Ed Robert Laffont/ Jupiter.

Dugène, J.P. ( 1994) - Mémoires de pierres. Les roches gravées par les bergers de la Vallée d’Ossau. Musée Pyrénéen. Ville de Lourdes

Duvert, Michel. (1993) - Dictionnaire illustré de mythologie basque. De José Miguel de Barandiaran, traduit et annoté par Michel Duvert. Elkar (Donostia, Baïona).

Furon, R

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 13:50

ADDITIF   2011

 

à  l’INVENTAIRE des  MONUMENTS  PROTOHISTORIQUES  inédits

 

en  PAYS BASQUE de  France

 

 

 

 

Cet additif complète les deux précédents, concernant les années 2009 et 2010.  Là aussi,  on trouvera parfois des descriptions de « monuments » que nous qualifions de « douteux » ou même que nous rangeons dans une catégorie à part, celle des «  cas particuliers ». Nous nous sommes déjà expliqué à ce propos. Les coordonnées sont relevées au GPS ( Garmin) et données en unités WGS 84. Les monuments sont décrits par communes, dans l’ordre alphabétique. Les chiffres en gras renvoient à la bibliographie de notre INVENTAIRE de 2009.

 

 

ALDUDES

 

Tumulus-cromlech n° 1 Belaun ouest

Commune des Aldudes

Situation : coordonnées : N = 43°05’55’’    O = 01° 27’31’’ Alt : 810m.

Sur un replat au flanc du mont Eyharce, dominant le col de Belaun.

Description : On note un léger relief circulaire, de 5,50m de diamètre et de 0,30m de haut, délimité par 8 pierres de calibre variés ; deux d’entre elles en secteur nord, semblent avoir été arrachées  à l’extérieur du cercle, et mesurent respectivement 0,50m et 0,70m dans leur plus grand axe ; monument douteux.

Historique : monument découvert par F. Meyrat en avril 2010.

 

Tumulus- cromlech n° 2 Belaun ouest

Situé à 25 mètres à l’Est du précédent.

Description : Structure ovalaire de 5,70m de long, suivant un axe EO., et 3,70m de large, mesurant 0,30 à 0,40m de haut, constituée de pierres de calibre variés, surtout visibles dans la périphérie sud. Monument douteux.

Historique : Monument découvert par J. Blot en avril 2010.

 

Tumulus Belaun Est

Commune des Aldudes.

Situation : Coordonnées : N = 43°06’01’’        O = 01°27’18      Alt = 760m.

Description. : Tumulus de 3,60m de diamètre,  et 0,40m de haut environ, constitué de petits blocs calcaires mobiles. Monument douteux.

Historique : monument découvert par F. Meyrat en avril 2010.

 

Tumulus de Zarkindegui

Commune des Aldudes.

Situation : Coordonnées : N = 43°06’27’’   O = 01° 26’31’’   Alt : 760m.

A environ une centaine de mètres à l’ouest de la BF 119..

Description :  tumulus de 8,50m de diamètre, et de faible hauteur, érigé sur un terrain en légère pente vers le nord,  il est constitué d’un amoncellement de petites pierraille de grés ; on note une dépression centrale de faible profondeur.

Historique : monument découvert par J. Blot en avril 2010.

 

Cromlech Berdaritz n° 1

Commune des Aldudes.

Situation : N = 43°06’41’’  O = 01°26’32’’        Alt : 735m.

Il est à environ 80 mètres à l’E.NE.,.de la BF.118.

Description : on distingue un cercle d’environ 5,50m de diamètre, , érigé sur un terrain en légère pente vers le NE. Il est matérialisé par un bourrelet de terrain contenant de nombreuses pierres ceci étant particulièrement bien visible dans les secteurs NE. et Sud. Le centre est le siège d’une dépression peu profonde. Monument douteux.

 

Cromlech Berdaritz n° 2

Il est situé à 30 mètres à l’O.SO., du précédent.

Une dizaine de pierres au ras du sol  délimitent un cercle de 2, 60m de diamètre contenant une pierre centrale. Monument douteux.

Historique : un de ces deux monument a été trouvé en 2002 par J. Capbodevilla et I. Zabala, l’autre par J. Blot en avril 2010.

 

Tumulus de Berdaritz

 Commune des Aldudes.

Situation. Coordonnées : N = 43°06’44’’     O = 01° 26’22’’     Alt 685m.

Il est situé à 56 mètre à l’ouest de la BF 117.

Description : ce monument, probable, dont il ne reste que la moitié, a en effet été amputé par la passage des engins agricoles utilisés pour mettre en valeur la prairie à au nord de la clôture de barbelés qui passe  au milieu de ce monument. Tumulus de terre semble-t-il, de 6mètres de diamètre et 0,45m de haut.

Historique : monument découvert par J. Blot en avril 2010.

