Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 15:52

GÉNÉRALITÉS.

 

          Ces cercles de pierres aux dimensions modestes, dits aussi "cromlechs" sont nombreux dans certaines montagnes du Pays Basque et contribuent à leur originalité.( Blot J. 1993,a.)

Nous étudierons leurs diverses architectures ainsi que leurs rapports avec des monuments auxquels ils sont souvent associés : Tumulus et Tumulus-cromlechs. D’autres questions seront soulevées, comme leur finalité possible, leurs constructeurs, les rapports avec les autres cercles pyrénéens....

 

          De nombreux auteurs se sont intéressés à ces monuments, parmi lesquels P. Dop, R. Gombault, G. Laplace, le Cdt Rocq, Ph. Veyrin, P. Boucher et Cl. Chauchat, sans oublier l’ouvrage de J.P. Mohen “L’âge du Fer en Aquitaine” (Mohen J. P. 1980), qui met en lumière l’originalité des groupes Pyrénéens, Landais et Girondins du Sud, leur homogénéité culturelle correspondant à la “Vasconia” des historiens et des linguistes. Mais c’est à J. M. de Barandiaran que nous devons l’essentiel de nos connaissances paru dans un grand nombre de publications, dont le livre “El Hombre prehistorico en el Païs Vasco”, (Barandiaran J. M. de, 1953) représente en quelque sorte la synthèse.

 

 

            Depuis près de 30 années, parcourant plus de 25 000 km à pied, nous avons effectué, sur les traces de J.M.de Barandiaran une prospection aussi complète que possible des trois provinces du Pays Basque nord : Labourd, Basse-Navarre et Soule (Blot J.1971; 1972, a; 1972, b; 1972, c; 1973, a; 1973, b; 1974; 1975, a; 1978, a; 1979, a). Des fouilles de sauvetage, quelques datations au 14 C, nous ont permis une meilleure connaissance de ces "cromlechs", "tumulus-cromlechs", ou “tumulus”, mais nous insistons sur le fait que cette expérience, très limitée, n'a aucune prétention à la généralisation. (Blot J, 1989, a).

 

 

            Toutefois, nous prendrons aussi en compte dans notre réflexion non seulement Hegoalde, mais aussi tout l’espace s’étendant de la Garonne à l’Ebre, centré sur la chaîne des Pyrénées, qui doit être considérée comme un "milieu montagnard" avec ses règles de fonctionnement propres, ses systèmes d'échanges et ce, pour une longue période ne dissociant pas l'âge du Bronze de l'âge du Fer. En effet, sur plus d'un millénaire et demi, les rites engendrés par les cultures ambiantes évoluent sans à-coups et les architectures funéraires s'adaptent sans ébranlements fondamentaux.

 

          Le relief général du Pays Basque présente un ensemble de massifs montagneux aux structures discontinues, d'altitudes modérées, d'accès aisés, séparés les uns des autres par de larges dépressions, souvent fertiles, empruntées par les cours d'eaux.

 

          Le climat atlantique, essentiellement tempéré, humide avec nébulosités et pluies abondantes, subit des variations en fonction du relief et les “micro-climats” locaux ne sont pas rares.

 

          L’activité humaine, essentiellement agropastorale a été intimement liée au cours des siècles à ces caractéristiques géographiques et climatiques dont les composants fondamentaux n’ont que peu varié. Ceci nous laisse entrevoir la stabilité, au moins jusqu’aux temps récents de ce mode de vie multimillénaire.

 

 

 

“Cromlechs” ou “Baratze” ?

 

 

          En Pays Basque les auteurs s’accordent pour reconnaître sous le nom de “cromlech” un monument circulaire, généralement situé en altitude, dont le diamètre moyen varie entre 4 et 7 m. Il est délimité par une série de pierres de volumes et de dimensions souvent modestes, ne dépassant  habituellement la surface du sol que de 0,30 à 0,50 m . Sa vocation funéraire semble être tenue pour très vraisemblable.

 

 

          Le terme de cromlech paraît alors assez inadapté à ces monuments, si l'on se réfère, par exemple, à la définition du dictionnaire d'archéologie Larousse (1968) : "cromlech : monument mégalithique fait de hautes pierres dressées sur une ligne circulaire", on conviendra que, dans nos montagnes, il ne s'agit pas de mégalithes au sens étymologique du terme. Par ailleurs, dans la mesure où, comme nous le verrons, ces petits cercles d'altitude semblent avoir en effet une vocation funéraire et sont en rapport avec une civilisation pastorale, nous proposerions volontiers le terme de "baratze" sous lequel le désignent traditionnellement les bergers (Vegas Aramburu J.I., 1988 ; et comme le suggérait déjà T.A. Ruperez en 1976).

 

 

          Le "baratze" est aussi, actuellement, un espace clos, contigu à la maison et voué à la culture de fleurs; il lui est cependant attaché une connotation rituelle très forte puisqu'il y a peu encore, on y enterrait de jeunes enfants morts sans baptême. Cette dénomination traditionnelle, réunissant en un seul vocable les concepts d'enclos et de sépulture nous paraîtrait donc parfaitement adaptée à nos cercles de montagne. C'est pourquoi, dans les lignes qui suivent, nous utiliserons dorénavant le terme de "baratze" (1) à la place de celui de "cromlech".

 

 

          Le cadre de l'étude est toutefois compliqué par l'existence, en Pays Basque, aux mêmes altitudes que les baratze et dans les mêmes sites, de tumulus et surtout de tumulus entourés d'une couronne de pierres, que l'on pourrait dénommer "tumulus-baratze".

 

 

          Il arrive en effet que l'aire délimitée par un cercle de pierres soit au niveau du sol ambiant, ou ait nettement l'allure d'un tertre. Dans ce dernier cas, c'est de façon tout à fait arbitraire qu'avec J.I.Vegas Aramburu nous fixerons à 0,30 m la limite entre un baratze simplement surélevé et un tumulus-baratze. Les résultats des fouilles laissent à penser que cette distinction, initialement purement morphologique, si elle ne correspond pas à une différence de fond, traduit cependant l'existence de nuances nettement affirmées dans la pratique du rite funéraire.

 

 

          Le terme de "tumulus-baratze", peut donc être remplacé par celui de "baratze tumulaire" soulignant mieux la parenté entre les cercles simples et ceux qui entourent un tertre.

 

 

LES BARATZE.

 

          On compte actuellement pour le Pays Basque nord un total de 216 baratze, 61 baratze-tumulaires et 213 tumulus. Parmi ces monuments, 36 ont été fouillés qui se répartissent ainsi :

 

                    - 19 cercles de pierres dont 17 baratze véritables.

 

                    - 9 tertres avec couronne de pierres dont 8 baratze-tumulaires vrais et 8 tumulus. Ce   faible nombre d'éléments fouillés doit nous inciter à une grande prudence quant aux déductions ou conclusions que l'on peut en tirer.

 

          En Pays Basque sud ont été identifiés un grand nombre de baratze ou baratze-tumulaires, puisqu'on en compte 460 dans la province de Navarre, 133 en Guipuzcoa, mais seulement 7 en Biscaye et 2 ou 3 en Alava. Seul un très petit nombre en a été fouillé : 6 cercles de pierres dont 5 baratze, 1 baratze-tumulaire, plus un tumulus (Altuna J. et Areso P., 1977 ; Vegas Aramburu, 1981 ; Peñalver X., 1987), deux  datations par 14C ont été obtenues.

 

          Nous avons procédé à deux catégories d'études statistiques :

 

                    - une étude portant sur les caractéristiques générales des monuments du Pays Basque nord, indépendamment de toute fouille (diamètres, répartition en altitude, suivant les sites,   etc ..).

                    - une étude portant sur les résultats des fouilles (2), dans laquelle, étant donné leur similitude avec les nôtres, nous avons intégré les 8 monuments étudiés outre Bidassoa.

 

La couronne de pierres périphérique.

 

Le diamètre de ces monuments est très variable, mais 41 % d'entre eux ont entre 4 et 7 m. Certains peuvent atteindre 10 m, ou plus, mais c'est exceptionnel ; d'autres 1 m à 1,5 m ce qui est aussi bien rare. Le cercle peut n'être parfois qu'approximatif et un tracé plus ou moins ovale n'est pas rare : près de 28 % des cas fouillés avaient un grand axe orienté nord-est - sud-ouest.

Il existe enfin des cercles tangents à d'autres, ou sécants, avec déformation ou rupture d'un des deux cercles (28 % des cas fouillés) ; il est alors en général aisé, après fouille, de déterminer l'éventuelle antériorité de l'un par rapport à l'autre.

Le nombre de pierres visibles avant la fouille est très variable (50 % des monuments ont entre 5 et 12 pierres), de même que leur dimension qui va de quelques centimètres à parfois 1 m au-dessus du sol. Après fouille, l'aspect est souvent très différent, le nombre de pierres peut se trouver singulièrement augmenté et 1a couronne périphérique être  beaucoup plus fournie en éléments qu'il n'y paraissait avant travaux. Cet état de chose peut remonter à 1'époque de 1a construction, où les éléments de dimensions les plus modestes ont pu être enfouis sous la terre de recouvrement : Apatesaro 1, (Blot J.,1984, a) ; mais la raison la plus fréquente pourrait être le phénomène de colluvionnement que l'on observe par exemple dans un col : les ruissellements provenant de deux éminences qui l'encadrent peuvent contribuer à recouvrir de façon presque totale un site archéologique conçu initialement pour être visible.

 

 

          Il arrive enfin qu'un des témoins du cercle se distingue nettement des autres par sa taille; ce monolithe remarquable n'a toutefois pas de signification bien claire puisque nous en avons noté 2 fois au nord, 2 fois au nord-ouest, 1 fois au sud-est, 1 fois au sud-ouest et 1 fois à l'est.

 

          La nature géologique des témoins est très variable mais, en règle générale, fonction de l'environnement immédiat. Il est tout à fait exceptionnel de trouver un matériau provenant d'un lieu éloigné (un seul cas dans nos fouilles).

 

          Sont essentiellement utilisées les dalles provenant des filons de grès triasique, abondant dans la région, ou des blocs calcaires, de poudingue, ou de quartzite.

 

          Les architectures réalisées en dalles sont toujours plus esthétiques que celles en blocs et parfois même très sophistiquées ; le baratze Méatsé 8 (Blot J. 1995) pourtant le plus anciennement construit, en est l'exemple le plus démonstratif : la couronne extérieure de 4,30 m de diamètre est formée d'une série de dalles plantées de chant, suivant l'axe des rayons du cercle, à intervalles réguliers comblés eux-mêmes par des dallettes disposées horizontalement. Les dalles peuvent être aussi plantées en position tangentielle par rapport au tracé du cercle, cas le plus fréquent (Apatesaro 1). Dans 33 % des cas, certaines ont même pu être sommairement régularisées, épannelées.

 

          Les structures réalisées en blocs sont plus grossières, tel Hegieder 7, (Blot.J, 1994) mais la recherche esthétique est néanmoins souvent évidente (Méatsé 5).

 

          Il est fréquent que les éléments formant le cercle périphérique visible, soient doublés d'un second cercle, concentrique et interne au précédent, dont les éléments, de taille beaucoup plus modeste, sont souvent invisibles avant la fouille. (Apatesaro 1).

 

          La mise en place de la couronne de pierres périphérique (unique ou double) est toujours précédée d'un décapage du sol sur une aire correspondant à celle du futur monument. Ce décapage peut se limiter à la couche humifère superficielle, mais il est le plus souvent mené jusqu'à la première couche résistante du terrain, ou à défaut, à 0,30 m ou 0,50 m de profondeur. Les témoins sont alors disposés sur le niveau atteint et s'appuient aux bords de l'excavation : Errozate 2, (Blot J.,1977,a). A ce décapage global peut s'ajouter la confection d'une tranchée circulaire dans laquelle les éléments périphériques auront une meilleure assise : Apatesaro 1, Okabé 6, (Blot J.,1977,a).

 

          Les éléments les plus importants, les plus visibles du cercle externe (dalles ou blocs) n'ont pas toujours de pierres de calage (22 % des cas) ce qui pourrait expliquer en partie la fréquence avec laquelle on les retrouve basculés vers l'intérieur ou l'extérieur du monument. Par deux fois (Apatesaro 1 bis et Okabé 6) on a pu noter l'existence d'une couche d'argile rapportée, prélevée dans les environs immédiats et déposée sur l'aire décapée.

 

          De façon plus générale, il parait évident que, tout en apportant beaucoup de soins à ces monuments, les constructeurs n'ont cependant jamais recherché l'exécution d'un travail monumental, ni même voulu "fermer" une enceinte. Ils ont symboliquement signalé un lieu, délimité une aire ; les détails architecturaux révèlent de nombreux gestes symboliques dont la signification nous échappe totalement. Il en est de même pour la structure centrale.

 Nous n'avons pas noté, enfin, une évolution particulière des styles architecturaux de ces cercles de pierres au cours des siècles.

 

La structure centrale.

 

          Elle représente à nos yeux la clef du monument et lui confère toute sa signification. C'est elle qui, en général, reçoit le dépôt rituel, souvent bien modeste.

