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19 juillet 2009 7 19 /07 /juillet /2009 11:20

Dolmen de Galbario - alt 210m - Urrugne

Tumulus peu visible, d'un diamètre de 10m environ, au centre duquel apparaissent 3 dalles délimitant une chambre funéraire orientée E SE O NO. Une grande dalle couchée dans l'angle NO d la chambre pourrait avoir été le couvercle de ce dolmen très dégradé.


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16 juillet 2009 4 16 /07 /juillet /2009 22:02
Préparation du bûcher d'incinération

Incénération du cadavre

Confection du monument à quelque distance du lieu d'incinération

L'amoncellement de terre ou de pierres détermine l'existence d'un tumulus



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16 juillet 2009 4 16 /07 /juillet /2009 21:33
De grandes dalles ont plantées dans le sol.....

Mise en place d'un défunt dans la chambre dolménique

Le tumulus pouvait servir de plan incliné pour hisser la lourde dalle de couverture
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14 juillet 2009 2 14 /07 /juillet /2009 09:07

Dès la fin du Néolithique, puis au Cuivre et au Bronze, l’inhumation des défunts, en Pays Basque sera pratiquée soit dans des grottes dites « sépulcrales », soit dans une construction nouvelle, le dolmen.

Les plus anciennes architectures mégalithiques d’Europe ont été érigées fin 5ème millénaire, début 4ème. Leur répartition côtière est évidente : sud de l’Espagne, Portugal, Bretagne, sud de l’Angleterre, Danemark, toutes les régions dynamiques, ouvertes sur le monde terrestre et maritime.

En Pays Basque, les plus anciens monuments semblent apparus aux environs du 4ème millénaire, par acculturation plus que par des mouvements de peuples, sous des influences venues, semble t-il, du Portugal et du sud de la Péninsule Ibérique.

Le monument mégalithique, première ébauche d’architecture, est aussi le premier signe de la volonté et de la capacité de l’homme à bâtir avec le souci de la durabilité. Compte tenu de la somme des efforts parfois exigée, la nécessité d’une main d’œuvre, d’une autorité et d’un consensus apparaît là encore, tout à fait évidente.

Il s’agit d’un monument sépulcral pouvant contenir un ou plusieurs cadavres et susceptible d’être réutilisé plusieurs fois. Le dolmen est constitué de grandes dalles plantées dans le sol délimitant une chambre funéraire dont l’axe est souvent orientée vers l’Est, la dalle côté E. pouvant être absente ou beaucoup moins importante.

Ceci permettait l’introduction ultérieure d’autres cadavres, souvent disposés la tête regardant le soleil levant.

Sur les montants, repose une toiture ou table dolménique. L’ensemble était recouvert d’un monticule de terre ou de pierres, le tumulus, pouvant servir de plan incliné pour traîner sur des rouleaux (troncs d’arbres), la parfois très lourde dalle de couverture.

Dans tous les cas, en Pays Basque, sauf très rares exceptions, le lieu choisi, à proximité d’une ou plusieurs pistes pastorales, jouit d’une vue grandiose et dégagée à l’E.

Le renouvellement perpétuel de la vie était une constatation journalière pour pasteurs et agriculteurs, la mort apparaissait comme un mal à combattre par des rites appropriés, et l’inhumation d’un cadavre était assimilable au dépôt d’une graine en terre, condition indispensable à sa renaissance. De même l’orientation des cadavres vers le soleil levant, symbole de renouveau triomphe de la lumière sur les ténèbres de la mort, ainsi que la poudre ocre, couleur de sang, et signe de vie, dont on recouvrait parfois les corps ou les ossements, montre bien une espérance en l’au-delà, dans le renouveau d’une vie future.

Il convient de remarquer que les dimensions du sépulcre, et de son tumulus, sont conditionnés par des facteurs rituels, mais aussi socio-économiques et démographiques ; mais à son tour, la dimension peut, à elle seule, conditionner le type architectural. En Pays Basque Nord, le trait dominant du mégalithisme est sa simplicité et, dans l’ensemble, la modicité de ses dimensions.