 

Dolmen Urrixka 4

Commune des Aldudes .

Situation : Coordonnées :  N = 43°06’54’’  O = 01°26’06’’      Alt : 810m.

Description : Erigé sur un replat au pied d’un arbre, on note un tumulus pierreux, formé de dallettes de grés triasique, mesurant 8m de diamètre et 0,45m de haut. De la chambre funéraire centrale, orientée NS.,  il reste une dalle de chevet et  la paroi nord formée par deux dalles verticales. La première mesure 1,59m de long,0,33m de haut et 0,23m d’épaisseur ; la seconde, qui n’est pas dans son prolongement mais débute à l’extrémité de son bord ouest, mesure 0,97m de long, 0,50 m de haut et 0,15m d’épaisseur ; la dalle de chevet est perpendiculaire au niveau de la moitié de la première dalle ci-dessus décrite, et ne dépasse pas 0,20m de haut. ( Rappelons que le dolmen Urrixka 2, que nous avons découvert en 1986, a été publié au Chapitre 1 de notre Inventaire)

Historique : monument découvert par F. Meyrat en avril 2010.

 

Rappelons ici les coordonnées :

Du dolmen Urrixka 1 : N = 43°06’49’’     O = 01°26’09’’        Alt : 760m.

Du Tumulus-cromlech Urrixka 3 : N = 43°06’50’’   O = 01° 25’34’’   Alt : 840m

 

 Cas particulier.

Dalle plantée de Eyharzeko lepoa.

Située à 20 mètres au sud de la BF 125. Dalle verticale de grés rose , orientée S.SE, de 1m de long, 0,46m de haut et 0, 23m d’épaisseur. Son bord supérieur présente des traces très évidentes d’épannelage. Pas de traces de tumulus ; s’agit-t-il d’un vestige dolménique ?

Dalle découverte par J. Blot en avril 2010.

 

 

 

BANCA

 

Cromlech de Lepeder

Commune de Banca.

Situation : Carte IGN  1346 ouest – St.-Etienne-de-Baigorry

Coordonnées :   N = 43°08’18’’        O = 01°23’45’’         Alt = 780m

On le trouve à l’Est du col de Lepeder, et presque à l’extrémité de la croupe orientée ouest-est,  née au sommet du mont Antchola. De ce site, on a une vue panoramique magnifique.

Description :   une quinzaine de petits blocs de schiste ardoisier, la seule pierre locale, délimite un cercle de 3 de diamètre ; au centre se distingue un amas  de  ces mêmes pierres.

Historique : monument découvert par J. Blot en avril 2010.

 

 

                              Cromlech de Lepeder

Lepeder

 

.                                   Monolithe d’Ichtauzkolepoa n° 1

ichtauzkolepua1

 

Cromleh Ichtauzkolepoa 2

Commune de Banca..

Situation : Même Carte que précédemment.

Coordonnées : N = 43° 08’16’’  O = 01° 24’38’’    Alt : 1000m.

Il est situé à 3mètres au sud sud-est du cromlech n° 1 découvert par J. Blot et  publié en 1973 ( 19, p.202.), et à une vingtaine de mètres au NO de le route…ils  n’ont heureusement pas été touchés par ces tout proches travaux routiers…

Description :  Cinq pierres en grés rose, au ras du sol, délimitent un cercle 2,50m de diamètre.

Historique : monument découvert par J. Blot en avril 2010.

 

Monolithe d’Ichtauzkolepoa  1

Commune de Banca.

 Situation : Coordonnées : N = 43°08’13’’     O = 01°24’45’’    Alt : 970m.

 Au dessus de la naissance d’un petit ruisseau et à quelque mètres à l’Est de la piste pastorale.

Description :  Belle dalle de grés rose rectangulaire,, couchée au sol suivant un axe SO-NE, mesurant  2,64m de long, 1,57m de large et 0,34m d’épaisseur. Quoique ne présentant pas de traces évidentes d’épannelage, sa situation auprès de points d’eau, de pistes pastorales, et de si abondants pâturages, rend fort probable son rôle de « Muga ».

Historique : deux dalles couchées  ont été découvertes par I Gaztelu en novembre 1997, au niveau de ce col, « des deux côtés du ruisseau. », sans que nous ayons plus de détails Dans notre prospection d’avril 2010, nous avons trouvé 4  éléments susceptible d’être retenus, dont les 2 dalles  ici décrites,  mais qui sont du même côté du ruisseau….voici la seconde :

 

Monolithe  d’Ichtauzkolepoa n° 2

Situation : à 25 mètres environ au NE du précédent monolithe. Altitude :975m

Description : Belle dalle de grés rose, couchée au sol selon un axe NS., mesurant 2,40m de long, 0,78m de large, et 0,25m d’épaisseur. Peut-être y aurait-il quelques traces d’épannelage le long du côté Est. Il est difficile de savoir si une ou les 2 dalles ont joué (en même temps ?)le rôle de « Muga ».