 

                    Plusieurs modalités peuvent se voir :

 

          Dans 28 % des cas il existe un petit caisson, fait de blocs ou de petites dalles. Plus ou moins rectangulaires, avec couvercle, les caissons en dalles réalisent les structures les plus spectaculaires (Méatsé 8) . Un grand soin est apporté à 1'élaboration du réceptacle avec parfois de petites pierres de calage disposées sous le couvercle pour assurer une meilleure étanchéité sur les supports; les bords sont jointifs et présentent souvent des traces d'épannelage. Il n'est pas rare que d'autres petites dalles prennent appui sur celles du caisson central mais ceci, semble-t-il, beaucoup plus pour des raisons esthétiques et/ou rituelles que mécaniques de soutien (Méatsé 8).

 

          En l'absence de dalles, des blocs de poudingue ou de quartzite seront utilisés, réalisant des structures centrales plus grossières mais tout de même assez élaborées : petits cercles de pierres, de 1m de diamètre, disposés sur le sol décapé (Apatesaro 1) petite ciste en U (Méhatzé 5), (Blot J. 1978,b) ou amas pierreux en dôme de 0,80 m à 1 m de diamètre (Okabe 6 ; Apatesaro 1 bis). Il peut même n'y avoir, au centre du monument, qu'une seule pierre sous  laquelle repose le dépôt, avec parfois une seconde, en symétrique, sous ce dernier (Errozate 2).

 

          L'étude de l'ensemble de ces structures centrales, quelque soit leur type, n'a pas permis de dégager une orientation privilégiée.

 

          Dans les cinq baratze fouillés en Pays basque sud, le dépôt rituel avait été effectué au centre du monument, mais directement en pleine terre, sans aucune structure de recueil ; on ne peut évidemment pas faire de cette modalité  une règle générale.

 

          Nous n'avons jamais trouvé d'urne funéraire servant "d'ossuaire", comme il est si fréquent d'en rencontrer en Béarn ou ailleurs. Cette absence est une des caractéristiques de nos monuments.

 

          Nous envisagerons, dans un chapitre ultérieur, les divers dépôts rituels effectués dans les baratze. Les modalités en sont communes aux baratze-tumulaires et aux tumulus et nous les traiterons dans une étude globale.

 

          Les tableaux récapitulatifs des datations obtenues en Pays Basque nord montrent que la construction des baratze semble avoir débuté dès le Bronze moyen / Bronze final et perduré jusqu'à la fin du 2ème âge du Fer. Dès le début, l'architecture a été parfaitement réussie (Méatsé 8) et il ne semble pas, comme nous l'avons déjà souligné, qu'il y ait eu d'évolution des styles, encore moins de dégénérescence, mais, au contraire, une très grande stabilité. Celle-ci n'exclut pas les variantes puisqu'il n'y a pas deux monuments identiques. Dans l'état actuel de nos  connaissances, toute "typo-chronologie" dans l'architecture des baratze paraît sans fondements.

 

 

 

COMPARAISON AVEC LES AUTRES MONUMENTS.

 

 

          Les résultats obtenus par les fouilles confirment le jugement de Mohen (1980) qui estimait que baratze, baratze-tumulaires et tumulus n’étaient probablement que “des nuances, sans doute complexes, d’un même mode funéraire”.

 

 

Les baratze-tumulaires

 

          Nous les avons défini comme une couronne de pierres bien visibles entourant des tertres. La moyenne des diamètres est légèrement supérieure à celle des baratze, soit 6 à 7 m, au lieu de 4 à 5 m pour ces derniers.

 

          La hauteur, supérieure à 0,30 m, reste cependant toujours modeste, n'excédant pas 0,70 m. Ils sont presque toujours constitués de terre sauf deux cas (Pittare et Mendittipi) alors que les tumulus fouillés sont tous, comme nous le verrons, faits de pierres.

 

          Concernant la couronne de pierres, les remarques faites pour les baratze sont ici encore valables. On note un décapage du sol sur la totalité de l'aire prévue pour le monument et le creusement éventuel d'une tranchée périphérique dans 44 % des cas.

 

          Dans trois cas, une importante couche d'argile a été rapportée : Ugatze (Blot J., 1975,b); Zaho (Blot J., 1986) et Bixustia (Blot J., 1976).

 

          Le nombre et la dimension des pierres des couronnes périphériques, comme leur nature géologique ne diffèrent en rien de ce qui a été noté pour les baratze, de même que le soin apporté à leur agencement. L'existence d'un cercle interne et tangent au précédent est constant. Dans bien des cas manquent les pierres de calage à la base des témoins et là encore, la solidité d'implantation de ces derniers s'en ressent. Un cercle intermédiaire, situé entre la couronne périphérique et la structure centrale a été trouvé une fois (Zaho 2). Si le cercle périphérique a très probablement une finalité rituelle, comme dans le cas des baratze, il semble aussi qu'on puisse lui attribuer dans 44 % des cas un rôle de contention pour la masse du tertre, rôle particulièrement net dans le cas de l'imposant amas de pierraille de Pittare (Blot J.,1978, c).

 

          Les structures centrales sont très semblable à celles des baratze ; petits caissons en dalles à Méatsé 5, à Millagate 4 (Blot J., 1988, a), petit cercle de pierres à Millagate 5 (Blot J., 1987), petite ciste en blocs à Zaho 2, dôme de pierres à Ugatze, une seule dalle centrale à Mendittipi ; enfin dans le baratze-tumulaire de Pittare le dépôt de charbons de bois a été effectué au centre, à  même le sol.

 

          La remarquable stabilité des architectures dans le temps, déjà notée pour les baratze, se retrouve encore ici. Les baratze-tumulaires perdurent jusqu'à la fin du 2ème âge du Fer. A l'intérieur de cette fourchette de temps, aucune "typochronologie" ne paraît pouvoir être retenue. Toutes ces similitudes avec les baratze nous font donc préférer le terme de ''baratze-tumulaire" à celui de "tumulus-baratze" afin de mieux souligner leur parenté.

 

 

 

Les tumulus

 

 

          Ils représentent la troisième catégorie de monuments susceptibles d'être rencontrés aux mêmes endroits que les deux précédents et d'assurer, semble-t-il, les mêmes fonctions aux mêmes époques.

 

          Ce qui les différencie, c'est l'absence de toute couronne de pierres visibles d'emblée ; leur diamètre moyen oscille entre 4 et 5 mètres et leur hauteur entre 0,30 m et 0,90 m. Une autre différence les oppose, mais aux baratze-tumulaires cette fois, c'est qu'ils sont tous constitués par un amoncellement de pierres contrairement à ces derniers, le plus souvent en terre.

 

          Comme pour les monuments précédemment décrits,  les constructeurs ont là encore procédé systématiquement à un décapage du sol, mais se limitant semble-t-il à la seule couche humifère (sans doute parce qu'il n'y avait pas à assurer la stabilité d'une couronne périphérique). Il existe un cas où une épaisse couche d'argile rapportée a été déposée sur la surface décapée : Zuhamendi 3 (Blot J., 1976).

 

          Les blocs constitutifs des tertres ne paraissent pas avoir subi le moindre épannelage et, en général, leur choix et leur disposition paraissent être totalement anarchiques : Irau 4 (Blot J., 1989,b) ; Apatesaro 5 (Blot J.,1988, b).

 

          Toutefois, en d’autres occasions une certaine recherche semble avoir été apportée à la disposition des blocs, telle la région centrale de Zuhamendi 3 ou le bourrelet périphérique d’Apatésaro 6 (Blot J. 1992)formé de 2 ou 3 assises de blocs pierreux, ainsi que l’amoncellement entourant son petit caisson central, ou encore Apatesaro 4 ( Blot J.,1984 b ) avec une véritable couronne de pierres périphériques disposées à plat sous la masse pierreuse de recouvrement.

 

          A part un seul cas où le dépôt de charbons de bois a été effectué à même le sol (Apatesaro 5) entre deux pierres brutes, c'est le petit caisson central en dalles plantées (Apatesaro 4), ou en blocs posés (Apatesaro 6) qui est adopté ; sans doute est-ce la seule structure qui reste bien individualisée et bien visible sous un amoncellement de pierraille ?

 

          Parmi les 213 tumulus de notre inventaire, la probabilité existe qu'un certain nombre soient des tumulus à inhumation. Ce fut le cas pour un des huit tumulus fouillés par nous : Urdanarre N1 (Blot J., 1993,b). Son diamètre de 12 mètres le distinguait des sept autres monuments et de la moyenne générale retenue pour les tumulus, soit de 8 à 9 mètres.

 

          Les tumulus dolméniques, aux dimensions voisines, sont plus faciles à identifier avec leurs chambres sépulcrales mégalithiques bien visibles, suite aux fouilles clandestines, dont ils ont fait l'objet de la part des chercheurs de trésors de toutes les époques. Compte tenu de l'ancienneté du rite tumulaire en général, il n'est pas étonnant que cette structure ait été le siège de la plus haute datation concernant le rite d'incinération, dans le cadre des monuments ici étudiés. C'est en effet au chalcolithique qu'est construit le tumulus Irau 4, (Blot J.,1989,b).

 

LE CONTENU DE CES MONUMENTS

 

          Les nombreux points communs aux trois types de monuments décrits sont encore plus évidents au niveau de l'étude des dépôts effectués.

 

Les dépôts de charbons de bois

 

          Leur présence est quasi constante, mais en quantité très variable, allant de la modeste pincée à la pleine poignée. Ils peuvent être disposés dans la structure centrale (72 % des cas pour les baratze, 77 % des cas pour les baratze-tumulaires et 67 % pour les tumulus.) ; dans cette éventualité, ils peuvent remplir entièrement cette structure (tout le cercle central d'Apatesaro 1) ou simplement une partie bien définie du réceptacle, tandis que le reste est soigneusement rempli de petits cailloux ou de terre (caissons du baratze Méatsé 8, du baratze-tumulaire Zaho 2, du tumulus d'Apatesaro 6. La structure centrale peut même rester vierge de tout dépôt, celui-ci étant effectué contre elle, mais à l'extérieur (Irau 4).

 

          Dans la plupart des cas, au dépôt central s'ajoutent des dépôts annexes qui peuvent avoir lieu dans la zone intermédiaire entre périphérie et structure centrale (baratze Apatesaro 1), ou parmi les témoins du péristalithe (baratze Méatsé 1, baratze-tumulaire Bixustia). Enfin un semis régulier de particules de charbons de bois a pu être observé, soit à la base du monument, au niveau de la zone décapée (baratze Okabe 6) soit réparti dans l'ensemble de sa masse (baratze Méatsé 8, baratze-tumulaire Bixustia); Il est important de souligner, dès maintenant, que nous avons noté quelques traces de rubéfaction de l'argile sous jacente à certains dépôts de charbons de bois, suggérant que ceux-ci avaient été déposés à l'état de braises, donc prélevés  sur un foyer très proche, (Okabe 6, Millagate 4 et  5). De même des fragments d'argile rubéfiée étaient parfois mélangés aux charbons de bois avec lesquels ils avaient été ramassés. Par contre, jamais aucune trace d'ustrinum n'a été remarquée à l'intérieur des monuments eux-mêmes.

 

Les dépôts d'ossements calcinés

 

          Ils n'ont été retrouvés que de façon tout à fait exceptionnelle et en quantité infime ; citons quelques fins fragments de côtes mêlés au dépôt de charbons de bois du baratze Errozate 2 ; d'autres fragments osseux plus nombreux, au centre des baratze Oyanleku 1 et Oyanleku 2, province de Guipuzcoa, Altuna J.,1977) ; quelques rares fragments avec les charbons du cercle central du baratze-tumulaire Millagate 5 et quelques uns dans celui de Mendiluce, province d'Alava, (Vegas Aramburu J.I., 1984). Il n'en a pas été trouvé dans les huit tumulus fouillés.

 

          Il existe toutefois une exception très importante : l'ensemble d'ossements calcinés recueillis dans le caisson central du baratze-tumulaire Millagate 4 pesant environ 1,700 kg. L'étude anthropologique réalisée par le Professeur H.Duday (Laboratoire d'Anthropologie de l'Université de Bordeaux I), a révélé qu'il s'agissait d'un individu unique, d'âge mûr, robuste, dont tous les éléments du squelette étaient représentés. Ici, à l'évidence, certaines motivations qui nous échappent ont incité les constructeurs à recueillir plus soigneusement que d'habitude les ossements calcinés du défunt pour ce monument, dont, par ailleurs, l'architecture ne diffère en rien de celle des autres monuments étudiés jusqu'à présent.

 

Le mobilier

 

 

          Le mobilier est tout aussi indigent, ou presque, que les dépôts d'ossements.

 

 

La céramique.

 

 

          N'est présente que dans un seul baratze, à Apatesaro 1 bis, sous forme d'un fond de vase plat de 11 cm de diamètre avec départ de panse assez évasé ; les cassures sont anciennes, les autres parties manquent. Ce fragment avait été déposé au centre du monument, sous un petit dôme pierreux, avec un important amas de charbons de bois, sans aucun reste osseux.