Il s’agit en effet souvent d’un mégalithisme de montagne, adopté et adapté par des montagnards ; la mort dans ces zones peut être un événement inopiné, et la tombe sera alors construite par un petit groupe d’agro-pasteurs ne pouvant se livrer à des travaux colossaux. Nous avons retrouvé cette même modicité des dimensions dans nos prospections en vallées d’Aspe, d’Ossau et de Cauterets. Les monuments de ces montagnes sont du même type qu’en Pays Basque, et ceci est aussi valable pour les vestiges relevant du rite funéraire ultérieur : l’incinération.

Nos connaissances sur les dolmens en Pays Basque de France sont cependant encore relativement restreintes, malgré les très intéressants résultats obtenus récemment par P. Boucher et D. Ebrard. Par ailleurs un travail portant sur l’architecture et les dimensions de ces monuments a été effectué grâce à la collaboration d’Yves Chevalier, venu avec nous étudier sur le terrain, les 110 chambres dolméniques de notre inventaire. Il a appliqué les méthodes d’analyse mises au point par lui-même sur les dolmens du midi de la France, et les lignes qui suivent résument les résultats de cette étude. On observe ainsi que le Pays Basque de France avec ses 110 chambres dolméniques réparties sur les premiers contreforts pyrénéens, est la zone du Sud Ouest où le nombre de monuments est le plus important. Mais tous ne méritent pas le nom de « dolmen », que l’on doit réserver aux constructions formées de dalles réellement mégalithiques, comme Gaxteenia, à Mendive. Par contre, les petites chambres funéraires bordées de dalles plus modestes méritent alors le nom de coffre dolménique, terme qui montre bien la relation architecturale entre les deux types de monuments, la limite entre les deux pouvant être fixée aux environs de 2m pour la longueur, 1m pour la largeur et 1m pour la hauteur.

C’est donc sur ces critères essentiellement dimensionnels et architecturaux que l’on peut, pour l’instant, distinguer ces différents monuments en l’absence d’autres éléments, de mobilier en particulier, vu leur état avancé de délabrement pour la plupart d’entre eux.

A peine un quart des monuments locaux sont des dolmens vrais,

ayant la plupart une chambre quadrangulaire et ouverte vers le soleil levant. Un tumulus de terre ou de pierraille, de 8 à 12m, entoure habituellement la chambre. On distingue les dolmens à supports latéraux multiples alignés ou en épi. Les premiers se trouvent surtout dans la partie orientale du Pays Basque, mais on en relève aussi quelques uns plus près de la mer : 4 dans la zone Itxassou - les Aldudes, et 3 dans les environs de Sare - Urrugne, où ils sont parfois environnés de quelques coffres (Sare) (Altxaan, Arrixabala) et, dans l’ensemble, assez isolés.

Quant aux coffres dolméniques, ils représentent environ les trois quarts des monuments de tradition dolménique, en Pays Basque de France, et reproduisent, en plus petit, les structures étudiées à propos des dolmens véritables.

Leurs dimensions les différencient des précédents, puisque leur longueur moyenne avoisine 1,55m (minimum 0,50) ; la hauteur est toujours très réduite. Leur orientation est en général vers l’Est. On les rencontre surtout dans les régions de basse et de moyenne montagne, et les plus importantes concentrations se trouvent dans le secteur Sare - Urrugne, et Itxassou – Saint Martin d’Arrossa ; au contraire, l’E. du Pays Basque est pratiquement dépourvu.

Quant au mobilier, il est en général fort pauvre. Les nombreuses fouilles clandestines à la recherche d’hypothétiques « trésors » ont rendu bien difficile le recueil des modestes offrandes ; fragments de céramique, quelques boutons en os, petits grattoirs en silex, quelques rares objets en cuivre et en bronze.

Dans la tradition orale basque les dolmens étaient considérés la plupart du temps comme des sépultures, qu’il s’agisse de « Jentils » (hommes sauvages doués d’une grande force) ou de « Mairus » (païens de l’anciens Temps), ils peuvent être aussi considérés comme des maisons (Jentiletxe, Mairietxe), et leur construction est souvent rapportée d’une manière mythique et fabuleuse J M de Barrandiaran a recueilli de nombreuses légendes, auprès de bergers, les seuls à avoir conservé jusqu’à nos jours quelques souvenirs de ces traditions. Nous ne terminerons pas ce chapitre sur le rite d’inhumation sans rappeler qu’il fut aussi pratiqué dans des grottes « sépulcrales » ; on en compte environ 230 pour la totalité du Pays Basque ( a Armendaritz). Elles ont pu servir pour des inhumations individuelles, ou collectives le plus souvent ; leur plus ancienne utilisation remonte au Néolitique, avec usage maximum au Cuivre et au bronze final et à l’âge du Fer. Comme dans les dolmens, on y a enterré des individus de tous âges, et des 2 sexes. Il existe une relation entre sépultures en grottes, et en dolmens : les deux traditions coexistent dans le temps, et même souvent dans l’espace, mais on ignore toujours les raison qui faisaient choisir l’un ou l’autre mode à un moment donné….