Historique :  Dalle découverte par I. Gaztelu en novembre 2007 (ou J. Blot en avril 2010…).

 

 

                       Monolithed’Ichtauzkolepoa n°2 

ichtauzkolepua2

                                  

 

                            Cromlech Antchola n°1.   

antchola1           

 

Cromlech Antchola n° 1

Commune de Banca.

Situation : Coordonnées : N = 43°08’26’’   O = 01°24’41’’      Alt = 1086m.

Il est situé sur un petit replat, dans la montée vers la  BF.106 en partant du col d’Ixtauz, à une trentaine de mètres à l’ouest de la pente ouest abrupte du mont Antchola.

Description : De nombreuses petites pierres ou dalles de grés disposées en couronne de 2,50m de diamètre, entourent un amas central du même type.

Historique : monument découvert par J. Blot en avril 2010.

 

Cromlech Antchola n° 2

Il est situé à 9mètres à l’ESE du monument précédent, sur terrain plat.

Description : environ 13 pierres au ras du sol délimitent un cercle de 2,60m de diamètre

Historique : monument ( douteux ?) découvert par J. Blot en avril 2010..

 

Cromlech Antchola n° 3

Commune de Banca.

Situation : au niveau de la BF 106.    Alt : 1100m.

Description : On note, entourant l’implantation de la BF 106, un léger relief circulaire de 6 mètres de diamètre environ, fait de  petites dalles de grés ; de plus  il semble que l’on puisse distinguer quelques pierres d’un éventuel péristalithe. Il ne semble pas cependant pas que l’on puisse attribuer au renforcement de l’implantation de la BF.106 ce  relief tumulaire. Monument douteux, mais possible, l’implantation d’une borne frontière au milieu d’un monument  n’étant pas exceptionnelle…

Historique : monument découvert par I. Gaztelu, en novembre 2007.

 

Monolithe  fendu d’Antchola

Commune de Banca.

Situation : Coordonnées : N = 43°08’33’’ O = 01°24’36’’  Alt : 1118m.

Il est située à une vingtaine de mètres  au S-SO de la BF 105.

Description : Volumineux bloc de grés rose  rectangulaire couché au sol suivant un axe EO., mesurant 1,96 m de long, 1, 38 de large à sa base et 1, 19 dans sa partie moyenne.(la séparation étant incluse) et 0, 43m d’épaisseur. Il semble présenter des traces d’épannelage à son bord nord. A l’évidence il est séparé en deux moitiés égales, soit par l’action du gel… ou de l’homme.

Historique : monument découvert par F. Meyrat en avril 2010.

 

 

                 Monolithe fendu d’Antchola

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                          Tumulus-cromlech d’Ichtauz

ichtauz

 

Tumulus-cromlech d’ Ichtauz

Commune de Banca.

Situation :  A  5 mètres au N-NE de la BF 110.  Alt : 970m.

Description : on note un une quinzaine de pierres de dimensions  variables, enfouies dans le sol qui délimitent un tumulus de faible hauteur et de 3m de diamètre environ.

Historique : monument découvert par J. Blot en avril 2010.

 

 Tumulus Ichtauz n° 1

Situation :  à une trentaine de mètres au N-NE de la BF 110. Alt : 970m.

Description : Tumulus pierreux  de faible hauteur et de 3,60m de diamètre à la surface duquel apparaissent de nombreuses petites dalles de grés rose ; pas de péristalithe visible. Ce monument, comme le précédent, sont, ou à cheval sur la ligne frontière, où très légèrement à l’ouest de celle-ci,  ce qui ne les empêche pas de faire  partie intégrante de l’ensemble des vestiges protohistoriques d’Ichtauz ; c’est pourquoi nous les avons cité ici.

Historique :  monument découvert par J. Blot en avril 2010.

 

Tumulus Ichtauz n° 2

Situation : au niveau de la BF 111.  Alt : 960m.

Description : très exactement comme pour le cromlech de  la BF 106, ci-dessus décrit, on note un très léger relief tumulaire circulaire de 3,50 de diamètre entourant la base de la borne frontière, fait de nombreuses petites pierres entièrement recouvertes de mousse. Il n’y a pas de    péristalithe visible.

Historique : Monument découvert par J. Blot en avril 2010.

 

 

                           Tumulus Ichtauz n°1 

ichtauz1

 

                                                     Tumulus Ichtauz n° 2.

ichtauz2


 

Cromlech de Pago Zelhai

 Commune de Banca.

Situation : N = 43° 07’20’’    O = 01°25’33’’       Alt : 894m.

Il est à 50m au sud de la BF.114.