 

 

                    - De même, un seul baratze-tumulaire recelait de la céramique : celui de Bixustia. Elle était déposée en pleine terre, au centre du tertre dans la couche d'argile rapportée. Il s'agissait d'une urne fermée par un plat et contenant un ou plusieurs petits vases. L'état incomplet de l'urne et des petits vases pose le problème de leur réelle fonction, car aucune trace d'ossements ou de charbons de bois n'a été trouvée à l'intérieur, même si des charbons de bois étaient largement disséminés sur le sol décapé, sous la couche d'argile rapportée. L'urne appartient à la variété 16D présente à Ayer dans la deuxième période de la " période II " de Mohen, le plat couvercle est de la variété 1a ; le ou les petits vases n'ont pu être reconstitués.

 

 

                    - Dans la province d'Alava, le baratze-tumulaire de Mendiluce présentait une vingtaine de fragments éparpillés. Enfin, aucun tumulus ne recelait de céramique.

 

 

 

Les objets en métal.

 

          Ils sont eux aussi très rares. On retiendra, dans le baratze Errozate 4, l'association d'un fragment de lame (de couteau ou de poignard, à un tranchant), avec un fragment de ferret conique de talon de lance, tous deux en fer ; ces deux éléments étaient collés ensemble par un ciment silico-ferreux et avaient subi l'action du feu. Le baratze Oyanleku 1 (province de Guipuzcoa) a livré un bouton et un petit anneau en bronze.

 

 

           En ce qui concerne les baratze-tumulaires, quelques traces d'objets en fer ont été trouvés dans celui de Mendiluce (Alava) et surtout la pointe de lance ou de javelot trouvée à Zaho 2 en feuille de laurier et ayant fortement subi l'action du feu. Sa typologie est en accord avec la datation au 14C calibrée (- 995, - 497) des charbons de bois recueillis dans la ciste centrale.

 

 

 

 

Les pièces lithiques.

 

          Essentiellement sous forme d'éclats, ou de petites lames ou grattoirs en silex, elles peuvent être trouvées, plus ou moins disséminées dans la masse des monuments. Leur typologie n'offre rien de bien caractéristique, sauf la pointe de flèche en silex à ailerons et pédoncule du baratze-tumulaire de Mendittipi. On peut se demander si ces éléments se trouvaient dans les tertres, antérieurement à la création du monument, ou s'ils ont été perdus, ou déposés à des fins rituelles (maintien rituel d'un antique tradition technique), ou étaient encore utilisés dans la vie courante. La constance avec laquelle on en trouve dans certains monuments des régions voisines, Béarn par exemple, laisse à penser qu'il pourrait bien s'agir d'une action volontaire. On a même suggéré dans le cas du tumulus T1 de Pau (Blanc Cl.,1989) compte tenu de la grande proportion d'éclats, qu'il aurait pu y avoir une taille de silex ou de quartzite, sur place, pendant le rituel funéraire.

 

 

          Comment ne pas évoquer, pour terminer cette longue série de gestes symboliques, la découverte de petits galets ronds, de la taille et de la forme d'un oeuf de pigeon (provenant de blocs de poudingue) déposés au pied ou sur des témoins de la couronne périphérique, de façon tout à fait intentionnelle : baratze Errozate 2, 3 et 4, Meatse 1, Oyanleku 1 ; baratze-tumulaire Bixustia, Mendittipi, Ugatze, Millagate 4.Il est intéressant de remarquer que le concept d’oeuf est souvent lié à celui de naissance ..... ou de résurrection Tout aussi remarquable nous paraît la découverte de nombreuses petites pierres éparses, sous la couche d'humus actuel, qui paraissent correspondre à un jet rituel, sur le monument, en fin de cérémonie, comme un dernier adieu des participants ( baratze Okabé 6, baratze-tumulaire Ugatze).

 

 

 

ASSOCIATION ET RÉPARTITION DE CES MONUMENTS

 

 

          Les associations de monuments d'une même catégorie et surtout de catégories différentes, ainsi que la similitude de leur répartition spatiale ne font que souligner les liens qui les unissent.

 

 

 

Associations de monuments entre eux.

 

 

          Les baratze sont parfois isolés ou en groupes de 2 à 3 unités, cas le plus fréquent; il existe ensuite, mais de façon décroissante, des associations de 4, 5, 6 éléments ou plus, véritables nécropoles. Les baratze-tumulaires peuvent être isolés, ou se grouper à 2 ou 3, jamais plus de 5 ; on peut en dire autant des tumulus.

 

 

          Ces groupements de monuments semblent obéir à certaines règles que nous évoquerons plus loin à l'occasion de l'étude des nécropoles.

 

 

 

Répartition suivant les trois provinces du Pays Basque nord

 

 

 

          Cette répartition n'est pas identique pour chaque type de monument, dans chaque province.

          On constate ainsi que les baratze, présents en Labourd (28 %) prédominent en Basse Navarre (66 %) et sont presque absents de Soule (6 %).

          Les baratze-tumulaires se répartissent assez harmonieusement dans les trois provinces avec, comme les baratze, une prédominance en Basse Navarre (L : 18 % - BN : 55 % - S : 27%).

          Les tumulus, bien présents en Basse Navarre et Soule, sont un peu moins nombreux en Labourd (L : 22 % - BN : 40 % - S : 38 %).

 

 

 

Répartition suivant l'altitude.

 

                    - Les baratze sont en général situés sur les pâturages d'été dont l'altitude va, comme le relief lui-même, en s'élevant à mesure qu'on s'éloigne vers l'Est. Le fait que les baratze soient, dans l'ensemble, plus nombreux en altitude que les dolmens pourrait, peut-être, en partie, correspondre à des besoins accrus en pâturages pour des troupeaux plus importants.

 

                    - Les baratze-tumulaires se situent sensiblement aux mêmes altitudes que les baratze, mais aussi un peu plus bas, se rapprochant en cela de la répartition des tumulus. Ces derniers tout en se confondant aux hautes altitudes avec les précédents, se trouvent en plus grand nombre qu'eux, aux basses altitudes.

 

 

 

Répartition suivant le type de relief.

 

          Le choix des sites a obéi à certains critères, qui, s'ils nous échappent, n'en n'ont pas moins existé. Il s'agit de pâturages situés sur des hauteurs, à proximité d'une ou de plusieurs pistes pastorales, dans des zones dégagées et jouissant en général d'un point de vue grandiose. Ces monuments étaient destinés à être vus, mais des critères que nous pourrions qualifier d'ordre esthétique ont aussi très probablement dû intervenir. Deux caractéristiques méritent qu'on s'y arrête :

 

                    - les sites choisis sont souvent à distance des points d'eau, (actuels, ou susceptibles de l'avoir été dans un passé plus ou moins éloigné).

 

                     - ces sites présentent de très mauvaises conditions d'habitabilité, exposés à toutes les intempéries : cette inhospitalité ne résultant pas d'un choix délibéré mais étant bien la conséquence des autres critères rituels, spirituels ou religieux qui ont dû très vraisemblablement intervenir par ailleurs.

 

           Erigés la plupart du temps sur un terrain horizontal (ou en très légère pente), ces monuments ne sont pas situés indifféremment par rapport au modelé du relief : les baratze ont une prédilection pour les cols, les lignes de crête et à un degré moindre pour les replats à flanc de montagne. Les baratze-tumulaires ont une répartition très voisine. Les tumulus, tout en se répartissant comme les précédents, ont une plus grande prédilection pour les lignes de crête.

La répartition des monuments à incinération sur le relief, non seulement n'est pas le fait du hasard, mais diffère notablement de celle des dolmens, en majorité édifiés sur les replats à flanc de montagne, en basse ou moyenne altitude.

 

           La très faible densité de tous ces monuments dans le piémont, peut en grande partie résulter des destructions occasionnées depuis des siècles par la "mise en valeur" des terres basses (agriculture, urbanisation, réseau routier). Toutefois, il est remarquable de constater que si nous avons trouvé des tumulus en basse altitude, dans des territoires encore préservés de toute activité humaine destructrice, nous n'y avons jamais rencontré de baratze.

 

 

 

ESSAI  D'INTERPRÉTATION

 

 

            Malgré quelques différences de forme extérieure ou de détails internes, les multiples points communs entre tous ces monuments permettent légitimement de les considérer comme des variantes issues d'une même base conceptuelle. Il a donc paru artificiel de les séparer dans l'étude de leur possible signification.

 

          En se basant sur l’existence d’une structure centrale et la présence de dépôts de charbons de bois et de mobilier, on peut schématiquement distinguer deux cas : les monuments qui en sont plus ou moins pourvus et les autres, vides.

 

 

Cas des monuments vides

 

          Le cercle Urdanarre S1, de 5 m de diamètre (Blot J.,1991) ne possédait ni structure centrale, ni dépôt ; aucune datation n'a pu être effectuée. Même cas de figure pour le cercle Jatsagune, de 17 m de diamètre (Blot J.,1979, b). Un fragment de perle a été trouvé à la base d'un des blocs de la couronne de pierres. Cette perle est assez semblable aux productions de Stradonitz, en Bohême, sans que l'on puisse exclure (J.Roussot-Larroque) une fabrication plus proche de notre région. On peut lui attribuer une fourchette de temps entre 450 et la fin de l'Indépendance. Pour ce grand cercle de pierres, dépassant les dimensions habituelles des baratze, l'hypothèse la plus séduisante, compte tenu, en outre, de sa situation à un carrefour de pistes pastorales, pourrait être celle d'un lieu de réunion.

 

          En Alava, le cercle de Gaztalamendi, après fouille, (Vegas Aramburu J.I., 1981) n'a pu être rattaché à la catégorie des baratze et l'auteur émet l'hypothèse qu'il pourrait avoir une relation rituelle (?) avec un dolmen situé à une trentaine de mètres. D'autres interprétations concernant les "cercles vides" ont été proposées : on a pu y voir des marques de propriété délimitant des zones de pâturages, des repères astronomiques, des lieux de culte en relation avec une religion astrale ...

          L'hypothèse d'un soubassement d'habitat, ne nous paraît guère défendable, qu'il s'agisse de cercles avec structure centrale, dépôts etc ... ou "vides". Dans le premier cas, les structures décrites sont tout à fait différentes de ce que seraient des vestiges de foyers domestiques, ces derniers étant, en outre, curieusement absents dans le cas des cercles "vides". Il peut enfin paraître étonnant qu'il n'y ait pas (dans le cas de "cercles vides") la plus infime trace de mobilier dans des sites aussi fréquentés que le sont, en principe, des lieux habités.

 

          Si aucun des tumulus fouillés n'a pu entrer dans la catégorie des monuments "vides" il n'en a pas été de même pour un grand tertre (Blot J.,1981,a) de 13,5 m de diamètre et de près de 3 mètres de haut, entouré d'une couronne de pierres dans laquelle se détachaient deux monolithes très importants au sud-est et au nord-ouest. La fouille a révélé qu'il s'agissait d'une butte naturelle, aménagée afin de lui donner l'allure d'un tertre aux formes régulières. Le centre était occupé par un filon rocheux en place, recouvert de terre ; aucun dépôt, ni mobilier. Par contre, l'axe nord-ouest - sud-est déterminé par les deux monolithes indiquait la tour d'Urkulu considérée (Tobie J.L.,1976) comme un trophée romain érigé au-dessus de la route de Pampelune, à environ 3 km du tertre. Ce dernier a pu alors jouer le rôle de véritable poteau indicateur, d'une borne milliaire anépigraphique mais construite, sur ordre, par des autochtones dans un style architectural dont ils avaient l'habitude.

 

 

Cas des autres monuments

 

 

          L'hypothèse la plus communément admise est qu'il s'agit de sépultures à incinération. Toutefois, compte tenu de la modicité et de la rareté des dépôts d'ossements calcinés, le terme de sépulture paraît très discutable. On a certes évoqué le rôle d'une certaine acidité du sol qui aurait pu "digérer" les restes organiques, le pH des monuments fouillés se situant, en moyenne, aux environs de 5,2. Un correctif doit cependant être apporté du fait que les microconditions locales peuvent intervenir : de simples charbons de bois sont susceptibles de neutraliser l'acidité du sol et de protéger les fragments osseux mélangés avec eux (cas du baratze Errozate 2, du baratze-tumulaire Millagate 5). On peut toutefois s'étonner, alors, de l'absence complète de tout fragment osseux dans les abondants charbons du baratze Apatesaro 1, du baratze-tumulaire Zaho 2 et de tous les autres monuments où ces importants dépôts eussent pu produire leur effet protecteur. Il semble qu'on soit en droit de penser que, dans ces cas là, il n'y a pas eu de dépôts d'ossements, dès l'origine. Enfin, une incinération vraie, poussée très loin, donne une véritable poussière d'os très difficile à recueillir et aboutit, pour l'archéologue, au même résultat qu'un simple prélèvement symbolique de charbons de bois sur l'ustrinum, en fin de cérémonie. Il nous paraît tout à fait risqué de dénier, à priori, aux monuments ne recelant pas d'ossements calcinés visibles, la moindre finalité funéraire. La multiplicité des gestes symboliques dont nous avons trouvé les traces dans l'architecture de ces constructions, contrastant avec la modicité ou même l'absence de restes humains, nous ont fait depuis longtemps abandonner le terme de "sépulture" pour lui préférer celui de "cénotaphe", monument symbolique évoquant la mémoire de l'individu, lieu où la commémoration peut être indépendante, éventuellement, de tout dépôt humain. Le baratze-tumulaire Millagate 4 avec son recueil complet d'ossements est donc une exception ; il correspond vraiment à une sépulture, tout en étant comparable, par ailleurs, aux autres monuments sur lesquels il projette ainsi un éclairage révélateur quant à leur très probable finalité funéraire.