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14 juillet 2009 2 14 /07 /juillet /2009 09:00

Avec l'introduction de la métallurgie du fer et, comme elle d'origine centre-européenne, un nouveau rituel funéraire va progressivement s'imposer au cours du dernier millénaire : l'incinération. On en connaît toutefois quelques rares cas au Bronze ? et même à l'âge du Cuivre, comme l'indiquent certaines datations au C14 obtenues à l'occasion de nos fouilles.

Il semble qu'avec ce nouveau rite, on attache maintenant moins d'importance à l'aspect matériel de la mort, qu'il s'agisse du cadavre lui même que l'on brûle, ou de la tombe qui n'a plus les caractéristiques monumentales, ou même indestructibles du dolmen. Tout devient symbole. Le feu étant sans doute considéré comme un agent de spiritualisation, libérant l'esprit, lui permettant de retourner, dans la fumée de son enveloppe corporelle, au monde de l'au delà dont il est issu.

L'inhumation en dolmen en tumulus ou en grotte, étant progressivement abandonnée, l'incinération, en Pays Basque, se pratiquera essentiellement dans des monuments construits à l'air libre. Il n'est pas exclu ; mais ces exceptions confirment la règle, que certaines incinérations aient pu être pratiquées dans quelques grottes, mais, en Pays Basque sud par exemple, on n'en connaît aucun cas absolument certain. On a aussi pu réutiliser quelques dolmens, pour y enfouir de ossements calcinés (cas du dolmen d'Ithe 1  D Ebrard).

Les nouveaux monuments, à incinération, seront encore érigés le long des pistes pastorales, comme dans le passé, mais souvent à des altitudes supérieures, en marge de l'aire mégalithique antérieure, situation liée sans doute à la lente mais régulière occupation du milieu naturel, ou à des facteurs rituels nouveaux.

Ces monuments vont revêtir trois aspects : le cromlech, le tumulus-cromlech ou le tumulus simple. Les fouilles que nous avons effectuées ces dernières années, ainsi que les datations au C14 obtenues à partir de prélèvements dans ces monuments, permettent d'établir que ces trois types architecturaux ne sont, en définitive, que des variantes du même rituel funéraire à incinération, et qu'il serait donc assez artificiel de vouloir les étudier séparément.

Le cercle de pierres, ou cromlech ou « baratz » en basque, est formé de dalles enfoncées dans le sol, ou d'une petite murette de pierres sèches, ou des deux types associés.

Au centre, existe presque toujours un dépôt de cendres ou de charbons de bois, très rarement des fragments osseux humains calcinés. Ce dépôt peut être effectué à même le sol (Errotzate), dans un petit coffre (Méatse B) dans une petite ciste en dalles ou pierres sèches (Mehatze 5) ou sous un dôme pierreux (Okabe 6). La présence de céramique n'a été notée que deux fois, et encore était elle brisée et incomplète.

 

Un cercle de pierres (ou péristalithe) peut entourer un tumulus de terre ou de pierres ; il s'agit alors d'un « tumulus-cromlech » (Bixustia, Pittare, Millagate 4).

Il existe enfin des tumulus de terre ou de pierres, sans péristalithe ; ce sont des tumulus simples. Les modalité architecturales centrales sont les mêmes, pour tumulus et tumulus-cromlech, que pour les cromlechs.

 

Nous avons identifié, en Pays Basque de France, 214 cromlechs, 61 tumulus-cromlechs, 213 tumulus simples. En Labourd les trois types de monuments sont en proportions égales, les cromlechs dominent en Basse Navarre, ils sont exceptionnels en Soule.