Description : Une dizaine de pierres au ras du sol, délimitent un cercle (approximatif), de 2,80m de diamètre. Monument douteux ?.

Historique : Découvert par J. Blot en avril 2010.

 

  

Cromlech de Pago Zelhay. 

pago zelay mono

      

 

Monolithe de Pago Zelhay.

pago zelay mono


 

Monolithe de Pago Zelhay

Commune de Banca.

Situation :  N = 43° 07’22’’       O = 01°25’32’’    Alt : 900m

Il est à 40mètres au NE de la BF 114..

Description : Bloc de grés triasique, de forme grossièrement parallélépipédique, couché au sol suivant un axe N.NO-S.SE. Il mesure 3 m de long,1,57m de large à sa base et 1,35m à son sommet. Son épaisseur est variable : maximum à la base : 0,60m et moindre au sommet  en partie enfoui dans le sol, et donc difficilement appréciable  Il présente des traces d’épannelage sur ses bords sud-est et sud-ouest.

Historique : monument découvert par J. Blot en avril 2010.

 

 Cas particuliers :

 

Pierre couchée d’Ichtauzkolepoa

Elle est située plus bas  que le monolithe n°1, à 10m au sud du petit ruisseau.

Coordonnées : N = 43° 08’12’’   O = 01° 24’46’’    Alt : 960m.

Bloc de grés rose couché au sol selon un axe EO, mesurant 1,80m de long 0,49m de large  et 0,31 m d’épaisseur. Très douteux. Découverte par J. Blot en avril 2010.

Pierre plantée d’Ichtauzkolepoa 

Elle se trouve au nord  de la précédente,  de l’autre côté du ruisseau, sur le terrain en pente, et à 10m au N de la piste pastorale. Coordonnées : N = 43° 08’15’’ O = 01° 24’46’’ Alt : 985m.

Cette pierre de grés rose, émerge du sol  sur une hauteur de 0,94m, et mesure 0,56m à sa base visible et 0, 26m d’épaisseur.  Seule cette position dressée attire l’attention.  Très douteux ; borne actuelle ?, effet du hasard ?  Découverte par J. Blot en avril 2010.

Deux tumulus-cromlechs d’Antchola

En montant du col d’Ichtauz vers le sommet d’Antchola, à une dizaine de mètres à l’ouest de la piste, prés d’ un gros rocher, il semble que l’on puisse  voir deux monuments ( ?) très semblables à des tumulus-cromlechs, distants l’un de l’autre de 5 mètres environ, selon un axe NS., sur un terrain assez pentu. Coordonnées : N = 43°08’22’’   O = 01° 24’40’’  Alt : 1045m.

 Ils mesurent tous deux environ 6 mètres de diamètre, et sont constitués de pierres inclinées , disposées semble-t-il de façon circulaire  autour d’autres pierres en désordre au centre. Monuments  découverts par J. Blot en avril 2010.

Tumulus pierreux de Pago Zelhay

Coordonnées : N = 43)07’23’’        O = 01° 25’31’’     Alt : 905m.   

Situé à quelques dizaines de mètres à l’est du monolithe, et au N de la BF 114. se trouve un amas de dalles triasiques , étalé sur une surface de 10 mètres environ, et sur terrain en pente vers le sud ; quelques dalles plantées et inclinées, au centre de l’amas pourraient évoquer ( ??) les restes d’une chambre funéraire.

 

 

 

 

ITXASSOU

 

Tumulus Atharri 1 :

Commune d’Itxassou.

Situation : Coordonnées : N + 43°19’10’’      O = 01°25’16’’   Alt = 355m

Le monument est situé à environ 350m à l’Est du col de Legarre, tangent au sud de la piste.

Description : Il s’agit d’un tumulus circulaire de 5,30m de diamètre, et quelques centimètres de haut, constitué de nombreuses  pierres de petites dimensions,  profondément enfouies dans le sol. On distingue parfaitement  la quasi totalité de sa périphérie, sauf le tiers sud-sud est  qui est recouvert, ainsi que la partie centrale du monument, par un amoncellement de pierrailles mobiles qui ont été déversées dessus à l’occasion d’aménagements relativement  récents de la piste et de ses environs. Est-ce un tumulus dolmenique ou un tumulus simple ? au vu des dimensions nous opterions  plus volontiers pour le seconde hypothèse.

Historique : monument découvert par J. Blot en avril 2010.

 

 

 

Tumulus Atharri 1

atharri


 

Tumulus Atharri 2 :

 Commune d’Itxassou.

Situation :  coordonnées : N = 43° 19’10’  O = 01°25’11’’ Alt : 360m.

On le trouve à environ 80m plus à l’est, légèrement en surplomb de la piste au moment où elle aborde le plateau,  cachée, à gauche,  par des touffes de touyas.