Repost 0
Published by Dr Jacques Blot - dans Article Doc Publication
commenter cet article
29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 15:30

LA PRATIQUE DE L‘INCINÉRATION EN MONTAGNE : ESSAI DE RECONSTITUTION.

 

 

La pratique de l’incinération

 

 

          Tout d'abord, si l'on considère le nombre des vestiges qui nous sont parvenus, même en tenant compte de ceux qui ont pu disparaître entre-temps, il paraît évident que tous les défunts, même en montagne, n'ont pas eu droit à un monument. Par ailleurs, ces constructions en altitude semblent relever de funérailles plutôt individuelles que collectives, comme le suggèrent les résultats des études ostéologiques dans le cas de Millagate 4 et de l'absence de toute trace archéologique de réutilisation de ces monuments au cours des temps. Il est probable qu'on a donc aussi pratiqué d'autres modalités funéraires.

 

          Des incinérations ont pu être effectuées en grottes. Les restes incinérés ont aussi pu être déposés dans certains dolmens, comme le suggèrent les travaux de Ebrard D.(Ebrard D.,1993) ou ceux de Alustiza Mujica, qui soupçonne que, dans la sierra de Aralar (où manquent totalement les monuments à incinération) des restes d'incinération ont néanmoins pu être enfouis dans quelques uns des nombreux dolmens érigés antérieurement sur ces pâturages d'altitude. D'autres modalités peuvent aussi être envisagées, dont il peut ne rester aucune trace: dispersion des ossements calcinés, exposition des cadavres aux vautours, etc...

 

          Au delà des variantes d'expression, va être pratiqué, pendant plus d'un millénaire et demi, un rite d'incinération dont nous allons essayer de mettre en évidence, grâce aux résultats des fouilles, quelques uns des traits fondamentaux. Les lignes qui suivent sont proposées avec une grande prudence, car, outre que le recueil des données n'est jamais exhaustif, la difficulté essentielle à laquelle on se heurte réside dans le fait que les éléments en notre possession ne sont que le résultat de gestes ; on ne voit, qu'en partie, la traduction matérielle du rite, mais la pensée qui sous-tend ces gestes nous reste totalement inconnue.

 

          Avec l'apparition de la pratique de l'incinération, il semble qu'on attache moins d'importance au côté matériel de la mort, qu'il s'agisse du cadavre, que l'on brûle, ou de la tombe dont on n'a plus le désir qu'elle soit, comme le dolmen, un sépulcre monumental. Tout devient symbole et le cercle peut alors désigner un enclos sacré protégeant les morts du monde des vivants et ceux-ci de l'influence néfaste des défunts; une aire rituelle complexe où le moindre détail, l'offrande la plus modeste revêt toute une signification aux yeux des constructeurs.

 

          Une fois le principe de la construction d'un monument arrêté, on a vu que le choix du site n'était pas le fait du hasard mais obéissait à des critères évidents ( pâturages  élevés,  cols,  crêtes, etc ...).

 

          - La crémation n'avait pas lieu dans l'enceinte du monument, mais dans un endroit très proche (pas d'indices de sole d'incinération à l'intérieur des monuments ; petites traces d'argile rubéfiée sous des charbons de bois apportés à 1'état de braise).

 

          - La confection du bûcher faisait probablement appel aux essences environnantes ; peut-être, cependant, pouvait-il y avoir un certain choix "rituel": au cours des huit analyses anthracologiques, il a été trouvé une fois du frêne, une fois du hêtre et six fois du chêne à feuille caduque, considéré, en général, comme se développant, aux époques concernées, à un étage inférieur à celui du hêtre.

 

 

          - Y avait-il incinération vraie, ou  simple  crémation, comme  ce  fut le cas à Millagate 4 ?. Il est possible que les deux modalités aient été pratiquées, d'autant que tous les états intermédiaires peuvent s'observer. Quant au choix du type de monument, nous en ignorons totalement les critères ; nous ne pouvons que constater le fait que des structures différentes, mais contemporaines, peuvent coexister dans une même nécropole. Ce choix effectué, ainsi que celui des dimensions, un décapage systématique du sol était mené plus ou moins en profondeur sur une aire correspondant à celle de la future construction ; une tranchée périphérique pouvait en outre être creusée pour mieux assurer l'assise des éléments d'une couronne de pierres périphériques. Dans certains cas une couche d'argile plastique, prélevée dans les environs immédiats, a été disposée sur cette surface décapée.

 

 

          - Les modalités architecturales des couronnes de pierres, comme celles des structures centrales étaient multiples, utilisant les pierres de l'environnement proche, souvent avec un grand soin contrastant avec la modicité des dépôts qui y étaient ensuite effectués. En effet, si les prélèvements de charbons de bois sur le bûcher ont été quasi constants, leur quantité, comme le lieu de leur dépôt dans les monuments, étaient éminemment variables.

 

 

          - Quant aux ossements calcinés, leur recueil ne parait avoir été ni obligatoire, ni systématique et les quelques fragments recueillis, ici ou là, paraissent plus dus au hasard qu'à une volonté délibérée.

 

 

                    Dans le cas unique de Millagate 4, on a sans doute à faire à un notable (?) qui a bénéficié d'un site remarquable, face au pic d'Orhi, d'une tombe très soignée et d'un recueil d'ossements minutieux et complet.

 

 

          - Les offrandes sont, elles aussi, tout aussi symboliques que charbons de bois et ossements, qu'il s'agisse de fragments de céramique "petit fragment remplaçant sans difficulté la chose entière" (Mohen J.P.,1980), d'objets en fer, passés au feu, de petits outils en silex, ou même des humbles petits galets ronds ...

 

 

          Cette rareté en mobilier de nos monuments basques de montagne contraste avec la richesse des régions voisines (Béarn par exemple). On peut être tenté d'expliquer ce fait par la pauvreté de ces gens qui, vivant en été, loin des habitats de plaine, ne devaient pas manquer de récupérer tout ce qui pouvait encore leur servir ; ou bien le rite, les conditions sociales du défunt, n'exigeaient pas ce type d'offrande ... mais on peut aussi envisager que la notion de richesse, de valeur, attachée aux objets, ait pu relever de critères tout à fait différents des nôtres.

 

             - L'ensemble était ensuite recouvert de terre (ou de pierres), l'importance de l'amoncellement pouvant dans certains cas déterminer l'existence d'un tumulus.

 

          La modicité habituelle des dimensions de ces monuments de montagne contraste avec celle des monuments de plaine (Landes, Béarn, etc ...) et parait conforme à ce que l'on peut supposer du nombre sans doute restreint d'individus présents pour des funérailles à ces altitudes ...

 

Des nécropoles organisées, hiérarchisées.

 

          Nous avons vu la longue période d'utilisation et la stabilité des trois types architecturaux depuis l'âge du Bronze jusqu'à l'âge du Fer. Ce qui paraît remarquable dans cette permanence, c'est que des monuments de même catégorie sont en général regroupés par ensembles homogènes quelque soit l'époque de leur construction. Ils peuvent réaliser des nécropoles de monuments semblables, ou se regrouper en ensembles distincts, à l'intérieur d'une même nécropole.

 

          On connaît ainsi la nécropole d'Errozate avec ses 5 baratze, dont la fourchette de temps, pour les monuments étudiés, va de l'âge du Bronze au 2ème âge du Fer ; ou la nécropole de 5 baratze-tumulaires à Millagate, s'échelonnant du Bronze à la fin de l'âge du Fer.

          Les regroupements à l'intérieur d'une même nécropole sont particulièrement visibles à Zaho, avec ses ensembles de cinq tumulus et de trois baratze-tumulaires, à Apatesaro avec trois baratze et les cinq tumulus datés du Bronze Moyen au 2ème âge du Fer. La nécropole d'Okabé est la plus spectaculaire et la plus démonstrative, avec une trentaine de monuments répartis en ensembles bien individualisés.

 

          Une autre caractéristique de ces nécropoles est qu'il s'en dégage une impression de hiérarchie qui s'exprime plus par le choix du site et de l'architecture, qui soulignent le rang social, que par un mobilier en général absent. La nécropole d'Apatesaro illustre très bien cette donnée : les monuments les plus soigneusement élaborés se trouvent sur la ligne de crête, avec une vue privilégiée sur l'horizon, (tout en restant groupés par affinités architecturales) : baratze 1, 1bis, et 2 ; tumulus 3 et 4 ; par contre les tumulus 5, 6 et 7, en contrebas, éloignés de la piste de transhumance et privés de tout horizon, à l'architecture plus négligée, par le contraste qu'ils offrent avec les précédents, nous paraissent refléter une sorte de mise à l'écart, comme si on avait voulu ostensiblement maintenir une certaine hiérarchie entre les monuments, donc entre les défunts.

 

 

 

ORIGINE DE CES CERCLES

 

Edifiés par des pasteurs "proto-basques" ?

 

          La répartition de ces monuments et leur permanence au cours des siècles sur ces sites en altitude, accessibles une partie de l'année seulement, car recouverts de neige à la mauvaise saison, est évocatrice d'une population de pasteurs semi-nomades, pour laquelle l'élevage, dans le Sud-Ouest de la France, tient une place prépondérante depuis l'âge du Bronze.

          D'après les auteurs antiques, ce sont essentiellement les Tarbelles qui occupent l'actuel Pays Basque nord, alors que les Vascons prédominent de l'autre coté. J.P.Mohen définit ainsi les populations de l'âge du Fer au sud de la Garonne : "... pasteurs guerriers qui défendent leurs troupeaux, car ceux-ci représentent alors la richesse la plus considérable qu'on puisse accumuler". (Mohen J.P., 1980).

 

          Il est intéressant de constater que les deux seuls objets en fer livrés par les monuments du Pays Basque nord ont été une pointe de lance et une lame de couteau collée à un talon de javelot (baratze Errozate 2). La langue basque elle-même (l'Euskara) nous le rappelle, comme un lointain écho, puisque "abere" signifie bétail et "aberats" : le riche (celui qui possède des troupeaux). Strabon et Diodore de Sicile signalaient déjà les immenses troupeaux qui peuplaient les pâturages pyrénéens.

 

 

          Cet élevage exige une vie relativement itinérante, les troupeaux quittant les estives de montagne pour se replier en automne dans le piémont et vraisemblablement les Landes et même la région d'Arcachon, comme cela se produisait encore au siècle dernier. En témoigneraient les nombreuses nécropoles réparties tout le long de ces axes de transhumance (Arambourou R.,1977) sans oublier "les camis saliès", les voies du sel, sel indispensable aux hommes, comme aux troupeaux. Si cette navette régulière entre pâturages d'altitude et ceux de plaine a marqué le sol de son empreinte, il ne faut toutefois pas imaginer ces populations en perpétuel déplacement. Ce mode de vie n'est concevable, comme le soulignent Mohen et Arambourou, que sur une base agricole et sédentaire à laquelle s'attachent des artisans, même si ces derniers peuvent aussi être itinérants comme on peut le supposer pour certains forgerons ou bronziers. "Ces sociétés pastorales et surtout celles des Pyrénées connaissent une métallurgie dynamique et novatrice ..." (Mohen). Compte tenu de la richesse en mines de nos montagnes, il est fort probable que les pasteurs pouvaient aussi se révéler d'excellents prospecteurs ... Le développement de la métallurgie comme la création de nouveaux pâturages deviennent alors en grande partie responsables du déboisement de nos forêts. Les points d'ancrage de ces populations sont mal connus en Pays Basque nord, à part les nombreux camps ou "Gastelus" étudiés par le Gal.Gaudeul F. (Gaudeul F.,1989) ; toutefois ces derniers paraissent bien plus des zones de replis temporaires en cas d' insécurité que des habitats permanents. En Pays Basque sud, à ces mêmes camps (ou "Castros") s'ajoutent des restes d'habitats urbains de plaine, tels Cortès de Navarra (en Navarre) et La Hoya (En Alava), possédant des nécropoles à incinération différentes de celles de montagne : incinération en champs d'urnes à Cortès et en petites cistes à La Hoya . Dans nos montagnes certaines éminences de terre, érigées en altitude, de 12 à 18 m de diamètre et de 1 à 2 m de hauteur, sur terrain déclive, près de points d'eau et que nous avons dénommé "tertres d'habitats", pourraient représenter les vestiges de soubassements pour des abris provisoires (torchis, peaux ...) édifiés à leur sommet par des pasteurs séjournant sur les estives. Aucune fouille complète n'a encore été réalisée, mais quelques trouvailles fortuites (grattoirs en silex, cristaux de roche, dents humaines) donnent quelque crédit à cette hypothèse .