 

Comment se déroulait le rituel funéraire ? Il paraît, dans sa démarche générale, essentiellement fait d'un ensemble de gestes symboliques de bas, dont on retrouve la trace dans tous les monuments à incinération, malgré leur grande diversité architecturale, puisque nous n'en avons pas trouvé deux identiques.

Tout d'abord la crémation du corps ne posait pas de problème ; bois de chênes, et de hêtres abondaient pour la confection du bûcher.

 

Le lieu choisi pour ériger la tombe était à peu de distance du foyer, mais jamais semble t'il sur le lieu même de l'incinération. Le site jouit, en général, d'une vue grandiose, et de la proximité d'une ou de plusieurs pistes pastorales.

Après un décapage plus ou moins complet de l'humus superficiel, on déposait, au centre de l'aire circulaire ainsi dégagée, quelques poignées de charbons de bois plus ou moins incandescents, ou des cendres, auxquelles étaient parfois mêlés des fragments osseux calcinés.

Ce dépôt était effectué au centre du monument, suivant diverses modalités que nous avons déjà exposées. L'ensemble était ensuite recouvert de terre ou de pierres, l'importance de l'amoncellement pouvant terminer, dans certains cas, l'existence d'un tumulus.

La confection d'un péristalithe était fréquente, mais non obligatoire et ses modalités d'exécution, là encore, très variées.

Il était, enfin, tout à fait exceptionnel, en Pays Basque, que du mobilier soit déposé dans ces tombes à incinération. Nous voudrions revenir sur le caractère symbolique du cercle lui-même, qui prend allure de cercle rituel délimitant un enclos sacré, et dont l'existence pouvait être motivée par la triple exigence de signaler le lieu, de protéger les vivants de l'âme des morts, et celles-ci de l'influence éventuelle néfaste des vivants.

De même la rareté du mobilier, si elle peut s'expliquer par l'extrême pauvreté de ces bergers, peut être due aussi au fait que le rituel ne l'exigeait pas. Dans ces monuments de montagne aux dimensions réduites « une offrande symbolique remplace la chose entière » (J P Mohen). Cette dernière phrase donne très probablement aussi la raison de la modestie des dépôts osseux calcinés et carbonés. Pour certains auteurs s'est posée la question de savoir à partir de quelles quantités d'ossements calcinés on peut attribuer à des monuments de ce type une vocation funéraire. Est ce quand il n'y a qu'une petite poignée comme à Errotzate 2, quelques fragments comme à Millagate 5, ou quand la totalité est recueillie comme à Millage 4 ?

Enfin, si l'on considère que sur les 30 monuments fouillés, 3 seulement révèlent un dépôt d'ossements, 3 seulement révèlent un dépôt d'ossements calcinés, quelle opinion doit on avoir des 27 autres , tout à fait similaires quant aux caractéristiques dimensionnelles, architecturales, et de choix de site ? L'absence de dépôt osseux les élimine t-il de la catégorie des monuments funéraires ? Il ne nous semble vraiment pas, tout n'étant ici que symbole, et c'est pourquoi le terme « cénotaphe » nous parait plus approprié que celui de « sépulture » pour ce genre de construction.

 

Le choix des dimensions n'est pas sans obéir à certaines règles que souligne l'étude statistique. Le diamètre le plus fréquent des cromlechs est de 4/5 mètres, celui des tumulus-cromlechs de 6/7 mètres, et des tumulus simples de 8/9 mètres.

 

Le choix des sites obéit aussi à certains critères, qui, s'ils nous échappent, n'en existent pas moins, les cromlechs sont sur les cols surtout, puis les lignes de crête, et, à un degré moindre, les replats à flanc de montagne ; on rencontre des tumulus-cromlechs aux mêmes endroits, et un peu en plaine ; quant aux tumulus simples, même chose que pour les précédents mais avec une certaine prédilection pour les lignes de crête.

 

On ne doit cependant pas se cacher que la répartition réelle dans les plaines de ces monuments funéraires (à incinération ou même à inhumation comme les dolmens) nous est très mal connue du fait des destructions occasionnées depuis des siècles pour la mise en valeur de celles-ci : défrichements, travaux routiers, constructions d'habitats...

Parfois isolés, ces monuments peuvent se rencontrer en groupes, correspondant à des lieux privilégiés et traduisant une certaine notion de solidarité, dans la mort comme dans la vie.