Description : comme précédemment, le monument est en grande partie recouvert par des apports récents de pierraille ; néanmoins on distingue parfaitement la moitié nord de la périphérie du tumulus circulaire originel sous-jacent, de 4,40m de diamètre et quelques centimètres de haut. Là encore, nous optons pour un tumulus simple. A noter, juste à côté un autre important amas de pierraille dont il est impossible de dire si il recouvre ou non un autre tumulus.

Historique : monument découvert en avril 2010 par F. Meyrat.

 

 Cas particulier :

 Pierre couchée de Legarreko-Lepoa.

Commune d’Itxassou. Coordonnées :  N = 43°19’12’’    O = 01°25’35’’   Alt : 345m.

On peut voir cette pierre dans le jardin de la maison qui jouxte l’angle de la route  au niveau du col de Legarre, à 6m au nord du portail, repoussée contre la haie. Ce bloc, de gneiss semble-t-il, couché au sol,  affecte la forme d’un parallélépipède rectangle  de 2 mètres de long, 0,98m de large à sa base et 0,48 au sommet qui est tronqué,  et 0,45m d’épaisseur.

Cette pierre est intéressante par sa situation dans le col et le fait qu’elle semble présenter des traces d’épannelage sur toute sa face nord.

Pierre découverte par F. Meyrat en avril 2010.

 

                       

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 09:41

 

                   Lors d’une toute récente prospection, en mars 2009, nous avons eu le plaisir de trouver un nouveau monolithe  que sa  situation  rends particulièrement intéressant.


Situation.

Commune de Sare.

Coordonnées :  N = 43,2913° ; W = 01,6216° en degrés décimaux. Altitude : 270 m.

Il est situé en bordure d’une vieille  piste pastorale qui  rejoint à 600 mètres  plus à l’ouest  le col où  est érigée la borne frontière 32. Arrivée à l’aplomb des rochers de Faague, mais très en dessous,  (à 270 m d’altitude), cette piste longe sur une centaine de mètres la lisière sud  d’une vaste fougeraie dénuée d’arbres délimitée à l’est et à l’ouest par deux  ravins parcourus chacun par un ruisseau.

Le monolithe se trouve à l’extrémité ouest de la fougeraie, à une trentaine de mètres après que le  terrain ait amorcé  une légère déclivité vers l’ouest.

  

Description :

Ce monolithe affecte la forme, classique en Pays basque, d’un pain de sucre, couché sur le sol et orienté nord sud, à base nord. Ce bloc de grés mesure 2,90 m de long, 1,70 m dans sa partie moyenne, la plus large .Son épaisseur varie de  0,50 m à sa base à 0,37 m  au sommet.

Il semble bien qu’il y ait des traces d’épannelage à sa base, et tout le long du côté ouest  jusqu’à la pointe, ceci ayant eu pour effet de donner une certaine symétrie avec le côté opposé, dont la forme est naturelle.

 2009 0327Monolithe vue ouest

 Monolithe de Faague, vu de l’ouest  

2009 0327Monolithe vue sud

                          vu du sud       

2009 0327Table de Lizuniaga

                          La table de Lizuniaga.  

 

 Environnement archéologique. 

 Nous avons parcouru cette  piste pastorale  de bout en bout, c’est à dire depuis la Maison Haroztegikoborda, à 100m d’altitude,  jusqu’au col précité. Elle longe le flanc sud de la Rhune, selon un trajet  pratiquement horizontal. en  suivant un parcours  très  aisément praticable. A l’évidence on se trouve sur un très ancien cheminement. On notera que l’accès à la maison Harotztegikoborda se fait par une voie en pente douce, qui, partie du vieux quartier de Lehenbizkai de Sare, reprend là encore un ancien tracé.

Nous n’avons donc  pas été étonné  de trouver le long de cette piste, sur un léger  replat à  droite de celle-ci, un petit cromlech, 50m avant le franchissement d’un riu qui descend des crêtes de Faague ( ou plus exactement de la colline où se trouvent les deux dolmens d’Ametzia ) ; on trouve aussi, très proche de ce monolithe, les deux cromlechs de Faagekoerreka, situés au sud et au nord de la piste antique, ainsi que le dolmen de Faague, situé à 300m à l’est.  Nous n’avons pas été surpris non plus de découvrir, à l’arrivée de cette  piste à Kondendiagako lepoa -  le col où se trouve la borne frontière 32 -  un ensemble  de 3 cromlechs et un tumulus, situés  en son  milieu,  à une trentaine de mètres au sud sud-est de la borne ( altitude 316m) ; deux cromlechs se trouvent plus bas, à peu de distance de la BF. 35. Rappelons enfin la présence du dolmen d’ Arrixabale au stout début de la piste, côté Sare.