 

 

                   - Cette Société composée d'agro-pasteurs, d'artisans et de commerçants, est en voie de hiérarchisation : elle possède ses guerriers et ses religieux, le tout sous l'autorité d'une très probable classe dirigeante, comme le suggèrent les travaux de A. Llanos (Llanos A.,1990) à la Hoya. Cette hiérarchisation, nous l'avons aussi retrouvée dans nos nécropoles de montagne.

 

 

          On peut se demander dans quelle mesure la transhumance saisonnière n'a pas contribué par le brassage des hommes et des idées, à créer une certaine homogénéité, au nord comme au sud de la cordillère non seulement au plan culturel, mais aussi anthropologique et linguistique (malgré l'introduction d'éléments étrangers au cours du 2ème millénaire et tout au long du 1er millénaire avant J.C.).

 

          En effet, au plan anthropologique, on s’accorde ( R. Ricquet 1981 ) à souligner “l’homogénéité remarquable de la population à partir du Néolithique” se continuant à l’âge du Bronze; à l’âge du Fer les intrusions d’éléments venus du Centre-Europe feront plus sentir leurs conséquences dans les plaines que sur les reliefs ( C. de la Rua, 1992)

 

 

          Nous ne nous étendrons pas ici sur le particularisme sérologique bien connu des populations basques actuelles, où le noyau basco-béarnais apparaît comme le vestige d’une vieille population ayant le mieux résisté à ces influences.

 

 

          Nous serons tout aussi bref sur l’ancienneté de l’Euskara qui ne se rattache à aucun système linguistique connu; rappelons cependant que l’étymologie du vocabulaire pastoral n’a aucune relation avec les langues indo-européennes et parait précéder de plusieurs siècles le vocabulaire agricole où prédominent, au contraire, les noms d’origine romaine.

 

 

          Il n'est pas non plus étonnant de constater que c'est dans cette vraisemblable aire de migration de la transhumance protohistorique que s'est précisément conservé l'ancienne toponymie basque, comme nous le rappellent de l'Atlantique à la Méditerranée et de l'Ebre à la Garonne d'humbles noms de ruisseaux, de rochers, de modelé du relief comme "Val d'Aran", Aran voulant précisément dire "vallée" en basque ! On retrouve encore cette toponymie dans de nombreux noms de lieux portant des désinences pré-indoeuropéennes et se terminant en "os", "osse", "ous", "ost" ou "oz" : travaux de J.Seguy (Seguy J.,1951) et de Rohlfs (Rohlfs G.,1952), tels Andernos, Biscarosse, Urdos, Bedous, Bosost, etc ... Ils se répartissent dans le triangle aquitain augmenté de l'Ariège, mais c'est en Pays Basque qu'ils sont les plus nombreux. Les frontières de cette zone correspondent approximativement à la courbe isogénique du groupe sanguin O qui égale ou dépasse 0,70. Les suffixes "Ues" et "Ueste", au sud de la cordillère se rattachent à cette même couche de langues euskaroïdes de la protohistoire. Dans les montagnes du Pays Basque nord, il nous est arrivé de trouver des toponymes qui paraissent liés au contenu archéologique des sites concernés, alors que les monuments auxquels ils semblent se référer sont difficiles à discerner, même pour un oeil exercé. Citons simplement "Ilharreko lepoa" (le col des pierres des morts), "Ilharreko ordoki" (la petite plaine des pierres des morts) ; "Ilhasteria", évoquant "le lieu de la mort rapide" (foudre ?). En tous ces lieux, les monuments, de dimensions fort modestes, étaient ignorés et oubliés de tous depuis fort longtemps. Ces toponymes ne pourraient-ils être contemporains de leur édification ?

 

 

          Il n'est pas impossible non plus que le terme lui-même de baratze par lequel les bergers désignent encore actuellement les cercles de pierres, avec sa double connotation d'enceinte et de lieu funéraire, puisse venir, lui aussi, de ces temps reculés.

 

Les baratze, une création originale, locale ?

 

          Si l'inhumation en dolmens, ou en tumulus, est pratiquée depuis le 4ème millénaire, c'est au cours du 3ème qu'apparaît l'incinération en Europe occidentale et elle va coexister plusieurs siècles avec la pratique précédente.

 

          Ce nouveau rite, (longtemps lié à la notion d'un "peuple des champs d'urne" de l'âge du Bronze ayant son origine dans la région du Moyen Danube), a été largement pratiqué par les populations dites "celtiques" ou "celtisées" du dernier millénaire. Cependant, l'apparition quasi simultanée de l'incinération en différents points d'Europe occidentale, ne répond pas bien à ce modèle "diffusionniste" et on privilégie, à l'heure actuelle, les notions d'acculturation, d'évolution sur place des populations, "l'autochtonisme" remplaçant le diffusionnisme. Tout en pouvant adopter des modalités venues d'ailleurs, les populations de nos régions ont fort bien pu, elles aussi, avoir l'idée d'incinérer. Le premier type de monument utilisé pour l'incinération en montagne semble avoir été le tumulus, comme le suggère le tumulus Irau 4 érigé en plein Chalcolithique ou même le tumulus T1 de Pomp en Béarn (Blanc Cl.,1987,a) contenant les restes de deux squelettes humains incinérés à la même époque (Ly 3478; 3850 +/- 120 B.P., soit 2775 à 1950 avant J.C.). Si les tumulus ont connu une extension quasi universelle et ont participé autant aux inhumations qu'aux incinérations, les exemples de cercles circonscrivant des sépultures se retrouvent un peu partout dans le monde, en Inde, en Zambie, au Sahara comme dans les Andes boliviennes ... et le continent Européen est tout aussi riche. Nous ne ferons que citer le site de Messara, en Crète, avec une vingtaine de cercles, du Minoen Moyen ; l'Italie avec les trois sites de Monsorino, Somma et Vergiate ; la Péninsule Ibérique, avec les petits cercles d'Alentejo au Portugal, datés du Chalcolithique. Plus au nord, on trouve des cercles de pierres au Danemark dès l'âge du Bronze Ancien et ils sont communs dans toute la Scandinavie jusqu'à l'âge du Fer. Quelques auteurs en signalent en Allemagne et en Tchécoslovaquie (âge du Bronze Moyen/Récent). Mais ce sont surtout les Iles Britanniques qui retiennent l'attention avec plus de 900 cercles (Burl A.,1976). Les plus anciens et les plus grands, remontent au milieu du 3ème millénaire avant J.C., mais, pour Burl A., il semble que ce ne soit qu'au milieu du second millénaire avant J.C. que des cercles de pierres (de dimensions modestes) et des sépultures se combinent pour former, par exemple, les "cairn-circles" des côtes ouest de Grande-Bretagne. (Ceci nous rapproche beaucoup de l'époque de construction de Méatsé 8).

 

          Dans un tel contexte, s'il est permis de rattacher l'apparition des baratze, en Pays Basque, à des influences extérieures, on ne peut exclure comme pour le rite d'incinération lui-même, une éventuelle genèse locale pour cette nouvelle modalité funéraire.

 

          Il est en effet possible que le concept "couronne de pierres" ait pu, par exemple, se détacher du tumulus dolménique auquel il est parfois lié depuis longtemps et dont on connaît de nombreux exemples dans les montagnes basques : dolmens de Mokua et Larria 1 en Labourd, de Ocora en Navarre , de Pozontarri en Guipuzcoa etc ... En d'autres termes, l'entité "baratze" telle que nous l'avons définie, a pu naître et acquérir son autonomie au sein d'une population de pasteurs de montagne, caractérisée par son attachement aux traditions, mais dont la fidélité n'exclut pas un certain pouvoir créateur original, déjà souligné par J.P.Mohen en ce qui concerne les productions métalliques (épées à antennes et à languette) ou céramiques (décors des vases). Elle a pu adapter aux nouvelles pratiques funéraires et dans le cadre de ses activités traditionnelles sur les estives, l'ancien style architectural qui lui était familier : le tumulus dolménique et certaines de ses caractéristiques, comme le cercle de pierres périphériques.

 

Des baratze limités à la cordillère ?

 

          Si l'on s'en tient aux caractéristiques que nous avons décrites, les baratze (et baratze-tumulaires), dans l'état actuel de nos connaissances, ne paraissent avoir qu'une aire de diffusion assez restreinte.

 

1 Dans les Pyrénées occidentales

 

          En Pays Basque, nous avons vu ce qu'il en était au nord de la cordillère. Au sud, il en existe une forte densité dans le nord de la Navarre et le nord-est du Guipuzcoa ; il n'y en a que de très rares exemplaires dans les autres provinces. Cette forte densité au niveau de l'axe principal de la chaîne est remarquable et contraste avec l'absence quasi totale constatée dans le reste du Pays.

 

 

          Aspe - Cauterets Plus à l'est, nous avons procédé à la prospection des vallées d'Aspe (Blot J.,1979,c) et de Cauterets (Blot J.,1985,a) qui présentent des monuments semblables à ceux du Pays Basque (26 cercles en Aspe, 11 en vallée de Cauterets) mais dont aucun n'a été fouillé. En vallée d'Ossau les prospections de G.Laplace et plus récemment de G.Marsan et Cl.Blanc montrent un nombre important de cercles de pierres - Citons les 24 monuments d'Houndas, les 16 de Couraus d'Accous, dont 4 ont été fouillés (Dumontier P.,1982) ou les 12 cercles de pierres du Col Long de Magnabaigt (Blanc C.,1983).

 

 

           Ossau. Deux autres cercles ont été fouillés (Blanc C.,1987,b ; Dorot T.,1989) les auteurs ayant obtenu des résultats comparables à ceux du Pays Basque, quant à la pauvreté ou même l'absence des dépôts. Trois datations confirment la fourchette chronologique déjà observée en Pays Basque : cercle du Lac de Roumassot : (Ly 4690) 3280 +/- 110 BP soit 1680, 1385 avant J.C. ; cette datation en fait le monument le plus ancien de cette catégorie. Cercle n° 10 des Couraüs d'Accous : (Ny 770) : 2345 +/- 70 BP soit 770, 180 avant J.C. et le cercle de Bious Oumette (Ly 3890) : 2190 +/- 90 BP, soit 415, avant J.C.

 

 

 

2 Dans les Pyrénées centrales

 

          A.Muller s'est particulièrement attaché à cette région et ses travaux de prospection et de fouille ont grandement fait avancer nos connaissances dans ce secteur (Muller A.,1980).

 

 

           Dans le Luchonnais, Baren, à 1800 m d'altitude a livré au siècle dernier de nombreuses couronnes de pierres plus ou moins détériorées. La nécropole de Bordes-de-Rivière formée d'une trentaine de cercles a été fouillée par J.Sacaze (Sacaze J.,1880) qui a recueilli des urnes avec cendres et ossements brûlés. Citons encore, dans le Luchonnais, les sites de Campsaure, de Mont-Né, de Genost.

 

          La montagne d'Espiaud possédait aussi de nombreux groupes d'enceintes circulaires : les cercles du Mail de Soupène et de Castéra ont été explorés par Piette et Sacaze en 1878 ; il semblerait que la présence d'un caisson central soit systématique.

          Le très important site de Garin compte essentiellement trois nécropoles : celle de la Moraine, avec une trentaine de sépultures ; la nécropole du Pas-de-Peyre (Ramée A.,1875) composée de 17 cercles en couronnes simples ou doubles ; enfin la nécropole d'Arihouat dont la fouille récente par A.Muller a permis de bien connaître les 123 cercles ; elle se divise en deux phases : Arihouat 1 : 750 à 600 avant J.C. et Arihouat 2 : 650 à 500 avant J.C. (Muller A.,1985).

 

 

            En Ariège, on retiendra les 18 cercles de pierres d'Ayer (Cau-Durban.,1887) auxquels on ajoutera les deux cercles de Cagire et Saint Barthélémy (Muller A.,1980).

 

 

           En Espagne, en Val d'Aran, A.Muller signale une trentaine de cercles au Trou du Toro et la nécropole du Plan-de-Beret (Gourdon M.,1878) avec une vingtaine de cercles.

 

 

          Signalons enfin la vallée de Garrinza, au nord de la vallée de Hecho, en Aragon (Ruperez T.A.,1976), elle aussi très riche en cercles de pierres.

 

 

 

3 Dans les Pyrénées orientales

 

           Il faut ensuite aller jusqu'à l'extrême est des Pyrénées orientales pour trouver l'importante nécropole de Villars (Espoll, Espagne), à proximité des Monts Albères, au sud de Banyuls. Chaque dépôt funéraire était entouré d'un cercle de 2 m de diamètre formé de pierres hautes de 1 m à 1,5 m.

 

 

 

4 Dans le Piémont Pyrénéen

 

           Concernant le piémont pyrénéen français, nous ne pouvons pas faire rentrer dans la catégorie des baratze les cercles de petits galets enfouis dans la masse des nombreux tumulus érigés au cours des deux derniers millénaires avant J.C. (Mohen J.P., 1976). Ces structures se retrouvent ainsi sur le plateau du Lannemezan (Vié R.,1987,a), de Ger (Vié R.,1987,b), dans les Landes (Aramburu R.,1987) ou même dans des tumulus de la région d'Arcachon ou du Bazadais (Giraud J.P.,1992). Ces architectures enfouies sous tumulus rappellent beaucoup celles trouvées par J.P.Millotte dans les tumulus de Chaveria 1 et 14 (Millotte J.P.,1972).