Ces espaces funéraires consacrés seront utilisés pendant plusieurs siècles, comme en témoignent les datations obtenues (Apatesaro, Millagate). Pendant plus d'un millénaire seront en effet construits des monuments très différents dans leur aspect extérieur, quoique contemporains, et ceci à l'intérieur d'une même nécropole (ou même isolément) sans que l'on sache les critères retenus dans le choix de tel ou tel type de construction. Au cours des temps, cromlechs, tumulus-cromlechs et tumulus simples seront édifiés, sans qu'un type architectural paraisse plus privilégié ; il semble, au vu des datations C14, que le tumulus bénéficie d'une antériorité sur le cercle, ce qui parait normal, étant déjà utilisé à l'âge du Bronze. En outre, il ne semble pas y avoir eu « dégénérescence » au cours des temps dans la qualité de construction, à en juger par la parfaite structure de Millage 4, le plus récent des monuments de l'âge du fer. Il est enfin remarquable de constater qu'à l'intérieur d'une même nécropole, les monuments sont regroupés par affinités architecturales, même sils ont été édifiés à des époques fort différentes ; on le voit bien à Apatesaro où les cromlechs 1 et 1 bis sont quasi tangents alors que l'estimation d'âge les situe aux deux extrémités de la fourchette de temps proposée. Par contre les tumulus 4 et 5 sont regroupés à quelque distance, bien que contemporains des cromlechs.

Ce regroupement, suivant les similitudes architecturales se voit aussi nettement dans les autres nécropoles comme Okabe, Millagate ou Elorrieta.

Pou J P Mohen, ces monuments sont « l'expression funéraire commune de sociétés à vocation pastorale ». Le concept de « société » implique celui de « hiérarchie ». Nous retrouvons celle-ci, encore des nos jours, dans certains cimetières du Pays Basque où, comme le dit Mikel Duvert « l'espace de la mort est un espace structuré et hiérarchisé », tant par la répartition spatiale des tombes que par leur aspect extérieur. C'est aussi l'avis de Jean Guiart : « les rites mortuaires, dans leur globalité, n'expriment pas seulement une idée de la mort et de la survie ; ils sont aussi une image fidèle de la société des vivants où chacun agit selon son statut, par rapport au défunt aussi bien que par rapport à tous les autres présents ». Les nécropoles de l'âge du Fer nous paraissent illustrer parfaitement ces propos, et refléter, elles aussi, la hiérarchie existant déjà dans la société de cette époque. A Apatesaro, les monuments les plus soigneusement élaborés se trouvent sur la ligne de crête, avec une vue privilégiée sur un magnifique panorama ; par contre les tombes à structure très négligée sont plus en contrebas, loin de la piste de transhumance, et privées de tout horizon : pour le contraste qu'elles offrent avec les précédents, elles paraissent signifier une sorte de mise à l'écart, une discrimination, comme si on avait voulu maintenir ostensiblement une certaine hiérarchie entre les monuments, et donc entre les défunts... On peut en dire autant à Millagate, où à l'évidence, le tumulus-cromlech 4 bénéficie d'un site privilégié : érigé, seul, face au pic d'Orhi, solidement et soigneusement construit, il témoigne aussi, par son contenu osseux exceptionnel, d'attentions toutes particulières envers le défunt (haut rang social ?)

Nous terminerons ce chapitre en rappelant que si le rituel d'incinération obéit bien à certaines règles générales, les variation multiples dans le détail de l'exécution que l'on observe au cours des fouilles, peuvent refléter la personnalité de petits groupes de pasteurs s'exprimant avec une certaine liberté sur les estives ; peut être même qu'une certaine fantaisie était parfaitement tolérée ...

Dans la tradition orale basque, il est des cromlechs comme des dolmens, et les mêmes personnages légendaires se retrouvent à leur origine, tout comme l'idée de sépulture y reste aussi attachée. Le terme de « baratz » doit être interprétée, ici, plus dans le sens de « sépulture » que de « petit jardin ». Ainsi « Jentilbaratzak » désigne en Arano de nombreux cromlechs, de même que « Mairubaratzak » à Oyarzun, ou « Mairuilarri » à Zugarramurdi.