On trouvera la description de tous les monuments  inédits dans notre Inventaire des Monuments Protohistoriques en Pays Basque de France, (  que l’on peut consulter à la Bibliothèque du Musée Basque et sur internet).)

 

Interprétation possible.

Il est  particulièrement curieux de noter que ce monolithe se trouve  exactement  à 100 mètres à l’aplomb de la borne 36, et donc  de la Table de Lizuniaga, elles même consacrée  aux accords pastoraux – ou Façeries - entre Sare et Vera.

Sur ce thème, on lira avec beaucoup d’intérêt l’article de M. Duvert (1) consacré à Mahainharria, la Table de pierre, à son rôle actuel et dans le passé.

Comme le faisait remarquer J.M. de Barandiaran, (2) ces accords, compte tenu de la  richesse de l’environnement en monuments protohistoriques -  liée à la très ancienne fréquentation de ces  pâturages - peuvent fort bien remonter à ces lointaines époques : nos Façeries actuelles ne seraient, dés lors, que  le renouvellement  d’accords dont l’origine « se perd dans la nuit des temps ».

Cette richesse en monuments protohistoriques -  non seulement comme nous venons de le voir, le long de l’antique piste -  mais d’une façon plus globale en ce qui concerne  la Rhune et l’Ibantelli qui lui fait face, est illustrée par les chiffres suivants : 76 dolmens, 36 cromlechs, 18 tumulus et 4 monolithes.

Nous avions déjà émis l’hypothèse (3) que les monolithes (ou Muga, en basque = borne)- à quelques très rares exceptions prés, tel le monolithe de Soalar (Baztan) -  pourraient être considérés comme des bornes de délimitation de pâturages, servant aussi de  points de ralliement aux pasteurs pour régler leurs  querelles quant à l’exploitation des herbages  et des points d’eaux, et ce dés les temps protohistoriques. Rappelons qu’il n’y avait, à ce jour, que 2 monolithes connus dans la Rhune, que nous avons déjà publiés : Gastenbakarre et Athekaleun (4) qui  se trouvent eux aussi dans un riche environnement   protohistorique.

 

Par ailleurs, il n’est pas  certain que ce fond de vallon, coincé entre Rhune et Ibantelli  - où passe l’actuelle D.506 - mais où coule Lizuniagako erreka,  et qui devait être étroit, boisé,  humide, boueux, et sans doute difficilement praticable  dans un passé lointain, ait  été très favorables dans la protohistoire, aux déplacements des troupeaux ( ceux-ci  préfèrent les pistes en hauteur ), ou aux réunions de pasteurs.  Il n’est pas certain non plus, de ce fait,  que le monolithe originel ait été à l’ emplacement  qu’occupe actuellement la Table de Lizuniaga. 

  C’est pourquoi ce monolithe de Faague, placé  au milieu de pâturages dégagées, au bord d’une très ancienne  piste pastorale - reliant elle aussi Sare à Vera, depuis, semble- t-il, la plus haute antiquité -   pourrait être, avec quelques probabilités, considéré comme le véritable ancêtre de la Table de Lizuniaga, le renouvellement des accords pastoraux  s’étant déplacé, avec la  création d’une nouvelle voie de passage…du monolithe à la Table.

 

Bibliographie.

(1) – Duvert Michel - 2006 – Mahainharria, la Table de pierre, Bulletin du Musée Basque Hors série. Année 2006, p. 247-248.

(2)- Barandiaran J.M. de - 1951 -:En el Pirineo vasco. Cronica de Prehistoria. Eusko-Jakintza – 1951- Vol V n° 3-6. p 255.

(3) - Blot  Jacques – 1983 – Les monolithes en Pays Basque de France. Bulletin du Musée Basque n° 99 – 1er trimestre 1983. p.33.

(4) – Blot Jacques  -ibid. p.1 et 2.

 

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12 décembre 2009 6 12 /12 /décembre /2009 09:01

                Né en 1933, médecin ORL à St Jean-de-Luz depuis 1964, j’ai commencé en 1967 une prospection  très complète des monuments protohistoriques du Pays Basque de France, sur les traces de J.M.de Barandiaran. Mes premières fouilles archéologiques ont débuté en 1970.

 

1)    Mon activité de prospection intensive ( + de 50 000 km à pied dans nos montagnes) dans l'ensemble des 3 Provinces d'Iparralde, en vue de la constitution d'un inventaire aussi complet que possible des monuments protohistoriques, complétant ainsi le travail déjà bien commencé par J. M. de Barandiaran. On arrive ainsi à un total de 216 cromlechs, 213 tumulus, 61 tumulus-cromlechs, 110 dolmens, 11 menhirs et plus de 600 tertres d'habitat.

