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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 10:32

 


 

  1 - Eglise de Gabat.

 

 Notre étude  a débuté à l’église de Gabat

2007 0323Gabat 1

dont on nous avait signalé certaines  particularités ; celles-ci nous ont suffisamment intrigué pour nous amener à examiner d’autres églises en Pays de Mixe, puis au delà.

 

Description.

          C’est sur les indications de notre ami Jacques Casaubon, que nous avons été examiner une des portes de l’église de Gabat

2007 0323Gabat 2

 celle qui donne sur le porche du côté sud.. Elle présente une curiosité fort intéressante : son pourtour est constitué de 12 claveaux  de grés 

Sans titre 1

répartis de façon asymétrique - de sorte que le montant  droit paraît « incomplet » -  mais le plus étonnant est que 6 de ces éléments  portent des rainures, de profondeur variable.  

 Nous devons signaler qu’une autre porte de l’église, celle donnant au nord est entourée dans sa totalité par le même type de pierres  de grés, mais  qu’aucun ne  porte la moindre trace de rainures. De nombreuse pierres de ce type se retrouvent aussi au pourtour des fenêtres, en pierres d’angle des murs et au chevet de l’église,  elles aussi  sans rainures.

On nous a indiqué que ce matériau était fréquent au flanc d’une  colline à quelques centaines de mètres de là. Il s’agit  d’un grés jaune, teinté par endroits de rouge orange par des inclusions ferrugineuses ; le grain en est moyennement fin.  Mais on doit noter qu’un autre calcaire, gris, est aussi très utilisé dans la construction de cette église  comme pour bien d’autres maisons du village,  de même qu’un autre grés rose beaucoup plus clair.

 

Nous allons étudier en détails ces six claveaux  de la porte sud, porteurs d’incisions plus ou moins profondes, essayer d’en déterminer la finalité, l’époque d’utilisation, et le pourquoi de leur inclusion dans la maçonnerie.

Pour la clarté de l’exposé, nous avons numéroté  les claveaux  en partant du côté gauche et de bas en haut, en regardant la porte de l’extérieur.

On notera, du côté gauche, que les 3 premiers  sont vierges de toute trace de rainure  et semblent ne servir que de support aux  claveaux 1, 2, 3, et 4, lesquels présentent les nombreuses rainures. Le linteau   ne présente aucune trace,  alors que les  deux claveaux du côté droit, numérotés 5 et 6  sont eux aussi porteurs de rainures.

.

La face externe du  claveau n° 1  est plane et la seule qui présente des traces. Elle  affecte la forme d’un parallélépipède rectangle. On peut y relever la présence de 4 rainures, généralement disposées horizontalement. On remarque l’inégale profondeur des traces, et ceci est un fait commun à tous les éléments porteurs de rainures :  la plus  profonde a 18 millimètres, alors  qu’une autre, de même longueur, n’en a  que 6.

La face interne , c’est-à-dire celle qui regarde vers la porte en bois, ne présente aucune autre trace.

Le claveau n° 2, par contre, présente des traces sur ses deux faces, externe et interne.

2007 0323Gabat 3

Face externe  : plane, elle affecte la forme d’un hexagone régulier, à sommet allongé vers la gauche. .On note l‘existence de 13 rainures de dimensions et profondeurs très variables, en majorité disposées suivant un axe oblique en bas et à droite.   Si la trace la plus longue ( 35 cm), est aussi la plus profonde (19 mm),  certaines, par contre, sont à peine marquées. Sur le bord droit du bloc sont visibles deux  concavités ( cuvettes de polissage ?), dont une, l’inférieure, déborde largement sur la face interne 

2007 0323Gabat 4

 

Face interne :  Elle présente un relief plus tourmenté que la face externe et elle est de moindre dimension   Outre les concavités  notées sur la face externe et qui se prolongent ici, on y distingue nettement 9  rainures, dans l’ensemble verticalement disposées ; on remarquera que deux sont de dimensions identiques  ( 27 cm de long ),  mais ont des profondeurs bien différentes, l’une 6 mm  l’autre21 mm. 

Le claveau n° 3 va lui aussi présenter deux faces porteuses de profondes rainures  et d’une  concavité très nette.

2007 0323Gabat 5

La face externe :  trapézoïdale, bien plane, offre à étudier 14 rainures  obliques de haut en bas et de gauche à droite, là encore de dimensions et  de profondeurs  très variables..

A la partie inférieure du bord droit de la face externe, on note une   concavité  triangulaire qui forme un véritable pan coupé touchant  aussi la face interne.

La face interne, (côté porte), ne présente que 3 rainures, verticales, sur une surface irrégulière.

La plus visible est inscrite sur la plage de polissage déjà signalée, les deux autres traces sont beaucoup plus modestes.

Le claveau n° 4, de forme triangulaire, est le dernier sur le côté gauche de la porte.

Sa face externe, rugueuse et légèrement irrégulière, ne présente qu’une seule rainure, peu visible, oblique de haut en bas et de droite à gauche.

Le claveau n° 5, est disposé symétriquement au précédent, de l’autre côté de la porte ; il est de même forme, triangulaire, et ses dimensions en sont très proches. 

Là encore on ne note, sur la face externe, plane et lisse, qu’une seule rainure, elle aussi oblique de haut en bas et de droite à gauche, mais nettement plus marquée que celle du bloc n° 4. 

Enfin, le claveau n° 6, situé en dessous du précédent, est juste en face du n° 3, et lui aussi de  forme trapézoïdale. Sa surface rugueuse et irrégulière présente 5 rainures, de dimensions moyennes  ( de 8 à 14 cm de long), mais peu marquées dans l’ensemble.

 

Discussion.

A - Finalité de ces blocs  de grès.

On ne voit guère d’autre finalité à ces pierres, que d’avoir très probablement servi à aiguiser des instruments tranchants, les rainures ou incisions  correspondant au passage répété, pour affûtage, ou raffûtage, du tranchant d’un outil, (hache ; burin ; ciseau… couteau ?). Mais à quelle époque ?

Une  autre question se pose : ces pierres  ont-elles  servi, chacune d’elles  en tant qu’unité séparée, ou font-elles partie d’un bloc unique, qui aurait été fragmenté en divers éléments  ensuite retaillés  et disposés comme on les voit actuellement ?

La réponse peut, éventuellement, être suggérée par l’étude de leur probable époque d’utilisation

Première  hypothèse : il s’agit de « polissoir(s) » pré- ou protohistorique (s).

Ces rainures pourraient en effet correspondre à l’affûtage du  tranchant de  haches en pierre.  La présence de  concavités, pouvant  correspondre à l’action de polissage du corps d’un tel outil, va dans le sens de cette hypothèse.

L’usage de la hache en  pierre polie  caractérise la période  dite du néolithique, qui apparaît, en Europe au IV ème millénaire, début III ème,  et encore plus tardivement en Pays Basque. Son usage va encore perdurer, en partie, durant l’âge  des métaux, ou  protohistoire. Pendant  celle-ci, ce type d’  « aiguisoir - polissoir » pourra aussi servir à  aiguiser ou raffûter les premières  haches métalliques en cuivre, puis en bronze et même plus tard en fer.

Les polissoirs  du néolithique ou de la protohistoire,  sont extrêmement rares  en Pays Basque de France ; nous n’en connaissons qu’un, celui que nous avons trouvé en 1970, dans la région du Pic des Escaliers( Blot J., 1982), et qui porte le même type de rainures,

6 - Polissoir Pic des Escaliers

quant à leurs formes et à leurs profondeurs. (Il est aujourd’hui visible au Musée Basque).

Pour des raisons simplement pratiques,  les polissoirs  étaient en général des objets lourds, fixes, qui ne devaient pas bouger lors de leur utilisation.  Celui du Pic des Escaliers pesait plus de 80 kilos  ; nous en avons vu d’autres encore parfaitement conservés, dans la Vallée d’Aspe, au col de  La Tallandière, sur d’imposants rochers, et présentant, là encore, le même type de rainures.

7- Polissoir de la Tallandière

Il nous paraît peu probable qu’on se trouve, à l’église de Gabat, en présence de plusieurs petits polissoirs néolithiques ou protohistoriques, qui eussent donc été malcommodes à utiliser. Peut-être s’agirait-il alors d’un  polissoir unique, en grés ferrugineux qui aurait été fragmenté  pour être ensuite inclus dans ce bâtiment religieux.  Est-ce là une  forme  de christianisation d’un objet venant d’une époque païenne,  ou d’une motivation purement esthétique, ou même  conservatoire ?

Nous terminerons par une remarque quant à l’inégale profondeur des rainures : certaines, peu marquées, peuvent être en relation avec les gestes doux requis pour affûter le fil d’un tranchant, les autres, plus profondes, traduisant probablement  un effort plus important afin de récupérer un tranchant très émoussé par l’usage ou une ébréchure. Quant aux   plages de polissages signalées, elles  pourraient – nous l’avons déjà signalé - être mise en rapport  avec la confection même de la forme et du poli d’une hache en  pierre. Rappelons que le polissage de ces outils n’avait pas qu’un but esthétique, mais aussi fonctionnel, le rendement à la coupe étant bien meilleur avec une hache en pierre polie qu’avec la même simplement taillée.

 

Deuxième hypothèse : il s’agit de simples  affûtoirs ayant servi au cours des temps, y compris récents.

 Nous ne ferons que citer  la possibilité que ces pierres aient servi   à aiguiser   les couteaux de poche des fidèles sortant de l’église, comme cela nous a été suggéré - sans grande conviction - par un habitant.( Certaines de ces pierres sont de plus totalement  hors de portée de main !).

 De nombreuses maisons de Gabat utilisent ces pierres en grés ferrugineux dans leurs architectures, en pierres d’angle, ou dans l’encadrement des portes ou fenêtres, sans qu’on y voit de semblables rainures. Cependant, la maison de l’ancien maire, Mr. Mendibil présente, à hauteur d’homme, une pierre d’encadrement de porte porteuse de petites rainures verticales, d’environ 5 à 6 cm de long, très peu marquées et fines, qui pourraient bien correspondre, en effet, à un raffûtage de lames de couteau, quoique les propriétaires actuels n’aient pas souvenir d’une telle pratique.

 Reste la possibilité, la plus probable nous semble t-il,  que des pierres  de la porte de l’église de Gabat aient servi pour affûter des instruments  lors de sa construction même de l’édifice,    ( des ciseaux, des burins  ? ). Certaines de ces pierres,  peut-être un peu plus volumineuses qu’elles  ne le sont actuellement, auraient pu  ensuite êtreretaillées et incluses dans les murs, à la fin de la construction de l’édifice.

Ceci expliquerait que ces pierres n’aient pas été utilisées dans leur situation actuelle, bien malcommode pour cet usage ( penser à la position des pierres n° 4 et 5, hors de portée), et  expliquerait aussi, pour celles faciles à atteindre, les différences d’orientation des  rainures : les unes  obliques, les autres verticales ou horizontales …

 Dans ce contexte « moderne », une question demeure toutefois : si l’utilisation de ces pierres date des temps historiques, comment doit-on interpréter les cuvettes de polissage ?

En définitive, que ces rainures soient très anciennes ou des temps historiques,  nous partons  sur l’hypothèse qui nous semble la plus probable, à savoir que les rainures  préexistent au montage des pierres. 

 

B - Modalités de leur disposition :

On peut être assuré  que les constructeurs du chambranle de la porte  avaient remarqué la nature particulière de ces pierres  porteuses de  rainures. Ces dernières,  étant en général bien visibles, ont  conditionné la  disposition des blocs :  les pierres  4 et 5, ne possédant qu’une seule rainure ont été retaillées pour leur donner la forme triangulaire requise par  l’orientation de ces rainure. Les pierres trapézoïdales 3 et 6 semblent avoir été eux aussi été retaillées pour raison de symétrie.

Il est fort probable aussi que les pierres  1, 2, et 3 ont subi le même sort pour être le plus possible en harmonie avec les autres.

  Des rainures ont –t-elles été supprimées  au cours de ces  retouches  ?. Il est difficile de répondre ; il semblerait que les constructeurs  et les tailleurs de pierre  aient  essayé au  maximum de les préserver, comme le montrerait la saillie vers la gauche de la pierre n° 2 - que l’on pourrait qualifier de disgracieuse parce qu’asymétrique, mais qui respecte ainsi des rainures pourtant discrètes à cet endroit là.

D’autre part, on ne constate nulle part de cassure ou d’interruption d’une de ces rainures.

Cette asymétrie de l’ensemble, c’est à dire un montant de 7 pierres à gauche ( dont trois sans rainures) et seulement 2 à droite ( avec rainures), résulte-t-elle d’un manque d’autres blocs porteurs  d’incisions ? C’est possible, mais alors, pourquoi ne pas avoir muni le montant droit du  nombre voulu de bloc de grès vierge, pour respecter la symétrie  qui existe dans les autres éléments architecturaux de cette église ?

 

Cette présence dans une architecture religieuse de « polissoirs » (ou de pierres à aiguiser ) nous a  paru suffisamment  exceptionnelle, pour que nous ayons poussé plus loin nos investigations.

  

2 -  Autres  églises en Pays de Mixe.

                 Nous avons donc visité avec Jacques Casaubon , au printemps 2008, quelques églises du Pays de Mixe,  en vue de vérifier la présence ou non de  pierres  porteuses de rainures  dans leurs architectures. Nous avons eu la surprise d’en retrouver dans six cas.

 

Eglise d’ Arraute 

La petite église,

2008 Arraute 8

présente trois portes extérieures donnant accès au porche couvert, précédent lui même la porte d’entrée principale de l’église.

 Aucune de ces 3 portes, ne présente, à l’extérieur, quoique ce soit de particulier au niveau des blocs de grès qui les entourent ; par contre à la face interne de la porte ouest, et sur son montant droit, on remarque un beau bloc degrès rose  porteur de 7 incisions allant de 7 à 20 cm de long, certaines peu marquées, d’autres  pouvant atteindre 18 mm de profondeur.

 De même, sur les 21 claveaux qui entourent la porte principale,

2008 0427 Arraute 9

donnant accès à l’intérieur même de l’église, on remarque que 6 présentent de nombreuses incisions. Si l’on numérote ces blocs de grès rose de gauche à droite, et de bas en haut, on trouve à étudier successivement :

Le claveau n° 3 : le plus saillant de tous vers l’extérieur,  présente 8 rainures, peu profondes, dont 6 légèrement obliques en bas et à gauche, et 2 verticales, pouvant mesurer de 8 à 14 cm de long.

Le claveau n° 8, en forme de rectangle allongé inclus dans la partie haute du pourtour de la porte -  et hors de portée de main – présente une seule longue rainure verticale  de 23 cm de long et 15 mm de profondeur.

Le claveau n°12, lui aussi hors de portée de main, est le siège de 7 incisions, parallèles aux bords du bloc, certaines pouvant atteindre 18 cm de long  et 10 mm de profondeur

Le claveau n° 16, présente 4 incisions verticales, dont 3 atteignent environ 13cm de long..

Le claveau n° 17,

2008 0427 Arraute 10

 possède  7 à 8 incisions verticales, certaines peu visibles, d’autres, très nettes, pouvant atteindre 14 cm de long et 13 mm de profondeur.

Enfin le claveau n° 18,

2008 0427 Arraute 11

est porteur des rainures les plus visibles et les plus profondes. Sur sa face externe, on peut en compter douze et sur sa face interne, côté porte, on peut voir une rainure en Y de 12 cm de long.

 

Eglise de Masparraute. 

Si les entourages de grès rose des différentes portes de cette église

2008 0427 Masparaute 12

ne portent aucune incision ou rainure, par contre, la première fenêtre en bas et à gauche du mur sud présente, sur le quatrième claveau,

2008 0427 Masparraute 13

en partant d’en bas et à gauche, un magnifique ensemble de treize rainures, la plupart  profondément marquées dans la pierre, mais ici encore, parfaitement  hors  de portée de main.

 

Eglise de Succos.

- Tout d’abord, au niveau de la façade sud de l’église Saint-Martin-de-Succos,

2008 0427 Succos 14

on remarque l’emplacement d’une fenêtre qui a été   bouchée, mais dont l’encadrement est toujours visible, constitué de 7 blocs de grès gris, dont trois  portent des incisions bien nettes. 

- Par ailleurs, au niveau des pierres d’angle de cette façade sud, à sa jonction avec le mur ouest,

2008 0427 Succos 15

on remarque un groupe de trois pierres, en grés,  qui présentent un total de 14  rainures très visibles  :

 

 Eglise de Camou.

Cette église,

2008 0427 Camou 16

  Seul le claveau  n° 4 du pourtour de sa  porte principale d’entrée ( en partant d’en bas à droite ), formé de blocs de grès rose, présente 7 rainures,  dans l’ensemble  peu marquées et  réparties en 3  groupes.

  

Eglise d’Orègue. 

Si l’architecture générale de cette église,

2008 0427 Orègue 17

est très proche de celles des autres églises étudiées jusqu’à maintenant, la différence réside dans le fait que l’extérieur des murs n’a pas été crépi, de sorte que l’on peut en voir ici  les pierres constitutives  dans leur ensemble, contrairement aux cas précédents, où seuls étaient visibles les encadrement des portes ou des fenêtres.

C’est précisément, inclus dans  le mur sud que l’on peut voir 5 pierres en grès ferrugineux rouge  porteurs de rainures souvent profondes.

La pierre n° 1, est située à 1,70m à droite de la porte latérale sud et à 1,05 m au dessus du sol. Elle présente 4 incisions verticales, les deux centrales étant les plus prononcées.

La pierre n° 2  

2008 0427 Orègue 18

est à  2 m à droite de la  précédente et à 1,41m au dessus du sol.

On note deux incisions parallèles,  obliques en bas et à gauche.

La pierre n° 3

2008 0427 Orègue 19

à 0,85m au dessus du sol et à quelques centimètres en dessous et à droite de la  précédente, présente 8 incisions,  légèrement obliques en bas et à gauche, de dimensions et profondeurs très inégales.

La pierre n° 4, située  à 0,91m au dessus du sol, est distante de 37 cm à droite de la  précédente. Les 4 incisions, légèrement obliques en bas et à gauche, sont discrètes, peu profondes ; l’une d’elles mesure cependant 25 cm de long.

La pierre n° 5, est juste à droite de la  précédente , et légèrement en dessous, à 0, 81m au dessus du sol. On note 4 rainures, les 2 supérieures  nettement visibles, légèrement obliques en bas et à droite, la plus grande mesure 39 cm de long et 20 mm de profondeur ; les 2 inférieures sont beaucoup moins  marquées.

 

Eglise de Suhast. 

L’église de Suhast 

2008 0427 Suhast 20

présente des incisions sur  4 claveaux de grès rose du pourtour de sa porte d’entrée et sur 3 autres pierres au niveau de l’angle ouest de son mur sud.

Au niveau de pourtour de la porte d’entrée :

En numérotant les claveaux de gauche à droite et de bas en haut :

Le claveau n° 2 

2008 0427 Suhast 21

présente 6 incisions verticales, de 15 à 24 cm de long, dont deux sont  particulièrement profondes. 

Le claveau n° 3, très saillant vers l’extérieur, comporte 8 rainures horizontales ou légèrement obliques en bas et à gauche. Souvent assez longues ( 19, 24 et même 37 centimètres) leur profondeur est relativement faible.

Le claveau  n° 5, présente 4 rainures, peu marquées, de 6  à 12 centimètres de long, obliques en bas et à droite.

Le claveau n°11, possède 3 rainures bien visibles, les plus longues ayant respectivement  16 et 18 cm de long  pour  8 et 20 mm de profondeur.

Au niveau de l’angle ouest du mur sud, on observe 3 pierres de grès rose porteuses d’incisions,  (la numérotation des pierres  se faisant toujours  à partir du bas) :

La pierre n° 3,  porte 6 incisions sur sa face externe, sud, sensiblement horizontales, ( sauf une petite, verticale), la plus grande atteignant 21cm de long et 10 mm de profondeur. Trois ou quatre de ces  traces  semblent se prolonger sur l’angle même de la pierre.

La pierre  n° 4 est le plus intéressant, car il présente de nombreuses et très visibles traces sur ses deux faces sud et ouest. Sur la face sud,  correspondant à la tranche du bloc, on distingue 5 rainures horizontales, très nettes. La face ouest, correspondant au bloc dans toute sa longueur, présente une dizaine de rainures, de dimensions et profondeurs variables, toutes plus ou moins obliques en bas et à gauche. Les deux plus grandes atteignent 20 cm de long, l’une d’elles ayant 10 mm de profondeur.

La pierre n° 5 présente elle aussi des traces sur ses deux faces visibles.

Sa face sud,

2008 0427 Suhast 22

la plus longue,  porte une dizaine de rainures bien  visibles dont 6 sont obliques en bas et à gauche,  et 4 obliques en bas et à droite.Les trois rainures en haut et à gauche sont parmi les plus profondes (15 à 18 mm de profondeur ).Sur sa face ouest, plus restreinte, on ne voit qu’une incision de 12 cm de long, oblique en bas et à droite.

                                    Nous avons, en outre, inspecté d’autres églises de ce pays de Basse Navarre,  telles celles  d’ Amorots, de Béguios, de Sumberraute, de Luxe, de Labets-Biscay, d’Ilharre, de Biscay sans rien noter de particulier.

 

3 – Eglises hors du Pays de Mixe.

Notre recherche s’est   encore poursuivie en Basse Navarre en étudiant  un certain nombre d’ édifices, religieux ou non, porteurs de blocs de grés dans leur architecture.

La chapelle d’Aphat, présente de nombreux blocs de grés rose et deux en grés ferrugineux, mais aucun n’est porteur de rainures. L’église de Saint-Jean le Vieux, avec ses blocs de grés rose est dans le même cas, de même que les églises de Mendive et  de Lecumberri.

Saint-Jean-Pied-de-Port, nous avons  observé toutes les façades en grés rose des maisons bordant la rue de la Citadelle, et celles de la rue d’Espagne, l’église du Bout du Pont, l’église Sainte Eulalie et l’Hospice mitoyen,  sans retrouver la moindre pierre à rainures. Il en a été de même pour l’église d’Ispoure, celle d’Uhart-Cize, ainsi que pour  la maison forte Laustania, ou l’église de Saint-Just-Ibarre,.Les résultats ont été  tout aussi négatifs pour les  églises de Baïgorri, d’Ossés, et  de Bidarray.