 

           Certaines nécropoles à incinération dans les plaines de la Garonne possèdent toutefois des cercles de pierres actuellement enfouis sous terre, qui, s'ils se rapprochent des champs d'urnes, sont aussi voisins des baratze, au moins quant à leur aspect extérieur, lequel a pu être modifié par l'agriculture dans certains cas.

Les exemples les plus remarquables sont les nécropoles de Lesparre et Ribérotes (Lot et Garonne), (Marcadal Y. et Beynex A.,1992,a), celle de La Gravière à Fauillet (Lot et Garonne) (Marcadal Y. et Beynex A,1992,b) ou même la nécropole du Tap à Nègrepelisse (Tarn et Garonne) (Ladier E.,1992).

 

 

 

           Par contre, vers le piémont pyrénéen catalan espagnol, au confluent du Ségre et de l'Ebre nous trouverons des nécropoles assez semblables à celles de nos montagnes. Elles possèdent un dépôt central en fosse, abritant l'urne, elle même parfois entourée d'un genre de caisson. Des couronnes de pierres entourent ces dépôts, pierres toujours visibles, plantées dans le sol.

          Citons la nécropole d'Almanera (Agramunt, province de Lérida) avec ses 8 cercles (Maluquer J.,1973) dont le mobilier suggère une utilisation antérieure à 600 ans avant J.C. ; la nécropole de Colomina (Gerp, province de Lérida) - (Diez Coronel y Montull L.,1964) où 34 sépultures ont été dégagées qui s'échelonnent du 9ème siècle au 4ème siècle avant J.C. et la nécropole de Séros (Lérida)-(Diez Coronel y Montull L.,1962), datée d'environ 800 ans avant J.C., tout à fait semblable aux précédentes, où 300 sépultures ont été mises au jour. Citons enfin les nécropoles de Pedrera, Torre, Filella et Mola.

          Tous les auteurs s'accordent pour voir dans les similitudes que présentent ces nécropoles avec celles de la cordillère, le témoignage d'influences venues du sud de la France, en particulier par la vallée du rio Ségre.

 

 

 

5 Parcours de transhumance et sépulture

 

           Il nous a paru intéressant de superposer, sur une même carte la répartition des principaux sites des cercles de la région pyrénéenne (y compris les piémonts nord et sud), le domaine des tumulus à incinération au sud de la Garonne, (d'après Mohen J.P.,1980) et la reconstitution des anciens parcours de transhumance d'après les travaux de Bladé J.F. (1874), Lefebvre Th. (1928), Cavaillès H. (1931) et Barandiaran J.M. (1953).

 

 

            S'il est clair que la transhumance à longue distance n'est bien attestée qu'en période historique, il est probable qu'elle avait néanmoins atteint une extension importante à l'âge du Fer. Il est aussi vraisemblable que le tracé de ces voies n'a, dans l'ensemble, que relativement peu varié au cours des siècles.

           On peut supposer avoir ainsi une certaine évocation des déplacements des troupeaux au cours du dernier millénaire. Il semble que l'on puisse noter une certaine correspondance entre l'aire de transhumance et la répartition des tumulus à incinération au sud de la Garonne ; il paraît en être de même pour les cercles aux alentours de Lérida.

          Si le phénomène des cercles de pierres a une répartition très inégale dans l'aire pyrénéenne, le Pays Basque apparaît cependant comme la région privilégiée de cette manifestation culturelle, tant par le nombre de ses monuments (877 au total), leur ancienneté, leur originalité, que par l'étendue de l'aire concernée.

 

 

          Il semble bien, en outre, qu'il ait été le siège d'une survivance de cette pratique jusqu'à une période avancée de l'Histoire.

 

 

 

 

DES BARATZE ONT-ILS ÉTÉ CONSTRUITS EN PÉRIODE HISTORIQUE ?

 

 

           Nous avons été amenés à intervenir dans la nécropole de Sohandi, sur 4 des 6 cercles de pierres. Tous ces monuments avaient en commun un très grand négligé de l'architecture et l'absence totale de charbons de bois (Blot J.,1985,b). Toutefois, du mobilier, des datations et un contexte archéologique contemporain semble-t-il de ces cercles, suggèrent que l'on pourrait éventuellement les considérer comme des baratze construits en période historique.

 

 

 

Les cercles concernés

 

 

           - Le cercle Sohandi 5 mesurait 4 m de diamètre et était limité par 8 grossiers blocs de poudingue, simplement posés sur un sol préalablement décapé ; au centre, une seule pierre. Trois tessons de céramique grossière, insuffisamment cuite, ont été datés par thermoluminescence : (B x 475-TL) : 800 +/- 210 BP, soit 1150 +/- 210 après J.C. Il n'y avait ni charbons de bois ni mobilier.

 

 

            - Le cercle Sohandi 2 (Blot J.,1989,c) d'un diamètre de 7 m, lui aussi de facture très négligée, était délimité par de gros blocs de poudingue entourant une structure centrale très primitive ; absence totale de charbons de bois. Trois objets en fer ont été recueillis à la base des blocs de la couronne périphérique : une armature de pointe de lance ou de trait de baliste de 165 mm de long et de section carrée, dont le type a été en usage du Xème siècle à la Renaissance, une seconde armature de 110 mm de long, de section triangulaire (pointe de javelot, de lance ou d'arbalète) d'un type connu au XIIIème et XIVème siècle, un fragment de fer à cheval comportant 3 trous de cloutage, dont un avec une tête de clou, dont le type ne peut être ni protohistorique, ni antique (Coquerel R.), mais qui n'est pas du tout incompatible avec les périodes d'utilisation que nous venons d'évoque.

 

 

            - Le cercle Sohandi 6, de 3,5 m de diamètre et de même facture que le n° 5, présentait en son centre une pierre sur laquelle reposait, à 14 cm sous la surface, une lame de faux. Pour J.P. Mohen elle est très semblable à celle trouvée dans un niveau Téne III de Fort Harrouard ; mais ce type a pu continuer d'être utilisé à l'époque gallo-romaine et au Moyen-Age (Guadagnin R. (3) et Duval A. (4)).

 

 

            - Le cercle Sohandi 4, de 6 m de diamètre, lui aussi délimité par de grossiers blocs de poudingue circonscrivait une aire remplie de blocaille en une seule assise réalisant comme une sorte de pavage central. Parmi les blocs de la couronne ont été trouvés quelques tessons de poterie jaune et verte, vernissée, à pâte fine, beige.

 

 

 

Les autres monuments

 

 

           Si les deux derniers cercles décrits sont difficilement rattachables à une époque précise, il existe un contexte archéologique qui, en Pays Basque, incite à penser que les deux premiers ne sont probablement pas les seuls survivants du rite d'incinération en période historique.

 

 

           - Le tumulus de Biskartxu (Blot J.,1977,b) tumulus pierreux, peu visible, de 12 m de diamètre, avait une petite ciste centrale grossièrement délimitée par quelques blocs contenant des fragments de charbons de bois estimés (Gif. 4183) : 1100 +/-90, soit 714 à 1113 après J.C.

 

 

          - Le tumulus d’Ahiga (Blot J., 1981, b) se présentait comme un tertre de 24 m de diamètre, sans aucune structure intérieure visible. Au centre, au niveau du sol, à 0,80 m de profondeur, nous avons trouvé un dépôt de charbons de bois homogène, compact, renfermant une monnaie de bronze "Antoninianus fruste d'imitation, probablement de la 2ème moitié du IIIème siècle après J.C." (J.L.Tobie). L'estimation d'âge des charbons de bois qui entouraient cette pièce est : (Gif. 5022) : 1000 +/-80 soit 869 à 1205 après J.C. La contradiction entre les deux dates proposées, pour la pièce et les charbons n'est qu'apparente si, avec J.L.Tobie et Marc Gauthier (5) on se rappelle que l'essentiel de l'économie dans l'aire basque entre le Vème et l'orée du XIème siècle, reste basée sur le troc. Les anciennes frappes romaines, en or ou en argent, pouvaient être considérées comme valeurs à thésauriser, rien ne s'opposant, par contre, à ce que celles en bronze puissent être utilisées à titre rituel, comme, dans le cas qui nous occupe, un ou deux siècles après Roncevaux ...

 

 

             A aucun moment, au cours de nos fouilles, nous n'avons trouvé trace de réutilisation de ces monuments. Si ceux décrits comme ayant été érigés en période historique n'étaient que des réutilisations de constructions plus anciennes, on se demande pourquoi cette pratique n'aurait touché que les vestiges aux structures négligées, souvent discrètes, ignorant les monuments bien visibles et bien "tentants" des nécropoles de Zaho, Millagate ou Okabé. Il existe cependant un exemple bien prouvé de réutilisation, mais il va précisément dans le sens d'une continuation du rite d'incinération en plein Moyen-Age.

 

 

              Il s'agit du tumulus à inhumation d'Urdanarre 1 (Blot J.,1993,b). A la base du coffre, long de 2 m, large de 1 m et profond de 0,60 m, on a trouvé quelques ossements (non calcinés) restes d'une inhumation datée par le 14C : (Gif. 9144) : 2990 +/-50, soit 1383, 1067 avant J.C., à coté desquels gisait un vase caréné biconique polypode aquitain (Bronze ancien - Bronze moyen). Ce tumulus avait fait ultérieurement l'objet d'un décapage avec enlèvement de la dalle de couverture du coffre et disposition à l'intérieur de celui-ci, dans sa partie superficielle, d'un petit cercle de 0,50 m de diamètre, formé de 7 pierres et à l'intérieur duquel on avait déposé une poignée d'ossements humains calcinés et de charbons de bois ; le tout avait été ensuite rebouché. La datation obtenue pour cette incinération : (Gif. 9030) : 520+/-60 soit 1301, 1471 après J.C.

 

 

 

Le contexte historique

 

 

            Cette persistance de l'incinération en baratze, en tumulus, ou même par réutilisation d'un ancien monument, n'est pas en contradiction avec ce que nous avons vu de l'ancienneté et de la permanence du groupe ethnique, de ses modes de vie, de sa langue, ni avec ce que nous savons de l'Histoire et en particulier de celle de la christianisation en Pays Basque. Celle-ci semble avoir, en effet, été très tardive, l'ensemble des auteurs insistant sur la persistance du paganisme, particulièrement dans la partie montagneuse.

 

             Les romains avaient été tolérants, ils apportaient avec eux leurs dieux, mais sans rien imposer et la romanisation ne fut que superficielle comme l'écrit J.L.Tobie (Tobie J.L.,1981) : "C'est dans cet îlot de l'actuel Pays Basque Nord, déjà peu romanisé et très tôt déserté, contrairement à la partie hispanique du domaine protobasque, que se réfugieront langue et culture primitive, avant de regagner du terrain en profitant des temps troublés du Haut Moyen-Age".

 

            Les Basques formaient un ensemble confus de tribus plus ou moins indépendantes, parlant chacune son dialecte d'une langue commune fort éloignée du grec ou du latin des missionnaires. L'expansion très progressive du christianisme se fit à partir des petites communautés chrétiennes des villes et diffusa le long des grandes voies de communication ; mais la christianisation du Pays Basque fut tardive et longtemps précaire et, là aussi, le "Saltus Vasconum", le Pays Basque montagneux et boisé, se distingue du reste.

 

          Pour E.Goyheneche (Goyheneche E.,1979): "les imprécations sur le paganisme et la sauvagerie des Basques ne manque pas : en 1120 un évêque du Portugal s'habille en civil pour traverser le Guipuzcoa et la Biscaye ; en 1140 Aymeric Picaud considère les Basques comme récemment - et au demeurant insuffisamment - christianisés".

 

 

           On notera enfin que Bayonne ne semble pas recevoir d'évêché avant le XIème siècle et que, comme le dit encore E.Goyheneche : "L'abbaye bénédictine de Sorde, les abbayes de Prémontrés d'Arthous, de Divielle, de Lahonce, d'Urdax, de Sauvelade, ne remontent, malgré les légendes, qu'au XIème siècle, peut-être au XIIème siècle pour les autres (...). Il est d'ailleurs significatif qu'évêchés et abbayes soient situés en marge du Pays Basque Nord actuel. Ce n'est qu'à partir de cette époque (XIIème siècle) que l'organisation ecclésiastique s'implante réellement".

 

 

 

 

CONCLUSION

 

 

          Les cercles de pierres, ou baratze, qui sont un des aspects le plus spectaculaire des nécropoles protohistoriques de la montagne basque, présentent donc des caractéristiques générales originales que l'on pourrait résumer ainsi : une couronne de pierres plantées, bien visible, dont le diamètre moyen varie de 4 à 7 m entourant parfois un tertre, (le "baratze tumulaire") et possédant le plus souvent une structure centrale.

 

 

           Ces monuments construits en altitude sont pratiquement dépourvus de mobilier et les dépôts d'ossements calcinés y sont exceptionnels ; seuls les charbons de bois, en petites quantités, sont quasi constants, mais disposés de façon très variable.

 

           La pauvreté de ces cercles contraste avec leur architecture souvent très soignée, faisant de ces monuments, essentiellement symboliques, plus des cénotaphes que des sépultures.