Il nous reste à parler de quelques vestiges sans signification, funéraire, semble t-il, que l'on trouve encore en montagne basque. Ce sont les monolithes, ou menhirs, qui paraissaient eux aussi intimement liés à l'antique vie pastorale.

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14 juillet 2009 2 14 /07 /juillet /2009 08:50

On entend habituellement sous le nom de monolithe ou menhir, un seul bloc de pierre, brut ou grossièrement aménagé, fiché verticalement dans le sol, ou simplement couché, comme cela e voit assez fréquemment dans nos montagnes. Ils sont relativement rares en Euskal Herria, puisque nous en avons seulement identifié 11 en Pays Basque nord, et qu'on n'en connaît que 32 au sud (X Penalver).

Il existe deux types de monolithes : le type « dalle » plus ou moins épais (Gaztenbakarre), et le type « bloc » plus ou moins parallélépipédique (Gorospil). Ceci tient au fait, déjà noté pour les dolmens ou cromlechs, que le matériau local est utilisé tel qu'il se présente dans les environs immédiats.

Le choix se porte aussi tout naturellement sur une pierre ayant déjà approximativement la forme souhaitée ; seules quelques retouches seront ainsi nécessaires pour lui donner son aspect définitif. Notons qu'il est plus aisé de procéder à des retouches sur une dalle, tel le monolithe de Gaztenbakarre parfaitement taillé en pointe, que sur un bloc ; il arrive cependant qu'on puisse noter un important épannelage sur les côtés de certains monolithes blocs (Artzamendi ou Gorospil par exemple). Dans l'ensemble, et Argibele mis à part, le fait que les « monolithes dalles » soient de dimensions et de poids plus restreints explique sans doute, qu'on les trouve encore plantés dans le sol, alors que les grands et pesants « monolithes blocs » sont tous couchés. Toutefois une autre hypothèse sera évoquée plus loin.

La situation de ces grandes pierres, en altitude, est assez remarquable ; le plus souvent sur des lignes de crête (Gorospil) , parfois à flanc de pente (Iparla I, Gaztenbakarre, Athekaleum) dans ou près d'un col (Iparla II, Eihartzekolepoa, Argibele), toujours à proximité des pistes pastorales et des pâturages.

L'orientation de ces monolithes, même couchés, n'est peut être pas indifférente. Il est intéressant de noter que six sur sept des monolithes blocs couchés au sol sont pointés en direction E. ENE ou ESE. Ceci, ajouté au fait que dans certains cas on retrouve le long du monolithe les éclats de la taille, encore en place dans le sol, nous suggère que ces blocs n'ont jamais été érigés, mais simplement orientés dans une direction privilégiée, probablement rituelle (soleil levant, comme les dolmens ?).

Nous serions très enclin à voir dans ces grandes pierres qui jalonnent nos estives des bornes pastorales. De tous temps, en effet, éclatèrent d'âpres disputes, et parfois même des luttes sanglantes entre pasteurs de vallées voisines, au sujet des pâturages d'altitude où se mêlaient hommes et bêtes à la belle saison. Il devint, à la longue, nécessaire de conclure des accords (faceries) précisant le droit des gens, régissant les limites de parcours des troupeaux, l'utilisation pacifique et en commun des pâturages et des points d'eau. Ainsi, les « Faceries » des temps historiques ne sont que le « rafraîchissement » d'actes plus anciens, dont l'origine est aussi ancienne que le pastoralisme lui même.

Trois exemples pourraient illustrer cette conception du monolithe « borne pastorale », témoignage, sur le terrain, d'antiques accords entre bergers : le cas de « La Pierre Saint Martin », les tables de Lizuniaga et le menhir de Baztan.

Au col de La Pierre Saint Martin, sur la borne frontière n° 262 une cérémonie est encore chaque année célébrée, en juillet ; il s'agit du renouvellement des antiques accords entre pasteurs des vallées du Roncal et du Baretous. Le nom lui même de « Pierre Saint Martin » rappelle un menhir sur lequel, en 1375, on gravait encore diverses croix et signes en rapport avec des accords pastoraux

 Ce menhir, actuellement disparu, est signalé aussi en 1687 par l'ingénier Thierry qui lui attribue une toise et demie, soit environ 3m. Il nous paraît parfaitement illustrer notre hypothèse : d'ailleurs, en basque, le terme « muga » ne signifie t'il pas aussi bien borne que menhir ?