 En Labourd, où nous n’avons rien noté de particulier ; en Soule, le choix des églises a été fait sur les deux critères d’ancienneté, et de qualité de pierre : ainsi les églises bâties en  calcaire dur ont été éliminées  (après en avoir cependant contrôlé certaines…). Nous avons ainsi examiné les églises de Musculdy, de Domezain, d’Olhaïbi, d’Ithorots, d’Etcharry, d’Aroue, Toutes ces églises ( a part les deux dernières) ont, dans leur architecture extérieure ( contreforts, encadrement des portes ou des fenêtres), des pierres de grès jaune bien visibles, sur lesquels  nous n’avons  cependant observé aucune trace semblable à celles  ci-dessus décrites. C’est seulement dans l’église  de Berraute, à la limite sud du Pays de Mixe, que nous avons retrouvé, au niveau de la porte d’entrée, un seul claveau (en grés jaune), du côté droit, porteur de deux rainures, obliques en bas et à gauche de 20 et 15 centimètres de long . Nous avons ensuite poursuivi par les églises de   Charrite-de-Bas, d’Arrast, de Larrebieu, de Moncayolle, de Berrogain, d’Abense-de-Bas, de Laguinge, de Haux, de Saint-Jean-de-Berraute prés de Mauléon, d’Ordiarp,  mais là encore notre quête a été négative.

 

 Quelques remarques pour terminer : .

 Dés maintenant, certains éléments de réflexion semblent  se dégager, et surtout des interrogations.

          Nos recherches, qui ne prétendent pas avoir été exhaustives, suggèrent  une certaine localisation privilégiée en Pays de Mixe. Mais seules certaines églises  présentent  ces blocs de grès porteurs de rainures. Pourquoi ?                                  

          Beaucoup de ces pierres  sont à hauteur d’homme, d’autres sont tout à fait hors de portée de main, tout en restant très accessibles au regard, ce qui suppose qu’elles ont été incluses après usage. Enfin il existe des emplacements privilégiés, ostentatoires :  les encadrements de porte ou de fenêtres, les murs ou angles de murs exposés au sud.  

S’agit-il d’ex-votos, de signatures de « compagnons » ?

          Cette dernière hypothèse pourrait suggérer l’idée d’un groupe de « compagnons » ayant travaillé de façon  privilégiée en Pays de Mixe, mais quand ? combien de temps ? et d’où tenaient-ils cette coutume ?

Michel Duvert  nous signala avoir lui aussi remarqué, lors d’un voyage dans le Quercy, en l’église Notre-Dame du Puy à Sarlat ( Périgord), au chevet sud de l’édifice  - et dans sa partie romane -  de profondes incisions 

N-D du Puy 5

tout à fait semblables à ce que nous venons de décrire.

  On pourrait peut-être y voir  la confirmation de l’existence d’une tradition fort ancienne, et dépassant de  beaucoup le territoire ici étudié

Blot Jacques – Casaubon Jacques.

Note.

(1)   - Deux dates sont inscrites sur cet édifice : en haut, au dessus de l’horloge du clocher, la date 1847, gravée sur une dalle, et celle de 1649, beaucoup plus bas. Les personnes contactées sur place n’ont pas pu nous donner la moindre signification de ces dates qui, pourraient, probablement être  mises en relation avec la date de construction et celle de la restauration de cette église.

Remerciements.

Nous tenons ici à remercier pour leur aide Messieurs les curés Caracotche,  Cazenave,  Saldubehere, ainsi que Messieurs R. Espelette,  P. Etchegoyen, A. Socarros

 Bibliographie.

Blot  Jacques ( 1982) - Le Polissoir du Pic des Escaliers - Bulletin du Musée Basque n° 98 – p. 201, 206

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Published by Dr Jacques Blot - dans Article Doc Publication
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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 09:41

 

                   Lors d’une toute récente prospection, en mars 2009, nous avons eu le plaisir de trouver un nouveau monolithe  que sa  situation  rends particulièrement intéressant.


Situation.

Commune de Sare.

Coordonnées :  N = 43,2913° ; W = 01,6216° en degrés décimaux. Altitude : 270 m.

Il est situé en bordure d’une vieille  piste pastorale qui  rejoint à 600 mètres  plus à l’ouest  le col où  est érigée la borne frontière 32. Arrivée à l’aplomb des rochers de Faague, mais très en dessous,  (à 270 m d’altitude), cette piste longe sur une centaine de mètres la lisière sud  d’une vaste fougeraie dénuée d’arbres délimitée à l’est et à l’ouest par deux  ravins parcourus chacun par un ruisseau.

Le monolithe se trouve à l’extrémité ouest de la fougeraie, à une trentaine de mètres après que le  terrain ait amorcé  une légère déclivité vers l’ouest.

  

Description :

Ce monolithe affecte la forme, classique en Pays basque, d’un pain de sucre, couché sur le sol et orienté nord sud, à base nord. Ce bloc de grés mesure 2,90 m de long, 1,70 m dans sa partie moyenne, la plus large .Son épaisseur varie de  0,50 m à sa base à 0,37 m  au sommet.

Il semble bien qu’il y ait des traces d’épannelage à sa base, et tout le long du côté ouest  jusqu’à la pointe, ceci ayant eu pour effet de donner une certaine symétrie avec le côté opposé, dont la forme est naturelle.

 2009 0327Monolithe vue ouest

 Monolithe de Faague, vu de l’ouest  

2009 0327Monolithe vue sud

                          vu du sud       

2009 0327Table de Lizuniaga

                          La table de Lizuniaga.  

 

 Environnement archéologique. 

 Nous avons parcouru cette  piste pastorale  de bout en bout, c’est à dire depuis la Maison Haroztegikoborda, à 100m d’altitude,  jusqu’au col précité. Elle longe le flanc sud de la Rhune, selon un trajet  pratiquement horizontal. en  suivant un parcours  très  aisément praticable. A l’évidence on se trouve sur un très ancien cheminement. On notera que l’accès à la maison Harotztegikoborda se fait par une voie en pente douce, qui, partie du vieux quartier de Lehenbizkai de Sare, reprend là encore un ancien tracé.

Nous n’avons donc  pas été étonné  de trouver le long de cette piste, sur un léger  replat à  droite de celle-ci, un petit cromlech, 50m avant le franchissement d’un riu qui descend des crêtes de Faague ( ou plus exactement de la colline où se trouvent les deux dolmens d’Ametzia ) ; on trouve aussi, très proche de ce monolithe, les deux cromlechs de Faagekoerreka, situés au sud et au nord de la piste antique, ainsi que le dolmen de Faague, situé à 300m à l’est.  Nous n’avons pas été surpris non plus de découvrir, à l’arrivée de cette  piste à Kondendiagako lepoa -  le col où se trouve la borne frontière 32 -  un ensemble  de 3 cromlechs et un tumulus, situés  en son  milieu,  à une trentaine de mètres au sud sud-est de la borne ( altitude 316m) ; deux cromlechs se trouvent plus bas, à peu de distance de la BF. 35. Rappelons enfin la présence du dolmen d’ Arrixabale au stout début de la piste, côté Sare.

On trouvera la description de tous les monuments  inédits dans notre Inventaire des Monuments Protohistoriques en Pays Basque de France, (  que l’on peut consulter à la Bibliothèque du Musée Basque et sur internet).)

 

Interprétation possible.

Il est  particulièrement curieux de noter que ce monolithe se trouve  exactement  à 100 mètres à l’aplomb de la borne 36, et donc  de la Table de Lizuniaga, elles même consacrée  aux accords pastoraux – ou Façeries - entre Sare et Vera.

Sur ce thème, on lira avec beaucoup d’intérêt l’article de M. Duvert (1) consacré à Mahainharria, la Table de pierre, à son rôle actuel et dans le passé.

Comme le faisait remarquer J.M. de Barandiaran, (2) ces accords, compte tenu de la  richesse de l’environnement en monuments protohistoriques -  liée à la très ancienne fréquentation de ces  pâturages - peuvent fort bien remonter à ces lointaines époques : nos Façeries actuelles ne seraient, dés lors, que  le renouvellement  d’accords dont l’origine « se perd dans la nuit des temps ».

Cette richesse en monuments protohistoriques -  non seulement comme nous venons de le voir, le long de l’antique piste -  mais d’une façon plus globale en ce qui concerne  la Rhune et l’Ibantelli qui lui fait face, est illustrée par les chiffres suivants : 76 dolmens, 36 cromlechs, 18 tumulus et 4 monolithes.

Nous avions déjà émis l’hypothèse (3) que les monolithes (ou Muga, en basque = borne)- à quelques très rares exceptions prés, tel le monolithe de Soalar (Baztan) -  pourraient être considérés comme des bornes de délimitation de pâturages, servant aussi de  points de ralliement aux pasteurs pour régler leurs  querelles quant à l’exploitation des herbages  et des points d’eaux, et ce dés les temps protohistoriques. Rappelons qu’il n’y avait, à ce jour, que 2 monolithes connus dans la Rhune, que nous avons déjà publiés : Gastenbakarre et Athekaleun (4) qui  se trouvent eux aussi dans un riche environnement   protohistorique.

 

Par ailleurs, il n’est pas  certain que ce fond de vallon, coincé entre Rhune et Ibantelli  - où passe l’actuelle D.506 - mais où coule Lizuniagako erreka,  et qui devait être étroit, boisé,  humide, boueux, et sans doute difficilement praticable  dans un passé lointain, ait  été très favorables dans la protohistoire, aux déplacements des troupeaux ( ceux-ci  préfèrent les pistes en hauteur ), ou aux réunions de pasteurs.  Il n’est pas certain non plus, de ce fait,  que le monolithe originel ait été à l’ emplacement  qu’occupe actuellement la Table de Lizuniaga. 

  C’est pourquoi ce monolithe de Faague, placé  au milieu de pâturages dégagées, au bord d’une très ancienne  piste pastorale - reliant elle aussi Sare à Vera, depuis, semble- t-il, la plus haute antiquité -   pourrait être, avec quelques probabilités, considéré comme le véritable ancêtre de la Table de Lizuniaga, le renouvellement des accords pastoraux  s’étant déplacé, avec la  création d’une nouvelle voie de passage…du monolithe à la Table.

 

Bibliographie.

(1) – Duvert Michel - 2006 – Mahainharria, la Table de pierre, Bulletin du Musée Basque Hors série. Année 2006, p. 247-248.

(2)- Barandiaran J.M. de - 1951 -:En el Pirineo vasco. Cronica de Prehistoria. Eusko-Jakintza – 1951- Vol V n° 3-6. p 255.

(3) - Blot  Jacques – 1983 – Les monolithes en Pays Basque de France. Bulletin du Musée Basque n° 99 – 1er trimestre 1983. p.33.

(4) – Blot Jacques  -ibid. p.1 et 2.

 

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14 juillet 2009 2 14 /07 /juillet /2009 09:07

Dès la fin du Néolithique, puis au Cuivre et au Bronze, l’inhumation des défunts, en Pays Basque sera pratiquée soit dans des grottes dites « sépulcrales », soit dans une construction nouvelle, le dolmen.

Les plus anciennes architectures mégalithiques d’Europe ont été érigées fin 5ème millénaire, début 4ème. Leur répartition côtière est évidente : sud de l’Espagne, Portugal, Bretagne, sud de l’Angleterre, Danemark, toutes les régions dynamiques, ouvertes sur le monde terrestre et maritime.

En Pays Basque, les plus anciens monuments semblent apparus aux environs du 4ème millénaire, par acculturation plus que par des mouvements de peuples, sous des influences venues, semble t-il, du Portugal et du sud de la Péninsule Ibérique.

Le monument mégalithique, première ébauche d’architecture, est aussi le premier signe de la volonté et de la capacité de l’homme à bâtir avec le souci de la durabilité. Compte tenu de la somme des efforts parfois exigée, la nécessité d’une main d’œuvre, d’une autorité et d’un consensus apparaît là encore, tout à fait évidente.

Il s’agit d’un monument sépulcral pouvant contenir un ou plusieurs cadavres et susceptible d’être réutilisé plusieurs fois. Le dolmen est constitué de grandes dalles plantées dans le sol délimitant une chambre funéraire dont l’axe est souvent orientée vers l’Est, la dalle côté E. pouvant être absente ou beaucoup moins importante.

Ceci permettait l’introduction ultérieure d’autres cadavres, souvent disposés la tête regardant le soleil levant.

Sur les montants, repose une toiture ou table dolménique. L’ensemble était recouvert d’un monticule de terre ou de pierres, le tumulus, pouvant servir de plan incliné pour traîner sur des rouleaux (troncs d’arbres), la parfois très lourde dalle de couverture.

Dans tous les cas, en Pays Basque, sauf très rares exceptions, le lieu choisi, à proximité d’une ou plusieurs pistes pastorales, jouit d’une vue grandiose et dégagée à l’E.

Le renouvellement perpétuel de la vie était une constatation journalière pour pasteurs et agriculteurs, la mort apparaissait comme un mal à combattre par des rites appropriés, et l’inhumation d’un cadavre était assimilable au dépôt d’une graine en terre, condition indispensable à sa renaissance. De même l’orientation des cadavres vers le soleil levant, symbole de renouveau triomphe de la lumière sur les ténèbres de la mort, ainsi que la poudre ocre, couleur de sang, et signe de vie, dont on recouvrait parfois les corps ou les ossements, montre bien une espérance en l’au-delà, dans le renouveau d’une vie future.

Il convient de remarquer que les dimensions du sépulcre, et de son tumulus, sont conditionnés par des facteurs rituels, mais aussi socio-économiques et démographiques ; mais à son tour, la dimension peut, à elle seule, conditionner le type architectural. En Pays Basque Nord, le trait dominant du mégalithisme est sa simplicité et, dans l’ensemble, la modicité de ses dimensions.

Il s’agit en effet souvent d’un mégalithisme de montagne, adopté et adapté par des montagnards ; la mort dans ces zones peut être un événement inopiné, et la tombe sera alors construite par un petit groupe d’agro-pasteurs ne pouvant se livrer à des travaux colossaux. Nous avons retrouvé cette même modicité des dimensions dans nos prospections en vallées d’Aspe, d’Ossau et de Cauterets. Les monuments de ces montagnes sont du même type qu’en Pays Basque, et ceci est aussi valable pour les vestiges relevant du rite funéraire ultérieur : l’incinération.

Nos connaissances sur les dolmens en Pays Basque de France sont cependant encore relativement restreintes, malgré les très intéressants résultats obtenus récemment par P. Boucher et D. Ebrard. Par ailleurs un travail portant sur l’architecture et les dimensions de ces monuments a été effectué grâce à la collaboration d’Yves Chevalier, venu avec nous étudier sur le terrain, les 110 chambres dolméniques de notre inventaire. Il a appliqué les méthodes d’analyse mises au point par lui-même sur les dolmens du midi de la France, et les lignes qui suivent résument les résultats de cette étude. On observe ainsi que le Pays Basque de France avec ses 110 chambres dolméniques réparties sur les premiers contreforts pyrénéens, est la zone du Sud Ouest où le nombre de monuments est le plus important. Mais tous ne méritent pas le nom de « dolmen », que l’on doit réserver aux constructions formées de dalles réellement mégalithiques, comme Gaxteenia, à Mendive. Par contre, les petites chambres funéraires bordées de dalles plus modestes méritent alors le nom de coffre dolménique, terme qui montre bien la relation architecturale entre les deux types de monuments, la limite entre les deux pouvant être fixée aux environs de 2m pour la longueur, 1m pour la largeur et 1m pour la hauteur.

C’est donc sur ces critères essentiellement dimensionnels et architecturaux que l’on peut, pour l’instant, distinguer ces différents monuments en l’absence d’autres éléments, de mobilier en particulier, vu leur état avancé de délabrement pour la plupart d’entre eux.

A peine un quart des monuments locaux sont des dolmens vrais,

ayant la plupart une chambre quadrangulaire et ouverte vers le soleil levant. Un tumulus de terre ou de pierraille, de 8 à 12m, entoure habituellement la chambre. On distingue les dolmens à supports latéraux multiples alignés ou en épi. Les premiers se trouvent surtout dans la partie orientale du Pays Basque, mais on en relève aussi quelques uns plus près de la mer : 4 dans la zone Itxassou - les Aldudes, et 3 dans les environs de Sare - Urrugne, où ils sont parfois environnés de quelques coffres (Sare) (Altxaan, Arrixabala) et, dans l’ensemble, assez isolés.

Quant aux coffres dolméniques, ils représentent environ les trois quarts des monuments de tradition dolménique, en Pays Basque de France, et reproduisent, en plus petit, les structures étudiées à propos des dolmens véritables.

Leurs dimensions les différencient des précédents, puisque leur longueur moyenne avoisine 1,55m (minimum 0,50) ; la hauteur est toujours très réduite. Leur orientation est en général vers l’Est. On les rencontre surtout dans les régions de basse et de moyenne montagne, et les plus importantes concentrations se trouvent dans le secteur Sare - Urrugne, et Itxassou – Saint Martin d’Arrossa ; au contraire, l’E. du Pays Basque est pratiquement dépourvu.

Quant au mobilier, il est en général fort pauvre. Les nombreuses fouilles clandestines à la recherche d’hypothétiques « trésors » ont rendu bien difficile le recueil des modestes offrandes ; fragments de céramique, quelques boutons en os, petits grattoirs en silex, quelques rares objets en cuivre et en bronze.

Dans la tradition orale basque les dolmens étaient considérés la plupart du temps comme des sépultures, qu’il s’agisse de « Jentils » (hommes sauvages doués d’une grande force) ou de « Mairus » (païens de l’anciens Temps), ils peuvent être aussi considérés comme des maisons (Jentiletxe, Mairietxe), et leur construction est souvent rapportée d’une manière mythique et fabuleuse J M de Barrandiaran a recueilli de nombreuses légendes, auprès de bergers, les seuls à avoir conservé jusqu’à nos jours quelques souvenirs de ces traditions. Nous ne terminerons pas ce chapitre sur le rite d’inhumation sans rappeler qu’il fut aussi pratiqué dans des grottes « sépulcrales » ; on en compte environ 230 pour la totalité du Pays Basque ( a Armendaritz). Elles ont pu servir pour des inhumations individuelles, ou collectives le plus souvent ; leur plus ancienne utilisation remonte au Néolitique, avec usage maximum au Cuivre et au bronze final et à l’âge du Fer. Comme dans les dolmens, on y a enterré des individus de tous âges, et des 2 sexes. Il existe une relation entre sépultures en grottes, et en dolmens : les deux traditions coexistent dans le temps, et même souvent dans l’espace, mais on ignore toujours les raison qui faisaient choisir l’un ou l’autre mode à un moment donné….

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14 juillet 2009 2 14 /07 /juillet /2009 09:00

Avec l'introduction de la métallurgie du fer et, comme elle d'origine centre-européenne, un nouveau rituel funéraire va progressivement s'imposer au cours du dernier millénaire : l'incinération. On en connaît toutefois quelques rares cas au Bronze ? et même à l'âge du Cuivre, comme l'indiquent certaines datations au C14 obtenues à l'occasion de nos fouilles.

Il semble qu'avec ce nouveau rite, on attache maintenant moins d'importance à l'aspect matériel de la mort, qu'il s'agisse du cadavre lui même que l'on brûle, ou de la tombe qui n'a plus les caractéristiques monumentales, ou même indestructibles du dolmen. Tout devient symbole. Le feu étant sans doute considéré comme un agent de spiritualisation, libérant l'esprit, lui permettant de retourner, dans la fumée de son enveloppe corporelle, au monde de l'au delà dont il est issu.

L'inhumation en dolmen en tumulus ou en grotte, étant progressivement abandonnée, l'incinération, en Pays Basque, se pratiquera essentiellement dans des monuments construits à l'air libre. Il n'est pas exclu ; mais ces exceptions confirment la règle, que certaines incinérations aient pu être pratiquées dans quelques grottes, mais, en Pays Basque sud par exemple, on n'en connaît aucun cas absolument certain. On a aussi pu réutiliser quelques dolmens, pour y enfouir de ossements calcinés (cas du dolmen d'Ithe 1  D Ebrard).

Les nouveaux monuments, à incinération, seront encore érigés le long des pistes pastorales, comme dans le passé, mais souvent à des altitudes supérieures, en marge de l'aire mégalithique antérieure, situation liée sans doute à la lente mais régulière occupation du milieu naturel, ou à des facteurs rituels nouveaux.

Ces monuments vont revêtir trois aspects : le cromlech, le tumulus-cromlech ou le tumulus simple. Les fouilles que nous avons effectuées ces dernières années, ainsi que les datations au C14 obtenues à partir de prélèvements dans ces monuments, permettent d'établir que ces trois types architecturaux ne sont, en définitive, que des variantes du même rituel funéraire à incinération, et qu'il serait donc assez artificiel de vouloir les étudier séparément.

Le cercle de pierres, ou cromlech ou « baratz » en basque, est formé de dalles enfoncées dans le sol, ou d'une petite murette de pierres sèches, ou des deux types associés.

Au centre, existe presque toujours un dépôt de cendres ou de charbons de bois, très rarement des fragments osseux humains calcinés. Ce dépôt peut être effectué à même le sol (Errotzate), dans un petit coffre (Méatse B) dans une petite ciste en dalles ou pierres sèches (Mehatze 5) ou sous un dôme pierreux (Okabe 6). La présence de céramique n'a été notée que deux fois, et encore était elle brisée et incomplète.

 

Un cercle de pierres (ou péristalithe) peut entourer un tumulus de terre ou de pierres ; il s'agit alors d'un « tumulus-cromlech » (Bixustia, Pittare, Millagate 4).

Il existe enfin des tumulus de terre ou de pierres, sans péristalithe ; ce sont des tumulus simples. Les modalité architecturales centrales sont les mêmes, pour tumulus et tumulus-cromlech, que pour les cromlechs.

 

Nous avons identifié, en Pays Basque de France, 214 cromlechs, 61 tumulus-cromlechs, 213 tumulus simples. En Labourd les trois types de monuments sont en proportions égales, les cromlechs dominent en Basse Navarre, ils sont exceptionnels en Soule.

 

Comment se déroulait le rituel funéraire ? Il paraît, dans sa démarche générale, essentiellement fait d'un ensemble de gestes symboliques de bas, dont on retrouve la trace dans tous les monuments à incinération, malgré leur grande diversité architecturale, puisque nous n'en avons pas trouvé deux identiques.

Tout d'abord la crémation du corps ne posait pas de problème ; bois de chênes, et de hêtres abondaient pour la confection du bûcher.

 

Le lieu choisi pour ériger la tombe était à peu de distance du foyer, mais jamais semble t'il sur le lieu même de l'incinération. Le site jouit, en général, d'une vue grandiose, et de la proximité d'une ou de plusieurs pistes pastorales.

Après un décapage plus ou moins complet de l'humus superficiel, on déposait, au centre de l'aire circulaire ainsi dégagée, quelques poignées de charbons de bois plus ou moins incandescents, ou des cendres, auxquelles étaient parfois mêlés des fragments osseux calcinés.

Ce dépôt était effectué au centre du monument, suivant diverses modalités que nous avons déjà exposées. L'ensemble était ensuite recouvert de terre ou de pierres, l'importance de l'amoncellement pouvant terminer, dans certains cas, l'existence d'un tumulus.