         Leur présence quasi exclusive en montagne les différencie des tumulus contemporains, dont on retrouve de multiples exemplaires en montagne mais aussi dans le piémont pyrénéen.

          Toutefois l'architecture des tumulus de montagne porte elle aussi l'empreinte bien particulière de tous ces monuments d'altitude : modicité des dimensions, pauvreté ou absence de mobilier et de dépôts d'ossements calcinés.

 

 

            Les baratze du Pays Basque, édifiés du Bronze Moyen à la fin du 2ème âge du Fer, paraissent être le reflet de phénomènes d'acculturation complexes, par des ethnies locales aux solides traditions, mais au pouvoir créateur dynamique et original.

             Ils sont liés à des occupations pastorales dont ils épousent les itinéraires, les aires de répartition en montagne et la stabilité dans le temps.

             Ceci pourrait peut être expliquer leur ressemblance avec les autres cercles de la cordillère, les différences pouvant relever du contexte géographique et / ou culturel propre à chaque région.

 

 

 

 

             Bien des questions restent cependant encore posées :

 

 

             - Pourquoi, par exemple, ces cercles paraissent-ils avoir été exclusivement construits en montagne ? L'argument du manque de prospection, ou des destructions, en plaine, même s'il peut être ponctuellement vrai, ne paraît pas pouvoir tout expliquer. Il est possible que ces groupes de pasteurs, revenus à l'automne dans les plaines et fondus dans la masse de leurs contemporains, perdaient en quelque sorte leur "liberté d'expression", soumis aux contraintes d'un autre milieu socio-culturel : on y pratiquait certes aussi le rite d'incinération, mais suivant des modalités différentes de celles en altitude, en particulier sous tumulus. Mais, inversement, les contacts qui devaient néanmoins exister entre transhumants et habitants des plaines, pourraient peut être, dans certains cas, expliquer la présence en montagne de tumulus parmi les cercles de pierres.

 

 

           Nous terminerons en rappelant que si la montagne de l'actuel Pays Basque, a vraisemblablement pu jouer, durant la protohistoire, le rôle d'un authentique creuset novateur dont le baratze pourrait représenter une des expression les plus originales, elle a aussi été un véritable conservatoire, jusqu'aux temps historiques, pour les hommes, leur langue et leurs rites funéraires.

Repost 0
Published by Dr Jacques Blot - dans Article Doc Publication
commenter cet article
29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 14:25

Nous avons désigné sous ce terme des éminences de terre, dont on peut schématiquement distinguer 2 types :

Les uns de forme ovale (surtout fréquents en Basse-Navarre ),  pouvant atteindre 14 à 18m x 10 et 1 à 1,50m de haut ;

les autres, de forme arrondie, mesurant 8 à 12m de diamètre et 1m de haut environ.

Situés en général à des altitudes élevées, ils sont le plus souvent groupés par 3, 6, ou même plus, et répartis  le long des pistes pastorales ou dans les pâturages abrités, près de points d’eau. Leur localisation est donc différente de celle des monuments funéraires protohistoriques, mais il est intéressant de constater que ceux ci  ne sont jamais bien loin.

 

Contrairement aux tumulus funéraires, ils sont toujours construits sur des terrains en pente, et se différencient en outre de ces derniers par leur dimensions, bien supérieures en général. Certains de ces tertres ont été coupés par des bulldozers, et ont montré, dans la plupart des cas, une texture homogène identique à celle du sol environnant,  sans aucune structure pouvant évoquer  un réceptacle funéraire, ni aucun dépôt du même type. Par contre, il nous est arrivé de trouver de jolis  cristaux de roche, ou quelques petits grattoirs en silex, et P. Boucher, de Mauléon, a pu observer plusieurs fois dans les coupes de certains de ces tertres des traces de trous de poteaux.

 

Nous avons émis l’hypothèse que ces tertres pouvaient avoir été construits dans un but  de surélévation protectrice vis à vis du ruissellement des eaux,  pour de  sommaires constructions érigées à leur sommet, faites de  branchages,  de peaux de bête et / ou de mottes d’herbe (avec les racines pour éviter le délitement par les pluie.).

Ces abris temporaires ont pu être l’œuvre de pasteurs transhumants, arrivant sur les estives pour la belle saison,  et les remettant en état chaque année. Ces constructions n’ont peut-être pas toutes servi d’abri pour les hommes, mais parfois aussi pour des bêtes ou des ustensiles.

 

Enfin certaines d’entre-elles présentent des  caractéristiques pouvant évoquer des variantes architecturales avec murettes en pierres, plus ou moins incluses dans la structure du tertre. Nous l’avons constaté plusieurs fois, ainsi  que P. Boucher dans la région de la Pierre-Saint-Martin, et  Fermin de Leizaola dans la Sierra de Andia.

 

Reste la question non encore élucidée de l’époque de construction de ces tertres : si les grattoirs en silex nous reportent loin dans le temps, ils ne suffisent pas à affirmer l’origine protohistorique de tous ces tertres, dont certains ont pu  être utilisés fort longtemps encore en période historique. On notera avec intérêt que la tradition orale basque ne rattache aucune idée de sépulture à ces constructions, dont la présence en ces lieux est cependant attesté « depuis toujours » par les bergers locaux. C’est assez souligner combien serait bienvenues quelques fouilles avec datations !

Nous avons déjà publié un grand nombre de ces tertres ; les références bibliographiques sont indiquées comme pour les monuments funéraires.

 

Nous comptons rédiger un prochain article sur ces tertres, en y incluant aussi  les dessins, photos et résultats de fouille que nous avait transmis à cet effet P Boucher, dès 1988.

 

 

 

Inventaire  et localisation des  tertres d’habitat

 

Sont successivement indiqués : le nom du  tertre (ou du groupement de tertres ), puis  leur nombre, la commune, la carte IGN, ( Série Bleue au 1/25000) les coordonnées ( Lambert II étendu NTF, d’après le logiciel Carto-Explorer ).




LABOURD : 37 TH.

 

Tomba3 – Sare – 1245 est – 1 : 280,290 - 1814,470 , alt.462m. ; 2 et 3 : 280, 340 – 1814,125. alt :476m.

Pettikenborda – 1 – St Pée - 1245 est – 283,512 – 1826,960. alt.85m.

Gaztelaenea – 3- St Pée – 1245 est – 286,595 – 1822,360. alt.119m.

Amotz-Ziburua – 2 – St Pée  1245 est – 285,555 – 1821,703. alt. 120m.

Haltia –5– Espelette. – 1245 est. – 291, 618 – 1820, 218. alt 234m. .T.H. détruits en 1973.

Etchehassia – 2 - Jatxou – 1344 ouest – 296,635 -  1829,463. alt.140m.

Ursuia – 2 – Cambo – 1345 ouest – 300,095 – 1823,910. alt.300m.

Mondarrain est -7  Itxassou – 1345 ouest – 294,165 – 1813,330. alt. 550m.

Mondarrain ouest - 1 – Espelette – 1345 ouest – 293,420 – 1818,670.alt.600m.

Arluxetta  - 10 – Itxassou – 1345 ouest – 296,175 – 1817,020. alt.680m.

Zuretako lepoa – 1- Espelette – 1345 ouest – 292,910 – 1816,925. alt.560m.

 

 

BASSE-NAVARRE : 179 TH.

 

 

Behorsaro  - 7 -  Irissarri – 1345 ouest – 307,050 – 1816,375. alt. 550m.

Soylandotchipi – 6 –Helette.-1345 est – 308,525 – 1817,570. alt. 300m. (détruits  par labours)

Chancho  -3 – Louhossoa – 1345 ouest – 304,280 – 1816,858. alt.678m.

Bourouzunekoborda  - 10 – Bidarray – 1345 ouest – 298,243 – 1812, 053.alt.740m.

Orizune nord – 4 – StMichel – 1346 est – 308,408 –1795,100.alt.900m.

Orizune sud  - 3   St Michel – 1346 est – 308,056 – 1794,218. alt. 1017m.

Landarre -  6  Uhart-Cize – 1346 est – 308,012 – 1794,445.alt.970m

Itsasegi – 3 – Uhart-Cize.- 1346 est – 307,755 – 1794,122. alt.1040m.

Hostategi  (Biakorre)– 1 – St Michel – 1346 est – 307,335 – 1793,120.alt.1095m.

Sohandi – 2   Esterenzubi – 1346 est – 310,723- 1792,865. alt. 840m.

Asketa – 3   St Michel – 1346 est – 309,973 – 1792,747. alt. 914m.

Garateme – 10 – St Michel – 1346 est – 308,418 – 1792,448. alt.880m.

Zerkupe (Oriune) – 6 – St Michel – 1346 est – 307, 053 – 1792,263. alt.860m.

Heganzo  - 5  – Arnégi – 1346 ouest – 305,755 – 1793, 153. alt. 1070m.

Oilaskoa – 15 – St Michel – 1346 est – 307,145 – 1791,103. alt. 1040m.

Atheketa – 2 – St Michel -  1346 est – 307,405 – 1791,663. alt. 970m.

Urkulu – 5   St Michel – 1346 est – 308,035 – 1790, 093. alt. 1320m.

Iropile – 7  Esterençubi -  1346 est – 310,535 – 1789,530. alt. 998m.

Axpageta ouest 1 – St Michel – 1346 est – 309,938 – 1789,928. alt.980m.

Arlepoa – 5 – Esterençubi – 1346 est – 312,710 – 1787,755. alt. 940m.

Erreta ouest  - 7  Esterençubi – 1346 est – 313,350 – 1791,100. alt. 730m.

Erreta est – 2 – Esterençubi – 1346 est – 313,790 – 1791,230. alt. 770m.

Buluntza – 1 – Ahaxe – 1346 est – 314,255 – 1797,110. alt. 686m

Hurlastere – 2   Lecumberri – 1346 est – 318,832 – 1792,013. alt. 500m.

Egurgi – 4 – Lecumberri – 1346 est – 315,832 – 1785,723. alt. 825m.

Atxilondo – 6 – Lecumberri – 1346 est – 317,022 – 1787,365. alt. 910m.

Toscako erreka – 10- Lecumberri –1346 est – 317,545 – 1787,440. alt. 960m.

Irati-Soro nord _ 8 – Mendive – 1446 ouest – 321,858 – 1789,073. alt. 1010.

Irati-Soro sud – 3 – Lecumberri – 1446 ouest – 321,604 – 1788, 375.alt.1010m.

Burkidoy – 4 – Mendive – 1446 ouest – 323,445 – 1789,073.alt. 1280m.

Athermigna – 6- Behorlegi – 1346 est – 319,223 – 1799, 175. alt. 750m.

Arlotia –6   Behorlegui – 1346 est – 319,582 – 1798,638. alt. 736m.

Ithurroche – 3 – Mendive.1446 ouest – 323,463 – 1794,375. alt. 990m.

Artzainharri – 5 - Mendive – 1446 ouest – 323,707 – 1793,135. alt.847m.

Belchou ouest  - 18 – Hosta – 1446 ouest – 325,850 – 1799, 085. alt. 820m.

Belchou est – 15 – St-Just-Ibarre.- 324,410 – 1799,340. alt. 849m.

Bordaxarréa  - 1  - Hosta –  1346 est – 320,095 – 1801, 580. alt. 550m.

Pagaburu Zazpi ithurri – 2 – Lantabat – 1345 est – 315,915 – 1809,020. alt. 500m.

Pagaburu Gambéra zahar – 1 – Lantabat – 1345 est – 316,660 – 1809, 415. alt. 350m.

 

 

SOULE : 494 TH.

 

 

Eguizurri – 6 – Larrau – 1446 ouest – 324, 800 – 1787,515. alt. 1319m. démolis

Ibarrondoa – 8 – Larrau – 1447 nord – 325,231 – 1784,098. alt. 1306m.

Thartako lepoa. – 10 – Larrau – nord – 325,903 – 1784,068. alt. 1450m

Hézeloua – 8 – St-Just-Ibarre – 1446 ouest – 327,260 – 1789,993. alt. 850m.

Etchecortia – 8 – St-Just-Ibarre – 1446 ouest – 327,772 – 1798,632 .alt. 925m.

Este – 1  Behorlegi – 1446 ouest – 324,345 – 1796,180. alt. 798m.

Ohate – 3 – Aussurucq – 1446 ouest – 325,598 – 1795, 680.alt. 851m.

Behegaray – 1 – Aussurucq – 1446 ouest – 330,160 – 1798,300. alt. 720m.

Barnexborda – 1 – Aussurucq – 1446 ouest – 330,670 – 1799,alt. 500m.

Uztarila – 2 –.Alcay-Acaybéhéty-Sunharette – 1446 ouest.325, 195 – 1793, 225. alt. 890m

Ursoy - 16 Alcay-Alcaybéhéty-Sunharette – 1446 ouest – 325,430 – 1793, 458. alt. 880m

Olhatzezarre – 12 – Aussurucq – 1446 ouest – 327,683 – 1795, 180. alt. 1000m.

Uthurrieta – 6  - Aussurucq – 1446 ouest – 328,695 – 1794, 363. alt. 828m.