 

2)    Mes fouilles archéologiques muni de toutes les autorisations officielles. Essentiellement des fouilles de sauvetage de monuments funéraires protohistoriques menacés de destruction, mais aussi de sondages diagnostic. De nombreux camps de fouilles ont été ouverts à tous au cours des ans, permettant la sensibilisation au patrimoine archéologique, et donc à sa protection, ceci indépendamment des résultats archéologiques obtenus par les fouilles elles mêmes. 

 

3)    Mes publications :

Trente années de prospection et de fouilles à l'origine d'une abondante moisson de renseignements qui ont été diffusés :

 

Les articles scientifiques dans de nombreuses publications. Mes travaux ont paru dans le Bulletin du Musée Basque dès 1971. J’ai aussi publié dans le Bulletin des Sciences Lettres et Arts de Bayonne, dans Kobie, Munibe, Archéologie des Pyrénées occidentales et des Landes,  et le Bulletin de la Société Préhistorique Française

 

La participation à la rédaction du livre "Histoire et civilisation basque " (édité par Lauburu), pour tous les chapitres concernant la protohistoire. (1979).

 

Mes 2 livres :


1984 : "Artzainak" traitant de la vie pastorale avec une très riche iconographie.

 



1993 : "Archéologie et montagne basque", livre de vulgarisation pour grand public, lui aussi richement illustré.

 

Les CD Rom concernant les résultats obtenus par 30 ans de fouilles archéologiques, mis à la disposition d'organismes tels que le Musée Basque, l'Institut Culturel Basque, etc..

- Inventaire des monuments protohistoriques en Pays Basque de France  ( 2004 - maj 2009 ).

- Fouilles Archéologiques du Dr. J.Blot – Principales Photos et textes explicatifs. ( 2009 ).

Ces deux ouvrages peuvent consultés à la Bibliothèque du Musée Basque de Bayonne. Le premier peut l’être aussi à la D.R.A.C de Bordeaux (au SRA).

 

 

 

4)    l'Association Archéologique Basque "Herri Harriak" fondée pour la Recherche, protection, et diffusion du Patrimoine archéologique basque". Ses activités sur le terrain et ses travaux sont publiés dans sa revue "Jakingarri".

 

 

5)    le partage des connaissances avec pour conséquence une sensibilisation du public à son patrimoine et un meilleur respect de ce dernier :

 

Nombreux articles dans la presse.

 

Conférences  à des associations, à des groupes culturels, à des enseignants, dans les écoles, etc. 

 

Participation à de nombreux  congrès scientifiques  et réunions archéologiques .

 

Organisation de journées pédagogiques sur le terrain

 

 Dons  au Musée Basque :

·        Dans les années 1980 d'un polissoir de montagne et de divers mobiliers archéologique.

·        En 1998 : de la série complète des 14 maquettes.

·        En 2000 : de tout le mobilier archéologique recueilli au cours des 30 années de fouilles en Pays Basque. Ce riche patrimoine bénéficiera de vitrines spéciales dans le nouveau Musée.

 

Création d'un "espace mégalithique", à la sortie des grottes de Sare, à la demande et avec l'aide de la Municipalité. Espace inauguré le 13 juillet 2000. Il s'agit d'une reconstitution, grandeur nature de 3 dolmens, d'un foyer d'incinération, d'un tumulus-cromlech, d'un cromlech, d'un tertre d'habitat et de 2 monolithes ; des mannequins représentant des bergers protohistoriques "animent" ces reconstitutions. Cet ensemble évoque ainsi, après la visite de la grotte, la suite de l'aventure humaine en Pays Basque après la vie en Paléolithique ; il en est donc la continuation logique, dans le temps et dans l'espace.

 

Enregistrements de films documentaires sur la protohistoire en Pays Basque, avec diffusion sur chaîne TV locale. (TV pi ).

 

6)    Les récompenses :

      1996 :Le Prix Ikuska pour l’ensemble  des travaux archéologiques.

2000 : le Prix du Biltzar des écrivains du Pays basque de Sare, pour l’ensemble  des publications archéologiques.

2001 : le Prix d’honneur de la Culture basque de la ville de Bayonne, un  très beau makila offert par la ville de Bayonne et la Société d’Etudes Basques  Euko-Ikaskuntza.

 

                                                                  

 

Jacques Blot.

Correspondant des Antiquités Historiques d'Aquitaine.

Président fondateur de l'Association Archéologique basque Herri Harriak.

Membre de l'Association Lauburu.

Membre de la Société d' Etudes Basques Eusko-Ikaskuntza.

                 Membre de la Commission Permanente du Patrimoine Basque de  l'Institut Culturel basque.

 

Pour me contacter, il suffit de m’écrire :

Dr Jacques Blot.

B.P. 105.