La confection d'un péristalithe était fréquente, mais non obligatoire et ses modalités d'exécution, là encore, très variées.

Il était, enfin, tout à fait exceptionnel, en Pays Basque, que du mobilier soit déposé dans ces tombes à incinération. Nous voudrions revenir sur le caractère symbolique du cercle lui-même, qui prend allure de cercle rituel délimitant un enclos sacré, et dont l'existence pouvait être motivée par la triple exigence de signaler le lieu, de protéger les vivants de l'âme des morts, et celles-ci de l'influence éventuelle néfaste des vivants.

De même la rareté du mobilier, si elle peut s'expliquer par l'extrême pauvreté de ces bergers, peut être due aussi au fait que le rituel ne l'exigeait pas. Dans ces monuments de montagne aux dimensions réduites « une offrande symbolique remplace la chose entière » (J P Mohen). Cette dernière phrase donne très probablement aussi la raison de la modestie des dépôts osseux calcinés et carbonés. Pour certains auteurs s'est posée la question de savoir à partir de quelles quantités d'ossements calcinés on peut attribuer à des monuments de ce type une vocation funéraire. Est ce quand il n'y a qu'une petite poignée comme à Errotzate 2, quelques fragments comme à Millagate 5, ou quand la totalité est recueillie comme à Millage 4 ?

Enfin, si l'on considère que sur les 30 monuments fouillés, 3 seulement révèlent un dépôt d'ossements, 3 seulement révèlent un dépôt d'ossements calcinés, quelle opinion doit on avoir des 27 autres , tout à fait similaires quant aux caractéristiques dimensionnelles, architecturales, et de choix de site ? L'absence de dépôt osseux les élimine t-il de la catégorie des monuments funéraires ? Il ne nous semble vraiment pas, tout n'étant ici que symbole, et c'est pourquoi le terme « cénotaphe » nous parait plus approprié que celui de « sépulture » pour ce genre de construction.

 

Le choix des dimensions n'est pas sans obéir à certaines règles que souligne l'étude statistique. Le diamètre le plus fréquent des cromlechs est de 4/5 mètres, celui des tumulus-cromlechs de 6/7 mètres, et des tumulus simples de 8/9 mètres.

 

Le choix des sites obéit aussi à certains critères, qui, s'ils nous échappent, n'en existent pas moins, les cromlechs sont sur les cols surtout, puis les lignes de crête, et, à un degré moindre, les replats à flanc de montagne ; on rencontre des tumulus-cromlechs aux mêmes endroits, et un peu en plaine ; quant aux tumulus simples, même chose que pour les précédents mais avec une certaine prédilection pour les lignes de crête.

 

On ne doit cependant pas se cacher que la répartition réelle dans les plaines de ces monuments funéraires (à incinération ou même à inhumation comme les dolmens) nous est très mal connue du fait des destructions occasionnées depuis des siècles pour la mise en valeur de celles-ci : défrichements, travaux routiers, constructions d'habitats...

Parfois isolés, ces monuments peuvent se rencontrer en groupes, correspondant à des lieux privilégiés et traduisant une certaine notion de solidarité, dans la mort comme dans la vie.

Ces espaces funéraires consacrés seront utilisés pendant plusieurs siècles, comme en témoignent les datations obtenues (Apatesaro, Millagate). Pendant plus d'un millénaire seront en effet construits des monuments très différents dans leur aspect extérieur, quoique contemporains, et ceci à l'intérieur d'une même nécropole (ou même isolément) sans que l'on sache les critères retenus dans le choix de tel ou tel type de construction. Au cours des temps, cromlechs, tumulus-cromlechs et tumulus simples seront édifiés, sans qu'un type architectural paraisse plus privilégié ; il semble, au vu des datations C14, que le tumulus bénéficie d'une antériorité sur le cercle, ce qui parait normal, étant déjà utilisé à l'âge du Bronze. En outre, il ne semble pas y avoir eu « dégénérescence » au cours des temps dans la qualité de construction, à en juger par la parfaite structure de Millage 4, le plus récent des monuments de l'âge du fer. Il est enfin remarquable de constater qu'à l'intérieur d'une même nécropole, les monuments sont regroupés par affinités architecturales, même sils ont été édifiés à des époques fort différentes ; on le voit bien à Apatesaro où les cromlechs 1 et 1 bis sont quasi tangents alors que l'estimation d'âge les situe aux deux extrémités de la fourchette de temps proposée. Par contre les tumulus 4 et 5 sont regroupés à quelque distance, bien que contemporains des cromlechs.

Ce regroupement, suivant les similitudes architecturales se voit aussi nettement dans les autres nécropoles comme Okabe, Millagate ou Elorrieta.

Pou J P Mohen, ces monuments sont « l'expression funéraire commune de sociétés à vocation pastorale ». Le concept de « société » implique celui de « hiérarchie ». Nous retrouvons celle-ci, encore des nos jours, dans certains cimetières du Pays Basque où, comme le dit Mikel Duvert « l'espace de la mort est un espace structuré et hiérarchisé », tant par la répartition spatiale des tombes que par leur aspect extérieur. C'est aussi l'avis de Jean Guiart : « les rites mortuaires, dans leur globalité, n'expriment pas seulement une idée de la mort et de la survie ; ils sont aussi une image fidèle de la société des vivants où chacun agit selon son statut, par rapport au défunt aussi bien que par rapport à tous les autres présents ». Les nécropoles de l'âge du Fer nous paraissent illustrer parfaitement ces propos, et refléter, elles aussi, la hiérarchie existant déjà dans la société de cette époque. A Apatesaro, les monuments les plus soigneusement élaborés se trouvent sur la ligne de crête, avec une vue privilégiée sur un magnifique panorama ; par contre les tombes à structure très négligée sont plus en contrebas, loin de la piste de transhumance, et privées de tout horizon : pour le contraste qu'elles offrent avec les précédents, elles paraissent signifier une sorte de mise à l'écart, une discrimination, comme si on avait voulu maintenir ostensiblement une certaine hiérarchie entre les monuments, et donc entre les défunts... On peut en dire autant à Millagate, où à l'évidence, le tumulus-cromlech 4 bénéficie d'un site privilégié : érigé, seul, face au pic d'Orhi, solidement et soigneusement construit, il témoigne aussi, par son contenu osseux exceptionnel, d'attentions toutes particulières envers le défunt (haut rang social ?)

Nous terminerons ce chapitre en rappelant que si le rituel d'incinération obéit bien à certaines règles générales, les variation multiples dans le détail de l'exécution que l'on observe au cours des fouilles, peuvent refléter la personnalité de petits groupes de pasteurs s'exprimant avec une certaine liberté sur les estives ; peut être même qu'une certaine fantaisie était parfaitement tolérée ...

Dans la tradition orale basque, il est des cromlechs comme des dolmens, et les mêmes personnages légendaires se retrouvent à leur origine, tout comme l'idée de sépulture y reste aussi attachée. Le terme de « baratz » doit être interprétée, ici, plus dans le sens de « sépulture » que de « petit jardin ». Ainsi « Jentilbaratzak » désigne en Arano de nombreux cromlechs, de même que « Mairubaratzak » à Oyarzun, ou « Mairuilarri » à Zugarramurdi.

Il nous reste à parler de quelques vestiges sans signification, funéraire, semble t-il, que l'on trouve encore en montagne basque. Ce sont les monolithes, ou menhirs, qui paraissaient eux aussi intimement liés à l'antique vie pastorale.

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14 juillet 2009 2 14 /07 /juillet /2009 08:50

On entend habituellement sous le nom de monolithe ou menhir, un seul bloc de pierre, brut ou grossièrement aménagé, fiché verticalement dans le sol, ou simplement couché, comme cela e voit assez fréquemment dans nos montagnes. Ils sont relativement rares en Euskal Herria, puisque nous en avons seulement identifié 11 en Pays Basque nord, et qu'on n'en connaît que 32 au sud (X Penalver).

Il existe deux types de monolithes : le type « dalle » plus ou moins épais (Gaztenbakarre), et le type « bloc » plus ou moins parallélépipédique (Gorospil). Ceci tient au fait, déjà noté pour les dolmens ou cromlechs, que le matériau local est utilisé tel qu'il se présente dans les environs immédiats.

Le choix se porte aussi tout naturellement sur une pierre ayant déjà approximativement la forme souhaitée ; seules quelques retouches seront ainsi nécessaires pour lui donner son aspect définitif. Notons qu'il est plus aisé de procéder à des retouches sur une dalle, tel le monolithe de Gaztenbakarre parfaitement taillé en pointe, que sur un bloc ; il arrive cependant qu'on puisse noter un important épannelage sur les côtés de certains monolithes blocs (Artzamendi ou Gorospil par exemple). Dans l'ensemble, et Argibele mis à part, le fait que les « monolithes dalles » soient de dimensions et de poids plus restreints explique sans doute, qu'on les trouve encore plantés dans le sol, alors que les grands et pesants « monolithes blocs » sont tous couchés. Toutefois une autre hypothèse sera évoquée plus loin.

La situation de ces grandes pierres, en altitude, est assez remarquable ; le plus souvent sur des lignes de crête (Gorospil) , parfois à flanc de pente (Iparla I, Gaztenbakarre, Athekaleum) dans ou près d'un col (Iparla II, Eihartzekolepoa, Argibele), toujours à proximité des pistes pastorales et des pâturages.

L'orientation de ces monolithes, même couchés, n'est peut être pas indifférente. Il est intéressant de noter que six sur sept des monolithes blocs couchés au sol sont pointés en direction E. ENE ou ESE. Ceci, ajouté au fait que dans certains cas on retrouve le long du monolithe les éclats de la taille, encore en place dans le sol, nous suggère que ces blocs n'ont jamais été érigés, mais simplement orientés dans une direction privilégiée, probablement rituelle (soleil levant, comme les dolmens ?).

Nous serions très enclin à voir dans ces grandes pierres qui jalonnent nos estives des bornes pastorales. De tous temps, en effet, éclatèrent d'âpres disputes, et parfois même des luttes sanglantes entre pasteurs de vallées voisines, au sujet des pâturages d'altitude où se mêlaient hommes et bêtes à la belle saison. Il devint, à la longue, nécessaire de conclure des accords (faceries) précisant le droit des gens, régissant les limites de parcours des troupeaux, l'utilisation pacifique et en commun des pâturages et des points d'eau. Ainsi, les « Faceries » des temps historiques ne sont que le « rafraîchissement » d'actes plus anciens, dont l'origine est aussi ancienne que le pastoralisme lui même.

Trois exemples pourraient illustrer cette conception du monolithe « borne pastorale », témoignage, sur le terrain, d'antiques accords entre bergers : le cas de « La Pierre Saint Martin », les tables de Lizuniaga et le menhir de Baztan.

Au col de La Pierre Saint Martin, sur la borne frontière n° 262 une cérémonie est encore chaque année célébrée, en juillet ; il s'agit du renouvellement des antiques accords entre pasteurs des vallées du Roncal et du Baretous. Le nom lui même de « Pierre Saint Martin » rappelle un menhir sur lequel, en 1375, on gravait encore diverses croix et signes en rapport avec des accords pastoraux

 Ce menhir, actuellement disparu, est signalé aussi en 1687 par l'ingénier Thierry qui lui attribue une toise et demie, soit environ 3m. Il nous paraît parfaitement illustrer notre hypothèse : d'ailleurs, en basque, le terme « muga » ne signifie t'il pas aussi bien borne que menhir ?

Au même titre que les monolithes, nous citerons pour mémoire la « table de Lizuniaga », dite aussi « Mahainaharria », située, au pied du col de Lizunagia au sud de Sare, près de la borne frontière n° 36. Trois grandes pierres plates reposaient sur une vingtaine de supports et, sur elles, se renouvelaient régulièrement la facerie entre Sare et Vera. Il ne restait que quelques rares vestiges de ce très intéressant monument récemment restauré, et que nous assimilons, quant à sa fonction, à un menhir couché.

On peut enfin constater que la plus grande densité en monolithes se trouve dans la région des Aldudes. Le tracé de l'actuelle frontière passe en certains cas très prés de plusieurs d'entre eux (quand ils ne sont pas eux mêmes réutilisés comme borne frontière, tel celui du mont Eihartze). La borne n° 94 marquant la limite entre les pâturages du Pays de Quint et ceux du Baztan est, à notre vais, l'exemple le plus démonstratif. En effet, cette borne a été disposée tout à côté d'un très beau monolithe de type dalle, toujours debout. Une clôture de barbelés fait à cet endroit un changement de direction à angle droit, et sa présence confirme et complète le rôle de bornage pastoral très probablement dévolu à ce menhir depuis des temps très reculés.

La plupart des monolithes ne sont souvent éloignés que de quelques dizaines de mètres de vestiges archéologiques dont cromlechs ou tumulus-cromlechs représentent la très grande majorité. Il est assez remarquable qu'il n'y ait que très rarement un voisinage dolménique... De plus, on connaît, en Pays Basque sud, des monolithes faisaient partie intégrante de cromlechs, dont ils sont un des éléments du péristalithe.  Peut être y a t'il là un élément d'appréciation chronologique ?

La question de savoir à quelles époques ont été disposés, en Euskal Herria, ces monolithes, reste en effet encore en suspens. Si l'utilisation de telles pierres remonte à des temps très anciens et si le contexte archéologique incite à supposer qu'elles ont été mises en place par les pasteurs du premier millénaire avant le Christ, on ne peut cependant pas totalement exclure l'hypothèse d'une époque plus récente, pour certaines d'entre elles. Nous n'en voudrions pour preuve que les monolithes qui jalonnent, en altitude, la voie romaine du « Puerto de Velate ».

Si nous nous rapportons à la tradition orale basque, le nom de Errolan, Roldan est très souvent évoqué. Ce personnage légendaire, de force extraordinaire, pouvait lancer d'énormes roches du haut d'une montagne vers un village dans la plaine, d'où le nom d' »Errolan Arriya » donné à ces pierres, par exemple à Atar (Sierra de Aralar). D'autres fois, ces exploits sont attribués aux « Jentils », dont dolmens et menhirs seraient les pierres tombales.

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13 avril 2009 1 13 /04 /avril /2009 12:44

CÍRCULOS DE PIEDRAS ( o BARATZE ) EN EL PAíS VASCO NORTE.

 

Ensayo de síntesis.

J. BLOT

 

RESUMEN

 

Los círculos de piedras hincadas son uno de los aspectos más originales de la montaña vasca. Parece que podrían estar relacionados con el rito de incineración protohistórico como “cenotafios” más que como verdaderas sepulturas. También, parecen estar vinculados con las actividades de pastoreo de montaña que hasta podrían haber sido al origen de esta nueva modalidad funeraria.

 

 

GENERALIDADES

 

Estos círculos de piedras de dimensiones modestas, llamados "cromlechs" son numerosos en algunos montes del País Vasco y contribuyen a su originalidad.( Blot J. 1993,a.).

Estudiaremos sus diversas arquitecturas así como sus relaciones con monumentos con los cuales están frecuentemente vinculados: Túmulos y Túmulos-cromlechs. Provocarán otras preguntas tales como sus posibles finalidades, quiénes fueron sus constructores, cuáles sus relaciones con los demás círculos pirenáicos....

 

Varios autores se han interesado por estos monumentos, entre los cuales están P. Dop, R. Gombault, G. Laplace, el Cdt Rocq, Ph. Veyrin, P. Boucher y Cl. Chauchat, sin olvidar el estudio de J.P. Mohen “La Edad de Hierro en Aquitania” (Mohen J. P. 1980) que pone en evidencia la originalidad de los grupos Pirenáicos, Landeses y Girondinos del Sur, así como su homogeneidad cultural correspondiente a la “Vasconia” de los historiadores y de los lingüistas. Pero, es a J. M. de Barandiarán a quien debemos lo esencial de nuestros conocimientos; en cierto modo, su libro “El Hombre prehistórico en el País Vasco”, (Barandiarán J. M. de, 1953) representa la síntesis de ellos.

 

 

Desde hace unos 30 años, andando más de 25 000 km , sobre las huellas de J.M.de Barandiarán, efectuamos una prospección tan completa como nos fue posible de las tres provincias del País Vasco Norte : Lapurdi, Benaparoa y Zuberoa (Blot J.1971; 1972, a; 1972, b; 1972, c; 1973, a; 1973, b; 1974; 1975, a; 1978, a; 1979, a). Excavaciones de salvamento y dataciones al C 14 nos han permitido un conocimiento mejorado de los "cromlechs", "túmulos-cromlechs", o “túmulos”, pero insistimos en el hecho de que esta experiencia, muy limitada, no tiene ninguna pretensión de generalizar (Blot J, 1989, a).

 

 

Sin embargo, tendremos en cuenta en nuestra reflexión no sólo Hegoalde sino también toda la región que se extiende del Garona al Ebro, con la cadena de los Pirineos en su centro, siendo considerada como "lugar y modo montañeses" con sus propias reglas de funcionamiento y de intercambios sin disociar la Edad de Bronce de la Edad de Hierro durante un largo período. En efecto, en más de un milenio y medio, los ritos engendrados por las culturas ambientes se mejoran, sin producir sacudidas y las arquitecturas funerarias se adaptan sin alteraciones fundamentales.

 

El relieve general del País Vasco presenta un conjunto de montañas de estructuras discontinuas, de altitudes moderadas, con accesos cómodos, separadas por anchas depresiones, frecuentemente fértiles, recorridas por ríos.

 

El clima atlántico, esencialmente templado, húmedo con nubosidades y lluvias abundantes, sufre variaciones según el relieve y los microclimas locales son numerosos.

 

 

A lo largo de los siglos, la actividad humana, esencialemente agropastoril, ha estado íntimamente vínculada con estas características geográficas y climáticas cuyos componentes fundamentales han cambiado poco. Esto nos sugiere la estabilidad de este modo de vida multimilenario hasta tiempos muy recientes.

 

 

“Cromlechs” o “Baratze” ?

 

 

En el País Vasco, los autores quedan de acuerdo para reconocer, bajo la denominación “cromlech”, un monumento circular, generalmente situado en altitud, cuyo diámetro mediano varia entre 4 y 7 m. Delimitado por una serie de piedras de volumen y de dimensiones a menudo modestas, se eleva habitualmente de la superficie del suelo de 0,30 a 0,50 m. Su vocación funeraria puede aceptarse como creíble.

 

 

 

El término de cromlech parece ser inadecuado para estos monumentos si consultamos por ejemplo la definición del diccionario de arqueología Larousse (1968) : "cromlech : monumento megalítico hecho de altas piedras erigidas sobre una línea circular". Convendremos que, en nuestras montañas, no son megalitos en el sentido etimológico del término. Además, como lo veremos, estos pequeños círculos de altitud parecen tener una vocación funeraria y estar en relación con una civilización pastoril. Por ese motivo, propondríamos "baratze", término bajo el cual lo designan, tradicionalmente, los pastores (Vegas Aramburu J.I., 1988 ; y como ya lo sugería T.A. Ruperez en 1976).

 

 

 

Actualmente, el "baratze" es también, un espacio cerrado, contiguo a la casa y dedicado al cultivo de flores ; sin embargo, está unido a una connotación ritual muy fuerte, ya que aún, hace poco, allí se enterraban a los niños muertos sin bautizo. Esta denominación tradicional, que reune en un solo vocablo los conceptos de cercado y de sepultura, nos ha parecido adaptada perfectamente a nuestros círculos de montaña. Por esa razón, en las líneas siguientes y en lo sucesivo, utilizaremos el término de "baratze" (1) en lugar de "cromlech".

 

 

El contexto del estudio se complica por la presencia, en el País Vasco, en las mismas alturas que los baratze y en los mismos sitios, de túmulos y sobre todo de túmulos rodeados de una corona de piedras que se podrían denominar "túmulos-baratze".

 

 

En efecto, ocurre que el área delimitada por un círculo de piedras puede estar al nivel del suelo o que tenga claramente los modales de un túmulo. En este último caso, con J.I.Vegas Aramburu, es de manera totalmente arbitraria como resolvimos, a 0,30 m, el límite entre un baratze sobrealzado simplemente y un túmulo-baratze. Los resultados de las excavaciones dan que pensar si esta distinción, al principio puramente morfológica, no corresponde a una diferencia de fondo. Sin embargo, traduce la existencia de matizaciones francamente afirmadas en la práctica del rito funerario.

 

 

Así, el término de "túmulo-baratze" puede ser sustituido por "baratze tumulario" que subraya mejor el parentesco entre los círculos simples y los que rodean un montículo.

 

 

 

LOS BARATZE

 

Actualmente en el País Vasco Norte, contamos un total de 216 baratze, 61 baratze-tumularios y 213 túmulos. Entre estos monumentos, 36 fueron excavados y se reparten como sigue :

 

- 19 círculos de piedras entre los cuales 17 son verdaderos baratze.

 

- 9 túmulos con corona de piedras entre los cuales 8 son baratze-tumularios verdaderos y 8 túmulos. Esta escasez de elementos excavados debe incitarnos a una gran prudencia en cuanto a las deducciones o las conclusiones que se puedan sacar.

 

En el País Vasco Sur, se ha identificado una gran cantidad de baratze o baratze-tumularios, puesto que se cuentan 460 en la provincia de Navarra, 133 en Gipuzkoa, pero solamente 7 en Bizkaia y 2 o 3 en Araba. Sólo, una escasa cantidad fue excavada : 6 círculos de piedras entre los cuales 5 son baratze, 1 es baratze-tumulario, más un túmulo (Altuna J. y Areso P., 1977 ; Vegas Aramburu, 1981 ; Peñalver X., 1987). Dos dataciones al C 14 fueron obtenidas.

 

Hemos procedido a dos categorías de estudios estadísticos :

 

- un estudio sobre las características generales de los monumentos del País Vasco Norte, independientemente de toda excavación (diámetros, repartición en altitud, según los sitios, etc...)

- un estudio sobre los resultados de las excavaciones, en el cual, por su similitud con los nuestros, fueron incluidos los 8 monumentos estudiados allende el Bidasoa..

 

La corona periférica de piedras.

 

El diámetro de estos monumentos es muy variable, el 41 % de ellos siendo de entre 4 y 7m. Algunos pueden alcanzar 10 m y más, pero es excepcional ; otros miden de 1 m a 1,5m pero son muy escasos. Algunas veces, el círculo puede ser aproximativo y un trazado, más o menos ovoide, no es cosa rara : cerca del 28 % de los casos excavados tenían un gran eje con orientación noreste - suroeste.

Por fin, existen círculos tangentes a otros o secantes, con deformación o ruptura de uno de los dos círculos (el 28 % de los casos excavados) ; entonces, es fácil, después de la excavación, determinar la anterioridad de uno respecto al otro.