Au même titre que les monolithes, nous citerons pour mémoire la « table de Lizuniaga », dite aussi « Mahainaharria », située, au pied du col de Lizunagia au sud de Sare, près de la borne frontière n° 36. Trois grandes pierres plates reposaient sur une vingtaine de supports et, sur elles, se renouvelaient régulièrement la facerie entre Sare et Vera. Il ne restait que quelques rares vestiges de ce très intéressant monument récemment restauré, et que nous assimilons, quant à sa fonction, à un menhir couché.

On peut enfin constater que la plus grande densité en monolithes se trouve dans la région des Aldudes. Le tracé de l'actuelle frontière passe en certains cas très prés de plusieurs d'entre eux (quand ils ne sont pas eux mêmes réutilisés comme borne frontière, tel celui du mont Eihartze). La borne n° 94 marquant la limite entre les pâturages du Pays de Quint et ceux du Baztan est, à notre vais, l'exemple le plus démonstratif. En effet, cette borne a été disposée tout à côté d'un très beau monolithe de type dalle, toujours debout. Une clôture de barbelés fait à cet endroit un changement de direction à angle droit, et sa présence confirme et complète le rôle de bornage pastoral très probablement dévolu à ce menhir depuis des temps très reculés.

La plupart des monolithes ne sont souvent éloignés que de quelques dizaines de mètres de vestiges archéologiques dont cromlechs ou tumulus-cromlechs représentent la très grande majorité. Il est assez remarquable qu'il n'y ait que très rarement un voisinage dolménique... De plus, on connaît, en Pays Basque sud, des monolithes faisaient partie intégrante de cromlechs, dont ils sont un des éléments du péristalithe.  Peut être y a t'il là un élément d'appréciation chronologique ?

La question de savoir à quelles époques ont été disposés, en Euskal Herria, ces monolithes, reste en effet encore en suspens. Si l'utilisation de telles pierres remonte à des temps très anciens et si le contexte archéologique incite à supposer qu'elles ont été mises en place par les pasteurs du premier millénaire avant le Christ, on ne peut cependant pas totalement exclure l'hypothèse d'une époque plus récente, pour certaines d'entre elles. Nous n'en voudrions pour preuve que les monolithes qui jalonnent, en altitude, la voie romaine du « Puerto de Velate ».

Si nous nous rapportons à la tradition orale basque, le nom de Errolan, Roldan est très souvent évoqué. Ce personnage légendaire, de force extraordinaire, pouvait lancer d'énormes roches du haut d'une montagne vers un village dans la plaine, d'où le nom d' »Errolan Arriya » donné à ces pierres, par exemple à Atar (Sierra de Aralar). D'autres fois, ces exploits sont attribués aux « Jentils », dont dolmens et menhirs seraient les pierres tombales.

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3 juillet 2009 5 03 /07 /juillet /2009 17:23

Monolithe Iratzeburua.

Commune de Sare.

Situé à une cinquantaine de mètres au nord-est du monument précédent.

Coordonnées : N = 43,3098° - W = 01, 6017° en degrés décimaux. Altitude : 370m.

Monolithe de grés local,  couché sur le sol, en forme de pain de sucre, ( phot 25 et 27) mesurant 4,40m de long,1,60m de large et 0,25m d'épaisseur en moyenne.

Il semble présenter, à sa pointe, les traces d'enlèvements contribuant à lui donner sa forme en pointe.

Certes, ce monolithe ( douteux ?) n'est pas au voisinage immédiat  d'un point d'eau, mais à proximité d'un cromlech et d'un dolmen, et  à la limite sud-ouest des pâturages, délimités, d'une part par l'abrupt de la crête d'Altxangue, et par  le monolithe de  Gaztenbakarre, d'autre part.  

Historique.

Monolithe découvert par nous en mai 2009.

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3 juillet 2009 5 03 /07 /juillet /2009 17:21

Dolmen  Iratzeburua.

Commune de Sare

 Il est situé à une centaine de mètres au delà et au dessus de la bergerie en ruine que longe la piste. Coordonnées : N = 43,3092° - W = 01,5992° en degrés décimaux. Altitude :300m.