64500 – Saint-Jean-de-Luz

 

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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 10:34

 

Extraits et photos de mon livre « Archéologie et montagne basque » (1993) livre de vulgarisation

Dolmen de Bagargi

Alt 1334m – Larrau


Il est situé au col de ce nom, à 60m au N de la route qui relie Mendive à Larrau. Un tumulus de 13m de diamètre environ recouvre une chambre funéraire orientée N – NE, que l’on peut encore observer au coeur du tumulus ; elle est constituée d’une dalle de couverture en forme de carapace de tortue reposant sur trois dalles verticales. Ce monument a été utilisé à l’âge du Bronze (travaux P. Boucher).


 Les tertres d’Egizuri

Alt 1319m – Larrau


Nous avons pu voir, en 1970, ces six tertres au milieu du col avant leur destruction par les travaux routiers, et l’aménagement du parking. Ils mesuraient 8m de diamètre en moyenne, et 0,80m de haut. Leur structure, à la coupe, étaient parfaitement homogène.


Le tumulus cromlech de Mehatze

Alt 1383m - Larrau


Il est situé dans le col de même, à l’E du virage de la route actuelle. Ce tumulus de 6m de diamètre, avec 9 pierres visibles à sa périphérie, a été profondément excavé en son centre, pour la confection d’un poste de chasse à la palombe.


Le tumulus cromlechs de Millagate

Alt 1444m – Larrau



Ces tumulus-cromlechs, aux dimensions variées, sont construits sur la crête de ce nom qui présente, à ce niveau, un relief aplani. Le col de Tharta la sépare du pic d’Orhi qui culmine à 2017m. Les chasseurs de palombe ayant détérioré 4 sur 5 de ces monuments, nous avons été amenés à pratiquer 2 fouilles de sauvetage sur ce site en 1986 et 87


Le tumulus cromlech n° 4

C’est le monument le plus imposant, situé à l’extrême SE du plateau, face à la grandiose silhouette du pic d’Orhi. Il est entouré d’un péristalithe très visible de 12m de diamètre. La fouille en a mis en évidence la structure : un cercle externe formé de grandes dalles profondément enfoncées dans le sol et assez régulièrement espacées, et un cercle interne de petits blocs de calcaire blanc, concentrique et tangent au précédent.

Dans la région centrale, un coffre limité par 5 dalles, dont un couvercle, contenait un dépôt d’ossements humains, calcinés, et très fragmentés, correspondant à la récolte soigneuse des restes osseux sur le foyer de crémation.

Aucun mobilier. L’analyse anthropologique (Pr Henri Dunday, université Bordeaux I) a révélé qu’il s’agissait d’un unique individu, adulte probablement de sexe masculin, robuste, dans la force de l’âge. C’est la première fois qu’une tombe à incinération livre, en Pays Basque, une telle quantité d’ossements. Ce recueil, soigneux, tout à fait exceptionnel, est il dû au statut social élevé du défunt ? Le choix du site, comme l’architecture de ce monument funéraire plaideraient en ce sens. La datation au C14 indique : 2120 ± 60 BP (soit entre 354 et 12 avant JC) ce qui fait de ce monument à l’heure actuelle, le plus récent de la période protohistorique.




Le tumulus cromlech Millagate 5

Situé à une soixantaine de mètres au NO du précédent, il est beaucoup plus modeste, avec ses 8 m de diamètre, et un péristalithe peu visible avant la fouille. Celle ci a révélé une couronne externe de petits blocs de calcaire blanc posés sur le sol sans ordre apparent. Par contre au centre une structure circulaire, de plus de 1m de diamètre,

était constituée de pierres sèches disposées comme une petite murette en 2 ou 3 assises plus ou moins effondrée. Il n’y avait absolument rien au centre de ce cercle de ce cercle, dont les pierres recouvraient un dépôt de charbons de bois affectant la même disposition circulaire ; ces derniers avaient été prélevés à l’état de braise sur le foyer de crémation très proche, comme en témoigne la rubéfaction du sol sous jacent à ces charbons de bois. Quelques très rares fragments osseux calcinés étaient mêlés à ces charbons. Aucun mobilier n’a été trouvé.

La datation au C14 indique : 2730 ± 60 BP (soit entre 1018 et 812 avant JC). Comme on peut le constater, le monument précédent, Millagate 4, plus soigneusement élaboré, était cependant de construction plus récente. Il n’y a donc pas eu de « dégénérescence » du rite au cours du dernier millénaire, dans cette nécropole réunissant des monuments d’architectures similaires.


On ne quittera pas la région sans descendre, au SZ jusqu’au ruisseau Ibarrondo.


Les tertres d’Ibarrondoa

Alt 1300m – Larrau


Ces 8 tertres d’habitat s’échelonnent le long du ruisseau, 5 sur la rive gauche, 3 à droite ; leurs dimensions moyennes varient de 6 à 9 mètres de diamètre, et 1m de haut







 

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