Antes de la excavación, la cantitad de piedras visibles es muy variable (el 50 % de los monumentos tienen de 5 a 12 piedras). Del mismo modo, la dimensión puede ir de algunos centímetros hasta un metro más arriba del suelo. Después de la excavación, el aspecto es frecuentemente diferente; la cantidad de piedras puede encontrarse singularmente aumentada y 1a corona periférica puede estar mucho más poblada de elementos que no aparecían, antes de las obras. Este hecho nos retrotrae a 1a época de 1a construcción, momento durante el cual los elementos de dimensiones más modestas pudieron ser escondidos debajo de la tierra de cubierta : Apatesaro 1, (Blot J.,1984, a) ; pero, la razón más frecuente podría ser el fenómeno aluvial que se observa, por ejemplo, en un puerto : los chorreos, llegados de los altos que lo rodean, pueden contribuir a cubrir casi enteramente un sitio arqueológico concebido inicialmente para que fuera visible.

A veces, ocurre que uno de los testigos del círculo se diferencia claramente de los otros por su tamaño; sin embargo, este monolito sobresaliente no tiene ninguna significación bien definida ya que su posición, en el círculo, fue observada 2 veces al norte, 2 veces al noroeste, 1 vez al sureste, 1 vez al suroeste y 1 vez al este.

 

La esencia geológica de los testigos suele ser muy variable pero, por regla general, es parte del entorno inmediato. Es totalmente excepcional encontrar materiales traídos de un lugar alejado ( sólo en un caso de nuestras excavaciones).

Se utilizan esencialmente losas originarias de los filones de asperón triásico, abundante en la región, o bloques calcáreos, de pudinga o de cuarcita.

 

Las arquitecturas realizadas de losas suelen ser siempre más estéticas que las de bloques y, a veces, hasta muy sofisticadas. A pesar de ser él que más antiguamente se construyó, el baratze Meatse 8 (Blot J. 1995) ofrece el ejemplo más demostrativo : la corona exterior de 4,30 m de diámetro está formada de una serie de losas plantadas de canto, siguiendo el eje de los radios del círculo, rellenados a intervalos regulares por lositas depositadas horizontalmente. También, las losas pueden estar hincadas en posición tangencial por causa del trazado del círculo, es el caso más frecuente (Apatesaro 1). En el 33 % de los casos, algunas losas han podido ser sumariamente regularizadas, pulidas.

Las estructuras realizadas de bloques son más groseras, como Hegieder 7, (Blot.J, 1994), pero, sin embargo, la búsqueda estética suele ser evidente (Meatse 5).

 

Es frecuente que los elementos componentes del círculo periférico visible estén doblados en un segundo círculo, concéntrico e interno al precedente, cuyos elementos, de estatura mucho más modesta, son a menudo invisibles antes de la excavación. (Apatesaro1).

 

El ajuste de la corona periférica de piedras (única o doble) siempre está precedido del decapado del suelo del área correspondiente al futuro monumento. Este decapado puede limitarse a la capa del mantillo superficial, pero, a menudo, está hecho hasta llegar al primer estrato resistente del terreno, o a falta, hasta 0,30 m o 0,50 m de profundidad. Entonces, los testigos suelen estar depositados al nivel alcanzado y se apoyan en los bordes del hoyo: Errozate 2, (Blot J.,1977,a). A este decapado global, puede añadirse la confección de una trinchera circular en donde los elementos periféricos tendrán mejor asiento : Apatesaro1, Okabe 6, (Blot J.,1977,a).

 

Los elementos más importantes, más visibles del círculo externo (losas o bloques) casi nunca tienen piedras de estabilización (el 22 % de los casos), lo que podría explicar la frecuencia con la cual los hemos encontrado inclinados hacia el interior o el exterior del monumento. Dos veces (Apatesaro 1bis, y Okabe 6), hemos observado la existencia de una capa de arcilla añadida, extraída en los alrededores contiguos y depositada en el área limpiada.

 

De manera más general, parece evidente que, aunque realizaron con mucho cuidado los monumentos, los constructores nunca buscaron la ejecución de un trabajo monumental, ni siquiera quisieron "cerrar" un recinto. Simbólicamente, señalaron un lugar y delimitaron un área; los detalles arquitectónicos revelan numerosos actos simbólicos cuya significación nos escapa totalmente. Pasa igual con la estructura central.

Finalmente, no hemos percibido una evolución particular de los estilos arquitecturales de estos círculos de piedras, a lo largo de los siglos.

 

La estructura central

Para nosotros, representa la clave del monumento pues es lo que le confiere toda su significación. En general, recibe el depósito ritual que suele ser a menudo bastante modesto.

 

Se pueden hallar numerosas modalidades :

 

En el 28 % de los casos, existe un pequeño arcón, hecho de bloques o de lositas. Más o menos rectangulares y provistos de cubierta, los arcones de losas resultan ser las estructuras más espectaculares (Meatse 8). Algunas veces, la elaboración del receptáculo se realizó con sumo cuidado depositando piedrezuelas de calce dispuestas bajo la cubierta para asegurar mejor estanquidad sobre los soportes; los bordes suelen estar unidos y presentan, a menudo, señales de haber sido pulidos. Tampoco resulta extraño encontrar otras losas apoyadas en el arcón central, más por motivos estéticos y/o rituales que por mecánica de sujeción (Meatse 8).

 

 

 

El estudio del conjunto de estas estructuras centrales, sin considerar su tipo, no ha ofrecido una orientación privilegiada.

 

En los cincos baratze excavados en el País Vasco Sur, el depósito ritual fue realizado en el centro del monumento, directamente sobre tierra firme, sin ninguna estructura receptora; no obstante, de esta modalidad no se puede concluir una regla general.

 

A diferencia del Bearne y de otras zonas donde son frecuentes, nunca se ha hallado una urna funeraria con función de osario. Esta ausencia es una de las características de nuestros monumentos.

 

En un capítulo posterior examinaremos los diversos depósitos rituales efectuados en los baratze. Las modalidades son similares para los baratze-tumularios que para los túmulos y los trataremos en un estudio global.

 

Los cuadros recapitulativos de las dataciones obtenidas en el País Vasco Norte muestran que la construcción de los baratze parece haber comenzado desde el Bronce medio / final y haber perdurado hasta el fin de la Segunda Edad de Hierro. Desde el comienzo, la arquitectura estuvo perfectamente lograda (Meatse 8) y, tal y como lo hemos subrayado, no parece que haya habido evolución ni degeneración de los estilos, al contrario,ha existido una estabilidad muy importante aunque con variantes, dado que no existen dos monumentos idénticos. Según nuestros actuales conocimientos, toda "tipocronologia" en la arquitectura de los baratze parece carecer de fundamento.

 

COMPARACIÓN CON LOS DEMÁS MONUMENTOS

 

 

 

Los resultatos obtenidos en las excavaciones confirman el juicio de Mohen (1980) quien estimaba que los baratze, los baratze-tumularios y los túmulos no eran, probablemente, más que “matizaciones,sin duda complejas, de un mismo modo funerario”.

 

 

.Por falta de losas, se utilizaran bloques de pudinga o de cuarcita, consiguiendo entonces estructuras centrales más groseras pero, sin embargo, bastante elaboradas : pequeños círculos de piedras de un metro de diámetro, dispuestos en el suelo decapado (Apatesaro 1), pequeña cista en forma de U (Mehatze 5), (Blot J. 1978,b) o montículos pedrogosos en domo de 0,80 a un metro de diámetro (Okabe 6, Apatesaro 1 bis). En el centro del monumento no se suele encontrar más que una piedra única, bajo la cual se halla el depósito. A veces, aparece otra simétricamente colocada bajo la anterior (Errozate 2).

Los baratze-tumularios.

 

Los hemos definido como túmulos rodeados por una corona de piedras bien visibles. La mediana de los diámetros es ligeramente superior a la de los baratze, siendo de entre 6 y 7 m, en lugar de entre 4 y 5 m.

 

Su altura, superior a 0,30 m y sin exceder 0,70 m, resulta modesta. Exceptuando dos casos (Pittare y Mendittipi),están casi siempre constituidos de tierra a diferencia de los túmulos excavados que están todos hechos de piedras,tal y como lo veremos.

 

En lo que a la corona de piedras se refiere, las observaciones hechas para los baratze continuan siendo aquí válidas. Se observa un decapado del suelo sobre la totalidad del área prevista para el monumento y la excavación eventual de una trinchera periférica en el 44 % de los casos.

 

En tres casos se ha extraído una importante capa de arcilla : Ugatze (Blot J., 1975,b); Zaho (Blot J., 1986) y Bixustia (Blot J., 1976).

 

Tanto la cantidad y dimensión de las piedras de las coronas periféricas como su especie geológica y el cuidado que tuvieron en las construcciones, no varian en nada repecto a lo observado en los baratze. La existencia de un círculo interno y tangente al precedente es constante. En muchos casos faltan las piedras de estabilización en la base de los testigos por lo que se resiente la solidez de la estructura. Se ha encontrado una única vez un círculo intermedio, situado entre la corona periférica y la estructura central (Zaho 2. Si, como para los baratze, el círculo periférico tiene muy probablemente una finalidad ritual, parece que también en el 44 % de los casos se le puede atribuir la función de contención para el túmulo, función particularmente clara en el caso del imponente montón de cascajo de Pittare (Blot J.,1978, c).

 

Las estructuras centrales son iguales a las de los baratze ; pequeñas arcas de losas en Meatse 5, en Millagate 4 (Blot J., 1988, a), pequeño círculo de piedras en Millagate 5 (Blot J., 1987), pequeña cista de bloques en Zaho 2 , domo de piedras en Ugatze, una sola losa central en Mendittipi y finalmente, en el baratze-tumulario de Pittare, el depósito de carbónes de leña fue realizado en el centro y sobre el propio suelo.

 

La notable estabilidad de las arquitecturas a través del tiempo, ya observado en los baratze, se encuentra nuevamente aqui. Los baratze-tumularios perduran hasta el fin de la Segundad Edad de Hierro. En esta fracción de tiempo, ninguna “tipocronologia”se destaca. Por todas estas similitudes con los baratze y con el objeto de subrayar mejor su parentesco, preferimos utilizar el término “ baratze-tumulario” en lugar de “túmulo-baratze”.

Los túmulos.

 

 

Representan la tercera categoría de monumentos susceptibles de ser encontrados en los mismos lugares que los precedentes con, aparentemente, las mismas funciones en época similar.

 

La diferencia reside en la ausencia de la corona de piedras; su diámetro medio oscila entre 4 y 5 metros y su altura entre 0,30 y 0,90 m. Otra diferencia los opone, esta vez, a los baratze-tumularios : están todos constituidos por amontonamientos de piedras contrariamente a los demás que, casi siempre, están formados de tierra.

 

Como para los monumentos descritos anteriormente, los constructores procedieron sistemáticamente a un decapado del suelo, limitándose, al parecer, únicamente a la capa del mantillo (quizás, porque no necesitaban asegurar la estabilidad de una corona periférica). Existe un caso en el cual una capa espesa de arcilla extraída ha sido dispuesta en el área decapada : Zuhamendi 3 (Blot J., 1976).

 

Los bloques de los túmulos no parecen haber sufrido el menor pulimento y en general, su elección y su disposición aparentan ser totalmente anárquicas : Irau 4 (Blot J., 1989,b) ; Apatesaro 5 (Blot J.,1988, b) .

 

En ciertas ocasiones, los bloques fueron colocados con mucho gusto como se nota en la zona central de Zuhamendi 3. lo sugieren la periferia formada de 2 o 3 cimientos de bloques de piedras asi como el amontonamiento que rodea la pequeña arca central de Apatesaro 6 ( Blot J. 1992). La verdadera corona de piedras periféricas dispuestas de plano, debajo del montón pedregoso de recubrimiento en Apatesaro 4 (Blot J.,1984 b) lo comprueba.

 

Exceptuando el único caso donde el depósito de carbones de leña se ha efectuado en el propio suelo entre dos piedras toscas (Apatesaro 5), se ha adoptado la pequeña arca central de losas hincadas (Apatesaro 4) o el sistema de bloques asentados (Apatesaro 6) ; ¿ no cabe duda de que es ésta la única estructura que queda bien individualizada y bien visible debajo del amontonamiento de cascajo ?

 

Entre los 213 túmulos de nuestro inventario, existe la probabilidad de que para algunos se trate de túmulos de inhumación. Es el caso de uno de los ochos túmulos que excavamos : Urdanarre N1 (Blot J., 1993,b). Su diámetro de 12 metros lo distinguía de los otros siete monumentos y de la media general de entre 8 a 9 metros observada para los túmulos.

 

Les túmulos dolménicos, de dimensiones similares, son más fáciles de identificar, con sus cámaras sepulcrales megalíticas bien visibles que fueron objeto de excavaciones clandestinas por parte de buscadores de tesoros de todas las épocas. Teniendo en cuenta la antigüedad del rito tumulario en general, no debe de extrañar que esta estructura haya sido la de más alta datación en lo que al rito de incineración se refiere, de entre el cuadro de monumentos aquí estudiados. Fue en el calcolítico cuando se construyó el túmulo Irau 4, (Blot J.,1989,b).

 

 

EL CONTENIDO DE ESTOS MONUMENTOS

 

Los numerosos puntos comunes de los tres tipos de monumentos descritos son aún más evidentes al nivel del estudio de los depósitos efectuados.

 

 

Los depósitos de carbones de leña

 

Su presencia es casi constante aunque las cantidades son muy variables : desde la modesta pulgarada, al puñado lleno. Pueden estar depositados en la estructura central (en el 72% de los baratze, en el 77 % de los baratze-tumularios y en el 67 % de los túmulos.); en esta circunstancia pueden llenar enteramente esta estructura (en el caso de Apatesaro 1 todo el círculo central) o simplemente una parte bien definida del receptáculo mientras el resto está cuidadosamente rellenado de piedrezuelas o tierra (arcas del baratze Meatse 8, del baratze-tumulario Zaho 2, del túmulo de Apatesaro 6). La estructura central puede también quedar virgen de todo depósito cuando éste se realiza apoyado en ella pero hacia el exterior (Irau 4).

En la mayoría de los casos, al depósito central se le añaden depósitos anexos que pueden discurrir en la zona intermedia entre la periferia y la estructura central (baratze Apatesaro1) o entre los testigos del perístole (baratze Meatse 1, baratze-tumulario Bixustia). Finalmente, se ha observado un semillo regular de carbones de leña, tanto en la base del monumento al nivel de la zona decapada (baratze Okabe 6) como repartido en el volumen de éste (baratze Meatse 8, baratze-tumulario Bixustia). Conviene subrayar desde este punto, que hemos notado algunas trazas de rubefación de la arcilla subyacente a ciertos depósitos de carbones de leña, asunto este que sugiere que fueron distribuídos cuando eran brasas extraídas de algún hogar muy cercano (Okabe 6, Millagate 4 y 5). Asimismo, algunas veces, se hallaron fragmentos de arcilla rubefacta mezclados con los carbones de leña recogidos. Al contrario, ninguna traza de ustrinum fue constatada en el interior de los mismos monumentos.

 

 

Los depósitos de osamenta calcinada

 

Sólo se han encontrado de manera excepcional y en cantidad ínfima. Citemos algunos finos fragmentos de costillas mezclados en el depósito de carbones de leña del baratze Errozate 2 ; otros fragmentos óseos más numerosos en el centro de los baratze Oyanleku 1 y Oyanleku 2, provincia de Gipuzkoa (Altuna J.,1977); unos escasos fragmentos entre los carbones de leña del círculo central del baratze-tumulario Millagate 5 y otros en él de Mendiluze, provincia de Araba, (Vegas Aramburu J.I., 1984). No se han hallado más restos de este tipo en los ocho túmulos excavados.

 

Existe, sin embargo, una excepción muy importante : el conjunto de huesos calcinados del arca central del baratze-tumulario Millagate 4 con un peso aproximado de 1,700 kgs. El estudio antropológico efectuado por el Profesor H.Duday (Laboratorio de Antropología de la Universidad de Burdeos I) ha revelado que se trataba de un individuo único, robusto, de edad madura y cuyos elementos óseos estaban todos representados. Por algunos motivos que escapan a la evidencia, en este caso los constructores del monumento recogieron con más cuidado que él de costumbre, la osamenta calcinada del difunto, aunque, por otro lado, la arquitectura no se diferencia en nada de los demás monumentos estudiados hasta ahora.

 

 

El ajuar

 

 

El ajuar es casi tan escaso como los depósitos de huesos.

 

 

La cerámica.

 

 

Sólo se presenta en un único baratze, en Apatesaro 1 bis, en forma de un fondo de vaso liso de 11 cm de diámetro con comienzo de panza bastante pronunciado. Las roturas son antiguas y faltan las demás partes. Este fragmento fue dispuesto en el centro del monumento, debajo de una pequeña cúpula pedregosa, junto a un montón de carbones de leña, sin ningún resto óseo.

 

- Del mismo modo, un único baratze-tumulario presentaba cerámica : él de Bixustia. El resto cerámico fue depositado en pleno suelo, en el centro del túmulo, sobre la capa de arcilla extraída. Se trataba de una urna cerrada por un plato que en su interior contenía uno o varios vasos pequeños. El estado incompleto de la urna y de los vasos pequeños dificulta el reconocimineto de su función real, dado que no existe ningún resto de hueso o de carbones de leñas en su interior, aunque algunos restos de carbones aparecieron diseminados sobre el suelo decapado, bajo la capa de arcilla hasta allí transportada. la urna pertenece a la variedad 16D, presente en Ayer, en el segundo período del “período II” de Mohen. El plato-cubierta es la variedad 1a ; el o los vasos pequeños no han podido ser reconstituídos.

 

- En la provincia de Araba, el baratze-tumulario de Mendiluze presentaba una veintena de fragmentos desparramados. En definitiva, ningún túmulo contenía cerámica.

 

 

 

Los objetos de metal

 

 

También éstos son poquísimos. Recordaremos, en el baratze Errozate 4, la asociación de un fragmento de lámina (cortante y perteneciente a un cuchillo o puñal), con un fragmento de herrete cónico de talón de lanza, ambos de hierro ; estos dos elementos estaban pegados entre sí con un cemento “silicoferroso” y habían sufrido la acción del fuego. El baratze Oyanleku1 (provincia de Gipuzkoa) ha aportado un botón y un pequeño anillo de bronce.

 

 

En lo que se refiere a los baratze-tumularios, se encontraron algunos restos de objetos de hierro en él de Mendiluze (Araba) y, sobre todo, es de mencionar la punta de lanza o de dardo encontrada en Zaho 2 en forma de hoja de laurel y que sufrió muchísimo la acción del fuego. Su tipología está en consonancia con la datación C14 calibrada (-995, -497) de los carbones de leña recogidos en la cista central.

 

 

Las piezas líticas.

 

Generalmente, se hallan astillas, pequeñas láminas o raspadores de sílex diseminados en el monumento. No se destaca ninguna pieza característica. Una vez, se encontró una punta de flecha de sílex con aletas y pedúnculo en el baratze-tumulario de Mendittipi. Podemos preguntarnos en que circunstancias se depositaron estos elementos en los túmulos: ¿Anteriormente a la creación del monumento?, ¿Con fines rituales (conservación ritual de una antigua tradición técnica)? o ¿para qué se utilizaban en la vida corriente?. La regularidad de la presencia de estas piezas, en Bearne por ejemplo, deja suponer que se trata de una acción voluntaria. Así, la gran cantidad de astillas encontrada en el túmulo T1 de Pau (Blanc Cl.,1989) sugiere que se hubiera podido cortar sílex o cuarcita en el sitio, durante el ritual funerario .

 

 

Considerando estos actos simbólicos, no podemos terminar sin mencionar la presencia de pequeños guijarros redondos como huevos de paloma (procedientes de los bloques de pudinga) depositados intencionalmente a la base o sobre testigos de la corona periférica : baratze Errozate 2, 3 y 4, Meatse 1, Oyanleku 1 ; baratze-tumulario Bixustia, Mendittipi, Ugatze, Millagate 4. Es interesante notar que el concepto de huevo está frecuentemente vinculado al concepto de nacimiento..... o resurrección. Tambien, es notable este hecho : debajo de la capa del humus actual, se hallan muchas piedrezuelas diseminadas.¿Corresponden a un disparo ritual sobre el monumento al final de la ceremonia ?, ¿ Eran un último adiós de los participantes ?( baratze Okabe 6, baratze-tumulario Ugatze).

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13 avril 2009 1 13 /04 /avril /2009 12:37

ASOCIACIÓN Y REPARTO DE ESTOS MONUMENTOS

 

 

Las asociaciones de monumentos, sin distinción de categoría y la similitud de su reparto en los montes subrayan los vínculos que los unen.

 

 

 

 

Asociaciones de monumentos entre sí.

 

Frecuentemente, apartados o en grupos de 2 o 3 se encuentran los baratze. Algunas veces, componen conjuntos de 4, 5, 6 elementos y verdaderas necrópolis. Las mayores agrupaciones quedan contadas. Los baratze-tumularios y los túmulos pueden estar apartados o agrupados por 2 o 3 ( nunca más de 5).

 

 

 

En el estudio de las necrópolis, evocaremos las normas que pudieron regir estos agrupamientos de monumentos .

 

 

 

 

Reparto según las tres provincias del País Vasco norte.

 

 

Según las provincias, cada tipo de monumentos se reparte diferentemente.

Comprobamos que los baratze, presentes en (L) Lapurdi (el 28 %), predominan en (BN) Benaparoa (el 66 %) y son casi inexistentes en (S) Zuberoa (el 6 %).

Los baratze-tumularios se hallan en las tres provincias, pero, como los baratze, predominan en Benaparoa (L : el 18 % - BN :el 55 % - S :el 27 %).

Los túmulos numerosos en Benaparoa y Zuberoa quedan apocados en Lapurdi (L : el 22 % - BN : el 40 % - S : el 38 %).

 

 

 

Reparto según la altitud.

 

 

- Generalmente, los baratze se situan en los pastos de verano; sus altitudes van elevándose, caminando hacia al Este. En altitud, los baratze son más numerosos que los dolmenes : eso podría explicarse por el aumento de la importancia de los rebaños y la necesidad de nuevos pastos.

 

- Los baratze-tumularios se situan casi en las mismas alturas que los baratze.Un poco más abajo, algunos baratze-tumularios se reparten como los túmulos, juntandose con ellos. Mucho más abajo los túmulos predominan.

 

 

 

Reparto según el tipo de relieve

 

 

Caso de los monumentos vacíos.

 

Caso de los demás monumentos

 

 

La práctica de la incineración

 

 

Considerando la cantidad de vestigios conocidos hasta hoy en día y los desaparecidos entretiempo, cabe evidente que no se edificó un monumento para cada difunto en el monte. Los resultados de estudios osteológicos en Millagate 4 y la ausencia de rastro arqueológico de reempleo de estos monumentos sugieren que las construcciones de montaña concernían funerales más individuales que colectivos. También, probablemente, otras modalidades funerarias se practicaron.