Erigé sur un terrain en pente, on note un tumulus de faible hauteur d'un diamètre d'environ 6m constitué de terre et de quelques pierres peu visibles. Au centre, la chambre funéraire, orientée nord-est, sud-ouest,  est nettement délimitée  par un ensemble de dalles émergeant de quelques centimètres au dessus du sol.

Au sud, une dalle  légèrement inclinée vers le nord, mesurant 0,47m à sa base, 0,40 au sommet , 0, 38m de haut et  0,11m d'épaisseur. A l'est , et perpendiculaire à la précédente, une seule dalle de 0,63 de long, 0,20m de haut et 0,6m d'épaisseur. Enfin à l'ouest, deux dalles : l'une de 0,95m de long, 0, 20m de haut et 0,10 m d'épaisseur, l'autre , la chevauchant de quelques centimètres, mesure 0,60m de long, 0, 32m de haut et 0,8 m d'épaisseur.                                                      

Historique.

Ce monument nous a été signalé par L Millan San Emeterio en mars 2009.

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3 juillet 2009 5 03 /07 /juillet /2009 17:20

Dolmen  Gaztenbakarreko bidea.

Commune de Sare.

Il est situé à environ 200m  au sud du menhir, à une vingtaine de mètres en contre-bas de la piste. Coordonnées : N = 43,3123° - W = 01, 6001° en degrés décimaux. Altitude : 270 m.

Erigé sur un terrain en légère pente, on note un tumulus pierreux  de 5 m de diamètre et de faible hauteur, délimité par un très probable péristalithe.

De la chambre funéraire, orientée est nord-est, ouest sud-ouest, il ne reste que la dalle ouest, rectangulaire, mesurant 1,20 m à sa base  et 0,47 m de haut, légèrement inclinée vers l’est.

Historique :

Monument découvert par nous en mai 2009.

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3 juillet 2009 5 03 /07 /juillet /2009 17:16
Les dolmens de Gaztenbakarreko erreka
Commune de Sare.

 Ces trois dolmens se trouvent en contre-bas de la piste qui part du menhir de Gaztenbakarre, en direction du sud-ouest. et à environ 100 mètres de celui-ci.

Dolmen n°1

 Le plus proche de la piste, à  40m environ à l’est sur un léger replat.

Coordonnées :N = 43,3129° - W = 01,6000°, en degrés décimaux. Altitude :266m.

Tumulus pierreux de dalles et de blocs de grés, de 5m de diamètre environ, très peu élevé. De la chambre funéraire, orientée est-ouest, il ne reste que deux dalles .

La première, presque verticale, est une dalle trapézoïdale présentant des traces d’épannelage, de 0, 94m de haut, mesurant 1,40m à la base, 0,40 au sommet, et 0,25m d’épaisseur à sa base. Le seconde qui lui est perpendiculaire  à son extrémité ouest, est de dimensions plus modestes : 0,70m à la base, 0,45 de haut et0,10 m d’épaisseur, légèrement inclinée en dedans.                          .


Dolmen n°2.

Situé à 40m environ à l’est du précédent, et légèrement plus bas ( altitude 254m).

Tumulus pierreux de 6m de diamètre et de faible hauteur, au centre duquel se voit une seule  dalle légèrement inclinée, de forme rectangulaire, et présentant des traces d’épannelage.

Elle mesure 0,98m à sa base, 0,80m de haut et 0,16m d’épaisseur. L’axe de cette dalle est nord-sud ;  il ne reste en place aucune autre dalle de la chambre funéraire, orientée est-ouest., exceptée, gisant  sur le flanc sud-est du tumulus une belle dalle de 1,20m de long et 0,90 de large.


Dolmen n° 3.

Il est situé à 10mètres à l’est du précédent et légèrement plus haut ( 255 m d’altitude).

Tumulus bien visible de 5,70 de diamètre, formé de gros blocs de grés gris. De la chambre                                

funéraire orientée est  nord-est, ouest sud-ouest, il ne reste en place qu’une dalle presque

verticale, de forme grossièrement rectangulaire, mesurant 0,75 m à sa base, 0, 80m de haut et 0,13m d’épaisseur.

A côté d ‘elle, au sud, gît un bloc de grés  qui a pu faire partie des parois de la chambre.

Historique : ces monuments nous ont été signalés en mars 2009 par L. Millan San Emeterio.

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