Udoya  - 25 – Aussurucq – 1446 ouest – 329,822. – 1794,430. alt. 930m

Arangaïtz – 18 Alcay-Acaybéhéty-Sunharette –1446 ouest. 330,028 – 1793,533. alt. 800m.

Ugatze – 6 Lacarry-Arhan-Charitte –de- Haut – 1446 ouest - 326,793 – 1789,335. alt. 1156m.

Idagorria14 - (haut)– Lacarry-Arhan-Charritte-de-Haut. 1446 ouest – 331, 113 – 1789,215. alt. 990m.

Idagorria (bas)1 –Larrau – 1446 ouest - 331,221 – 1789,113. alt. 980m.

Urruchantzé – 1 – Larrau – 1446 ouest -  330,908 – 1788,910. alt. 1054m.

Bostmendiette  - 12 - (crête : Olhaberria, etc.) – Lacarry-Arhans-Charitte-de-Haut – 1446 ouest  – 332,505 – 1789,355. alt. : de 1020m à 992m.

Bostmendiette – 7 - (bas, est )– Larrau –.1446 ouest - 332,455 – 1789, 105. alt. 930m

Bostmendiette – 12 -  (bas, ouest : Saguquidoy– Larrau –

                             1446 ouest – 331,635 – 1788,975. alt. 940m.

Bagozabalaga.  – 1 –Larrau – 1446 ouest -  330,430 – 1787,655. alt. 950m

Salhagagne – 1 – Etchebarre – 1446 ouest – 335,395 – 1789,480. alt 714m.

Bordalagagne – 2 – Etchebar – 1546 ouest – 336,500 – 1790, 358. alt. 530m.

Andiotze – 1 – Licq-Atherey – 1546 ouest- 335,595 – 1788, 490. alt. 733m.

Jauregiber – 1 – Larrau –1447 nord – 332,688 – 1783,608. alt. 886m.

Burkégi – 8 – Larrau – 1447 nord. -  328,457 – 1784,103. alt. 1150m

.Elichaltolhatze – 7 – Larrau – 1447 nord – 328,382 – 1783,095. alt. 1300m.

Uthurzeheta.- 5 –Larrau – 1447 nord – 328,550 – 1780,805. alt. 1278m.

Oyarchabala – 7 – Larrau – 1447 nord – 330,003 – 1781,648. alt. 1240m.

Azpildoya. – 7 – Larrau – 1447 nord – 328,507 – 1781, 648. alt. 1350m.

Ardakotchia – 3 – Larrau – 1447 nord – 335,313 – 1783,415. alt. 1080m

Ugnhurritzé – 1- Larrau – 1447 nord.334,460 – 1783,688. alt. 990m

Abarrakia – 8 – (ouest ) – Larrau – 1447 nord – 335,693 – 1783, 220. alt. 1208m

Abarrakia– 4 – (est ) – Larrau – 1447 nord – 335,780 – 1783,267. alt. 1200m.

Saratzé – 2 – Larrau – 1447 nord – 335,738 – 1782,145. alt. 1110m

Olhaberria – 3 – Larrau – 1447 nord – 336,135 – 1780,808. alt. 1220m.

Igeloua – 11 – Larrau – 1447 nord – 336,413 – 1780,495. alt. 1240m.

Pekoa – 8 – Larrau  - 1447 nord – 337,128 – 1779,890. alt. 1320m.

Gagnekoa – 25 – Larrau – 1447 nord – 337,185 – 1779,588.alt. 1358m.

Ihitsaga – 7 – Larrau – 1447 nord – 336,103 – 1779, 058. alt. 1390m.

Harluzia  – 6 – (haut) – Larrau – 1447 nord – 335,897 – 1779, 630. alt. 1350m.

Harluzia  – 13 – (bas) –Larrau – 1447 nord – 335, 908 – 1779,775. alt. 1320m

Harluzia – 2 – (nord) -  Larrau – 1447 nord – 335,887 – 1780,017. alt. 1310m.

Burusthola – 7 – Larrau – 1447 nord – 335,540 – 1780,053. alt. 1320m.

Botchubelza – 5  Larrau – 1447 nord – 334,600 – 1779,923. alt. 1390m.

Gagneko-olha – 15 – Larrau- 1447 nord – 334, 830 – 1780,283.. alt. 1254m.

Achtojangia – 5 – Larrau – 1447 nord – 334, 818 – 1780, 655. alt. 1250m.

Gahardoy – 5 – (est) – St. Engrace – 1447 nord – 337,145 – 1783,763. alt. 1037m.

Gahardoy – 5 – (ouest) –St. Engrace – 1447 nord – 336,985 – 1783,773. alt. 1050m.

Orkhatzolatzé – 7 – St. Engrace – 1447 nord – 336,590 – 1783,453. alt. 1230m

Herna – 3 – St. Engrace – 1447 nord – 336,620 – 1782,250. alt. 1196m.

Thortozia – 6 – St. Engrace – 1447 nord – 337,003 – 1782,830. alt. 1060m.

Sohotolhatzé – 10 – St. Engrace – 1447 nord – 337,433 – 1780,135. alt. 1300m.

Anhaou  (Anhau)– 7 – St. Engrace – 1447 nord. – 338,038 – 1780,005. alt. 1280m.

Ahantziaga – 4 – Gotein-Libarrenx – 1447 est – 338,865 – 1803,525. alt. 582m.

Ayhautze– 3 – (est ) – Lanne – 1446 est – 344,340 – 1785,915. alt. 1196m.

Ayhautce  - 1 – (ouest ) – Lanne – 1446 est – 344,075  – 1785,803 – alt. 1192m.

Montory  - 4  Lanne – 1446 est – 343,055 – 1786,413. alt. 1094m.

Lacurde – 3 – Lanne – 1446 est – 342,392 – 1785,513. alt. 1340m.

Benou – 4 – (bas) – Larrau – 1547 ouest – 346,718 – 1784. alt. 1370m.

Benou  - 5 – (haut) – Arette – 1447 nord – 346- 1783,970. alt. 1397m.

La Serre – 8 – Lanne – 1447 nord – 345,210 – 1784,348. alt. 1440m

Guillers – 2 – Arette – 1547 ouest – 348,588 – 1782,007. alt. 1366m.

Chousse – 4 – Arette – 1547 ouest – 348, 188 – 1784,200. alt. 850m.

Soudet – 7 – (est) – Arette – 1547 ouest – 347,348 – 1781,228.alt. 1490m.

Soudet – 5 – (centre) – Arette – 1547 ouest – 347,215 – 1781,025. alt. 1490m

Soudet  – 10 – (ouest) – Arette – 1547 ouest – 347,093 – 1780,853. alt. 1480m

Féas – 25 – Arette – 1447 nord – 345,570 – 1780,108. alt. : de 1500m. à 1787m

Arlas – 10 – Arette. – 1547 ouest – 347,262 – 1779,820. alt. 1660m.

Repost 0
Published by Dr Jacques Blot - dans Article Doc Publication
commenter cet article
28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 19:16

Ahiga ( tumulus) 1979 Vue avant travaux.
Schéma de la coupe effectuée par le bulldozer. On peut aussi voir celui de la coupe du tumulus de Mougaretta, effectuée par le même engin, le même jour, et celui du cromlech de Biskartzu (fouille de 1976), monument très dégradé et peu lisible.

Repost 0
Published by Dr Jacques Blot - dans Tumulus
commenter cet article
28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 15:51

Apatesaro 4 ( tumulus) 1982

Vue ( en premier plan) avant la fouille


Vue globale de la fouille (vue prise du sud).


Plan de la fouille.

fouille de la ciste centrale ( vue prise de l’ouest).

 
 

 La ciste et partie périphérique ( vue prise de l’est)


Apatesaro 5 (tumulus). 1985

Vue avant fouille.

Vue globale de la fouille.
 

 Plan de la fouille.


 

Apatesaro 6 (tumulus) 1990

Vue avant fouille
 

vue globale de la fouille.
 

Ciste centrale, vue prise du sud sud-est.


Plan du monument.


Plan du tumulus ; plan et coupes de la ciste.

Repost 0
Published by Dr Jacques Blot - dans Fouilles
commenter cet article
28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 09:00

Les monuments d’Apatesaro sont édifiés au voisinage de la piste pastorale qui chemine sur la longue croupe constituant le contrefort NO du mont Okabe. Cette piste drainant les régions du col d’Irau, du vallon d’Artxilondo et de la trouée d’Egurgi, accède ensuite aux hauts pâturages d’Okabe célèbres par leur nécropole protohistorique. La nécropole d’Apatesaro a fait l’objet de plusieurs fouilles de sauvetage qui ont permis de dégager quelques unes des règles essentielles du rituel d’incinération.


Apatesaro 1 (cromlech) 1981

 

 

C’est le premier monument que l’on rencontre, en montant, à droite de la piste pastorale.

 

Très beau cercle de 5m de diamètre, délimité par une vingtaine de  grandes dalles plantées régulièrement dans le sol ; un second cercle formé de deux ou trois assises de bloc de grès est concentrique et interne au précédent. Au centre, un dernier petit cercle de 2 m de diamètre, en pierres sèches, contenait une épaisse couche de charbons de bois. Pas de mobilier. La datation au C14 : 2780 ± 90 BP (soit entre 1224 et 815 avant JC) en fait le cromlech le plus ancien du Pays Basque.


Vue avant fouille
 


Vue de la fouille.

Plan de la fouille.
 



Apatesaro 1 bis (cromlech) 1981

Situé au N du précédent, ils est constitué d’une petite murette circulaire de 3m de diamètre en petits blocs de grès jointifs avec, au centre, un amas pierreux recouvrant une épaisse couche de terre noire mélangée de charbons de bois. La datation au C14 indique 2590 ± 90 BP soit 920 à 436 avant JC. Comme on le voit, ces deux cercles très proches dans l’espace ne le sont pas dans le temps ; tous deux sont soigneusement construits, et bénéficient d’une vue splendide sur la trouée d’Egurgi et les montagnes qui l’entourent.



Vue de la fouille.


Plan de la fouille.



Repost 0
Published by Dr Jacques Blot - dans Cromlechs - Baratze
commenter cet article
27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 22:05

Tertres d’habitat de GAGNEKOA – Commune de Larrau.

Ils sont érigés sur terrain légèrement en pente, près d’un point d’eau, au milieu de pâturages abrités.

Repost 0
Published by Dr Jacques Blot - dans Tertres
commenter cet article
27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 22:01

Monolithe ou menhir d’EIHARZEKOLEPOA .

Commune des Aldudes.-  Longueur : 3,80m – Poids approximatif : 5 T. (phot. J. Blot).

Le monolithe d’Eiharzekolepoa

alt. 855m Les Aldudes

 

Situé au col de ce nom, il était très peu visible avant que nous le dégagions du colluvionnement issu du Mont Argibele tout proche. Il mesure 3,80m de long, est orienté selon un axe EO et ne semble pas avoir été dressé…. Poids approximatif : plus de 5 T.

Repost 0
Published by Dr Jacques Blot - dans Menhirs - Monolithes
commenter cet article
27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 21:59

Monolithe ou menhir d’EIHARZEKOGAINA. – Commune des Aldudes.-

Altitude : 868m.- Longueur : 4,45m. – Poids approximatif : 4,800T.(phot. J. Blot).

Le monolithe d’Eiharzekogaïna

alt. 868m Les Aldudes

 

Plus au S au sommet du Mont Eiharze, gît un volumineux monolithe de grès rose de 4,45m de long, orientée NO SE dont le bord SO paraît présenter des traces d’épannelage, poids approximatif : 4,800 T. Sur sa face supérieure est gravée la croix frontière avec cette inscription : R 124. Cet imposant monolithe n’a pu être amené que du flac N du Mont Argibele, distant d’environ 300m. Comme les autres monolithes de ce type, il semble peu probable qu’il ait jamais été érigé.

Repost 0
Published by Dr Jacques Blot - dans Menhirs - Monolithes
commenter cet article
27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 21:54

Monolithe ou menhir IPARLA 2 – Commune de Bidarray.- Altitude : 1020m. –

Longueur : 3,20m. – Poids approximatif : 4 T.( phot. J. Blot).

 

Le monolithe Iparla 2

alt. 1020m Baïgorri

Il gît dans un petit col à 150m environ au S du sommet d’Iparla, en bordure de la piste pastorale. Ce volumineux bloc de grès rose, de forme parallélépipédique  était assez peu visible avant que nous ne le dégagions. Il mesure 3,50m de long et semble avoir retouché dans le but d’amincir sa pointe. Poids approximatif : 4 T Nous pensons qu’étant donné sa forme et ses dimensions, ce monolithe n’a probablement jamais été dressé verticalement ; nous avons déjà fait cette remarque pour les monolithes de Gorospil, de l’Artzamendi ou du Baïgura.

Repost 0
Published by Dr Jacques Blot - dans Menhirs - Monolithes
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Dr Jacques Blot
  • Le blog de Dr Jacques Blot
  • : Archéologie et montagne basque. Préhistoire et protohistoire au Pays Basque. Fouilles archéologiques. Dolmens, menhirs, tumulus et de cromlechs. Inventaire du Pays Basque
  • Contact