 

 

Algunas incineraciones pudieron ser efectuadas en grutas. Quizás, como lo sugieren los estudios de Ebrard D.(Ebrard D.,1993), los restos de incineración pudieron estar dispuestos en dolmenes. En los pastos de la sierra de Aralar (donde faltan los monumentos de incineración), Alustiza Mujica supone que se enterraron los restos de incineración en dolmenes erigidos anteriormente. También, otras modalidades pueden ser consideradas aunque no quede ningún rastro : dispersión de osamenta calcinada, exposición de cadáveres a los buitres, etc...

 

Durante más de un milenio y medio, se practicará un rito de incineración con variantes de expresión. Trataremos de poner en evidencia algunos de los rasgos fundamentales gracias a los resultados de las excavaciones. Lo que sigue está propuesto con gran prudencia, puesto que, además de que la colección de datos nunca está agotada, la dificultad esencial reside en el hecho que los elementos en nuestra posesión no son más que el resultado de actos. Sólo, vemos la traducción material del rito, pero el pensamiento que subtiende en estos actos queda totalmente desconocido.

 

Con la cremación del cadáver o con una tumba reducida respecto al gran tamaño del dolmen, la incineración parece dar menos importancia al aspecto material de la muerte. Todo se vuelve símbolo. Pueda que el círculo materialice un cercado sagrado que protege a los muertos del mundo de los vivos y éstos de la influencia nefasta de los difuntos. El círculo puede también designar un área ritual compleja donde cada detalle es muy importante para los constructores, tanto como la presencia de la más modesta ofrenda.

 

Decididas las normas de construcción del monumento, la elección del sitio no era casualidad pero obedecía a criterios evidentes (pastos elevados, puertos, crestas,etc...).

- La cremación no se efectuaba en el monumento sino en su cercanía. No hay indices de incineración al interior de los monumentos. Sólo quedan pequeños rastros de arcilla rubefacta, bajo los carbones de leña extraídos en estado de brasa.

 

- La construcción de la hoguera recorría a especies cercanas del sitio muy probablemente, quizás con una preferencia "ritual". Las ocho análisis antracológicas efectuadas revelaron una vez fresno, otra vez haya y seis veces roble de hoja caduca que crecía debajo del hayal, en aquellas épocas.

 

 

- ¿ Qué existía, una verdadera incineración o una simple cremación como en Millagate 4 ?. Es posible que se hayan practicado las dos, ya que se observan todos los estados intermediarios. Por lo que toca a la elección del tipo de monumento, ignoramos totalmente los criterios. Podemos comprobar la coexistencia de estructuras diferentes, aúnque son contemporáneas, en una misma necrópolis. Decididos el tipo de monumento y sus dimensiones, se efectuaba un decapado sistemático del suelo, más o menos en profundidad en el área correspondiente a la futura construcción. Una trinchera periférica podía ser cavada para asentar los elementos de la corona. En algunos casos, pusieron una capa de arcilla plástica, extraída de los alrededores, sobre el suelo decapado.

 

 

- Las modalidades arquitecturales de las coronas de piedras, como las de las estructuras centrales eran múltiples. Se utilizaron piedras de la cercanía, a menudo con un gran cuidado que contrasta con la escasez de los depósitos efectuados después. En efecto, si las extracciones de carbones de leña en la hoguera fueron casi constantes, sus cantidades, así como los lugares de sus depósitos en los monumentos eran variables.

 

- En cuanto a la osamenta calcinada, su colección no parece haber sido ni obligatoria ni sistemática y los pocos fragmentos recogidos, aquí o allà, parecen ser más debidos al azar que a una voluntad firme.

 

En el caso único de Millagate 4, con una tumba muy cuidada y una colección minuciosa y completa de osamenta, nos encontramos sin duda frente a la sepultura de un notable (?) que benefició de un sitio sobresaliente, frente al pico de Orhy.

 

 

- También, las ofrendas son tan simbólicas como los carbones de leña y la osamenta que sean fragmentos de cerámica "el pequeño fragmento se substituye a la cosa entera" (Mohen J.P.,1980), objetos de hierro pasados al fuego, pequeñas herramientas de sílex o aún pequeños guijarros redondos ...

 

 

Esta escasez de ajuar en nuestros monumentos de montaña vasca contrasta con la riqueza de las regiones vecinas (Bearne, par ejemplo). Podemos intentar explicarlo por la pobreza de estas gentes que vivián en verano, lejos de las habitaciones de llanura. Debían recuperar todo lo que aún podía ser utilizado, o quizás el rito o las condiciones sociales del difunto no exigían este tipo de ofrenda ...También, se puede considerar que la noción de riqueza, de valor, vinculada con los objetos ha podido relevar de criterios muy diferentes de los nuestros.

 

- Después, el conjunto estaba cubierto de tierra (o de piedras) y la importancia del amontonamiento podía determinar, en algunos casos, la existencia de un túmulo.

 

Las dimensiones reducidas de monumentos de montaña contrastan con las de monumentos de llanura (Landas, Bearne, etc ...) y parecen en conformidad con el número, sin duda restriñido, de individuos presentes para funerales a estas alturas...

 

 

 

Necrópolis organizadas, jerarquizadas.

Durante el largo período de utilización, desde la Edad de Bronce hasta la Edad de Hierro, se nota la estabilidad de los tres tipos arquitecturales. Independientemente de la época de su construcción, los monumentos de una misma categoría permanecen generalmente agrupados en conjuntos homogéneos. Algunas veces, en una misma necrópolis, se observan monumentos de mismo tipo y otras veces, de tipos diferentes. En este caso, al interior de la necrópolis, se conjuntan los monumentos por tipos.

 

En el caso de las necrópolis homogéneas, se estudiaron Errozate con sus 5 baratze y Millagate con sus 5 baratze-tumularios. La edad de los monumentos de estos conjuntos oscila entre la Edad de Bronce y la Segunda Edad de Hierro.

Los dos agrupamientos de Zaho particularmente visibles constituyen un ejemplo de necrópolis heterogénea; uno está formado de cinco túmulos y el otro de tres baratze-tumularios. También, evocaremos Apatesaro con sus tres baratze y sus cinco túmulos datados entre el Bronce Medio y la Segunda Edad de Hierro. Okabe queda la necrópolis heterogénea más espectacular y demostrativa, con más de treinta monumentos repartidos en conjuntos bien individualizados, representando cada tipo.

 

A pesar de la ausencia de ajuar, la elección del sitio y de la arquitectura de estas necrópolis expresan una cierta jerarquía social. La necrópolis de Apatesaro ilustra muy bien esta característica. Los monumentos más cuidadosamente elaborados se hallan en la línea de cresta, con una vista privilegiada sobre el horizonte (aunque agrupados por afinidades arquitecturales) : se trata de los baratze 1, 1bis, 2 y de los túmulos 3 y 4 . En cambio, los túmulos 5, 6 y 7 situados más abajo, alejados de la pista de trashumancia, privados así de panorama, además de arquitecturas muy descuidada, parecen dejados aparte. Esas diferencias muy ostensibles en los modalidades de construcción de los monumentos sugieren una clasificación entre los difuntos, pues existía una jerarquía social.

 

 

 

ORIGEN DE ESTOS CÍRCULOS.

 

La permanencia durante siglos y el reparto de estos monumentos en altitud, accesibles por temporadas, cuando no hay nieve, evocan una población de pastores medio-nómadas. Para ellos, en el Suroeste de Francia, desde la Edad de Bronce, el rebaño tiene una importancia preponderante.

 

Según los autores antiguos, los Tarbelles ocupaban el actual País Vasco Norte y los Vascones predominaban en el Sur. J.P.Mohen define las poblaciones de la Edad de Hierro en el sur de la Garona como : "... pastores guerreros que defienden sus rebaños porque éstos representan la riqueza más considerable que se pueda acumular entonces". (Mohen J.P., 1980).

 

Podemos observar que los dos únicos objetos de hierro descubiertos en los monumentos del País Vasco Norte fueron una punta de lanza y una hoja de cuchillo pegado a un venablo (baratze Errozate 2). Es interesante recordar que en Euskara, "abere" significa ganado y "aberats" el rico (él que posee ganados). Strabon y Diodore de Sicilia ya señalaban los inmensos ganados que poblaban los pastos pirenáicos.

 

 

La cría exigía una vida itinerante. Aún en el siglo pasado, en otoño, los rebaños abandonaban las tierras veraniegas de montaña para replegarse en el “piamonte”, sin duda en las Landas y la región de Arcachon. Lo atestiguarían las numerosas necrópolis repartidas a lo largo de estos ejes de trashumancia (Arambourou R.,1977) y "los camis saliès", las vías de la sal, sal indispensable para los hombres y los rebaños. Si estas “idas y vueltas” regulares, entre monte y llanura, han marcado el suelo de sus huellas, no han que imaginar a estas poblaciones en perpetuo desplazamiento. Como lo subrayan Mohen y Arambourou, este modo de vida no es concebible sin una entidad agrícola y sedentaria incluyendo artesanos, aunque éstos puedan también ser itinerantes como se supone para algunos herreros o broncistas. "Estas sociedades pastorales y sobretodo las de los Pirineos conocen una metalurgía dinámica y novadora ..." (Mohen). Teniendo en cuenta la riqueza minera de nuestras montañas, es muy probable que los pastores podían revelarse también excelentes prospectores.....Entonces, el desarrollo de la metalurgía así como la creación de nuevos pastos se vuelven responsables en gran parte del desmonte de nuestros bosques. Los lugares de anclaje de estas poblaciones son mal conocidos en el País Vasco Norte, excepto los numerosos campos o "Gastelus" estudiados por el General.Gaudeul F. (Gaudeul F.,1989). Sin embargo, éstos parecen ser más zonas de repliegue temporario en caso de inseguridad que viviendas permanentes. En el País Vasco Sur, a estos campos (o "Castros") se añaden restos de viviendas urbanas de llanura, como en Cortès de Navarra (Navarra) y La Hoya (Araba), que poseen necrópolis de incineración, diferentes de las de montaña : incineración en campos de urnas en Cortès y en pequeñas cistas en La Hoya . En nuestras montañas, se hallan montones de tierra erigidos cerca de parajes con agua, en terreno declive, siendo de entre 12 y 18 m de diámetro y de entre 1 y 2 m de altura. Los denominamos "montículos de habitaciones" y pensamos que podrían representar los vestigios de basamentos para albergues provisionales (adobes, pieles...), edificados por los pastores de los veranaderos. Ninguna excavación completa se realizó, pero hallazgos fortuitos (raspadores en sílex, cristales de roca, dientes humanos) dan alguna credibilidad a esta hipótesis.

 

 

- Esta Sociedad integrada por agropastores, artesanos y comerciantes se está jerarquizando : posee sus guerreros y sus religiosos, bajo la autoridad de una muy probable clase dirigente, como lo sugieren los estudios de A. Llanos (Llanos A.,1990) en la Hoya. También, se observa esta jerarquía en nuestras necrópolis de montaña.

 

 

Con la mezcla de los hombres y de las ideas, tanto al norte como al sur de la cordillera, podemos preguntarnos si la trashumancia estacional no contribuyó en homogeneizar culturalmente, antropológicamente y lingüísticamente esta poblacíon (a pesar de la introduccíon de elementos extrangeros durante el segundo milenio y a lo largo de todo el primer milenio antes de J.C.).

 

En efecto, desde un punto de vista antropológico, estamos de acuerdo para subrayar “la homogeneidad notable de la poblacíon desde el Neolítico” ( R. Ricquet 1981 ) manteniéndose en la Edad de Bronce. En la Edad de Hierro, las intrusiones de elementos venidos de Centroeuropa harán sentir sus consecuencias más en las llanuras que sobre los relieves ( C. de la Rua, 1992)

 

 

Aquí, no nos extenderemos sobre el particularismo serológico, bien conocido de las poblaciones vascas actuales, donde el núcleo vascobearnes aparece como el vestigio de una antigua población que ha resistido a estas influencias, lo mejor posible.

 

 

Tampoco trataremos de la antigüedad del Euskara que no depiende de ningún sistema lingüístico conocido. Sin embargo, mencionemos que la etimología del vocabulario pastoral no tiene ninguna relación con los idiomas indoeuropeos y parece preceder, de varios siglos, el vocabulario agrícola donde predominan las palabras de origen romana.

 

 

No es extraño comprobar que la antigua toponimia vasca se ha precisamente conservado en esta probable área de migración de la trashumancia protohistórica. Desde el Atlántico al Mediterráneo y del Ebro al Garona, lo recuerdan humildes nombres de arroyos, de rocas, de modelado del relieve como "Valle de Aran", ¡Aran queriendo precisamente decir "valle" en vascuence! También, aparece esta toponimia en numerosos nombres de lugares llevando desinencias preindoeuropeas que se terminan por "os", "osse", "ous", "ost" u "oz" : estudios de J.Seguy (Seguy J.,1951) y de Rohlfs (Rohlfs G.,1952), tal Andernos, Biscarosse, Urdos, Bedous, Bosost, etc ....Bien repartidas en Aquitania y en Ariège, es en el País Vasco donde estas desinencias son más numerosas. Las fronteras de esta zona corresponden, aproximadamente, a la curba isogénica del grupo sanguíneo O que iguala o pasa el 0,70. Al sur de la cordillera, los sufijos "Ues" y "Ueste" se relacionan con la misma categoría de idiomas vascuences de la protohistoria. En las montañas del País Vasco Norte, encontramos toponimias que paracen ser vinculadas con el contenido arqueológico del lugar, aunque los monumentos a los cuales se refieren son difíciles de distinguir incluso para un ojo ejercitado. Citemos "Ilharreko lepoa" (el puerto de las piedras de los muertos), "Ilharreko ordoki" (la pequeña llanura de piedras de los muertos) ; "Ilhasteria" evocador "del lugar de la muerte rápida" (¿rayo?). En todos estos lugares, los monumentos, de dimensiones muy modestas, estaban desconocidos y olvidados de todos, desde hace mucho tiempo. ¿ No podrían ser contemporáneas de su edificación estas toponimias ?

 

 

Es posible que el término baratze .con el cual los pastores designan, aún, los círculos de piedras proceda, él también, de estos tiempos remotos. Lo sugiere su doble connotacíon de muralla y de lugar funerario.

 

 

¿ Fueron los baratze, una creación original del lugar ?

 

¿ Están limitados a la cordillera los baratze?

 

Los círculos concernidos.

 

 

- El círculo Sohandi 5 medía 4 m de diámetro. Estaba rodeado de 8 toscos bloques de pudinga, simplemente colocados en un suelo previamente decapado; en el centro había una sola piedra. Tres cascos de cerámica tosca, insuficientemente cocida, fueron datados gracias a la termoluminisencia : (Bx 475-TL) : 800 +/- 210 BP, sea 1150 +/- 210 después de J.C. No había ni carbones de leña ni ajuar.

 

 

- El círculo Sohandi 2 (Blot J.,1989,c) teniá un diámetro de 7 m, él también de hechura muy descuidada. El cículo de gordos bloques de pudinga rodeaba una estructura central muy primitiva sin carbones de leña. Tres objetos de hierro fueron recogidos a la base de los bloques de la corona periférica : una armadura de punta de lanza o de asta de balista de 165mm de largo y de sección cuadrada, cuyo tipo fue utilizado desde el siglo X hasta el Renacimiento, una segunda armadura de 110 mm de largo, de sección triangular (punta de venablo, de lanza o de ballesta) de un tipo conocido en los siglos XIII y XIV , un fragmento de herradura comportando 3 agujeros de claveteo, uno con una cabeza de clavo, cuyo tipo no puede ser ni protohistórico ni antiguo (Coquerel R.), pero no totalmente incompatible con los períodos de utilización que acabamos de evocar.

 

 

- El círculo Sohandi 6, de 3,5 m de diámetro y de semejante hechura que el n° 5, presentaba en su centro una piedra en la cual reposaba, a 14 cm bajo la surperficie, una hoja de guadaña. Para J.P. Mohen, se parece mucho a la que fue encontrada en un nivel Teno III de Fort Harrouard ; pero ese tipo ha seguido siendo utilizado en la época galorromana y en la Edad Media (Guadagnin R. y Duval A.).

 

 

- El círculo Sohandi 4, de 6 m de diámetro, él también rodeado de toscos bloques de pudinga, circunscribía un área repleta de materia, en una sola base realizando como una especie de pavimento central. Entre los bloques de la corona fueron encontrados algunos cascos de vasija de barro amarillo y verde, vidriada, de pasta fina, beige.

 

 

 

Los demas monumentos.

 

 

Si los dos últimos círculos descritos están difícilmente relacionados con una época precisa, existe un contexto arqueológico que, en el País Vasco, da que pensar que los dos primeros no son probablemente los únicos sobrevivientes del rito de incineración en período histórico.

 

 

- El túmulo de Biskartxu (Blot J.,1977,b) : pedregoso, poco visible, de 12 m de diámetro, tenía una pequeña cista central, deslindada toscamente por algunos bloques conteniendo fragmentos de carbones de leña estimados. Este monumento data de (Gif. 4183) : 1100 +/-90, sea 714 a 1113 después de J.C.

 

 

- El túmulo de Ahiga (Blot J., 1981, b) se presentaba como un montículo de 24 m de diámetro, sin ninguna estructura interior visible. Al centro, al nivel del suelo, a 0,80 m de profundidad, hallamos un depósito de carbones de leña homogéneo y compacto que encerraba una moneda de bronce "Antoninianus toscamente imitada, probablemente de la segunda mitad del siglo III después de J.C." (J.L.Tobie). La estimación de la edad de los carbones de leña que rodeaban esta pieza es : (Gif. 5022) : 1000 +/-80 sea 869 a 1205 después de J.C. La contradicción entre las fechas propuestas para la moneda y los carbones, solo es aparente. Con J.L.Tobie y Marc Gauthier, recordemos que lo esencial de la economía en el área vasca, entre el siglo V y a principios del siglo XI, queda basado en el trueque. Las antiguas acuñaciones romanas, de oro o de plata, podían ser consideradas como valores que atesorar. Al contrario, nada se oponía a que las monedas de bronce pudieran ser utilizadas en concepto ritual, como es el caso, uno o dos siglos después de Roncesvalles...

 

 

 

Durante nuestras excavaciones, nunca fue encontrada traza de nueva utilización de estos monumentos. Si los monumentos considerados como erigidos en período histórico no erán mas que nuevas utilizaciones de construcciones más antiguas, podemos preguntarnos por qué se aplicaba esa práctica a estructuras descuidadas, a menudo discretas, cuando existían monumentos bien visibles y bien "tentadores" en las necrópolis de Zaho, Millagate u Okabe ?. Sin embargo, existe un ejemplo de nueva utilización que comprueba la continuación del rito de incineración en plena Edad Media.

 

 

 

Se trata del túmulo de inhumación de Urdanarre 1 (Blot J.,1993,b). Al fondo del arcón, largo de 2 m, ancho de 1 m y profundo de 0,60 m, se halló osamenta (no calcinada), restos de una inhumación datada con el C14 : (Gif. 9144) : 2990 +/-50, sea 1383, 1067 antes de J. C. . Al lado de éstos, yacía un vaso carenado bicónico, polipodio aquitanio (Bronce antiguo - Bronce medio). Unos siglos después, quitaron la losa de cubierta del arcón central y construyeron, en su parte alta, una pequeña cista formada de 7 piedras al interior de la cual, depositaron un puñado de osamenta humana calcinada y de carbones ; todo había sido, después, cubierto. La datación obtenida para esa incineración es (Gif. 9030) : 520+/-60 sea 1301, 1471 después de J.C.

 

 

 

 

El contexto histórico.

 

Esta persistencia de la incineración en baratze, en túmulo o por nueva utilización de un antiguo monumento no está en contradicción con lo que hemos visto de la antigüedad y de la permanencia del grupo étnico, de sus costumbres, de su idioma, ni con lo que sabemos de la Historia y en particular, de la cristianización en el País Vasco. En efecto, ésta parece haber sido muy tardía y los autores insisten en la persistencia del paganismo, particularmente en la parte montañosa.

 

Los Romanos fueron tolerantes; traían consigo sus dioses, pero nada imponían a los autóctonos. La romanización fue superficial como lo escribe J.L.Tobie (Tobie J.L.,1981) : "En este islote del actual País Vasco Norte, ya poco romanizado y muy temprano abandonado al contrario de la parte hispánica del dominio protovasco, fue donde se refugiaron el idioma y la cultura primitiva, antes de ganar terreno, aprovechando los tiempos alterados de la Alta Edad Media".

 

Los Vascos formaban un conjunto confuso de tribus más o menos independientes, hablando cada una su dialecto, heredado de un idioma común muy alejado del griego o del latín de los misioneros. La expansión muy progresiva del cristianismo se hizo a partir de las pequeñas comunidades cristianas de las ciudades y se difundió a lo largo de las grandes vías de comunicación ; pero, la cristianización del País Vasco fue tardía y precaria durante mucho tiempo y aquí también, el "Saltus Vasconum", el País Vasco montañoso y poblado de árboles se distingue del resto.

 

Para E. Goyheneche (Goyheneche E.,1979): "no faltan imprecaciones sobre el paganismo y el salvajismo de los Vascos : en 1120, un obispo de Portugal se viste de paisano para atravesar Gipuzkoa y Vizcaya ; en 1140, Aymeric Picaud considera a los Vascos como recién cristianizados - y al fin y al cabo de modo insuficiente - ".

 

 

Notaremos, en fin, que Bayona no parece recibir obispado antes del siglo XI y que, como lo dice aún E. Goyheneche : "La abadía benedictina de Sorde, las abadías de Prémontrés de Arthous, de Divielle, de Lahonce, de Urdax, de Sauvelade, no datan, a pesar de las leyendas, más que del siglo XI, quizás del siglo XII para las demás (...). Es por otra parte significativo que obispados y abadías estén situados al margen del País Vasco Norte actual. Sólo, desde esta época (siglo XII), la organización eclesiástica se implanta realmente".

 

 

 

 

CONCLUSIÓN

 

 

Los círculos de piedras o baratze, que son uno de los aspectos más espectaculares de las necrópolis protohistóricas de la montaña vasca, presentan características generales originales : una corona de piedras hincadas, bien visible,con un diámetro medio de entre 4 y 7m, a veces, rodeando un montículo, (el "baratze tumulario") y, frecuentemente, con una estructura central.

 

 

Prácticamente, estos monumentos, construídos en altitud, están privados de ajuar y los depósitos de osamenta calcinada son excepcionales ; sólo, los carbones de leña, en pequeñas cantidades, son casi constantes pero dispuestos de manera muy variable.

 

La pobreza de estos círculos contrasta con su arquitectura a menudo muy cuidada, haciendo de estos monumentos esencialmente simbólicos, cenotafios más que sepulturas.

Su presencia, casi exclusiva en montaña, los diferencia de los túmulos contemporáneos, de los cuales encontramos varios ejemplares en montaña pero también en el “piamonte” pirineo.

Sin embargo, la arquitectura de los túmulos de montaña lleva, ella también, la marca bien particular de todos estos monumentos de altitud : moderación de las dimensiones, pobreza o ausencia de ajuar y de depósitos de osamenta calcinada.

 

 

Los baratze del País Vasco, edificados desde el Bronce Medio hasta el fin de la Segunda Edad de Hierro, parecen ser el reflejo de fenómenos de aculturación complejos, por etnias locales con fuertes tradiciones, pero de poder creador dinámico y original.

Están vinculados con ocupaciones pastorales cuyos itinerarios, áreas de reparto en montaña y estabilidad en el tiempo abrazan.

Quizás, ésto podría explicar su parecido con los demas círculos de la cordillera, las diferencias pudiendo relevar del contexto geográfico y / o cultural, propio a cada región.

 

Muchas de las preguntas quedan sin embargo aún planteadas :

 

 

- ¿ Por qué estos círculos parecen haber sido exclusivamente construidos en montaña? El argumento de la ausencia de prospección o de las destrucciones en llanura, aunque pueda ser a veces verdadero, no parece poder explicarlo todo. Es posible que estos grupos de pastores regresados en otoño a las llanuras é incluidos en la masa de sus contemporáneos, perdieran, de cierta manera, su "libertad de expresión", sometidos a las coacciones de otro medio socio-cultural : allí, se praticaba también el rito de incineración, pero según modalidades diferentes de las de altitud, en particular bajo túmulos. Pero, en cambio, los contactos que debían existir entre transhumantes y habitantes de las llanuras podrían, quizas, en ciertos casos, explicar la presencia en montaña de túmulos entre los círculos de piedras.

 

 

Terminaremos recordando que si probablemente la montaña del actual País Vasco ha podido jugar, durante la protohistoria,la funcción de un auténtico crisol novador del cual el baratze podría representar una de las expresiones más originales, también fue un verdadero conservatorio hasta los tiempos históricos, para los hombres, su idioma y sus ritos funerarios.

En el estado actual de nuestros conocimientos, parece ser que los baratze (y baratze-tumularios) tengan un área de difusión bastante reducida.

 

1 En los Pirineos occidentales.

 

En el País Vasco, ya hemos estudiado la situacíon referente al norte de la cordillera. Al Sur, se observa una densidad importante de baratze en el norte de Navarra y el noreste de Gipuzkoa. Unos muy escasos ejemplares se hallan en las demás provincias. Esta importante densidad es notable al nivel del eje principal de la cordillera y contrasta con la ausencia casi total que se puede notar en el resto del País.

 

 

Aspe - Cauterets. Más al este, hemos efectuado la prospección de los valles de Aspe (Blot J.,1979,c) y de Cauterets (Blot J.,1985,a) que presentan monumentos similares a los del País Vasco (26 círculos en Aspe, 11 en valle de Cauterets) pero de los cuales ninguno ha sido excavado. En valle de Ossau, las prospecciones de G.Laplace y más recientemente de G.Marsan y Cl.Blanc muestran una cantidad importante de círculos de piedras - Citemos los 24 monumentos de Houndas, los 16 de Couraus de Accous, de los cuales 4 fueron excavados (Dumontier P.,1982) o los 12 círculos de piedras del Col Long de Magnabaigt (Blanc C.,1983).

 

 

Ossau. Se excavaron dos círculos más (Blanc C.,1987,b ; Dorot T.,1989) y los autores obtuvieron resultados comparables con los del País Vasco, en cuanto a la pobreza o la ausencia de los depósitos. Tres dataciones confirman la horquilla cronológica ya observada en el País Vasco : círculo del Lago de Roumassot : (Ly 4690) 3280 +/- 110 BP sea 1680, 1385 antes de J. C. ; esta datación lo situa como el monumento más antiguo de esta categoría. Círculo n° 10 de los Couraüs de Accous : (Ny 770) : 2345 +/- 70 BP sea 770, 180 antes de J.C. y el círculo de Bious Oumette (Ly 3890) : 2190 +/- 90 BP, sea 415, antes de J.C.

 

 

 

2 En los Pirineos centrales

 

Muy relacionado con esta región, con su obra de prospección y de excavación, A.Muller mejoró nuestros conocimientos en este sector (Muller A.,1980).

 

 

En el Luchonnais, a 1800 m de altitud, en el siglo pasado, el sitio de Baren reveló numerosas coronas de piedras más o menos deterioradas. La necrópolis de Bordes-de-Rivière que consta unos treinta círculos fue excavada por J.Sacaze (Sacaze J.,1880). Recogió urnas con cenizas y osamenta quemada. Citemos, también, los sitios de Campsaure, de Mont-Né, de Genost.

La montaña de Espiaud poseía también numerosos grupos de murallas circulares. En 1878, Piette y Sacaze exploraron los círculos del Mail de Soupène y de Castéra; parece ser sistemática la presencia de un arcón central.

El sitio muy importante de Garin cuenta tres necrópolis : la de la Moraine, con unas treinta sepulturas, la necrópolis del Pas-de-Peyre (Ramée A.,1875) formada por 17 círculos con coronas simples o dobles y la necrópolis de Arihouat (Arihouat 1 : 750 a 600 antes de J. C. y Arihouat 2 : 650 a 500 antes de J. C) cuya excavación reciente por A.Muller (1985) permitió bien conocer los 123 círculos.

 

En Ariège, anotaremos los 18 círculos de piedras de Ayer (Cau-Durban.,1887) y los dos círculos de Cagire y de Saint Barthélémy (Muller A.,1980).

 

 

En España, en el Valle de Aran, A.Muller señala unos treinta círculos en el “Trou du Toro” y la necrópolis del Plan-de-Beret (Gourdon M.,1878) con unos veinte círculos.

 

Por fin, en Aragon, indicaremos el valle de Garrinza, al norte del valle de Hecho, (Ruperez T.A.,1976) también muy rico en círculos de piedras.

 

 

 

3 En los Pirineos orientales.

 

Hay que trasladarse hasta el extremo este de los Pirineos orientales para contemplar la importante necrópolis de Villars (Espolla, España), cerca de los Montes Albères, al sur de Banyuls. Cada depósito funerario estaba rodeado por un círculo de 2 m de diámetro formado con piedras altas de entre 1 m y 1,5 m.

 

 

 

4 En el “Piamonte” Pirenáico.

 

En cuanto al “piamonte” pirenáico francés, no podemos considerar en la categoría de los baratze, los círculos de pequeños cantos rodados enterrados en el amontonamiento de los numerosos túmulos erigidos durante los dos últimos milenios antes de J. C. (Mohen J.P., 1976). Estas estructuras se encuentran sobre la meseta de Lannemezan (Vié R.,1987,a), de Ger (Vié R.,1987,b), en las Landas (Aramburu R.,1987) o en túmulos de la región de Arcachon o de Bazadais (Giraud J.P.,1992). Estas arquitecturas, enterradas debajo de túmulos, hacen recordar mucho las que encontró J.P.Millotte en los túmulos de Chaveria 1 y 14 (Millotte J.P.,1972).

 

En las llanuras del Garona, ciertas necrópolis de incineración poseen sin embargo círculos de piedras actualmente enterrados. Aunque se parecen a campos de urnas, se aparentan a los baratze en cuanto al aspecto exterior, aspecto que la agricultura pudo modificar en algunos casos.

Los ejemplos más notables son las necrópolis de Lesparre y Ribérotes (Lot y Garona), (Marcadal Y., y Beynex A.,1992,a), la de La Gravière en Fauillet (Lot y Garona) (Marcadal Y. y Beynex A,1992,b) e incluso la necrópolis de Tap en Nègrepelisse (Tarn y Garona) (Ladier E.,1992).

 

En cambio, en el “piamonte” pirenáico catalán, en la confluencia del Segre y del Ebro, se hallan necrópolis bastante similares a las de nuestras montañas. Los monumentos poseen un depósito central en fosa. A veces, la urna está encerrada en una especíe de arcón y coronas de piedras, siempre visibles, hincadas en el suelo, rodean el depósito.

 

Citemos la necrópolis de Almanera (en Agramunt, provincia de Lerida) con sus 8 círculos (Maluquer J.,1973) cuyo ajuar sugiere una utilización anterior a 600 años antes de J.C., la necrópolis de Colomina (en Gerp, provincia de Lerida) - (Diez Coronel y Montull L.,1964) en la que se despejaron 34 sepulturas repartidas entre el siglo 9 y el siglo 4 antes de J.C. y la necrópolis de Seros (en Lérida)-(Diez Coronel y Montull L.,1962) que data aproximadamante de 800 años antes de J.C., totalmente parecida a las anteriores, donde se descubrieron 300 sepulturas. Por fin, citemos las necrópolis de Pedrera, Torre, Filella y Mola.

En las similitudes de estas necrópolis con las de la cordillera, los autores coinciden en ver el testimonio de influencias llegadas del sur de Francia, particularmente por el valle del rio Segre.

 

 

 

5 Recorrido de trashumancia y sepultura.

 

 

En el mismo mapa, ha parecido interesante sobreponer los principales sitios de círculos de la región pirenáica (incluyendo los “piamontes” norte y sur), el área de los túmulos de incineración al sur del Garona (según Mohen J.P.,1980) y los antiguos recorridos de trashumancia según los estudios de Bladé J.F. (1874), Lefebvre Th. (1928), Cavaillès H. (1931) y Barandiarán J.M. (1953).

 

 

Resulta claro que la trashumancia con largas distancias se averigua en período histórico. Sin embargo, logró probablemente una extensión importante en la Edad de Hierro. También al parecer, el trazado de estas vías ha cambiado poco a lo largo los siglos.

De esta manera, suponemos tener una idea de los desplazamientos de los rebaños durante el último milenio. Parece que podamos notar una correspondencia entre el área de trashumancia y el reparto de los túmulos de incineración, al sur del Garona. Para los círculos en los alrededores de Lérida, se observa lo mismo.

Los círculos de piedras tienen un reparto muy desigual en el área pirenáica. Sin embargo, el País Vasco resulta como la región privilegiada de esta manifestación cultural, tanto por la cantidad de sus monumentos (877 en total), su antigüedad, su originalidad como por el extenso del área concernida.

 

 

Además, parece haber sido el foco de una superviviencia de esta práctica hasta un período adelantado de la Historia.

 

 

¿ FUERON CONSTRUIDOS LOS BARATZE EN PERÍODO HISTÓRICO ?

 

 

Tuvimos que excavar 4 de los 6 círculos de piedras de la necrópolis de Sohandi. Todos estos monumentos tenían, en común, un grandísimo descuidado de la arquitectura y la ausencia total de carbones de leña (Blot J.,1985,b). Sin embargo, en el ajuar, unas dataciones y un contexto arqueológico contemporáneo (parece ser) de estos círculos sugieren que podríamos eventualmente considerarlos como baratze construidos en período histórico.

 

 

 

.

Desde el cuarto milenio, se practicaba inhumación en dolmenes o en túmulos. A lo largo del tercero es cuando aparece la incineración en Europa occidental, práctica que va a coexistir durante varios siglos con la anterior.

Este nuevo rito ( originario del Danubio Medio y mucho tiempo vinculado con el "pueblo de los campos de urnas" de la Edad de Bronce) ha sido ampliamente prácticado por las poblaciones dichas "celticas" o "celtizadas" del último milenio. Sin embargo, la aparición casi simultánea de la incineración en diferentes puntos de Europa occidental no responde bien a ese modelo "difusionista". Hoy en día, se privilegian las nociones de aculturización, de evolución de las poblaciones en el mismo sitio , "el autoctonismo" sustituyendo al “difusionismo”. Aunque se pudieran adoptar los usos procedientes de fuera, es posible que las poblaciones de nuestras regiones tuvieron la idea de incinerar, ellas también. El primer tipo de monumento utilizado para la incineración en montaña parece haber sido el túmulo, como lo sugiere el túmulo Irau 4, erigido en pleno Calcolítico o el túmulo T1 de Pomp en Bearne (Blanc Cl.,1987,a) que contenía los restos de dos esqueletos humanos incinerados en la misma época (Ly 3478; 3850 +/- 120 B.P., sea 2775 a 1950 antes de J. C.). Si los túmulos conocieron una extensión casi universal y participaron tanto en las inhumaciones como en las incineraciones, los ejemplos de círculos circunscribiendo sepulturas se hallan por todas partes, en India, Zambia, en el Sahara como en los Andes bolivianos ... y el continente europeo encubre también muchas de esas riquezas. Citaremos el sitio de Messara, en Creta, con unos veinte círculos, del Minoen Medio ; Italia con los tres sitios de Monsorino, Somma, y Vergiate ; la Península Ibérica, con los círculos pequeños de Alentejo en Portugal que datan del Calcolítico. Más al norte, a partir de la Edad de Bronce Antiguo,se hallan círculos de piedras en Dinamarca y son comunes en Escandinavia hasta la Edad de Hierro. Son señalados por autores en Alemania y en Checoslovaquia (Edad de Bronce Medio/Reciente). Con más de 900 círculos, las Islas Británicas llaman la atención (Burl A.,1976). Los mayores y más antiguos monumentos británicos datan de mediados del tercer milenio antes de J.C. Pero, para Burl A. parece ser que no sea más que a mediados del segundo milenio antes de J.C., cuando círculos de piedras (de dimensiones modestas) y sepulturas se combinan para formar, por ejemplo, los "cairn-circles" de las costas oeste de Gran-Bretaña. (Esto nos acerca mucho a la época de la construcción de Meatse 8).

 

En semejante contexto, si se puede relacionar la aparición de los baratze en el País Vasco con influencias exteriores, no se debe excluír, como para el rito de incineración, una posible genesis local para esta nueva modalidad funeraria.

 

Parece ser posible que el concepto "corona de piedras" se pudo destacar del túmulo dolménico. Algunas veces, en las montañas vascas, se observa su cohabitacíon con el baratze: dolmenes de Mokua y de Larria 1 en Lapurdi, Ocora en Navarra , Pozontarri en Gipuzkoa etc ...En otros términos, tal como la hemos definido, la entidad "baratze" pudo nacer y adquirir su autonomía al seno de una población de pastores de montaña teniendo mucho apego a las tradiciones. Pero esta fidelidad no excluye un poder creador original, subrayado por J.P.Mohen en lo que se refiere a las producciones metálicas (espadas con antenas y lengüetas) o cerámicas (adornos de vasos). También, pudieron adaptarse el túmulo dolménico y el círculo de piedras periféricas (su antiguo estilo arquitectural) a las nuevas prácticas funerarias.

 

¿ Fueron edificados por pastores "protovascos" ?

La hipótesis más comúnmente admitida sugiere que son sepulturas de incineración. Sin embargo, teniendo en cuenta la moderación y la escasez de los depósitos de osamenta calcinada, el término de sepultura parece muy discutible. Por cierto, la acidez del suelo hubiera podido "digerir" los restos orgánicos, ya que el pH de los monumentos excavados avecina el valor de 5,2. También, ocurre que las microcondiciones locales intervinieron : los carbones de leña pueden neutralizar la acidez del suelo y proteger los fragmentos huesosos mezclados con ellos (caso del baratze Errozate 2, del baratze-tumulario Millagate 5).Entonces, sorprende la ausencia completa de todo fragmento huesoso en los abundantes carbones de leña del baratze Apatesaro 1, del baratze-tumulario Zaho 2 y en todos los demás monumentos, donde estos importantes depósitos hubiesen producido su efecto protector. Por eso, cabe pensar que no hubo depósitos de osamenta en estos monumentos. Añadiremos que una incineración muy adelantada da un polvillo dificilísimo de recoger y resulta para el arqueólogo como un extracto simbólico de carbones de leña del ustrinum, en fin de ceremonia. Por eso, nos parece totalmente arriesgado denegar la menor finalidad funeraria a los monumentos sin osamenta calcinada visible. La multiplicidad de los actos simbólicos que dejaron marcas en la arquitectura de estas construcciones, contrastando con la escasez o aún la ausencia de restos humanos, nos hizo abandonar el término de "sepultura" para preferirle él de "cenotafio", desde hace mucho tiempo. Este monumento simbólico conmemora el indivíduo sin contener depósito humano. El baratze-tumulario Millagate 4 con su excepcional osamenta completa corresponde a una sepultura. Así, siendo parecido a los demás monumentos, confirma las muy probables finalidades funerarias de éstos.

 

 

LA PRÁCTICA DE LA INCINERACIÓN EN MONTAÑA : ENSAYO

 

 

Ninguna datación ha podido ser efectuada en el círculo de 5 m de diámetro (Blot J.,1991) de Urdanarre S1; no poseía ni estructura central ni depósito. Para el círculo de 17 m de diámetro de Jatsagune (Blot J.,1979, b), ninguna datación fue posible. Sin embargo, un fragmento de perla fue encontrado en la base de un bloque de su corona de piedras. Esta perla se parece mucho a los productos de Stradonitz, en Bohemia, aunque no se pueda excluír (J.Roussot-Larroque) una fabricación más cercana a nuestra región. Se le atribuye una fecha: entre 450 y el fin de la Independencia. Teniendo en cuenta la situación en un cruce de pistas pastorales, de este gran círculo de piedras de tamaño superior a los demás baratze, podemos presumir su función de lugar de reunión.

 

Después de su excavación, el círculo de Gaztalamendi en Araba (Vegas Aramburu J.I., 1981) no pudo ser relacionado con la categoría de los baratze. El autor emite la hipótesis que podría tener una relación ritual (?) con un dolmen situado a una treintena de metros. Otras interpretaciones tocando a los "círculos vacíos" fueron propuestas : marcas de propriedad delimitando zonas de pastos, señales astronómicas o lugares de culto en relación con una religión astral...

 

 

 

 

Que se trate de círculos con estructura central, depósitos, etc ... o “vacíos”, la hipótesis de un basamento de hábitat nos parece poco justificable. Por lo que se refiere a los vestigios de hogares domésticos, las estructuras descritas son muy diferentes. Además, en el caso de los círculos “vacíos”, sorprende la ausencia de estos vestigios y de ajuar, en sitios tan frecuentados como lo son lugares habitados.

 

 

Ninguno de los túmulos excavados pertenece a la categoría de los monumentos "vacíos". Sólo, un gran túmulo (Blot J.,1981,a) hace excepción : tiene casi 3m de altura, su diámetro mide 13,5m y dos monólitos muy grandes, elementos de la corona de piedras, se destacan al sureste y al noroeste. La excavación determinó que era un cerro natural, arreglado para darle el aspecto de un montículo de formas regulares. Su centro estaba ocupado por un filón rocoso del sitio, cubierto de tierra sin ningún depósito, ni ajuar. El eje noroeste - sureste materializado por los dos monolitos indica la torre de Urkulu. Erigida a unos 3 km del túmulo, dominando la carretera de Pamploma, se considera esta torre como un trofeo romano (Tobie J.L.,1976). Entonces, ¿ por qué este túmulo no hubiera podido desempeñar el papel de verdadero poste indicador ?, ¿ no sería un mojón miliar anepigráfico construído en el propio estilo arquitectural de los autóctonos, dada la orden romana ?.

 

 

 

Aunque el porqué nos escape, la elección de los sitios obedeció a ciertos criterios. Se tratan de pastos situados en las alturas, cercanos a una o varias pistas pastorales, en zonas desempeñadas y que gozan generalmente de un panorama grandioso. Estos monumentos estaban destinados a ser vistos, pero muy probablemente, intervinieron criterios de estética .

 

Sin embargo, podemos observar :

 

- Frecuentemente, los sitios eligidos están o estaban cercanos a parajes con agua.

 

- Expuestos a las intemperies, estos lugares presentan malísimas condiciones de habitabilidad : verosímilmente, esta inhospitalidad del sitio eligido resulta de criterios rituales, espirituales o religiosos. Más allá de la simple elección de un lugar, estos usos han prevalido.

 

 

Casi siempre, erigidos en un terreno horizontal (o en muy ligera pendiente), estos monumentos se situan en lugares determinados del relieve : los baratze se distribuyen preferidamente por los puertos, les líneas de cresta y, a un grado menor, en las terrazas a flanco de montanã. Los baratze-tumularios tienen semejante reparto . Aunque se reparten como los precedentes, los túmulos predominan en las líneas de cresta.

El reparto de los monumentos de incineración sobre el relieve no es casualidad. Resulta diferente del reparto de los dolmenes edificados sobre las terrazas a flanco de montaña, en baja o media altitud.

 

Desde siglos, las destrucciones ocasionadas, por la "puesta en valor" de las bajas tierras (agricultura, urbanización, red caminera) pueden explicar la escasez de todos estos monumentos ,en “el piamonte”. Sin embargo, se comprueba que, si encontramos túmulos en baja altitud, en territorios aún preservados de toda actividad humana destructiva, nunca se hallaron baratze.

 

 

 

ENSAYO DE INTERPRETACIÓN

 

A pesar de algunas diferencias de forma exterior o de detalles internos, los múltiples puntos comunes entre todos estos monumentos permiten considerarlos legítimamente, como variantes salidas de una misma base conceptiva. Entonces, ha parecido artificial separarlos en el estudio de su posible significación.

 

Basándose en la existencia de una estructura central y en la presencia de depósitos de carbones de leña y de ajuar, podemos distinguir dos casos : los monumentos más o menos provistos y los demás, vacíos.

 

 

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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 20:52

Grâce au message transmis par les Basques de la Protohistoire dans la réalisation de leurs monuments funéraires, il est possible, au XXI siècle, d’avoir un aperçu de la richesse de leur vie spirituelle.

 

Mots clés : cromlech, baratz, incinération, inhumation, sépulture, cénotaphe, symbolique.

 

C’est sur la pierre que Boucher de Perthes fonda l’Archéologie au XIXe siècle, au vu des bifaces qu’il découvrit à Abbeville et il est vrai que la pierre, en général, demeure un élément privilégié d’étude pour l’archéologue, étant donné son caractère quasi impérissable.

 

Dans le domaine de la Protohistoire basque, les pierres sont le point d’appel principal pour l’attention du chercheur, et les structures que réalise leur agencement, l’objet essentiel des fouilles.

 

Dès que l’Homme a voulu bâtir une construction durable, ici comme ailleurs, c’est tout naturellement à la pierre qu’il s’est adressé et, de plus, elle abonde chez nous. Cependant cette vision pérenne et entière des choses doit être nuancée : les intempéries, en particulier les pluies et le gel, ont des effets destructeurs sur certaines dalles de grès, et les Hommes, bien sûr, dans leur quête de « trésors » ou par leurs activités « d’aménagement » ou de culture, contribuent à la dégradation et à la disparition de nombreux monuments. Au final, le message transmis est déjà altéré avant toute étude, et l’archéologue doit aussi en tenir compte.

Nous examinerons tout d’abord sous quelle forme est transmis ce message venu de la protohistoire, c’est à dire les pierres et les structures funéraires qu’elles réalisent, et dans un deuxième temps l’interprétation du message qui nous est ainsi transmis : nous verrons les multiples difficultés qui surgissent alors, et combien plus de questions sont posées que de réponses apportées…….

 

LE « MESSAGE » LUI MEME.

 

Les pierres, tout d’abord, proviennent elles mêmes de l’environnement immédiat et en reflètent la nature géologique : ce sont essentiellement les dalles issues des filons de grès triasique abondant dans la région, ou des blocs calcaires de poudingue ou de quartzite. Il est tout à fait exceptionnel de trouver un matériau provenant d’un lieu éloigné : un seul cas dans nos fouilles à Mendizabale 7 (Blot J, 2000), et si la signification nous en échappe, la raison n’en existait pas moins.

 

Le transport sur de courtes distances de ces modestes dalles ou de même des blocs n’a pas du poser de gros problèmes aux Protohistoriques dont les proches ancêtres avaient réussi l’édification des dolmens, souvent autrement imposants quant à leurs masses !

 

Enfin soulignons que la plupart des éléments ont été taillé, épannelés, sur les lieux mêmes du monument semble t’il , afin de leur donner la forme appropriée.

Parmi les structures ainsi réalisées, on peut en distinguer trois sortes : les cercles de pierre (baratz) aussi appelés cromlech, les cercles entourant un tertre (baratz-tumulaire), ou « tumulus-cromlech », et les tumulus simples.

 

Comme l’avait déjà supposé J P Mohen (Mohen J P, 1980) et comme l’ont confirmé nos fouilles ces 3 modalités architecturales ne sont que des variantes d’un même « plan de base ».

On compte en Pays basque de France (voir carte ci dessus) un total de 216 baratz 61 baratz-tumulaires et 213 tumulus : parmi ces structures, 38 ont été fouillées (Blot J, 1993) qui se répartissent ainsi : 21 cercles de pierres, 9 baratz-tumulaires et 8 tumulus (Blot J, 1995).

Le « message » à l’état brut, c’est à dire le monument tel que nous le livre les siècles, avant toute fouille, n’est pas toujours facile à identifier, il faut souvent un œil entrainé pour percevoir au ras du sol, quelques pierres disposées en cercle parmi d’autres, plus ou moins dissimulées dans les herbes ou les fougères, ou pour deviner la légère éminence d’un tumulus.


Concernant les baratz, les diamètres varient entre 4 et 7 mètres, rarement plus et le nombre de pierres visibles avant la fouille est très variable : 5 à 12 pierres dans 50 % de cas. Après la fouille le nombre de pierres peut être doublé ou même triplé, celles-ci ayant été recouvertes volontairement dès l’époque de la construction, ou ultérieurement par le colluvionnement.

Les baratz-tumulaires ont un diamètre légèrement supérieur (en moyenne 6 à 7m) et la hauteur du tertre (le plus souvent en terre, à 2 exceptions près) varie entre 0.30 et 0.70m. Les tumulus simples ont sensiblement les mêmes dimensions : ce qui les différencie essentiellement des baratz-tumulaires, c’est bien sûr l’absence du cercle de pierres périphériques et le fait qu’ils sont tous constitués d’un amoncellement de pierres, de la taille du poing ou d’un pavé, non régularisées dont la disposition est tout à fait anarchique.

Notons dès maintenant que baratz, baratz-tumulaires et tumulus simples peuvent parfois être groupés, réalisant ainsi de véritables nécropoles : nous y reviendrons plus loin.

La fouille nous révèle que les architectures réalisées en dalles sont toujours plus esthétiques que celles en blocs : elles sont parfois même très sophistiquées : le baratz Méatsé 11 (Blot J, 2003) pourtant un des tous premiers construits en est un exemple démonstratif : la couronne extérieure de 4.30m de diamètre est formée d’une série de dalles plantées de chant, suivant les rayons du cercle, à intervalles réguliers, comblés eux mêmes par des groupes de dallettes disposées horizontalement. Dans d’autres cas, les dalles peuvent être plantées en position tangentielle par rapport au tracé du cercle comme pour Méatsé 12 (Blot J, 1996).

Inversement, les constructions réalisées en blocs (poudingue, quartzite) sont plus grossières, mais la recherche esthétique et le soin apporté aux détails sont tout aussi évidents. Il est fréquent que le cercle périphérique soit doublé d’un second cercle concentrique et interne au précédent dont les éléments, de taille beaucoup plus modeste, souvent invisibles avant la fouille.

 

Les structures construites au centre des baratz ou des baratz-tumulaires sont tout à fait semblables : elles confèrent aux monuments toute leur signification : ce sont elles, en général, qui reçoivent le dépôt rituel, souvent bien modeste, de charbons de bois et/ou de fragments osseux humains calcinés. Plusieurs modalités peuvent se voir : soit un caisson fait de petites dalles bien ajustées le plus fréquemment, et très soigneusement élaboré type Méatsé 12, ou bien de blocs. Il peut s’agir aussi d’un petit cercle de pierres de 1m de diamètre au maximum, ou d’une petite ciste en U, ou d’un petit amas pierreux en dôme : ce peut même être une simple pierre centrale sous laquelle repose le dépôt rituel.


Pour les tumulus simples, il s’agit le plus souvent d’un petit caisson en dalles noyé au centre de la masse des pierres du tumulus.

Il existe enfin de rares cas où aucune structure n’est retrouvée dans la région centrale : nous y reviendrons plus loin.

En dehors du grand soin apporté à l’édification de ces monuments, la fouille révèle que très souvent le sol du site choisi a fait l’objet d’un décapage en profondeur sur une surface légèrement supérieure au diamètre du futur monument, et du creusement d’une tranchée périphérique où seront plantées les pierres de la couronne externe.

 













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29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 22:00
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29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 15:52

GÉNÉRALITÉS.

 

          Ces cercles de pierres aux dimensions modestes, dits aussi "cromlechs" sont nombreux dans certaines montagnes du Pays Basque et contribuent à leur originalité.( Blot J. 1993,a.)

Nous étudierons leurs diverses architectures ainsi que leurs rapports avec des monuments auxquels ils sont souvent associés : Tumulus et Tumulus-cromlechs. D’autres questions seront soulevées, comme leur finalité possible, leurs constructeurs, les rapports avec les autres cercles pyrénéens....

 

          De nombreux auteurs se sont intéressés à ces monuments, parmi lesquels P. Dop, R. Gombault, G. Laplace, le Cdt Rocq, Ph. Veyrin, P. Boucher et Cl. Chauchat, sans oublier l’ouvrage de J.P. Mohen “L’âge du Fer en Aquitaine” (Mohen J. P. 1980), qui met en lumière l’originalité des groupes Pyrénéens, Landais et Girondins du Sud, leur homogénéité culturelle correspondant à la “Vasconia” des historiens et des linguistes. Mais c’est à J. M. de Barandiaran que nous devons l’essentiel de nos connaissances paru dans un grand nombre de publications, dont le livre “El Hombre prehistorico en el Païs Vasco”, (Barandiaran J. M. de, 1953) représente en quelque sorte la synthèse.

 

 

            Depuis près de 30 années, parcourant plus de 25 000 km à pied, nous avons effectué, sur les traces de J.M.de Barandiaran une prospection aussi complète que possible des trois provinces du Pays Basque nord : Labourd, Basse-Navarre et Soule (Blot J.1971; 1972, a; 1972, b; 1972, c; 1973, a; 1973, b; 1974; 1975, a; 1978, a; 1979, a). Des fouilles de sauvetage, quelques datations au 14 C, nous ont permis une meilleure connaissance de ces "cromlechs", "tumulus-cromlechs", ou “tumulus”, mais nous insistons sur le fait que cette expérience, très limitée, n'a aucune prétention à la généralisation. (Blot J, 1989, a).

 

 

            Toutefois, nous prendrons aussi en compte dans notre réflexion non seulement Hegoalde, mais aussi tout l’espace s’étendant de la Garonne à l’Ebre, centré sur la chaîne des Pyrénées, qui doit être considérée comme un "milieu montagnard" avec ses règles de fonctionnement propres, ses systèmes d'échanges et ce, pour une longue période ne dissociant pas l'âge du Bronze de l'âge du Fer. En effet, sur plus d'un millénaire et demi, les rites engendrés par les cultures ambiantes évoluent sans à-coups et les architectures funéraires s'adaptent sans ébranlements fondamentaux.

 

          Le relief général du Pays Basque présente un ensemble de massifs montagneux aux structures discontinues, d'altitudes modérées, d'accès aisés, séparés les uns des autres par de larges dépressions, souvent fertiles, empruntées par les cours d'eaux.

 

          Le climat atlantique, essentiellement tempéré, humide avec nébulosités et pluies abondantes, subit des variations en fonction du relief et les “micro-climats” locaux ne sont pas rares.

 

          L’activité humaine, essentiellement agropastorale a été intimement liée au cours des siècles à ces caractéristiques géographiques et climatiques dont les composants fondamentaux n’ont que peu varié. Ceci nous laisse entrevoir la stabilité, au moins jusqu’aux temps récents de ce mode de vie multimillénaire.

 

 

 

“Cromlechs” ou “Baratze” ?

 

 

          En Pays Basque les auteurs s’accordent pour reconnaître sous le nom de “cromlech” un monument circulaire, généralement situé en altitude, dont le diamètre moyen varie entre 4 et 7 m. Il est délimité par une série de pierres de volumes et de dimensions souvent modestes, ne dépassant  habituellement la surface du sol que de 0,30 à 0,50 m . Sa vocation funéraire semble être tenue pour très vraisemblable.

 

 

          Le terme de cromlech paraît alors assez inadapté à ces monuments, si l'on se réfère, par exemple, à la définition du dictionnaire d'archéologie Larousse (1968) : "cromlech : monument mégalithique fait de hautes pierres dressées sur une ligne circulaire", on conviendra que, dans nos montagnes, il ne s'agit pas de mégalithes au sens étymologique du terme. Par ailleurs, dans la mesure où, comme nous le verrons, ces petits cercles d'altitude semblent avoir en effet une vocation funéraire et sont en rapport avec une civilisation pastorale, nous proposerions volontiers le terme de "baratze" sous lequel le désignent traditionnellement les bergers (Vegas Aramburu J.I., 1988 ; et comme le suggérait déjà T.A. Ruperez en 1976).

 

 

          Le "baratze" est aussi, actuellement, un espace clos, contigu à la maison et voué à la culture de fleurs; il lui est cependant attaché une connotation rituelle très forte puisqu'il y a peu encore, on y enterrait de jeunes enfants morts sans baptême. Cette dénomination traditionnelle, réunissant en un seul vocable les concepts d'enclos et de sépulture nous paraîtrait donc parfaitement adaptée à nos cercles de montagne. C'est pourquoi, dans les lignes qui suivent, nous utiliserons dorénavant le terme de "baratze" (1) à la place de celui de "cromlech".

 

 

          Le cadre de l'étude est toutefois compliqué par l'existence, en Pays Basque, aux mêmes altitudes que les baratze et dans les mêmes sites, de tumulus et surtout de tumulus entourés d'une couronne de pierres, que l'on pourrait dénommer "tumulus-baratze".

 

 

          Il arrive en effet que l'aire délimitée par un cercle de pierres soit au niveau du sol ambiant, ou ait nettement l'allure d'un tertre. Dans ce dernier cas, c'est de façon tout à fait arbitraire qu'avec J.I.Vegas Aramburu nous fixerons à 0,30 m la limite entre un baratze simplement surélevé et un tumulus-baratze. Les résultats des fouilles laissent à penser que cette distinction, initialement purement morphologique, si elle ne correspond pas à une différence de fond, traduit cependant l'existence de nuances nettement affirmées dans la pratique du rite funéraire.

 

 

          Le terme de "tumulus-baratze", peut donc être remplacé par celui de "baratze tumulaire" soulignant mieux la parenté entre les cercles simples et ceux qui entourent un tertre.

 

 

LES BARATZE.

 

          On compte actuellement pour le Pays Basque nord un total de 216 baratze, 61 baratze-tumulaires et 213 tumulus. Parmi ces monuments, 36 ont été fouillés qui se répartissent ainsi :

 

                    - 19 cercles de pierres dont 17 baratze véritables.

 

                    - 9 tertres avec couronne de pierres dont 8 baratze-tumulaires vrais et 8 tumulus. Ce   faible nombre d'éléments fouillés doit nous inciter à une grande prudence quant aux déductions ou conclusions que l'on peut en tirer.

 

          En Pays Basque sud ont été identifiés un grand nombre de baratze ou baratze-tumulaires, puisqu'on en compte 460 dans la province de Navarre, 133 en Guipuzcoa, mais seulement 7 en Biscaye et 2 ou 3 en Alava. Seul un très petit nombre en a été fouillé : 6 cercles de pierres dont 5 baratze, 1 baratze-tumulaire, plus un tumulus (Altuna J. et Areso P., 1977 ; Vegas Aramburu, 1981 ; Peñalver X., 1987), deux  datations par 14C ont été obtenues.

 

          Nous avons procédé à deux catégories d'études statistiques :

 

                    - une étude portant sur les caractéristiques générales des monuments du Pays Basque nord, indépendamment de toute fouille (diamètres, répartition en altitude, suivant les sites,   etc ..).

                    - une étude portant sur les résultats des fouilles (2), dans laquelle, étant donné leur similitude avec les nôtres, nous avons intégré les 8 monuments étudiés outre Bidassoa.

 

La couronne de pierres périphérique.

 

Le diamètre de ces monuments est très variable, mais 41 % d'entre eux ont entre 4 et 7 m. Certains peuvent atteindre 10 m, ou plus, mais c'est exceptionnel ; d'autres 1 m à 1,5 m ce qui est aussi bien rare. Le cercle peut n'être parfois qu'approximatif et un tracé plus ou moins ovale n'est pas rare : près de 28 % des cas fouillés avaient un grand axe orienté nord-est - sud-ouest.

Il existe enfin des cercles tangents à d'autres, ou sécants, avec déformation ou rupture d'un des deux cercles (28 % des cas fouillés) ; il est alors en général aisé, après fouille, de déterminer l'éventuelle antériorité de l'un par rapport à l'autre.

Le nombre de pierres visibles avant la fouille est très variable (50 % des monuments ont entre 5 et 12 pierres), de même que leur dimension qui va de quelques centimètres à parfois 1 m au-dessus du sol. Après fouille, l'aspect est souvent très différent, le nombre de pierres peut se trouver singulièrement augmenté et 1a couronne périphérique être  beaucoup plus fournie en éléments qu'il n'y paraissait avant travaux. Cet état de chose peut remonter à 1'époque de 1a construction, où les éléments de dimensions les plus modestes ont pu être enfouis sous la terre de recouvrement : Apatesaro 1, (Blot J.,1984, a) ; mais la raison la plus fréquente pourrait être le phénomène de colluvionnement que l'on observe par exemple dans un col : les ruissellements provenant de deux éminences qui l'encadrent peuvent contribuer à recouvrir de façon presque totale un site archéologique conçu initialement pour être visible.

 

 

          Il arrive enfin qu'un des témoins du cercle se distingue nettement des autres par sa taille; ce monolithe remarquable n'a toutefois pas de signification bien claire puisque nous en avons noté 2 fois au nord, 2 fois au nord-ouest, 1 fois au sud-est, 1 fois au sud-ouest et 1 fois à l'est.

 

          La nature géologique des témoins est très variable mais, en règle générale, fonction de l'environnement immédiat. Il est tout à fait exceptionnel de trouver un matériau provenant d'un lieu éloigné (un seul cas dans nos fouilles).

 

          Sont essentiellement utilisées les dalles provenant des filons de grès triasique, abondant dans la région, ou des blocs calcaires, de poudingue, ou de quartzite.

 

          Les architectures réalisées en dalles sont toujours plus esthétiques que celles en blocs et parfois même très sophistiquées ; le baratze Méatsé 8 (Blot J. 1995) pourtant le plus anciennement construit, en est l'exemple le plus démonstratif : la couronne extérieure de 4,30 m de diamètre est formée d'une série de dalles plantées de chant, suivant l'axe des rayons du cercle, à intervalles réguliers comblés eux-mêmes par des dallettes disposées horizontalement. Les dalles peuvent être aussi plantées en position tangentielle par rapport au tracé du cercle, cas le plus fréquent (Apatesaro 1). Dans 33 % des cas, certaines ont même pu être sommairement régularisées, épannelées.

 

          Les structures réalisées en blocs sont plus grossières, tel Hegieder 7, (Blot.J, 1994) mais la recherche esthétique est néanmoins souvent évidente (Méatsé 5).

 

          Il est fréquent que les éléments formant le cercle périphérique visible, soient doublés d'un second cercle, concentrique et interne au précédent, dont les éléments, de taille beaucoup plus modeste, sont souvent invisibles avant la fouille. (Apatesaro 1).

 

          La mise en place de la couronne de pierres périphérique (unique ou double) est toujours précédée d'un décapage du sol sur une aire correspondant à celle du futur monument. Ce décapage peut se limiter à la couche humifère superficielle, mais il est le plus souvent mené jusqu'à la première couche résistante du terrain, ou à défaut, à 0,30 m ou 0,50 m de profondeur. Les témoins sont alors disposés sur le niveau atteint et s'appuient aux bords de l'excavation : Errozate 2, (Blot J.,1977,a). A ce décapage global peut s'ajouter la confection d'une tranchée circulaire dans laquelle les éléments périphériques auront une meilleure assise : Apatesaro 1, Okabé 6, (Blot J.,1977,a).

 

          Les éléments les plus importants, les plus visibles du cercle externe (dalles ou blocs) n'ont pas toujours de pierres de calage (22 % des cas) ce qui pourrait expliquer en partie la fréquence avec laquelle on les retrouve basculés vers l'intérieur ou l'extérieur du monument. Par deux fois (Apatesaro 1 bis et Okabé 6) on a pu noter l'existence d'une couche d'argile rapportée, prélevée dans les environs immédiats et déposée sur l'aire décapée.

 

          De façon plus générale, il parait évident que, tout en apportant beaucoup de soins à ces monuments, les constructeurs n'ont cependant jamais recherché l'exécution d'un travail monumental, ni même voulu "fermer" une enceinte. Ils ont symboliquement signalé un lieu, délimité une aire ; les détails architecturaux révèlent de nombreux gestes symboliques dont la signification nous échappe totalement. Il en est de même pour la structure centrale.

 Nous n'avons pas noté, enfin, une évolution particulière des styles architecturaux de ces cercles de pierres au cours des siècles.

 

La structure centrale.

 

          Elle représente à nos yeux la clef du monument et lui confère toute sa signification. C'est elle qui, en général, reçoit le dépôt rituel, souvent bien modeste.

 

                    Plusieurs modalités peuvent se voir :

 

          Dans 28 % des cas il existe un petit caisson, fait de blocs ou de petites dalles. Plus ou moins rectangulaires, avec couvercle, les caissons en dalles réalisent les structures les plus spectaculaires (Méatsé 8) . Un grand soin est apporté à 1'élaboration du réceptacle avec parfois de petites pierres de calage disposées sous le couvercle pour assurer une meilleure étanchéité sur les supports; les bords sont jointifs et présentent souvent des traces d'épannelage. Il n'est pas rare que d'autres petites dalles prennent appui sur celles du caisson central mais ceci, semble-t-il, beaucoup plus pour des raisons esthétiques et/ou rituelles que mécaniques de soutien (Méatsé 8).

 

          En l'absence de dalles, des blocs de poudingue ou de quartzite seront utilisés, réalisant des structures centrales plus grossières mais tout de même assez élaborées : petits cercles de pierres, de 1m de diamètre, disposés sur le sol décapé (Apatesaro 1) petite ciste en U (Méhatzé 5), (Blot J. 1978,b) ou amas pierreux en dôme de 0,80 m à 1 m de diamètre (Okabe 6 ; Apatesaro 1 bis). Il peut même n'y avoir, au centre du monument, qu'une seule pierre sous  laquelle repose le dépôt, avec parfois une seconde, en symétrique, sous ce dernier (Errozate 2).

 

          L'étude de l'ensemble de ces structures centrales, quelque soit leur type, n'a pas permis de dégager une orientation privilégiée.

 

          Dans les cinq baratze fouillés en Pays basque sud, le dépôt rituel avait été effectué au centre du monument, mais directement en pleine terre, sans aucune structure de recueil ; on ne peut évidemment pas faire de cette modalité  une règle générale.

 

          Nous n'avons jamais trouvé d'urne funéraire servant "d'ossuaire", comme il est si fréquent d'en rencontrer en Béarn ou ailleurs. Cette absence est une des caractéristiques de nos monuments.

 

          Nous envisagerons, dans un chapitre ultérieur, les divers dépôts rituels effectués dans les baratze. Les modalités en sont communes aux baratze-tumulaires et aux tumulus et nous les traiterons dans une étude globale.

 

          Les tableaux récapitulatifs des datations obtenues en Pays Basque nord montrent que la construction des baratze semble avoir débuté dès le Bronze moyen / Bronze final et perduré jusqu'à la fin du 2ème âge du Fer. Dès le début, l'architecture a été parfaitement réussie (Méatsé 8) et il ne semble pas, comme nous l'avons déjà souligné, qu'il y ait eu d'évolution des styles, encore moins de dégénérescence, mais, au contraire, une très grande stabilité. Celle-ci n'exclut pas les variantes puisqu'il n'y a pas deux monuments identiques. Dans l'état actuel de nos  connaissances, toute "typo-chronologie" dans l'architecture des baratze paraît sans fondements.

 

 

 

COMPARAISON AVEC LES AUTRES MONUMENTS.

 

 

          Les résultats obtenus par les fouilles confirment le jugement de Mohen (1980) qui estimait que baratze, baratze-tumulaires et tumulus n’étaient probablement que “des nuances, sans doute complexes, d’un même mode funéraire”.

 

 

Les baratze-tumulaires

 

          Nous les avons défini comme une couronne de pierres bien visibles entourant des tertres. La moyenne des diamètres est légèrement supérieure à celle des baratze, soit 6 à 7 m, au lieu de 4 à 5 m pour ces derniers.

 

          La hauteur, supérieure à 0,30 m, reste cependant toujours modeste, n'excédant pas 0,70 m. Ils sont presque toujours constitués de terre sauf deux cas (Pittare et Mendittipi) alors que les tumulus fouillés sont tous, comme nous le verrons, faits de pierres.

 

          Concernant la couronne de pierres, les remarques faites pour les baratze sont ici encore valables. On note un décapage du sol sur la totalité de l'aire prévue pour le monument et le creusement éventuel d'une tranchée périphérique dans 44 % des cas.

 

          Dans trois cas, une importante couche d'argile a été rapportée : Ugatze (Blot J., 1975,b); Zaho (Blot J., 1986) et Bixustia (Blot J., 1976).

 

          Le nombre et la dimension des pierres des couronnes périphériques, comme leur nature géologique ne diffèrent en rien de ce qui a été noté pour les baratze, de même que le soin apporté à leur agencement. L'existence d'un cercle interne et tangent au précédent est constant. Dans bien des cas manquent les pierres de calage à la base des témoins et là encore, la solidité d'implantation de ces derniers s'en ressent. Un cercle intermédiaire, situé entre la couronne périphérique et la structure centrale a été trouvé une fois (Zaho 2). Si le cercle périphérique a très probablement une finalité rituelle, comme dans le cas des baratze, il semble aussi qu'on puisse lui attribuer dans 44 % des cas un rôle de contention pour la masse du tertre, rôle particulièrement net dans le cas de l'imposant amas de pierraille de Pittare (Blot J.,1978, c).

 

          Les structures centrales sont très semblable à celles des baratze ; petits caissons en dalles à Méatsé 5, à Millagate 4 (Blot J., 1988, a), petit cercle de pierres à Millagate 5 (Blot J., 1987), petite ciste en blocs à Zaho 2, dôme de pierres à Ugatze, une seule dalle centrale à Mendittipi ; enfin dans le baratze-tumulaire de Pittare le dépôt de charbons de bois a été effectué au centre, à  même le sol.

 

          La remarquable stabilité des architectures dans le temps, déjà notée pour les baratze, se retrouve encore ici. Les baratze-tumulaires perdurent jusqu'à la fin du 2ème âge du Fer. A l'intérieur de cette fourchette de temps, aucune "typochronologie" ne paraît pouvoir être retenue. Toutes ces similitudes avec les baratze nous font donc préférer le terme de ''baratze-tumulaire" à celui de "tumulus-baratze" afin de mieux souligner leur parenté.

 

 

 

Les tumulus

 

 

          Ils représentent la troisième catégorie de monuments susceptibles d'être rencontrés aux mêmes endroits que les deux précédents et d'assurer, semble-t-il, les mêmes fonctions aux mêmes époques.

 

          Ce qui les différencie, c'est l'absence de toute couronne de pierres visibles d'emblée ; leur diamètre moyen oscille entre 4 et 5 mètres et leur hauteur entre 0,30 m et 0,90 m. Une autre différence les oppose, mais aux baratze-tumulaires cette fois, c'est qu'ils sont tous constitués par un amoncellement de pierres contrairement à ces derniers, le plus souvent en terre.

 

          Comme pour les monuments précédemment décrits,  les constructeurs ont là encore procédé systématiquement à un décapage du sol, mais se limitant semble-t-il à la seule couche humifère (sans doute parce qu'il n'y avait pas à assurer la stabilité d'une couronne périphérique). Il existe un cas où une épaisse couche d'argile rapportée a été déposée sur la surface décapée : Zuhamendi 3 (Blot J., 1976).

 

          Les blocs constitutifs des tertres ne paraissent pas avoir subi le moindre épannelage et, en général, leur choix et leur disposition paraissent être totalement anarchiques : Irau 4 (Blot J., 1989,b) ; Apatesaro 5 (Blot J.,1988, b).

 

          Toutefois, en d’autres occasions une certaine recherche semble avoir été apportée à la disposition des blocs, telle la région centrale de Zuhamendi 3 ou le bourrelet périphérique d’Apatésaro 6 (Blot J. 1992)formé de 2 ou 3 assises de blocs pierreux, ainsi que l’amoncellement entourant son petit caisson central, ou encore Apatesaro 4 ( Blot J.,1984 b ) avec une véritable couronne de pierres périphériques disposées à plat sous la masse pierreuse de recouvrement.

 

          A part un seul cas où le dépôt de charbons de bois a été effectué à même le sol (Apatesaro 5) entre deux pierres brutes, c'est le petit caisson central en dalles plantées (Apatesaro 4), ou en blocs posés (Apatesaro 6) qui est adopté ; sans doute est-ce la seule structure qui reste bien individualisée et bien visible sous un amoncellement de pierraille ?

 

          Parmi les 213 tumulus de notre inventaire, la probabilité existe qu'un certain nombre soient des tumulus à inhumation. Ce fut le cas pour un des huit tumulus fouillés par nous : Urdanarre N1 (Blot J., 1993,b). Son diamètre de 12 mètres le distinguait des sept autres monuments et de la moyenne générale retenue pour les tumulus, soit de 8 à 9 mètres.

 

          Les tumulus dolméniques, aux dimensions voisines, sont plus faciles à identifier avec leurs chambres sépulcrales mégalithiques bien visibles, suite aux fouilles clandestines, dont ils ont fait l'objet de la part des chercheurs de trésors de toutes les époques. Compte tenu de l'ancienneté du rite tumulaire en général, il n'est pas étonnant que cette structure ait été le siège de la plus haute datation concernant le rite d'incinération, dans le cadre des monuments ici étudiés. C'est en effet au chalcolithique qu'est construit le tumulus Irau 4, (Blot J.,1989,b).

 

LE CONTENU DE CES MONUMENTS

 

          Les nombreux points communs aux trois types de monuments décrits sont encore plus évidents au niveau de l'étude des dépôts effectués.

 

Les dépôts de charbons de bois

 

          Leur présence est quasi constante, mais en quantité très variable, allant de la modeste pincée à la pleine poignée. Ils peuvent être disposés dans la structure centrale (72 % des cas pour les baratze, 77 % des cas pour les baratze-tumulaires et 67 % pour les tumulus.) ; dans cette éventualité, ils peuvent remplir entièrement cette structure (tout le cercle central d'Apatesaro 1) ou simplement une partie bien définie du réceptacle, tandis que le reste est soigneusement rempli de petits cailloux ou de terre (caissons du baratze Méatsé 8, du baratze-tumulaire Zaho 2, du tumulus d'Apatesaro 6. La structure centrale peut même rester vierge de tout dépôt, celui-ci étant effectué contre elle, mais à l'extérieur (Irau 4).

 

          Dans la plupart des cas, au dépôt central s'ajoutent des dépôts annexes qui peuvent avoir lieu dans la zone intermédiaire entre périphérie et structure centrale (baratze Apatesaro 1), ou parmi les témoins du péristalithe (baratze Méatsé 1, baratze-tumulaire Bixustia). Enfin un semis régulier de particules de charbons de bois a pu être observé, soit à la base du monument, au niveau de la zone décapée (baratze Okabe 6) soit réparti dans l'ensemble de sa masse (baratze Méatsé 8, baratze-tumulaire Bixustia); Il est important de souligner, dès maintenant, que nous avons noté quelques traces de rubéfaction de l'argile sous jacente à certains dépôts de charbons de bois, suggérant que ceux-ci avaient été déposés à l'état de braises, donc prélevés  sur un foyer très proche, (Okabe 6, Millagate 4 et  5). De même des fragments d'argile rubéfiée étaient parfois mélangés aux charbons de bois avec lesquels ils avaient été ramassés. Par contre, jamais aucune trace d'ustrinum n'a été remarquée à l'intérieur des monuments eux-mêmes.

 

Les dépôts d'ossements calcinés

 

          Ils n'ont été retrouvés que de façon tout à fait exceptionnelle et en quantité infime ; citons quelques fins fragments de côtes mêlés au dépôt de charbons de bois du baratze Errozate 2 ; d'autres fragments osseux plus nombreux, au centre des baratze Oyanleku 1 et Oyanleku 2, province de Guipuzcoa, Altuna J.,1977) ; quelques rares fragments avec les charbons du cercle central du baratze-tumulaire Millagate 5 et quelques uns dans celui de Mendiluce, province d'Alava, (Vegas Aramburu J.I., 1984). Il n'en a pas été trouvé dans les huit tumulus fouillés.

 

          Il existe toutefois une exception très importante : l'ensemble d'ossements calcinés recueillis dans le caisson central du baratze-tumulaire Millagate 4 pesant environ 1,700 kg. L'étude anthropologique réalisée par le Professeur H.Duday (Laboratoire d'Anthropologie de l'Université de Bordeaux I), a révélé qu'il s'agissait d'un individu unique, d'âge mûr, robuste, dont tous les éléments du squelette étaient représentés. Ici, à l'évidence, certaines motivations qui nous échappent ont incité les constructeurs à recueillir plus soigneusement que d'habitude les ossements calcinés du défunt pour ce monument, dont, par ailleurs, l'architecture ne diffère en rien de celle des autres monuments étudiés jusqu'à présent.

 

Le mobilier

 

 

          Le mobilier est tout aussi indigent, ou presque, que les dépôts d'ossements.

 

 

La céramique.

 

 

          N'est présente que dans un seul baratze, à Apatesaro 1 bis, sous forme d'un fond de vase plat de 11 cm de diamètre avec départ de panse assez évasé ; les cassures sont anciennes, les autres parties manquent. Ce fragment avait été déposé au centre du monument, sous un petit dôme pierreux, avec un important amas de charbons de bois, sans aucun reste osseux.

 

 

                    - De même, un seul baratze-tumulaire recelait de la céramique : celui de Bixustia. Elle était déposée en pleine terre, au centre du tertre dans la couche d'argile rapportée. Il s'agissait d'une urne fermée par un plat et contenant un ou plusieurs petits vases. L'état incomplet de l'urne et des petits vases pose le problème de leur réelle fonction, car aucune trace d'ossements ou de charbons de bois n'a été trouvée à l'intérieur, même si des charbons de bois étaient largement disséminés sur le sol décapé, sous la couche d'argile rapportée. L'urne appartient à la variété 16D présente à Ayer dans la deuxième période de la " période II " de Mohen, le plat couvercle est de la variété 1a ; le ou les petits vases n'ont pu être reconstitués.

 

 

                    - Dans la province d'Alava, le baratze-tumulaire de Mendiluce présentait une vingtaine de fragments éparpillés. Enfin, aucun tumulus ne recelait de céramique.

 

 

 

Les objets en métal.

 

          Ils sont eux aussi très rares. On retiendra, dans le baratze Errozate 4, l'association d'un fragment de lame (de couteau ou de poignard, à un tranchant), avec un fragment de ferret conique de talon de lance, tous deux en fer ; ces deux éléments étaient collés ensemble par un ciment silico-ferreux et avaient subi l'action du feu. Le baratze Oyanleku 1 (province de Guipuzcoa) a livré un bouton et un petit anneau en bronze.

 

 

           En ce qui concerne les baratze-tumulaires, quelques traces d'objets en fer ont été trouvés dans celui de Mendiluce (Alava) et surtout la pointe de lance ou de javelot trouvée à Zaho 2 en feuille de laurier et ayant fortement subi l'action du feu. Sa typologie est en accord avec la datation au 14C calibrée (- 995, - 497) des charbons de bois recueillis dans la ciste centrale.

 

 

 

 

Les pièces lithiques.

 

          Essentiellement sous forme d'éclats, ou de petites lames ou grattoirs en silex, elles peuvent être trouvées, plus ou moins disséminées dans la masse des monuments. Leur typologie n'offre rien de bien caractéristique, sauf la pointe de flèche en silex à ailerons et pédoncule du baratze-tumulaire de Mendittipi. On peut se demander si ces éléments se trouvaient dans les tertres, antérieurement à la création du monument, ou s'ils ont été perdus, ou déposés à des fins rituelles (maintien rituel d'un antique tradition technique), ou étaient encore utilisés dans la vie courante. La constance avec laquelle on en trouve dans certains monuments des régions voisines, Béarn par exemple, laisse à penser qu'il pourrait bien s'agir d'une action volontaire. On a même suggéré dans le cas du tumulus T1 de Pau (Blanc Cl.,1989) compte tenu de la grande proportion d'éclats, qu'il aurait pu y avoir une taille de silex ou de quartzite, sur place, pendant le rituel funéraire.

 

 

          Comment ne pas évoquer, pour terminer cette longue série de gestes symboliques, la découverte de petits galets ronds, de la taille et de la forme d'un oeuf de pigeon (provenant de blocs de poudingue) déposés au pied ou sur des témoins de la couronne périphérique, de façon tout à fait intentionnelle : baratze Errozate 2, 3 et 4, Meatse 1, Oyanleku 1 ; baratze-tumulaire Bixustia, Mendittipi, Ugatze, Millagate 4.Il est intéressant de remarquer que le concept d’oeuf est souvent lié à celui de naissance ..... ou de résurrection Tout aussi remarquable nous paraît la découverte de nombreuses petites pierres éparses, sous la couche d'humus actuel, qui paraissent correspondre à un jet rituel, sur le monument, en fin de cérémonie, comme un dernier adieu des participants ( baratze Okabé 6, baratze-tumulaire Ugatze).

 

 

 

ASSOCIATION ET RÉPARTITION DE CES MONUMENTS

 

 

          Les associations de monuments d'une même catégorie et surtout de catégories différentes, ainsi que la similitude de leur répartition spatiale ne font que souligner les liens qui les unissent.

 

 

 

Associations de monuments entre eux.

 

 

          Les baratze sont parfois isolés ou en groupes de 2 à 3 unités, cas le plus fréquent; il existe ensuite, mais de façon décroissante, des associations de 4, 5, 6 éléments ou plus, véritables nécropoles. Les baratze-tumulaires peuvent être isolés, ou se grouper à 2 ou 3, jamais plus de 5 ; on peut en dire autant des tumulus.

 

 

          Ces groupements de monuments semblent obéir à certaines règles que nous évoquerons plus loin à l'occasion de l'étude des nécropoles.

 

 

 

Répartition suivant les trois provinces du Pays Basque nord

 

 

 

          Cette répartition n'est pas identique pour chaque type de monument, dans chaque province.

          On constate ainsi que les baratze, présents en Labourd (28 %) prédominent en Basse Navarre (66 %) et sont presque absents de Soule (6 %).

          Les baratze-tumulaires se répartissent assez harmonieusement dans les trois provinces avec, comme les baratze, une prédominance en Basse Navarre (L : 18 % - BN : 55 % - S : 27%).

          Les tumulus, bien présents en Basse Navarre et Soule, sont un peu moins nombreux en Labourd (L : 22 % - BN : 40 % - S : 38 %).

 

 

 

Répartition suivant l'altitude.

 

                    - Les baratze sont en général situés sur les pâturages d'été dont l'altitude va, comme le relief lui-même, en s'élevant à mesure qu'on s'éloigne vers l'Est. Le fait que les baratze soient, dans l'ensemble, plus nombreux en altitude que les dolmens pourrait, peut-être, en partie, correspondre à des besoins accrus en pâturages pour des troupeaux plus importants.

 

                    - Les baratze-tumulaires se situent sensiblement aux mêmes altitudes que les baratze, mais aussi un peu plus bas, se rapprochant en cela de la répartition des tumulus. Ces derniers tout en se confondant aux hautes altitudes avec les précédents, se trouvent en plus grand nombre qu'eux, aux basses altitudes.

 

 

 

Répartition suivant le type de relief.

 

          Le choix des sites a obéi à certains critères, qui, s'ils nous échappent, n'en n'ont pas moins existé. Il s'agit de pâturages situés sur des hauteurs, à proximité d'une ou de plusieurs pistes pastorales, dans des zones dégagées et jouissant en général d'un point de vue grandiose. Ces monuments étaient destinés à être vus, mais des critères que nous pourrions qualifier d'ordre esthétique ont aussi très probablement dû intervenir. Deux caractéristiques méritent qu'on s'y arrête :

 

                    - les sites choisis sont souvent à distance des points d'eau, (actuels, ou susceptibles de l'avoir été dans un passé plus ou moins éloigné).

 

                     - ces sites présentent de très mauvaises conditions d'habitabilité, exposés à toutes les intempéries : cette inhospitalité ne résultant pas d'un choix délibéré mais étant bien la conséquence des autres critères rituels, spirituels ou religieux qui ont dû très vraisemblablement intervenir par ailleurs.

 

           Erigés la plupart du temps sur un terrain horizontal (ou en très légère pente), ces monuments ne sont pas situés indifféremment par rapport au modelé du relief : les baratze ont une prédilection pour les cols, les lignes de crête et à un degré moindre pour les replats à flanc de montagne. Les baratze-tumulaires ont une répartition très voisine. Les tumulus, tout en se répartissant comme les précédents, ont une plus grande prédilection pour les lignes de crête.

La répartition des monuments à incinération sur le relief, non seulement n'est pas le fait du hasard, mais diffère notablement de celle des dolmens, en majorité édifiés sur les replats à flanc de montagne, en basse ou moyenne altitude.

 

           La très faible densité de tous ces monuments dans le piémont, peut en grande partie résulter des destructions occasionnées depuis des siècles par la "mise en valeur" des terres basses (agriculture, urbanisation, réseau routier). Toutefois, il est remarquable de constater que si nous avons trouvé des tumulus en basse altitude, dans des territoires encore préservés de toute activité humaine destructrice, nous n'y avons jamais rencontré de baratze.

 

 

 

ESSAI  D'INTERPRÉTATION

 

 

            Malgré quelques différences de forme extérieure ou de détails internes, les multiples points communs entre tous ces monuments permettent légitimement de les considérer comme des variantes issues d'une même base conceptuelle. Il a donc paru artificiel de les séparer dans l'étude de leur possible signification.

 

          En se basant sur l’existence d’une structure centrale et la présence de dépôts de charbons de bois et de mobilier, on peut schématiquement distinguer deux cas : les monuments qui en sont plus ou moins pourvus et les autres, vides.

 

 

Cas des monuments vides

 

          Le cercle Urdanarre S1, de 5 m de diamètre (Blot J.,1991) ne possédait ni structure centrale, ni dépôt ; aucune datation n'a pu être effectuée. Même cas de figure pour le cercle Jatsagune, de 17 m de diamètre (Blot J.,1979, b). Un fragment de perle a été trouvé à la base d'un des blocs de la couronne de pierres. Cette perle est assez semblable aux productions de Stradonitz, en Bohême, sans que l'on puisse exclure (J.Roussot-Larroque) une fabrication plus proche de notre région. On peut lui attribuer une fourchette de temps entre 450 et la fin de l'Indépendance. Pour ce grand cercle de pierres, dépassant les dimensions habituelles des baratze, l'hypothèse la plus séduisante, compte tenu, en outre, de sa situation à un carrefour de pistes pastorales, pourrait être celle d'un lieu de réunion.

 

          En Alava, le cercle de Gaztalamendi, après fouille, (Vegas Aramburu J.I., 1981) n'a pu être rattaché à la catégorie des baratze et l'auteur émet l'hypothèse qu'il pourrait avoir une relation rituelle (?) avec un dolmen situé à une trentaine de mètres. D'autres interprétations concernant les "cercles vides" ont été proposées : on a pu y voir des marques de propriété délimitant des zones de pâturages, des repères astronomiques, des lieux de culte en relation avec une religion astrale ...

          L'hypothèse d'un soubassement d'habitat, ne nous paraît guère défendable, qu'il s'agisse de cercles avec structure centrale, dépôts etc ... ou "vides". Dans le premier cas, les structures décrites sont tout à fait différentes de ce que seraient des vestiges de foyers domestiques, ces derniers étant, en outre, curieusement absents dans le cas des cercles "vides". Il peut enfin paraître étonnant qu'il n'y ait pas (dans le cas de "cercles vides") la plus infime trace de mobilier dans des sites aussi fréquentés que le sont, en principe, des lieux habités.

 

          Si aucun des tumulus fouillés n'a pu entrer dans la catégorie des monuments "vides" il n'en a pas été de même pour un grand tertre (Blot J.,1981,a) de 13,5 m de diamètre et de près de 3 mètres de haut, entouré d'une couronne de pierres dans laquelle se détachaient deux monolithes très importants au sud-est et au nord-ouest. La fouille a révélé qu'il s'agissait d'une butte naturelle, aménagée afin de lui donner l'allure d'un tertre aux formes régulières. Le centre était occupé par un filon rocheux en place, recouvert de terre ; aucun dépôt, ni mobilier. Par contre, l'axe nord-ouest - sud-est déterminé par les deux monolithes indiquait la tour d'Urkulu considérée (Tobie J.L.,1976) comme un trophée romain érigé au-dessus de la route de Pampelune, à environ 3 km du tertre. Ce dernier a pu alors jouer le rôle de véritable poteau indicateur, d'une borne milliaire anépigraphique mais construite, sur ordre, par des autochtones dans un style architectural dont ils avaient l'habitude.

 

 

Cas des autres monuments

 

 

          L'hypothèse la plus communément admise est qu'il s'agit de sépultures à incinération. Toutefois, compte tenu de la modicité et de la rareté des dépôts d'ossements calcinés, le terme de sépulture paraît très discutable. On a certes évoqué le rôle d'une certaine acidité du sol qui aurait pu "digérer" les restes organiques, le pH des monuments fouillés se situant, en moyenne, aux environs de 5,2. Un correctif doit cependant être apporté du fait que les microconditions locales peuvent intervenir : de simples charbons de bois sont susceptibles de neutraliser l'acidité du sol et de protéger les fragments osseux mélangés avec eux (cas du baratze Errozate 2, du baratze-tumulaire Millagate 5). On peut toutefois s'étonner, alors, de l'absence complète de tout fragment osseux dans les abondants charbons du baratze Apatesaro 1, du baratze-tumulaire Zaho 2 et de tous les autres monuments où ces importants dépôts eussent pu produire leur effet protecteur. Il semble qu'on soit en droit de penser que, dans ces cas là, il n'y a pas eu de dépôts d'ossements, dès l'origine. Enfin, une incinération vraie, poussée très loin, donne une véritable poussière d'os très difficile à recueillir et aboutit, pour l'archéologue, au même résultat qu'un simple prélèvement symbolique de charbons de bois sur l'ustrinum, en fin de cérémonie. Il nous paraît tout à fait risqué de dénier, à priori, aux monuments ne recelant pas d'ossements calcinés visibles, la moindre finalité funéraire. La multiplicité des gestes symboliques dont nous avons trouvé les traces dans l'architecture de ces constructions, contrastant avec la modicité ou même l'absence de restes humains, nous ont fait depuis longtemps abandonner le terme de "sépulture" pour lui préférer celui de "cénotaphe", monument symbolique évoquant la mémoire de l'individu, lieu où la commémoration peut être indépendante, éventuellement, de tout dépôt humain. Le baratze-tumulaire Millagate 4 avec son recueil complet d'ossements est donc une exception ; il correspond vraiment à une sépulture, tout en étant comparable, par ailleurs, aux autres monuments sur lesquels il projette ainsi un éclairage révélateur quant à leur très probable finalité funéraire.

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